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Jours tranquilles à Paris
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4 décembre 2019

Grève du 5 décembre

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Grève du 5 décembre à la SNCF, à la RATP et dans le transport aérien : le point sur les fortes perturbations prévues pour jeudi

La SNCF ne pourra assurer que 10 % du trafic, jeudi, notamment pour les TGV et Transilien. La RATP prévoit un trafic « très fortement perturbé », et 20 % des vols seront annulés.

La journée de grève interprofessionnelle contre la réforme des retraites du jeudi 5 décembre s’annonce très suivie, avec de très fortes perturbations prévues dans les transports en France.

A la SNCF, près de 90 % des trains annulés

Le trafic ferroviaire sera fortement perturbé. La SNCF a annoncé qu’elle ne pourra assurer que 10 % du trafic. « Très clairement, nous invitons nos clients à annuler leurs déplacements, reporter leurs voyages, autant que c’est possible pour eux », a déclaré la directrice de la communication, Agnès Ogier. La compagnie prévoit que circuleront, en moyenne :

Un TGV sur dix ;

Un Intercités sur dix ;

Un Transilien sur dix ;

Un TER sur cinq.

« C’est un niveau [de circulation] inférieur à ce qu’on a connu en 2018 », au plus fort de la grande grève contre la réforme ferroviaire, a relevé Agnès Ogier, ajoutant : « Oui, la mobilisation est plus forte qu’en 2018 ! »

Les premiers signes de la grève apparaîtront dès mercredi soir, puisque les préavis reconductibles déposés par les quatre syndicats représentatifs de la SNCF (CGT-Cheminots, UNSA ferroviaire, SUD-Rail et CFDT-Cheminots) débutent à 19 heures mercredi. Mais le trafic de cette soirée sera « quasi normal », selon la direction, qui précise que « les horaires des trains du lendemain seront disponibles tous les jours au plus tard à 17 heures ».

Les voyageurs munis de billets de TGV Inoui, Ouigo, Intercités pourront demander un échange ou un remboursement « sans frais ni surcoût, y compris s’ils possèdent des billets non échangeables/non remboursables », a indiqué la direction.

A la RATP, onze lignes totalement fermées

Le trafic sur l’ensemble du réseau de la RATP sera « extrêmement perturbé », a annoncé la direction, qui prévoit une plus forte mobilisation que lors de la grève du 13 septembre, qui avait presque paralysé Paris et très fortement perturbé l’ensemble du trafic en Ile-de-France.

Les RER A et B rouleront partiellement, et uniquement aux heures de pointe, où la moitié des RER A et un tiers des RER B circuleront. « Les gares RATP seront fermées en dehors de ces horaires », précise le groupe.

Il n’y aura aucun métro sur les lignes 2, 3, 3 bis, 5, 6, 7 bis, 8, 10, 11, 12 et 13 ;

Le trafic sera « très fortement perturbé » sur les lignes 7 et 9 (un métro sur quatre), ainsi que sur la ligne 4 (un métro sur trois), et « uniquement » aux heures de pointe (6 h 30 - 9 h 30 et 17 heures - 20 heures) ;

Les lignes automatiques 1 et 14 circuleront normalement, avec un « risque de saturation en heures de pointe ».

Les prévisions de trafic pourront évoluer « jusqu’à jeudi matin », souligne le groupe, qui publiera des prévisions « chaque jour à 17 heures pour le lendemain » pendant la grève.

Les trois syndicats représentatifs de la RATP – l’Union nationale des syndicats autonomes (UNSA), la Confédération générale du travail (CGT) et la Confédération française de l’encadrement-Confédération générale des cadres (CFE-CGC) – ont déposé des préavis de grève illimités contre le projet du gouvernement de système universel de retraite par points, qui remplacerait les 42 régimes coexistant actuellement, dont le régime spécial des agents de la régie des transports parisiens.

Dans le transport aérien, 20 % des vols annulés

Air France, où onze syndicats de la compagnie appellent les salariés à participer, jeudi, aux manifestations contre la réforme des retraites, va annuler environ 30 % de ses vols intérieurs et 15 % de ses vols moyen-courriers, tandis que le long-courrier ne sera pas affecté, même si des retards et des annulations de dernière minute ne sont « pas à exclure ».

La compagnie française réagit ainsi à l’annonce par la Direction générale de l’aviation civile (DGAC) selon laquelle 20 % des capacités allaient être supprimées jeudi. L’Union syndicale de l’aviation civile (USAC-CGT), deuxième syndicat chez les contrôleurs aériens et premier à la DGAC tous personnels confondus, appelle à faire grève jusqu’à samedi, contrairement au Syndicat national des contrôleurs du trafic aérien (SNCTA), première organisation chez les aiguilleurs du ciel, qui n’appelle pas à la mobilisation contre la réforme des retraites.

Chez Transavia France, « le programme de vol est maintenu » pour jeudi, a fait savoir un porte-parole. La compagnie à bas coûts du groupe Air France-KLM opère des vols moyen-courrier au départ des aéroports d’Orly, de Lyon et de Nantes.

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1 décembre 2019

5 décembre : le gouvernement se prépare à une grève durable

Le gouvernement se retrouve au grand complet ce dimanche à Matignon pour accorder ses violons avant le mouvement contre la réforme des retraites.

Dans la perspective d’un mouvement de grève qui promet d’être massif et potentiellement durable, l’exécutif veut établir une ligne de défense commune autour de cette réforme emblématique voulue par Emmanuel Macron.

Vendredi déjà, plusieurs ministres se sont rencontrés à Matignon pour passer en revue les plans de continuité des services publics en cas de blocage du pays : organisation des transports, accueil dans les écoles et les hôpitaux, télétravail, etc.

