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Jours tranquilles à Paris
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genocide
16 avril 2015

Réflexion sur GENOCIDE

Qu'est-ce qu'un " génocide " ?

L'utilisation du mot " génocide " pour qualifier les grands massacres de l'Histoire, comme l'extermination des Arméniens en  1915 ou la tragédie du Cambodge (1975-1979), n'en finit pas de susciter le débat

Ici, il n'y a pas de pourquoi ", s'entendit répondre Primo Levi à son arrivée à Auschwitz. En  2015, année de commémoration des 70  ans de la libération des camps nazis, du centenaire du génocide arménien et des 40  ans de la prise de Phnom Penh -ouvrant la voie au massacre de 1,7  million de Cambodgiens par les Khmers rouges -, ceux qui ont tenté de décortiquer l'Histoire ne sont pas parvenus à apporter de réponse satisfaisante à la lancinante question du " pourquoi ? ".

Le caractère " impensable " des horreurs révélées en  1945 explique peut-être qu'il fallut un mot nouveau pour les qualifier. En  1948, l'ONU adopta le terme de " génocide ", inventé quatre ans plus tôt par le juriste américain Raphael Lemkin. Malgré une définition complexe - commettre des massacres ou causer un préjudice mental ou physique grave avec l'intention de détruire tout ou partie d'un groupe national ethnique, racial ou religieux -, le mot est passé dans le langage courant pour qualifier les crimes de masse, non sans provoquer des débats enflammés. Comme le 12  avril, lorsque le pape François évoquait le massacre des Arméniens, " considéré comme le premier génocide du XXe  siècle ".

Identifier le crime

La qualification de " génocide " cambodgien suscite aussi la polémique. Le 17  avril  1975, Phnom Penh tombait aux mains des Khmers rouges. Jusqu'à leur chute, le 6  janvier  1979, les maîtres du " Kampuchéa démocratique " entraînèrent la mort d'environ 20  % de la population. Mais sont-elles nécessaires, ces querelles de vocabulaire, pour qualifier ces atrocités ?

Richard Rechtman, directeur d'études à l'EHESS, psychiatre et anthropologue, en est convaincu : " Moins pour les victimes que pour l'histoire collective, précise-t-il. On ne juge pas l'Histoire au regard de l'intérêt immédiat des victimes. Sinon, comme le pensent certains, il faudrait se taire afin de ne pas rouvrir les blessures. Au Cambodge, la qualification de «génocide» souligne bien l'intentionnalité criminelle, qui va au-delà de l'élimination physique des opposants pour viser tout un peuple, le peuple dit «nouveau» dans le langage khmer rouge. Les Khmers rouges ont voulu tuer les hommes, les femmes, les enfants, mais aussi les morts en interdisant les rites funéraires ou en laissant les dépouilles à l'abandon - ce que l'on ne retrouve que dans les pratiques génocidaires. "

" Pour délester les survivants du fardeau de leurs défunts, dont ils sont souvent les seuls à se souvenir, il est nécessaire que l'ensemble de la collectivité les porte, poursuit M. Rechtman. Cela passe par l'aveu des bourreaux. Or, seule la scène judiciaire contient ce dispositif qui les fait - parfois - parler. " A la différence d'un procès pénal ordinaire où l'on cherche des mobiles, note-t-il, il s'agit ici d'identifier le crime, même si la responsabilité des accusés ne sera parfois pas engagée. C'est le sens de la mémoire collective, dit-il. Il faut permettre aux défunts de réintégrer l'espace collectif, y compris par la polémique. Il ne s'agit pas d'une démarche compassionnelle à l'égard des survivants, ajoute-t-il, mais d'un acte politique de refus de l'effacement.

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Le génocide des Arméniens ne doit pas seulement être reconnu par le pape

Ankara doit admettre que le temps des petits pas vers la reconnaissance du crime ne suffit plus et que le soutien au négationnisme altère son image. Les voix musulmanes doivent se joindre à celles des démocrates laïques

Depuis que la demande de justice des Arméniens s'est cristallisée dans la reconnaissance internationale du génocide commis en  1915, ses résultats dépendent, dans chaque pays, de la combinaison de deux forces contraires  : le poids de la communauté arménienne et l'influence de la diplomatie turque. Ainsi, la France et la Grande-Bretagne, unies pendant la Grande Guerre dans la dénonciation du "  crime contre l'humanité  " et la promesse de juger pénalement les auteurs du plan d'extermination, ont aujourd'hui des positions inverses. La France, avec sa forte diaspora arménienne et sa liberté au sein du camp occidental, est le fer de lance de cette reconnaissance.

