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Jours tranquilles à Paris
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10 octobre 2019

En Syrie, Ankara met ses menaces à exécution

kurdes33

Par Hala Kodmani 

Laissée libre d’agir par les Etats-Unis, la Turquie a entamé son offensive sur les territoires kurdes syriens à l’est de l’Euphrate, bombardant plusieurs localités. Les Européens s’indignent…

En Syrie, Ankara met ses menaces à exécution

Attendue et redoutée depuis des mois, la guerre de la Turquie contre les forces kurdes dans le nord-est de la Syrie a éclaté mercredi. Recep Tayyip Erdogan a annoncé lui-même sur Twitter le déclenchement de l’opération «Source de paix». «Les Forces armées turques et l’Armée nationale syrienne [des rebelles syriens soutenus par Ankara, ndlr] ont débuté l’opération», a écrit le président turc. Quelques minutes plus tard, les premières frappes de l’aviation turque visaient Ras al-Ain, localité frontalière évacuée lundi par les soldats américains. De fortes explosions ont secoué la ville et des colonnes de fumées s’échappaient des immeubles, a rapporté le correspondant de CNN Türk sur place. L’artillerie turque a aussi visé des cibles des YPG, les milices kurdes qui contrôlent la région, à Tall Abyad, une autre localité du nord-est de la Syrie. Les forces kurdes ont répliqué en tirant des obus sur la ville turque frontalière de Ceylanpinar, sans faire de victimes.

«Immense panique»

Peu après le début des hostilités, les habitants ont commencé à fuir massivement la zone. Le porte-parole des Forces démocratiques syriennes (FDS), dominées par les Kurdes, Mustapha Bali, a indiqué que les «raids aériens ont visé des zones civiles, jetant une immense panique parmi la population». L’angoisse monte parmi les Kurdes, mais aussi les autres Syriens habitant la région, qui accueille des dizaines de milliers de déplacés des autres provinces ravagées par la guerre.

Le compte à rebours a commencé quand Donald Trump a donné le feu vert dimanche soir. Après une conversation téléphonique avec Erdogan, le président américain a annoncé dans un communiqué laconique un retrait de ses forces armées du nord-est syrien pour permettre une «opération militaire turque prévue de longue date». Un laissez-passer qui aurait même surpris Erdogan, tant il dépassait ses espérances. Les Turcs se sont mis immédiatement à accélérer les préparatifs militaires et politiques de leur offensive. «Nous allons tenir l’ONU et tous les pays concernés, y compris la Syrie, informés» du déroulement de l’opération, a déclaré mercredi le chef de la diplomatie turque, Mevlüt Cavusoglu. Le porte-parole d’Erdogan s’est entretenu mercredi avec le conseiller de Trump à la sécurité nationale, Robert O’Brien, au sujet de la mise en place de la zone de sécurité ; et l’ambassadeur américain à Ankara a été convoqué au ministère des Affaires étrangères pour être briefé sur l’attaque. L’opération vise «les terroristes des YPG et de Daech», a précisé Erdogan dans son tweet. «La zone de sécurité que nous allons créer va permettre le retour des réfugiés syriens dans leur pays», a-t-il ajouté à l’intention de son opinion intérieure, de plus en plus hostile à la présence de quelque 3,5 millions de Syriens dans leur pays.

Réunion d’urgence

Le déclenchement de l’offensive turque a soulevé un tonnerre de protestations internationales. Les pays européens, engagés dans la coalition antiterroriste qui s’est appuyée sur les forces kurdes sur le terrain pour mener la guerre contre l’Etat islamique, ont été les premiers à réagir. La France a condamné «très fermement» l’offensive et saisi le Conseil de sécurité de l’ONU. Celui-ci doit se réunir d’urgence et à huis clos ce jeudi à la demande de ses membres européens, la Belgique, la France, l’Allemagne, la Pologne et le Royaume-Uni. Le président de la commission européenne, Jean-Claude Juncker, a exigé pour sa part l’arrêt de l’offensive : «La Turquie doit cesser l’opération militaire en cours. Elle ne donnera pas de résultat. Et si le plan de la Turquie est la création d’une zone de sécurité, n’attendez pas de financement de l’Union européenne.» Même le président russe, Vladimir Poutine, a appelé son partenaire turc «à bien réfléchir à la situation afin d’éviter de porter atteinte aux efforts communs visant à résoudre la crise syrienne». Autant d’appels tardifs, alors qu’aucune solution politique n’a été sérieusement recherchée avec la Turquie, qui menaçait depuis longtemps de passer à l’attaque. Hala Kodmani - Libération