Et dimanche 1er décembre, c’est l’ensemble du gouvernement qui est convié à Matignon pour préparer ce qui se présente comme une semaine noire. SNCF, RATP, Air France, contrôleurs aériens, EDF, poids lourds, raffineries, enseignants, étudiants, policiers, avocats, magistrats, éboueurs… la mobilisation contre le projet de fusion des 42 régimes de retraite existants en un système universel par points s’annonce importante, alors que la CGT, FO, la FSU et Solidaires ont appelé à une grève interprofessionnelle vendredi 5 décembre, et qui devrait débuter jeudi en soirée.

Le spectre de 1995

De quoi faire craindre à l’exécutif une répétition de 1995 lorsque le premier ministre Alain Juppé, sous la pression de la rue, avait dû reculer sur sa réforme des régimes spéciaux.

« Je pense qu’il y aura une mobilisation forte des organisations syndicales et un risque de blocage à la RATP et à la SNCF », concède le ministre de l’intérieur Christophe Castaner avant d’insister toutefois : « n’intériorisez pas le fait que l’on reculera sur les retraites, ce ne sera pas le cas car cette réforme est juste ».

« Nous n’échouerons pas, la réforme se fera », abonde le ministre de l’action et des comptes publics, Gérald Darmanin dans le Journal du dimanche, ajoutant qu’« on a du mal à comprendre pourquoi l’Etat verse chaque année 8 milliards d’euros » pour équilibrer les régimes spéciaux « sur nos impôts ».

A Matignon dimanche après-midi, il s’agira une nouvelle fois de « travailler à la mobilisation complète de l’Etat pour limiter au maximum l’impact de la grève pour les Français », selon l’entourage d’Edouard Philippe, missionné en première ligne par Emmanuel Macron sur ce dossier explosif.

Mais l’objet de la réunion est aussi de faire le point sur les discussions avec les syndicats et, selon un membre du gouvernement, de cultiver « une réflexion stratégique sur la suite » en se projetant au-delà du 5 décembre.

Plus de cent cinquante manifestations prévues jeudi

Le gouvernement craint surtout que la mobilisation s’étende au-delà de quelques catégories et vire à la crise sociale d’ampleur. Il envisage avec une certaine angoisse la journée d’action des « gilets jaunes » prévue le samedi 7 décembre, un an pile après le pic de violence de leur mouvement. Jeudi, plus de 150 manifestations sont prévues, dont une à Paris dans l’après-midi.

« Comme pour toute manifestation, on peut craindre que des casseurs et des gilets jaunes radicalisés s’en mêlent, souligne Christophe Castaner. Mais il faut aussi rappeler la responsabilité des organisations syndicales, elles ont un vrai savoir-faire. Elles se sont d’ailleurs engagées à mobiliser beaucoup de monde dans la gestion du service d’ordre. La préfecture de police prépare cela avec elles. »

Opposé à un front constitué par la CGT, FO et les cadres de la CFE-CGC, le gouvernement redoute que la contestation s’élargisse à la CFDT, dont le soutien à la réforme ne tient plus qu’à un fil, alors que sa fédération de cheminots a elle-même déposé un préavis de grève.

Accusé par l’opposition d’entretenir volontairement le flou sur ses intentions, l’exécutif a envoyé ces derniers jours des signaux à la fois d’ouverture et de fermeté. Intransigeant sur l’objectif. Mais ouvert à la discussion et soucieux d’un dialogue « sans brutalité », selon les mots d’Edouard Philippe.

Quitte à lâcher du lest sur des thèmes chers aux syndicats, comme les droits familiaux, la pénibilité ou les « garanties » attendues par les enseignants. Voire à décaler l’entrée en vigueur de la réforme au-delà de 2025. « Il y a plusieurs dates d’entrée possibles de la réforme. C’est une discussion que l’on doit avoir », souligne Gérald Darmanin, tout en ajoutant : « c’est certain » qu’il faudra travailler plus.

1 décembre 2019

A la SNCF, les cheminots en première ligne de la mobilisation du 5 décembre

La grève s’annonce très suivie dans l’entreprise ferroviaire. Au menu des contestations, la réforme des retraites, mais aussi l’inquiétude face aux réorganisations successives.

Ils ne sont pas à l’origine de la grève du 5 décembre (lancée par l’UNSA-RATP) pour la défense des régimes spéciaux de retraite, mais seront en première ligne du fait de leur impact sur la mobilité française. Eux, ce sont les cheminots : 210 000 agents qui font rouler 11 400 trains par jour, transportent 3,7 millions de voyageurs quotidiennement. Leur capacité de blocage du pays est à nulle autre pareille.

Ils devraient se mobiliser en nombre selon les anticipations de la direction, du moins dans les premiers jours, puisque les 5, 6, 7 et 8 décembre les réservations grandes lignes ont été gelées, que plus de 100 TGV ont été déjà supprimés et que les circulations de trains de fret sont neutralisées sur cette période (ce qui laisse supposer qu’il faut s’attendre à une forte mobilisation dans les postes d’aiguillages). Le taux de grévistes précis sera connu dans l’après-midi du mardi 3 décembre.

Une grève pour les retraites donc… Pas si simple. Quand on interroge Emmanuel (tous les agents qui ont témoigné ont souhaité conserver l’anonymat), la quarantaine, conducteur de la ligne R du Transilien sur l’axe Montargis-Paris, sur les raisons pour lesquelles il arrêtera le travail, il évoque surtout les réformes successives ayant touché la SNCF, parlant d’un « moment particulier qui vient parachever une réorganisation du ferroviaire qui conduit à une mise en danger du service public ».