La Grande-Bretagne, où les Arméniens sont peu nombreux et dont la vision stratégique est celle d'une Europe vaste et relâchée, se garde de toute pression sur la Turquie. A première vue, la déclaration du pape, qui vient de soulever l'ire d'Ankara en prononçant le mot de"  génocide  ", n'échappe pas à cette loi politique.

L'ex-cardinal Bergoglio vient, en effet, d'un pays où la colonie arménienne est prospère - et qui, de son "  bout du monde  ", n'ayant pas à ménager la Turquie, a reconnu solennellement le génocide - et où, aussi, le combat pour la vérité n'est pas un vain mot après la dictature...

Certes, une telle qualification pontificale n'est pas inédite, et François a pris soin de citer Jean Paul II. Mais sa prise de position est d'une tout autre portée. Jean Paul II avait choisi la forme d'un communiqué cosigné avec le chef de l'Eglise apostolique arménienne, qui avait l'allure d'un compromis de chancellerie.

Le 12  avril, c'est une voix personnelle qu'on a entendue restituer l'horreur du génocide, de ceux qui ont été "  décapités, crucifiés, brûlés vifs... pour leur foi  ", et lier ces crimes à ceux commis aujourd'hui contre les chrétiens d'Orient et d'ailleurs. En comparant cette extermination aux deux grands crimes du nazisme et du stalinisme, il lui a donné le statut d'événement préfigurateur du mal actuel, le "  génocide par morceaux  ".

Enfin la circonstance du centenaire d'un génocide encore contesté lui a donné l'occasion de légitimer sur un plan universel le "  devoir de mémoire  " des Arméniens et d'interpeller les responsables politiques sur la nécessité de s'opposer au mal "  sans compromis ni ambiguïté  ".

OEcuménisme

En désenclavant le crime de 1915 de son caractère périphérique, François renoue avec l'attitude de son prédécesseur au moment des faits, Benoît XV, qui fit connaître son indignation publiquement et multiplia les interventions auprès des puissances alliées de la Turquie pour qu'elles arrêtent l'assassinat d'un peuple. En vain, et les travaux d'un chercheur allemand ont montré que cet échec de la dénonciation frontale avait influencé par la suite le choix de Pie XII de ne pas dénoncer Hitler par souci d'efficacité. On peut tout de même se demander pourquoi l'Eglise catholique des décennies récentes a été si retenue face à la mémoire de l'éradication, sans exemple, d'un peuple chrétien.

Comme si deux gênes inverses s'étaient conjuguées. D'un côté la réticence à défendre des chrétiens dans l'attitude des Occidentaux face aux crimes djihadistes. De l'autre, le fait que ces victimes chrétiennes n'étaient pas majoritairement catholiques a peut-être diminué l'empathie de papes moins oecuméniques que François. En concélébrant la messe avec le chef des catholiques arméniens, le pape a manifesté une communauté d'appartenance moins assumée jusque-là. La résonance de l'homélie du 12  avril ne tient pas seulement à l'extension du devoir de mémoire au-delà des repentirs de l'Eglise pratiqués par Jean Paul II. Elle incarne et exprime un tournant moral, une décantation de la demande de reconnaissance du génocide arménien, que le centenaire commence à mettre en lumière.

Alors que François Hollande va occuper le devant de la scène en Arménie, le 24  avril, et qu'on attend toujours le choix d'Obama, les évolutions les plus profondes viennent d'ailleurs. D'Allemagne, où des chercheurs se penchent sur la façon dont leur pays a laissé faire, et sur l'empreinte laissée par ce cynisme. Des communautés juives, qui multiplient les accueils de débats et d'expositions sur le génocide arménien, au diapason du discours vibrant du président israélien Rivlin à l'ONU le jour anniversaire de la libération des camps. Ces trois foyers, l'allemand, le juif et le catholique, renforcent le caractère éthique du rappel à la mémoire, dont le déni signifie, selon le pape, que "  le mal tient encore la blessure ouverte  ".

" déclaration inappropriée "

Le gouvernement turc lui a opposé une fin de non-recevoir  : rappel d'ambassadeur, repli sur l'absence "  légale  " de condamnation du génocide, critiques sur la mémoire sélective du pape qui oublie les souffrances endurées par les musulmans. Comme souvent, on peut noter le ton relativement modéré du premier ministre Davutoglu qui, en jugeant la déclaration pontificale "  partiale et inappropriée  ", n'insulte pas l'avenir.

