Grèce....Jusqu'à dimanche...
L'Europe donne à la Grèce jusqu'à dimanche pour éviter le pire http://t.co/3eNjiU6RAM #AFP pic.twitter.com/t5aCx8szKF
— Agence France-Presse (@afpfr) 8 Juillet 2015
L'Europe donne à la Grèce jusqu'à dimanche pour éviter le pire http://t.co/3eNjiU6RAM #AFP pic.twitter.com/t5aCx8szKF
— Agence France-Presse (@afpfr) 8 Juillet 2015
Jean-Claude Trichet. Ancien président de la Banque centrale européenne.
Comme citoyen, vous souhaitiez que le « oui » au référendum grec l’emporte. Après ce « non » massif, peut-on éviter la sortie de la Grèce de la zone euro ?
Le paradoxe grec est que, vu de France ou de l’extérieur en général, le « oui » était un « oui » à l’Europe et le « non » un « non » à l’Europe et à l’euro. Vu de Grèce, c’était un référendum dans lequel le « non » voulait dire un « oui » à l’euro et à l’Europe avec poursuite des négociations ! Le peuple grec ne veut pas quitter l’euro. Mais il y a une condition : accepter enfin un plan économique de redressement crédible et inspirant confiance.
La crise grecque fait-elle courir des risques de contagion à la zone euro ?
Nous avons connu une crise grecque, une crise irlandaise, une crise portugaise et une crise chypriote au cours des cinq dernières années. L’euro et la zone euro ont fait preuve de résilience dans ces circonstances difficiles. Il faut absolument que la Grèce présente et mette en œuvre un plan crédible. Si ce n’était pas le cas, le risque principal – la Grèce sortant, dans le drame économique et social, de la zone euro – serait géopolitique : la Grèce est proche des Balkans, elle est particulièrement sensible aux conflits au sein du monde orthodoxe, elle est proche aussi du MoyenOrient, de ses guerres et de ses réfugiés…
Manuel Valls dit qu’il n’y a pas de sujet tabou sur la dette grecque, sur son rééchelonnement…
Les finances publiques et donc les contribuables français sont déjà dans une situation très difficile. En plus, ils ont prêté 45 milliards d’euros aux Grecs. C’est une somme que l’on ne peut pas traiter avec légèreté. Mais, encore une fois, la clé de tout, c’est un plan crédible. Si nous l’avons et s’il est approuvé par les Européens et le FMI, je note que le gouvernement français est prêt à demander aux contribuables français de faire un effort supplémentaire…
En attendant une issue politique, la BCE fait-elle ce qu’il faut pour aider la Grèce ?
Elle a prouvé qu’elle était capable de la soutenir dans les limites de son propre mandat. Ses 89 milliards d’euros de soutien exceptionnel aux banques grecques représentent un effort énorme. Ceci dit, la BCE ne peut évidemment pas accepter que l’augmentation continuelle de ses concours monétaires serve simplement à échapper au plan de redressement indispensable. Elle a donc eu raison de plafonner ses aides à 89 milliards d’euros pour le moment. Recueilli par Pierre CAVRET.
En direct : après le "non" au référendum, la BCE se penche sur le dossier grec http://t.co/BUlJkUaNru pic.twitter.com/l1TdGJH7Xy
— FRANCE 24 Français (@France24_fr) 6 Juillet 2015
Jusqu'au bout, les sondages ont annoncé un résultat serré. Le camp du "non" a finalement remporté une large victoire lors du référendum, dimanche 5 juillet, alors que les Grecs devaient se prononcer sur de nouvelles mesures d'austérité réclamées par leurs créanciers. Le "non" a recueilli 61,31% des voix, contre 38,69% pour le "oui", selon des chiffres du ministère de l'Intérieur grec, établis après le dépouillement de 95% des bulletins.
Syriza, le parti d’Alexis Tsipras, distance très largement la droite conservatrice sortante. Assuré de gouverner, il pourrait être contraint de chercher un allié pour appliquer son programme. C’est un message qui résonne dans toute l Europe et apporte un soulagement
Explosion de joie, hier à 19 h pétantes (heure locale), dans la tente montée par le parti Syriza, place Klavthmonos, dans le centre d’Athènes. Une femme laisse couler une larme tandis que des militants agitent frénétiquement des drapeaux en chantant. Sur un écran géant, les résultats provisoires des élections législatives viennent de s’afficher. Le parti de la gauche radicale obtiendrait entre 35 % et 40 % des voix. Largement devant Nouvelle démocratie, d’Antonis Samaras, le Premier ministre sortant. Avec 23 % à 27 % des suffrages, il est très loin du score annoncé par les sondages. La claque est énorme.