« Cette réforme, c’est du vol »

« On nous inflige des procédures stupides et contradictoires, poursuit-il. L’autre jour, un collègue venu de Nevers est arrivé plus d’une demi-heure en retard à Paris car il s’est retrouvé coincé par de nouvelles règles concernant les trains prioritaires l’obligeant à rester derrière moi. Auparavant, les aiguilleurs l’auraient fait passer devant et les retards auraient été minimisés. Mes collègues guichetiers à la gare de Montargis voient leur travail parasité par tout un tas de tâches qu’on leur ajoute en permanence. Il y a une colère contre cette perte de sens. Au dépôt de Montargis, nous sommes 38 conducteurs et les 38 seront en grève. »

Même situation pour Emmanuelle, 46 ans, dont vingt-trois comme cheminote, agent à la gare de Paris-Magenta sur la ligne E du RER : ce dont elle parle d’abord n’est pas sa perspective de départ à la retraite, passée, au fil des réformes successives, de l’an 2028 (55 ans) lorsqu’elle est embauchée à 2035 (62 ans) aujourd’hui. Ce qui la mine, c’est plutôt le sentiment d’abandon (« les escaliers sales, les gares sans personnel après 23 heures ») et la précarisation qu’elle voit s’installer autour d’elle.

« Il y a de plus en plus de monde pour travailler dans les gares mais de moins en moins de cheminots, dit-elle. Vous avez les gestionnaires de flux, ces personnes qui facilitent les montées et descentes de voyageurs aux heures de pointe, payés par un prestataire extérieur 700 à 800 euros par mois sans perspectives à la SNCF. Vous avez ces intérimaires pas formés, ignorant tout du ferroviaire, parfois des gens qui n’avaient jamais pris le train, qu’on nous envoie pour remplacer un collègue malade. L’intérim, c’est désormais 20 % des effectifs. »

La question salariale est aussi prégnante. Surtout pour les femmes seules comme Torya, l’air juvénile avec son bonnet à pompon vissé sur la tête. Mère de trois enfants (18, 12 et 5 ans), elle est agent d’aiguillage en Seine-Saint-Denis sur un poste non informatisé et où l’on actionne encore de gros leviers pour faire bouger les appareils de voie. « Mon salaire c’est 2 300 euros, dont 900 euros de prime, explique la cheminote. Mais dernièrement, je ne l’ai pas touchée parce que j’étais arrêtée, épuisée par l’horaire en 3/8. » Emmanuel, le conducteur, touche aussi une prime de traction qui saute s’il ne conduit pas, faisant reculer sa rémunération de 3 200 à 2 200 euros.

Il ne faudrait pas croire pour autant que les retraites ne sont pas un sujet brûlant. « Cette réforme, c’est du vol ; ces gens nous volent, fulmine Torya. Vu ce que je touche et vu ce que la réforme va me faire perdre, je vais me battre jusqu’au bout. » « J’ai fait mes calculs : ma retraite pourrait passer de 1 600 à 1 300 euros par mois, détaille Emmanuelle, qui touche aujourd’hui 2 000 euros mensuels primes comprises. A comparer avec le coût de l’Ehpad de ma grand-mère : 2 400 euros par mois… »

« Conflit larvé sur les salaires »

Côté encadrement aussi, chacun s’attend à un niveau de débrayage record. Selon nos informations, la direction de la SNCF prévoit que le taux de grévistes chez les cadres dépassera le niveau historiquement haut atteint en avril 2018, au début de la longue grève contre la réforme ferroviaire, soit 17 %.

« Les encadrants de proximité et les agents de maîtrise sont en conflit larvé avec leur hiérarchie, en particulier sur des questions salariales », confirme Emmanuel. Ce dernier ne s’attend pas à ce que les cadres de la traction prennent le relais des grévistes pour conduire les trains. « Mais, ajoute-t-il amèrement, il existe maintenant, en Ile-de-France, un pool d’une centaine de conducteurs détachés, payés 1 500 euros de plus que nous, et qui acceptent pour ce prix-là de remplacer les grévistes. »

A la tête de la SNCF, Jean-Pierre Farandou, le nouveau président depuis environ un mois du groupe SNCF, a pris, semble-t-il, conscience de la profondeur du malaise. « Les réorganisations il y en a beaucoup. Ça va vite, ça va peut-être trop vite, a-t-il déclaré vendredi 29 novembre dans une vidéo adressée aux cheminots. Ma décision est de faire une pause pendant tout le premier semestre de l’année prochaine pour évaluer l’intérêt des réorganisations sur le terrain et leur impact social. »

Eric Béziat

Réformes des retraites : séminaire gouvernemental à Matignon dimanche. Edouard Philippe recevra l’ensemble du gouvernement, dimanche, à Matignon. Au menu de ce séminaire, « non pas la question de la mobilisation du 5 décembre, mais le projet de réforme des retraites dans son ensemble », a indiqué l’entourage du premier ministre. Deux jours plus tôt, le 29 novembre, M. Philippe a déjà reçu neuf de ses ministres, cette fois pour préparer spécifiquement la journée de mobilisation du 5 décembre. « Le premier ministre respecte le droit de grève mais veut s’assurer de la mobilisation complète du gouvernement pour ces jours d’action sociale », a précisé avant cette réunion de travail à l’AFP l’entourage du chef du gouvernement. Dans un entretien au Journal du dimanche, Gérald Darmanin, le ministre de l’action et des comptes publics, défend la réforme des retraites. Les régimes spéciaux, dont le gouvernement prévoit la disparition au profit d’un régime universel par points, « ont eu sans doute leur intérêt dans le passé mais ils ne se justifient plus », estime-t-il, avançant que « la réforme se fera ». « Si l’objectif de la grève est de nous faire renoncer, ce sera difficile de trouver un compromis », avertit-il. En revanche, « s’il s’agit de préciser certains points, d’intégrer des revendications légitimes ou de mettre en place des calendriers de transition adaptés, le premier ministre a dit que sa porte était ouverte », rappelle M. Darmanin, soulignant que « toutes les réformes des retraites ont suscité de fortes contestations ».