Du dépit a aussi percé devant une "  déviation  " par rapport à la visite du pape en novembre dernier. Le pape y avait pourtant appelé la Turquie à "  de petits gestes, de petits pas de rapprochement  ". Ils ne sont pas venus, ce qui explique sans doute la vigueur de l'homélie du 12  avril. Mais quelle influence peut-elle avoir sur un pays à 99  % musulman, où les contestataires sont des laïques  ? Elle accroît sans doute la gêne des dirigeants à qui le rappel du scandale moral de la négation fait perdre de la respectabilité internationale. Elle leur signifie que les ouvertures rhétoriques sans lendemain ne peuvent plus passer pour des étapes vers la réconciliation nécessaire.

Toutefois, le vrai changement ne pourra venir que lorsque des voix musulmanes se joindront à celles des démocrates laïques pour rompre avec l'équivalence de toutes les souffrances et dénoncer la radicalité du mal commis par un Etat qui condamna une partie de son peuple à la disparition. Article de Michel Marian

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12 avril 2015

Pour la première fois, un pape reconnaît le "génocide" arménien

Le pape François est devenu, dimanche, le premier pape à reconnaître publiquement le génocide arménien de 1915-1917. Le souverain pontife a estimé qu'il s'agissait de l'une des "trois tragédies massives" du XXe siècle.

Le pape François a utilisé, dimanche 12 avril, dans le cadre solennel de la basilique Saint-Pierre de Rome le terme "génocide" pour décrire le massacre des Arméniens il y a cent ans, au risque de fortement perturber ses relations diplomatiques avec la Turquie.

"Au siècle dernier, notre famille humaine a traversé trois tragédies massives et sans précédent. La première, qui est largement considérée comme 'le premier génocide du XXe siècle' a frappé votre peuple arménien", a déclaré le pontife en citant un document signé en 2001 par le pape Jean Paul II et le patriarche arménien.

8 avril 2015

La Mairie de Paris va accueillir une exposition sur le génocide arménien

Le 29 avril 2015, une exposition temporaire dédiée au centenaire du génocide arménien ouvrira à la Mairie de Paris. L’exposition “Arménie 1915 : Paris accueille la collection de l’Institut-Musée du Génocide arménien d’Erevan“ se déroulera du 29 Avril jusqu’au 4 Juillet.

Des photos présentant des fragments choquants du génocide commis contre les Arméniens dans l’Empire ottoman au début du 20ème siècle seront exposées dans deux salles de l’Hôtel de Ville de Paris.

“C’est vraiment un événement unique pour le musée. Conscient de l’importance d’être représenté avec une telle exposition inégalée à Paris, nous avons décidé de présenter des pièces uniques dans la capitale française, dont je suis sûr, qu’elles vont déclencher un grand intérêt. Je tiens à exprimer ma plus profonde gratitude à la municipalité de Paris pour cette occasion, ainsi qu’à l’ambassade de la République d’Arménie en France pour nous avoir aider sur les questions d’organisation », a déclaré Hayk Demoyan, directeur de l’Institut-Musée du Génocide arménien.

Près de 150 pièces qui composent la Collection de l’Institut-Musée du Génocide arménien sont impliqués dans cette exposition et chacun d’eux contient des informations uniques sur différents fragments de la tragédie humaine. Ces expositions, dont la majorité sont affichées pour la première fois hors d’Arménie, impliquent des effets personnels des victimes du génocide et des survivants, des documents, des journaux intimes, des photos, des journaux, des souvenirs d’organisations étrangères de secours pour la collecte de fonds et d’autres documents d’origine.

Une collection de la survivante du génocide arménien Aurora Mardiganian occupe une place unique dans les expositions présentées par l’Institut-Musée du Génocide arménien, dont les originaux seront affichées pour la première fois lors de l’exposition de Paris. L’exposition comprend des affiches du film “Auction of Souls“ où Aurora Mardiganian a joué, ainsi que des photos, des effets personnels, des articles de presse et d’autres articles uniques. Le film a été projeté dans la salle Gaveau à Paris en 1919.

Des documents et des photos de la Bibliothèque Nubar de Paris sont également inclus dans cette exposition

8 juillet 2012

Génocide arménien

enfantFrançois Hollande a confirmé samedi 7 juillet son intention de proposer une nouvelle loi pénalisant la négation des génocides en général, et du génocide arménien en particulier. Une position qui contredit celle de son ministre des Affaires étrangères Laurent Fabius, soucieux de réchauffer les relations diplomatiques avec la Turquie. Ce dernier avait annoncé jeudi que la loi, votée en décembre et déclarée inconstitutionnelle en février, ne donnerait pas lieu à une nouvelle mouture.