« Donner de l’espoir »
À l’extérieur, Stefanos Proyas, militant de Syriza, promène sur la liesse environnante un regard exténué.« Cela fait deux jours que je n’ai pas dormi, confie cet enseignant de 52 ans.Évidemment, je suis heureux, nous avons gagné. Mais ce n’est que le début de la fin du néolibéralisme, en Grèce et en Europe. On espère que la victoire de Syriza va apporter le changement. Et, surtout, donner de l’espoir aux gens. » Des délégations de toute l’Europe sont venues participer à l’événement. Des Italiens, comme Asunta, qui a fait le voyage de Trieste :« C’est un jour important, l’Europe peut changer » .Des Portugais, des Espagnols, des Allemands, des Irlandais, des Néerlandais. Et un groupe de Français, dont de jeunes militants socialistes qui se présentent sous la casquette d’un collectif, car le PS ne leur a pas donné mandat pour le représenter.« C’est un message qui n ’affecte pas seulement les Grecs mais qui résonne dans toute l ’Europe et apporte un soulagement », confirme Panos Skourletis, porte-parole de Syriza. Pour forger leur succès, les « anti-austérité » d’Alexis Tsipras ont largement débordé leur socle électoral. Adonis, 61 ans, a toujours donné sa voix à la droite. Mais aujourd’hui, il a voté Syriza.« Nouvelle démocratie ment, le Pasok ment. Syriza ? Je ne sais pas. Ils sont différents, on va les essayer. »
« Des mesures d’urgence »
Le succès de la gauche radicale était annoncé. Mais obtiendra-t-elle la majorité absolue lui permettant de gouverner seule ? Hier soir, les résultats non définitifs lui donnaient entre 146 et 158 sièges, alors que la barre est à 151. En outre, un parti ayant besoin de 3 % des voix pour entrer au Parlement grec, c’est des résultats engrangés par les petites formations que pourrait dépendre une victoire complète de Syriza. Le parti de Centre gauche Potami, tout nouvellement créé, réussit sa percée, avec entre 6 et 7 sièges. Les néo-nazis d’Aube dorée semblent reculer, avec le même nombre d’élus, alors qu’ils en comptaient 18. Le Parti communiste se maintient avec 5 à 6 députés. Et le vieux Pasok continue de s’enfoncer : seulement 4 à 5 sièges. Pour Syriza, la majorité absolue permettrait au futur Premier ministre Alexis Tsipras de gouverner sans alliance. Il aurait les mains libres pour appliquer son programme : renégociation de la dette publique et mesures d’urgence afin de faire face à la« crise humanitaire » après six ans de récession. Le programme prévoit de porter le salaire minimum de 580 à 751 €, et d’assurer l’accès gratuit aux soins.« Le peuple grec a écrit l’Histoire » et« laisse l’austérité derrière lui » , a déclaré Alexis Tsipras devant des milliers de personnes rassemblées à Athènes. Article de Marc MAHUZIER.
==============================
Premières réactions, en France
Jean-Luc Mélenchon parle de« C’est un grand soir démocratique » et Jean-Marie Le Pen d’un «désaveu de l’Union européenne ». Pour Nicolas Dupont-Aignan,« la victoire de Syriza signe un coup d’arrêt aux politiques d’austérité inefficaces imposées aux peuples européens ». Quant au socialiste Benoît Hamon, il estime que« la Grèce éclaire l’Europe ».
A vous les studios. Les programmes de la télévision publique grecque vont reprendre d'ici jeudi matin, a annoncé, mercredi 10 juillet, le gouvernement grec. Cette annonce intervient près d'un mois après la fermeture brutale de la radiotélévision publique ERT par le gouvernement, pour cause de réduction budgétaire. La télévision a déjà commencé à émettre, mercredi matin. Une mire affichant "Télévision publique grecque" (EDT) et représentant un globe et des vagues colorées s'est affichée sur l'écran
Alain Vidalies ministre délégué aux Relations avec le Parlement
"Quand ça commence à toucher à l'information, ça touche évidemment à la démocratie".
Sur France Info, Alain Vidalies, ministre délégué aux Relations avec le Parlement, s'est inquiété de la fermeture brutale du service audiovisuel public en Grèce.
Austérité en Grèce : la télévision publique cesse d'émettre définitivement, sur décision du gouvernement
La Grèce n'a plus de télévision ni de radio publiques. Pour faire des économies, le gouvernement grec a annoncé, mardi 11 juin, la fermeture immédiate du groupe audiovisuel public ERT "à la clôture des programmes". La diffusion d'ERT s'est arrêtée vers 22h30, heure de Paris, quelques heures seulement après l'annonce de la décision. "La diffusion d'ERT s'arrêtera après la fin des programmes ce soir", avait déclaré le porte-parole du gouvernement, Simos Kedikoglou, soulignant qu'ERT, composé notamment de trois chaînes et d'une radio publiques employant plusieurs milliers de personnes, constitue "un cas exceptionnel d'absence de transparence et de dépenses incroyables. Et tout ceci prend fin maintenant".
C'est un vote de "colère", note le Guardian. Dimanche, à l'occasion d'un scrutin législatif crucial, les Grecs ont infligé un cinglant camouflet aux deux principaux partis du pays et rejeté sans détour les politiques d'austérité censées juguler la crise, soulignent le Spiegel Online et le Washington Post. D'après les résultats définitifs du vote, Nouvelle Démocratie (droite) a recueilli 18,85 % des suffrages et le Pasok (socialiste) 13,18 %. A eux deux, ils totalisent 149 des 300 sièges du Parlement, perdant du même coup la majorité. Cette faillite électorale rebat la donne politique et fait le jeu de deux autres formations : Syriza (16,78 %), coalition de la gauche radicale, et surtout Chryssi Avghi ("l'Aube dorée"), mouvement ouvertement fasciste qui prône l'expulsion de tous les immigrés (El Pais). Avec 6,97 % des voix, ce dernier fait pour la première fois son entrée au Parlement. Une percée jugée inquiétante par The Independent et qui confirme le scénario esquissé dès samedi par La Libre Belgique. Au-delà des frontières, cette répudiation du bipartisme traditionnel - conjuguée à la "victoire éclatante" du socialiste François Hollande à la présidentielle française - n'a pas manqué de provoquer une "onde de choc" sur le Vieux Continent, note le Daily Telegraph. Avec la même interrogation : quid de l'avenir des Hellènes au sein de la zone euro ? A en juger par le titre peu engageant de la FAZ - "Le mauvais présage grec" -, les augures ne sont pas bons. Preuve en est, le chef de file des conservateurs, Antonis Samaras, s'est déclaré lundi soir incapable de former un gouvernement de coalition (Le Temps).