22 novembre 2019

Grève du 5 décembre : SNCF, RATP, Air France... Qui a déjà décidé de participer au mouvement social ?

Le front syndical contre la réforme des retraites s'étoffe de jour en jour. De nombreux syndicats appellent à la grève le 5 décembre, un écueil de plus pour l'exécutif.

De la SNCF aux poids lourds, de la RATP à Air France, en passant par EDF et les hôpitaux publics : les appels à faire grève le 5 décembre contre la réforme des retraites s'accumulent. Voici un état des lieux, deux semaines avant le jour J.

A la SNCF, quatre syndicats appellent à la grève

Les quatre syndicats représentatifs appellent à la grève. La CGT-Cheminots, l'Unsa ferroviaire et Sud-Rail ont signé un appel unitaire à un mouvement illimité pour défendre les retraites "de l'ensemble des salariés" car selon eux, "les régimes spéciaux [dont celui des cheminots] comme le régime général sont ciblés" par la réforme. Les voyageurs sauront "le 3 décembre dans l'après-midi" quels trains circuleront le 5, précise la direction de la SNCF.

La CFDT-Cheminots, restée jusqu'alors en retrait, a annoncé, jeudi en fin de matinée, vouloir déposer "dès ce soir ou demain" un préavis de grève reconductible à partir du 5 décembre. "Le gouvernement n'a pas mesuré les attentes des cheminots" qui ont "besoin d'être rassurés", a estimé son secrétaire général, Didier Aubert, à l'issue d'une réunion au ministère des Solidarités.

"Le 5 on commence, le 6 on continue", haranguait mardi lors d'une manifestation le responsable de la CGT-Cheminots. "Il y aura une grosse journée de mobilisation le 5, toutes catégories confondues", y compris dans l'encadrement où règne "un très fort mécontentement sur les retraites", a expliqué Laurent Brun à l'AFP.

A la RATP, ce sera "aussi fort que le 13 septembre"

Après l'électrochoc de la grève très suivie du 13 septembre, qui avait mis Paris quasiment à l'arrêt, les trois syndicats représentatifs de la régie appellent cette fois-ci à une grève illimitée contre la réforme.

"Le 5 décembre sera a priori aussi fort que le 13 septembre", estime Fabrice Ruiz de la CFE-CGC. "Ce sera une très grosse journée" au vu des "remontées du terrain et des déclarations des agents qui doivent prévenir à l'avance s'ils seront grévistes", explique Bertrand Hammache de la CGT. "On n'est pas très inquiets pour le 6 décembre", qui devrait voir la grève se poursuivre, note Thierry Babec de l'Unsa.

Dans le transport routier et urbain, deux syndicats pour une grève illimitée

La CGT et FO appellent à une grève illimitée dès le 5 décembre dans le transport urbain et routier de voyageurs, de marchandises, de fonds. Un appel qui concerne également les ambulanciers, les déménageurs et les taxis.

"On fait ce qu'il faut pour que ce soit suivi", a indiqué Patrice Clos de FO Transports et Logistique. "Pour le transport urbain et le transport routier de voyageurs, des notifications avant préavis de grève, assez nombreuses, ont été déposées", par exemple "à Lyon, Montpellier, Bordeaux", a-t-il précisé. Dans le privé, aucun préavis n'est nécessaire.

A Air France, un préavis de grève qui concerne le personnel au sol

Chez Air France, les syndicats de pilotes et ceux des hôtesses et stewards n'appellent pas à la grève. En revanche, trois syndicats particulièrement implantés auprès du personnel au sol ont déposé des préavis : FO, premier syndicat toutes catégories, qui souhaite un mouvement reconductible, comme la CGT. SUD-Aérien veut mobiliser le 5, en scandant "ni retraite à points, ni droits en moins". Les grévistes impliqués dans l'exploitation aérienne (navigants ou personnel au sol) doivent se déclarer individuellement au plus tard 48 heures avant le début du conflit pour permettre à la compagnie de s'organiser et d'informer ses passagers.

Chez les contrôleurs aériens, le SNCTA, premier syndicat, n'appelle pas à la grève, contrairement à l'USAC-CGT, numéro deux. Ces fonctionnaires sont soumis à un système d'astreinte destiné à assurer un service minimum mais une mobilisation importante pourrait engendrer retards ou annulations de vols.

Des avocats pour une "journée de justice morte"

Le Conseil national des barreaux (CNB) a voté, jeudi, en assemblée générale pour une "journée de justice morte", le 5 décembre, "tant pour continuer à défendre fermement les spécificités des régimes autonomes qu’en solidarité avec ceux qui ont à souffrir de l’absence d’écoute du gouvernement et de sa réforme dogmatique". Dans une lettre ouverte, les avocats annoncent avoir transmis une lettre ouverte à la garde des Sceaux, Nicole Belloubet, pour dénoncer "la situation historiquement critique des relations" entre le ministère de la Justice et la profession d’avocat.