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23 juin 2012

Au Cœur du génocide, les Enfants dans la Shoah, au Mémorial

Un petit film en entrée, Le Monde d’avant, d’Éric Michel, sur une proposition de Sophie Nagiscarde, met bout à bout quelques images de communautés juives ou de bonheur tranquille en Europe avant la déflagration génocidaire... Un million et demi d’enfants juifs de moins de 15 ans allaient y être assassinés de 1933 à 1945 durant la Shoah.

Mis à mort pour être nés différents, selon les critères du régime et de l’idéologie nazis.

Dans un discours prononcé devant des généraux allemands, le 21 juin 1944, à Posen (Poznan, en polonais), Heinrich Himmler déclarait : « Je ne me sentais en effet pas le droit d’exterminer les hommes [...] et de laisser grandir les enfants qui se vengeraient sur nos enfants et nos descendants. Il a fallu prendre la grave décision de faire disparaître ce peuple de la Terre [...] Cela aurait été lâche, et c’est pourquoi nous avons préféré une solution claire, aussi dure qu’elle soit. » Une volonté d’extermination qui fut systématiquement appliquée jusqu’aux derniers moments de la Seconde Guerre mondiale... Dès le début des persécutions mises en place par les nazis et leurs collaborateurs, la plupart des enfants basculaient d’un monde protégé, celui de leur famille, à un monde inconnu auquel, malgré leurs souffrances, ils devaient faire face : exil, exclusion, enfermement, peur, faim, isolement, assassinat. Leur sort, quel que soit le pays d’Europe dans lequel ils se trouvaient, relevait de situations particulièrement dramatiques. Pourtant, très tôt, des réseaux et des individus se mobiliseront pour tenter de les sauver, en les cachant par exemple, ou lorsque les sauver était devenu impossible, en leur procurant un entourage affectif, pédagogique ou moral. Ce fut par exemple l’OSE (Œuvre de secours aux enfants), placée sous la présidence d’Albert Einstein, en France à Vichy puis à Montpellier, ou la propriété des Rothschild, au château de la Guette, qui abrita jusqu’à 130 enfants de 8 à 14 ans à Villeneuve en 39-40. De ces enfants, disparus ou "sauvés", nous sont parvenus des lettres, des récits, des journaux intimes, des dessins. Des témoignages poignants et spontanés, d’une incroyable maturité, ont été rassemblés. En privilégiant ceux établis immédiatement, dans ces situations effroyables, de 1945 à 1947, ceux qui n’auront pas subi les filtres de la mémoire, de l’oubli, de l’auto-censure, des multiples raisons possibles de travestissement. Ils rendent compte des surprises, des incompréhensions, des désespoirs, des pertes de repères, des immenses misères, mais aussi des espoirs de ces enfants, de leurs luttes, de leurs sentiments, laissés longtemps au silence. Les témoignages d’enfants, distingués, sont en couleur. Au bout du compte, qui mieux que ces enfants pouvaient ressentir, constater, témoigner qu’ils devenaient exclus des sociétés où ils avaient grandi ? Que rapidement la haine d’eux avait été enseignée à ceux qui étaient auparavant leurs amis, aux autres élèves qui soudain les pourchassaient et les frappaient. Et les privations, les familles entassées à 6 personnes par pièce, dans les quelque 400 ghettos nazis, des Pays baltes, de Pologne, d’Allemagne, d’Autriche ou de Biélorussie (450 000 habitants dans celui de Varsovie, 200 000 à Lodz, 40 000 à Lublin, 18 000 à Cracovie). Et les enfants, petits contrebandiers, souvent utilisés dans de dangereuses missions d’approvisionnement, pour tenter de briser les blocus des ghettos... Enfants aussi trop longtemps cachés dans des placards, sous des lits, abandonnés, se débrouillant de petits métiers, se pliant pour manger à l’esclavage meurtrier des ateliers des ghettos, gamins des rues affamés, décharnés, hagards sur les trottoirs, rendus fous, traqués, abattus, déportés bien sûr, abusés pour certains, gazés, dont les corps étaient jetés pour crémation sur ceux des adultes pour ne pas risquer de bloquer les machines surexploitées de la solution finale, ou utilisés, vivants cobayes, pour des expérimentations médicales sur la tuberculose... et les autres, tous les autres. Sans oublier non plus ceux qui luttèrent dans les mouvements de résistance et durent commettre des actions bien éloignées de leur jeune âge... Jusqu’où fallait-il raconter l’atroce ? Comment peut-on vouloir de telles choses ? Sans parvenir ni à comprendre ni à expliquer, voir cette exposition-témoignage, entendre simplement ou lire ces témoignages venus de cet enfer. Savoir, apprendre et ressentir. Dans la dernière salle, de part et d’autre d’une longue table, 24 petits livrets nous confient certains de ces récits. Ils sont la base, parmi d’autres écrits, photographies et films d’époque, de l’exposition proposée par le Mémorial de la Shoah, pour évoquer le sort et les actes des enfants qui ne sont plus, mais aussi de ceux qui ont survécu. Autour de l’exposition, et sur cette thématique, se tiendra un cycle de projections, de rencontres et de lectures, avec des interventions de rescapés, de comédiens, de chercheurs en sciences humaines et sociales, et d’intellectuels, et le colloque « Qui sont les enfants cachés ? Génocide et reconstruction » coorganisé par le Mémorial de la Shoah et par le Centre Georges-Devereux - Université Paris 8 Saint-Denis, le 1er juillet 2012. Sophie Nagiscarde est la commissaire de l’exposition organisée par le Mémorial de la Shoah.