Dans cette lettre, le CNB réaffirme également son opposition au régime universel de retraite proposé par le gouvernement qui a "choisi unilatéralement l’exemple d’un avocat qui n’existe pas", soit celui qui "commence sa carrière à 23 ans (alors que la moyenne d’âge d’entrée dans la profession est de 28,1 ans et qu’en 2018, aucun avocat n’est entré dans la profession à cet âge".

Chez EDF, la CGT prône "des coupures dans les bâtiments publics d'Etat"

Plusieurs syndicats d'EDF, parmi lesquels la CGT, Force ouvrière et Sud, ont appelé jeudi, à leur tour, à la grève reconductible le 5 décembre pour protester contre la réforme des retraites, a appris franceinfo de sources syndicales. En revanche, la CFDT n'appellera pas à faire grève le 5 décembre, a indiqué jeudi à l'AFP le secrétaire général de la fédération CFDT Chimie-Energie, Dominique Bousquenaud.

La CGT appelle à la grève ainsi qu'à des "baisses de production d'électricité, des coupures en énergie des bâtiments publics d'Etat (hors lieux de santé)" ainsi que dans des entreprises de la branche, et à l'inverse à remettre le courant chez les particuliers où il aurait été "injustement coupé", selon un communiqué.

Des syndicats de policiers pour "une fermeture symboliques des commissariats"

Plusieurs syndicats de police, dont Alliance et Unsa, ont menacé, mardi, de se joindre au mouvement social du 5 décembre, si le ministère de l'Intérieur "ne répond pas à [leurs] attentes". Ils envisagent de lancer, le jour de mobilisation contre la réforme des retraites, des "actions de 10 heures à 15 heures dans tous les services de police", notamment la "fermeture symbolique des commissariats, le refus de rédiger des PV ou encore des contrôles renforcés aux aéroports et aux péages d'autoroutes".

Dans l'Education nationale, trois syndicats mobilisés

Dans l'Education nationale, les syndicats SNES-FSU, SUD-Education l'Unsa-Education appellent à une grève des enseignants le 5 décembre. D'autres syndicats de l'intersyndicale Education sont également mobilisés.

A l'hôpital, au moins un syndicat d'infirmiers veut faire grève

Après 8 mois de crise dans les hôpitaux publics, le gouvernement a annoncé, mercredi, une rallonge budgétaire et une reprise de dette étalées sur trois ans, ainsi que des primes pour les personnels. Pourtant, les personnels hospitaliers ne sont pas convaincus par ce nouveau "plan d'urgence" et prévoient de nouvelles journées d'action. Ces collectifs et l'ensemble des syndicats de la fonction publique hospitalière, dont la CGT, FO et la CFDT, ont estimé dans un communiqué commun que le gouvernement "ne répond pas à la gravité de la situation" et fixé deux nouvelles dates de mobilisation. Mais certains appellent aussi à se joindre à la journée de grève du 5 décembre.

"Nous avons donné un rendez-vous pour manifester le 30 novembre en fonction des annonces, ainsi qu’une journée de grève massive le 17 décembre. Les internes et les praticiens hospitaliers seront en grève le 10 décembre. Notre syndicat appellera à rejoindre le mouvement du 5 décembre", résume Renaud Péquignot, président du syndicat Avenir Hospitalier à Allodocteurs.fr. Le syndicat national des professionnels infirmiers a aussi annoncé, mercredi, qu'il allait continuer à faire grève : "Le 5 décembre, on sera là."

Dans d'autres services publics, le mouvement sera également suivi

Plus généralement, dans la fonction publique, la fédération FSU et la fédération CGT des services publics appellent tous les syndicats représentants des agents de la fonction publique à faire grève. Des syndicats de pompiers sont également sur le pont, tout comme ceux de La Poste.

Les "gilets jaunes" "à l'heure de la convergence"

Dans leur "Assemblée des assemblées" à Montpellier, des "gilets jaunes" ont voté, le 3 novembre, une proposition pour rejoindre la grève du 5 décembre contre la réforme des retraites. L'appel a été adopté à une écrasante majorité lors d'un vote à main levée, en séance plénière. "L'heure est à la convergence avec le monde du travail et son maillage de milliers de syndicalistes qui, comme nous, n'acceptent pas", ont-ils ensuite précisé dans un communiqué de presse. "L'Assemblée des assemblées de Montpellier appelle les 'gilets jaunes' à être au cœur de ce mouvement, avec leurs propres revendications et aspirations, sur leurs lieux de travail ou sur leurs ronds-points, avec leurs gilets bien visibles !", ajoutait le communiqué.

Les syndicats étudiants et lycéens veulent "maintenir la pression"

Plus de dix jours après l'immolation d'un étudiant devant un Crous de Lyon, le mouvement étudiant ne décolère pas et réclame des mesures pour lutter contre la précarité étudiante. Surfant sur la grande grève, le syndicat Unef a appelé à manifester le 5 décembre pour "maintenir la pression" sur le gouvernement et exiger une réévaluation des bourses universitaires. Il a été rejoint par d'autres organisations syndicales et de jeunesse, FIDL, MNL, UNL.

24 septembre 2019

Réforme des retraites : les syndicats toujours divisés

Par Raphaëlle Besse Desmoulières

Trois jours après Force ouvrière, la CGT et Solidaires appellent à une journée d’action interprofessionnelle mardi 24 septembre.

Parviendront-ils à parler d’une même voix ? Alors que des mouvements catégoriels (avocats, salariés de la RATP…) ont fortement mobilisé ces derniers jours contre la réforme des retraites, les confédérations syndicales n’ont pas réussi, pour le moment, à unir leurs forces.

Trois jours après Force ouvrière (FO), la CGT et Solidaires appellent, mardi 24 septembre, à une journée d’action interprofessionnelle contre « la régression sociale », en particulier sur les retraites. A la SNCF, le trafic devrait être perturbé, notamment sur les lignes TER et transilien.

Samedi, FO avait, elle, convié ses militants à Paris pour qu’ils puissent exprimer leur mécontentement. Plusieurs milliers d’entre eux – soit 6 000 selon la police, 15 000 selon la confédération – ont répondu présents.

L’idée n’était pas tant de faire masse que de ressouder les rangs sur un sujet majeur après une année difficile pour l’organisation syndicale, marquée par la démission, en octobre 2018, de son numéro un Pascal Pavageau, mis en cause pour des fichiers controversés.

Pour Yves Veyrier, qui lui a succédé à la tête de FO, il s’agissait d’« exprimer fortement [leur] détermination ». « L’expérience de ces dernières années, notamment sur les retraites, montre qu’une manifestation, aussi réussie soit-elle, ne permet pas toujours de se faire entendre, ajoute-t-il. Il y a autant de débats sur l’unité syndicale que sur la nature des actions à mener. »

« Irresponsabilité mortifère »

« Le fait qu’il n’y ait pas de date commune ne signifie pas qu’il y ait des dissensions sur les retraites mais marque surtout la volonté de FO d’organiser sa rentrée », relativise, de son côté, Fabrice Angei, membre du bureau confédéral de la CGT. « On serait dans un moment décisif, ce ne serait pas un bon signal mais on n’en est pas là… », renchérit Eric Beynel, porte-parole de Solidaires.

Pour Jean-Marie Pernot, politiste à l’Institut de recherches économiques et sociales, cela montre cependant « une certaine irresponsabilité mortifère ». « Malgré pas mal de luttes unitaires dans certains secteurs, les confédérations vont passer, une fois de plus, à côté du besoin de mouvement et d’unité qui remonte du terrain », juge-t-il.

Vendredi 13 septembre, la mobilisation a été très suivie à l’appel de quasiment tous les syndicats de la RATP. Ces derniers, à l’exception notable de la CGT, entendent récidiver avec « une grève illimitée » à partir du 5 décembre.

L’exécutif ne se prive pas d’appuyer là où ça fait mal

Au niveau interprofessionnel, l’union syndicale large sera d’autant plus difficile à construire que les centrales ne sont pas d’accord sur le fond du dossier.

Si la CGT et FO ne veulent pas entendre parler d’un système universel à points, la CFDT y est favorable sur le principe, même si Laurent Berger, son secrétaire général, a prévenu qu’il ne voulait pas d’une « réforme budgétaire ». La CFE-CGC, elle, n’a pas encore rejoint le camp des opposants, mais le sort des cadres, qui pourraient sortir perdants de la réforme, la fera peut-être basculer.

Malgré un discours vantant le dialogue, l’exécutif ne se prive pas d’appuyer là où ça fait mal. La semaine du 9 septembre, Emmanuel Macron a ainsi échangé avec M. Berger puis avec Laurent Escure, son homologue de l’UNSA, sur les dossiers de la rentrée. De quoi froisser les autres chefs de file syndicaux qui, en fin de semaine dernière, n’avaient toujours pas eu d’invitation de l’Elysée. « Nous demandons à être reçus par Macron, qui choisit les syndicats qu’il voit et qui a même rencontré un syndicat non représentatif comme l’UNSA, mais n’écoute pas ceux comme la CGT qui ont une autre réforme à mettre en débat », indique Catherine Perret, numéro deux de la CGT.

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23 septembre 2019

Paris-Transports : Appel à la grève illimitée à la RATP à partir du 5 décembre

C’était dans l’air depuis le vendredi 13 sans transports en commun à Paris, c’est maintenant dans les tuyaux : 5 syndicats de la RATP (Unsa-RATP, la CFE CGC RATP, Sud RATP, Solidaires RATP et FO RATP) appellent à un mouvement illimité à partir du 5 décembre pour protester contre la réforme des retraites.

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23 septembre 2019

Grève à la SNCF mardi

Grève à la SNCF mardi : deux Intercités sur cinq, trois TER sur cinq et un Transilien sur deux, annonce la direction Le trafic TGV s'annonce en revanche "peu perturbé", précise la direction.

Un trafic TGV "peu perturbé", deux trains Intercités sur cinq, trois TER sur cinq et un Transilien sur deux circuleront en moyenne mardi 24 septembre, jour d'appel à la grève contre le projet de réforme des retraites, a annoncé dimanche la direction de la SNCF.

Le trafic des trains internationaux sera "normal" pour les Eurostar, Thalys, Lyria et les liaisons France-Espagne, France-Allemagne et France-Italie. Le trafic TGV sera normal à l'exception des axes Atlantique et Nord (quatre trains sur cinq). Tout comme le trafic régional, le trafic Intercités est qualifié de "perturbé". Seul un Intercités de nuit sur quatre circulera.

En région parisienne, le RER A connaîtra un service normal mais la partie nord du RER B (à partir de Gare du Nord), gérée par la SNCF, sera touchée avec deux trains sur cinq qui circuleront, tout comme les lignes C (un train sur deux), D (deux trains sur cinq et aucune circulation entre Châtelet et Gare de Lyon) et E (deux trains sur cinq). Si 50% des Transiliens circuleront en moyenne, la ligne R vers Montereau et Montargis sera particulièrement affectée avec un train sur quatre qui roulera.

13 septembre 2019

Sibeth Ndiaye dans sa voiture de fonction pendant la grève RATP : la bourde qui enflamme Twitter

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Les usagers des transports publics en région parisienne goûtent peu le drôle de soutien de la porte-parole du gouvernement.