Mémorial de la Shoah. Au cœur du génocide, les enfants dans la Shoah (1933-1945), du 19 juin au 30 décembre 2012. 17 rue Geoffroy–l’Asnier, 75004 Paris, 01 42 77 44 72, www.memorialdelashoah.org, métro Saint-Paul ou Hôtel-de-Ville (1), Pont-Marie (7), bus 96, 69, 76, 67, et Balabus. Ouvert tous les jours sauf le samedi, de 10 à 18h, et le jeudi jusqu’à 22h. Entrée libre.

Presque dans le même temps, du 26 juin au 27 octobre 2012. C’étaient des enfants. Déportation et sauvetage des enfants juifs à Paris (1940-1945), à l’Hôtel-de-Ville. Exposition gratuite et hommage aux enfants juifs de Paris et de banlieue qui subirent cette époque...

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25 avril 2012

Arménie

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28 février 2012

ALERTE INFO...

FRANCE : Le Conseil constitutionel invalide la loi sur la négation des génocides

Voir mes précédents billets : 25 avril 2010, 22 décembre 2011, 23 décembre 2011, 21 janvier 2012,  23 janvier 2012, 24 janvier 2012.

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Le Conseil Constitutionnel a retoqué mardi la loi interdisant la négation du génocide arménien par la Turquie, jugeant qu'elle entravait la liberté d'expression. Nicolas Sarkozy a immédiatement chargé le gouvernement de mettre au point une nouvelle loi *. Nicolas Sarkozy n'a pas tardé à réagir à la censure de la loi sur la négation du génocide arménien par le Conseil constitutionnel, puisqu'un communiqué de l'Elysée en fin d'après-midi mardi indique qu'il vient de charger le gouvernement de préparer un nouveau texte. Le Conseil constitutionnel a censuré mardi la loi punissant la contestation du génocide arménien en 1915, à l'origine d'une brouille entre Paris et Ankara, jugeant qu'elle était contraire à la liberté d'expression, a annoncé la juridiction dans un communiqué. "Le Conseil a jugé qu'en réprimant la contestation de l'existence et de la qualification juridique de crimes qu'il aurait lui-même reconnus et qualifiés comme tels, le législateur a porté une atteinte inconstitutionnelle à l'exercice de la liberté d'expression et de communication", selon ce communiqué.

La Turquie s'en félicite

Une "grave crise" a été évitée, s'est immédiatement félicité le vice-Premier ministre turc. C'est bien le seul à réagir en des termes aussi enthousiastes de cette censure. Nicolas Sarkozy, lui, craignait une telle décision en janvier dernier. Devant les parlementaires de la majorité, le chef de l'Etat avait affirmé que cette saisine ne "lui rendait pas service". Il craignait, comme d'autres cadres de son parti, qu'il faille, en cas de censure, revoir également la loi sur le génocide juif.