La bourde de Sibeth Ndiaye ne passe pas. En voulant manifester sa solidarité envers les usagers touchés, ce vendredi 13 septembre, par la grève massive de la RATP en Ile-de-France, la porte-parole du gouvernement s’est pris les pieds dans l’escalator au micro de BFMTV jeudi matin :

« Demain matin, j’utiliserai ma voiture de fonction, comme tous les jours, donc je serai de cœur avec tous les Franciliens qui galéreront dans les couloirs du métro. »

Cynisme, déconnexion des réalités ou simple maladresse ? La sortie de la ministre a provoqué une avalanche de réactions sur Twitter. Certains internautes rivalisent d’imagination pour épingler Sibeth Ndiaye.

D’autres sont plus révoltés par « l’indécence » de la ministre. C’est le cas de la porte-parole des Républicains Lydia Guirous :

Et certains vont jusqu’à bâtir des théories de diversion politiques assez fumeuses...

Une sortie qui aura au moins eu le mérite d’alimenter les conversations sur le chemin (compliqué) du travail.

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20 juin 2018

A la SNCF, les syndicats réformistes ne veulent pas poursuivre la grève

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Par Éric Béziat - Le Monde

La CGT a proposé trois jours d’arrêt de travail les 2, 6 et 7 juillet. L’UNSA « ne continuera pas le mouvement en juillet », la CFDT juge toute décision « prématurée ».

Etre ou ne pas être… en grève pendant les grandes vacances. Telle est, désormais, la question qui taraude les syndicats de cheminots, alors que leur longue grève de Petit Poucet contre l’ogre réformiste macronien – petit caillou après petit caillou – va finir, jeudi 28 juin, par arriver au terme au terme de son calendrier de trois mois.

L’UNSA-Ferroviaire, deuxième syndicat des agents SNCF, a tranché. Il a annoncé, mardi 19 juin, qu’il « ne continuera pas la grève en juillet ». Très représenté chez les cadres, il avait décidé de consulter l’ensemble des mandants au cours d’une téléconférence nationale pour savoir si les adhérents souhaitaient ou non prolonger le conflit.

Lundi, la fédération CGT des cheminots – premier syndicat de la SNCF –, avait fait savoir qu’elle proposerait, mardi, aux autres membres de l’intersyndicale du groupe public (UNSA, SUD, CFDT) de discuter de l’organisation de trois nouveaux jours de grève contre la réforme ferroviaire lundi 2, vendredi 6 et samedi 7 juillet. Autrement dit, le premier grand week-end de départ en vacances serait transformé en journées de galère pour les usagers du train.

« Il faut taper là où ça fait mal, approuve le secrétaire fédéral de SUD-Rail, Erik Meyer. C’est-à-dire, perturber les grands départs. » Chez SUD, on ne veut plus de calendrier de grève annoncé trop à l’avance, une stratégie qui permet à la direction d’organiser la riposte.

« Faire grève contre quoi ? »

« L’UNSA ne s’inscrira pas dans les propositions de mobilisation en juillet faites par la CGT », a déclaré le secrétaire général, Roger Dillenseger. Mais à l’UNSA, « on reste combatif pour la défense d’un nouveau pacte social ferroviaire, a-t-il souligné, évoquant les négociations à venir sur la convention collective nationale (CCN) de la branche ferroviaire et celles au sein de la SNCF. On mobilisera à bon escient. » Avec la réforme voulue par le gouvernement, « on a perdu un maximum mais la bataille n’est pas terminée (...) On veut donner des perspectives d’avenir au ferroviaire et aux salariés », a-t-il insisté.

La CFDT-Cheminots, quatrième syndicat de la SNCF, réunissait mardi son conseil national pour décider également d’une poursuite ou non de sa mobilisation par la grève en juillet. Au final, le syndicat a décidé de se laisser « d’ici au 28 juin ». Mais, au sein du syndicat, personne n’a l’air très partant pour aller au-delà du 28 juin. « Faire grève contre quoi ?, demande un syndicaliste. La loi est votée ! On a surtout du mal à reconnaître qu’on a perdu cette bataille. »

« Pas question pour la CFDT de faire de la surenchère »

Didier Aubert, le « patron » de la CFDT-Cheminots, a jugé « prématurée » la décision d’une poursuite du mouvement au-delà du 28 juin. « Comme nous avons réussi à le faire avec la convention collective et une négociation la semaine dernière, nous espérons bien conclure avec la SNCF cette semaine. Pour nous il est prématuré de tirer des plans sur la comète sur juillet », a-t-il déclaré sur BFM TV.

« Il n’est pas question pour la CFDT de faire de la surenchère dès aujourd’hui », a-t-il ajouté, estimant qu’après les amendements obtenus sur la loi et les garanties apportées dans la convention collective, seule la négociation du pacte ferroviaire d’entreprise avec la SNCF continuait de représenter un « verrou ».

Le 32e jour de grève, lundi, s’est soldé par un taux de gréviste de 10,8 %, le plus bas depuis le début du mouvement. Chacun mesure le risque de la décision à prendre : se couper d’une partie des cheminots en renonçant au combat ou s’aliéner une opinion publique de plus en plus – disent les sondages – exaspérée par ce long conflit.

28 mai 2018

SNCF : pourquoi la grève continue

Par Éric Béziat - Le Monde

Les quatre syndicats de cheminots ont choisi de prolonger le mouvement contre la réforme ferroviaire. Lundi sera le vingt-troisième jour du conflit.

Depuis que la réforme ferroviaire a été lancée, les semaines cruciales succèdent aux semaines cruciales. Celle qui commence ce lundi 28 mai par la 23e journée de grève contre le Nouveau pacte ferroviaire n’échappe pas à la règle. Ce nouvel épisode du conflit se produit alors que le Sénat s’apprête à examiner, mardi 29 mai, le projet de loi ferroviaire et qu’un tournant important s’est produit vendredi 25 mai, lorsque le premier ministre Edouard Philippe a annoncé que 35 milliards d’euros de dette de la SNCF seraient repris par l’Etat.

« Ce geste historique fera économiser 1 milliard d’euros par an de frais financiers à l’entreprise à partir de 2022, se réjouit Mathias Vicherat, directeur général adjoint du groupe SNCF. Si on y ajoute les 200 millions d’euros supplémentaires d’investissement, on est face à un vrai plan de relance du ferroviaire. » L’argument a de quoi porter. De nombreux usagers espéraient d’ailleurs que leurs difficultés ne seraient vite qu’un souvenir désagréable après cette concession du gouvernement.

Pourtant, la grève continue. Aucun des quatre syndicats (CGT, UNSA, SUD et CFDT) n’a pour le moment souhaité quitter le mouvement unitaire de grève et de protestation contre la réforme. Et précisément pas les deux organisations dites réformistes – CFDT-Cheminots et UNSA-Ferroviaire – traditionnellement enclines à trouver un terrain de négociation lors des conflits sociaux.

Pourquoi cette inflexibilité ? Comment expliquer ce choix qui comporte un risque : celui d’accentuer une coupure entre les cheminots et le reste de leurs concitoyens. La récente consultation syndicale interne à la SNCF (la « vot’action ») montre que les deux tiers des cheminots environ sont mobilisés contre la réforme, au moment même où les sondages d’opinion indiquent qu’une proportion exactement inverse des Français la soutiennent.

La rentrée de septembre sera agitée

Il convient, à ce stade, de distinguer deux stratégies discordantes. Avec d’abord celle de SUD-Rail et de la CGT-Cheminots qui, ce n’est pas une surprise, continuent à rejeter en bloc la réforme et demandent une négociation repartant de zéro. Certes, il y a des nuances. La CGT a reconnu que le gouvernement avait montré des signes d’ouverture en reprenant les trois quarts de la dette et en acceptant que les sénateurs introduisent des amendements sociaux au projet de loi.

« MÊME SI ON SENT BIEN QU’ON N’EST PAS LOIN, ON PEUT ENCORE FAIRE AVANCER DES SUJETS COMME CELUI DE LA QUESTION DE LA TARIFICATION SOCIALE »

FANNY ARAV, REPRÉSENTANTE DE L’UNSA AU CONSEIL D’ADMINISTRATION DE SNCF RÉSEAU

Mais, d’évidence, l’agenda des deux fédérations est d’abord politique. Le choix de la CGT de participer à la marche anti-Macron de La France insoumise, le 26 mai, en est une illustration. Et cet agenda s’étale sur le temps long. Il est probable que les deux formations iront jusqu’au bout du calendrier fixé en mars (dernier jour de grève le 28 juin). A plusieurs reprises, le secrétaire général de la CGT-Cheminots, Laurent Brun, a envisagé une poursuite de la grève cet été. Mais, même si la CGT et SUD ne mettent pas cette menace à exécution et accordent une trêve estivale aux usagers, la rentrée de septembre sera à coup sûr agitée sur les rails.

Et puis il y a les réformistes. Toute l’attention des observateurs et des négociateurs est désormais focalisée sur eux. La CFDT comme UNSA ont tous deux choisi de ne pas quitter le mouvement tant que le processus législatif n’est pas achevé. Ils participeront à la manifestation cheminote prévue au palais du Luxembourg, siège du Sénat, le 29 mai, à l’occasion de l’examen de la loi en séance publique.

« Nous voulons éviter les mauvaises surprises lors du vote au Sénat, explique Fanny Arav, représentante de l’UNSA au conseil d’administration de SNCF Réseau. Et puis, même si on sent bien qu’on n’est pas loin, on peut encore faire avancer des sujets comme celui de la question de la tarification sociale, dont il n’est pas du tout question dans la loi. » « Il nous reste quelques jours pour faire évoluer la réforme, renchérit Rémi Aufrère-Privel, secrétaire général adjoint de la CFDT- Cheminots, en particulier sur le droit au retour des salariés transférés à la concurrence. »

« Nos adhérents sont épuisés »

Tout le week-end, les tractations sénateurs-syndicats-SNCF-gouvernement sont allées bon train, afin de faire déposer les ultimes amendements (le dernier délai ayant été fixé au lundi 28 mai à midi). Le président du Sénat, Gérard Larcher, a reçu la CFDT-Cheminots le 25 mai (« une rencontre constructive », selon M. Aufrère-Privel) et devait s’entretenir avec les représentants de l’UNSA-Ferroviaire le 28 au matin.

Mais à un moment donné, l’un ou l’autre des syndicats réformistes jettera l’éponge. « Le problème, c’est que le premier qui sortira du mouvement sera une cible facile à faire abattre lors des élections professionnelles de la SNCF prévues en novembre, explique un négociateur patronal. Du coup, l’UNSA et la CFDT devraient essayer de se coordonner pour sortir en même temps. » « Nos adhérents sont épuisés, ajoute un syndicaliste. Le mouvement ne peut pas durer dans ces conditions. » Lundi 28 mai, la journée de grève devrait être l’une des moins suivies du conflit, avec moins de 50 % de conducteurs en grève, 38 % de contrôleurs et 20 % d’aiguilleurs.

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