Cette décision va également rouvrir un débat difficile pour la plupart des partis politiques. Droite, comme gauche, sont divisés sur cette question. Source : l'Express

* C'est une erreur du Président Candidat que de s'entêter. C'est une grave erreur tactique dans le cadre de cette campagne présidentielle. C'est ce que je pense. JS


25 janvier 2012

A propos de la loi sur la pénalisation de la négation du génocide arménien

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23 janvier 2012

Génocide arménien : Rassemblement citoyen aujourd'hui à 14h devant le Sénat

Les sénateurs français vont se prononcer aujourd’hui sur la proposition de loi punissant la négation de génocide. Au moins 15 000 personnes, en majorité des Turcs de France, ont manifesté samedi à Paris pour dénoncer le projet, qui viserait notamment le génocide arménien de 1915. La Turquie, qui ne l’a jamais reconnu, a menacé la France de sanctions «permanentes ». Ankara avait déjà gelé sa coopération militaire et politique avec la France après le vote de la loi, en décembre, par l’Assemblée nationale. Le ministre turc des Affaires étrangères, qui devait se rendre aujourd’hui à Bruxelles, a annulé sa visite, pour contester le projet de loi.

Voir mes précédents billets en cliquant ICI et .

21 janvier 2012

Génocide arménien : Rassemblement citoyen le lundi 23 janvier à 14h devant le Sénat

Le CCAF (conseil de coordination des organisations arméniennes de France) appelle tous les Français, Républicains, démocrates et humanistes, quelle que soient leurs sensibilités, à un rassemblement citoyen devant le Sénat lundi 23 janvier à 14h pour soutenir la proposition visant à pénaliser le négationnisme tous les génocides reconnus par la loi.

Face à une campagne d’opinion aux accents souvent ignobles orchestrée par les forces hostiles à ce texte, et à l’occupation de la rue par les faussaires de l’histoire nous appelons les citoyens épris de justice à dénoncer le négationnisme qui assassine une deuxième fois les victimes, propage la haine et le fanatisme.

Non au négationnisme, au racisme et à la xénophobie !
Non à l’apologie du crime et aux menaces des dirigeants turcs !
Oui à une loi républicaine qui protège la dignité humaine, les victimes et les générations survivantes !

Lundi 23 janvier, 14 h, rue de Tournon, face au Sénat.

52366199_pPrès d'un siècle après les faits, la Turquie refuse toujours de qualifier de " génocide " la déportation et les massacres organisés de 1 à 1,5 million d'Arméniens par le gouvernement nationaliste Jeunes- Turcs. Elle admet des " déplacements de populations " et des massacres réciproques, où 300 000 à 500 000 Arméniens périrent, dans le contexte de la première guerre mondiale. " Il n'y a aucun génocide dans notre histoire ", a proclamé récemment M. Erdogan, fidèle à la doctrine instaurée par ses prédécesseurs. La Turquie mobilise toujours d'importants moyens pour lutter contre ce qu'elle nomme " les allégations arméniennes d'un prétendu génocide ".

Charles Aznavour et cinq autres signataires ont lancé un appel au Sénat pour qu'il ratifie le texte de loi pénalisant le négationnisme du génocide des Arméniens. (Reuters)

Comme l’a écrit Elie Wiesel, "tolérer le négationnisme, c’est tuer une seconde fois les victimes". Aussi convient-il de saluer le vote de l’Assemblée nationale du 22 décembre 2011, qui s’est prononcée en faveur de la transposition de la décision-cadre de l’Europe contre le racisme, la discrimination et le négationnisme. Contrairement aux lieux communs qui ont circulé à la faveur de la discussion publique autour de ce texte, ce dernier ne constitue pas une loi mémorielle, l’Histoire ayant déjà été écrite par les historiens. Ce document relève du droit. En donnant suite à cette directive européenne, les députés ont accordé aux garants de la mémoire des victimes de "tous les génocides reconnus par la loi" (Shoah, génocide des Arméniens), la possibilité juridique de les défendre contre les formes les plus "outrancières" du déni.

Est notamment visé le négationnisme d’État dont les autorités turques successives organisent la promotion jusque sur le territoire de la République française. Ainsi les élus sont-ils restés dans leur fonction qui consiste à préserver la dignité humaine, première phase du préambule de la Déclaration universelle des droits de l’homme, et à légiférer pour prévenir tout risque de trouble à l’ordre public. Pour qu’enfin ce texte prenne force de loi, nous encourageons le président de la République, le gouvernement ainsi que les principaux partis, de gauche comme de droite, qui ont soutenu l’adoption de cette loi à confirmer leur geste en permettant sa ratification par le Sénat dans la législature actuelle.

Charles Aznavour, Robert Guédiguian, Serge Klarsfeld, Bernard-Henri Lévy, Michel Onfray, Erol Özkoray





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