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9 octobre 2019

ALERTE-Turquie-Syrie: Ankara annonce le début de la phase terrestre de son offensive contre les Kurdes en Syrie (ministre)

Quelques heures après les premiers bombardements des positions kurdes en Syrie par l’aviation turque, le ministère turc de la Défense annonce que ses forces terrestres ont traversé la frontière pour combattre les milices kurdes.

Le Conseil de sécurité de l’ONU doit se réunir dans la soirée à la demande de la France qui a fermement condamné cette intervention turque.

syrie

 

CE QU'IL FAUT SAVOIR

L'armée turque est entrée dans le nord de la Syrie et a commencé ses opérations au sol, a fait savoir le ministère turc de la Défense, mercredi 9 octobre. L'opération doit permettre la création d'une "zone de sécurité" destinée à séparer la frontière turque des positions kurdes et accueillir des réfugiés, selon la Turquie. 

 Des milliers de civils fuient les bombardements. "Il y a des milliers de déplacés dans la région de Ras Al-Aïn et des villages de Tal Abyad, a indiqué le directeur de l'OSDH, Rami Abdel Rahmane. Les déplacés ont fui vers des secteurs adjacents épargnés par les bombardements", a-t-il précisé. 

 La Turquie entend créer une "zone de sécurité". Le pays veut faire rentrer les millions de réfugiés qu'elle a accueillis sur son territoire. Elle veut aussi éloigner la menace que constituent, à ses yeux, les Kurdes syriens, qu'elle considère comme des terroristes, même s'ils ont lutté contre l'Etat islamique.

 Moscou avait des réserves sur une offensive. Le président russe Vladimir Poutine a appelé son homologue turc Recep Tayyip Erdogan à "bien réfléchir" avant de lancer une offensive contre les forces kurdes dans le nord de la Syrie, annonce un communiqué du Kremlin. Il n'a pas été entendu.

 La France condamne "très fermement" l'offensive turque. La secrétaire d'Etat aux Affaires étrangères, Amelie de Montchalin, a déclaré que la France, l'Allemagne et le Royaume-Uni finalisaient une déclaration commune pour "condamner fermement" l'offensive turque. Les trois pays ont appelé le Conseil de sécurité des Nations unies à se réunir pour discuter de l'offensive turque.

 Une réunion d'urgence demandée à l'ONU. Une réunion en urgence et à huis clos du Conseil de sécurité de l'ONU a été demandée. Cette réunion a été réclamée par la Belgique, la France, l'Allemagne, la Pologne et le Royaume Uni.

#SYRIE

22h02 : "Nos forces armées héroïques et l'Armée nationale syrienne (des rebelles syriens soutenus par Ankara) ont commencé la phase terrestre de l'opération", a indiqué le ministère de la Défense dans un communiqué. Selon le porte-parole du groupe de rebelles syriens, cette offensive terrestre contre des forces kurdes dans le nord-est de la Syrie a débuté ce soir en direction de la ville de Tal Abyad.

21h58 : La Turquie annonce le début de la phase terrestre de son offensive contre des forces kurdes dans le nord-est de la Syrie.

9 octobre 2019

Turquie : Recep Tayyip Erdogan annonce le début d'une offensive dans le Nord-Est syrien

Plusieurs explosions ont retenti dans la région de Ras Al-Aïn, une localité frontalière de la Turquie.

La Turquie a lancé son opération militaire "Peace Spring" dans le nord de la Syrie, annonce son président Recep Tayyip Erdogan, mercredi 9 octobre. "Notre mission est d'éviter la création d'un corridor de la terreur de l'autre côté de notre frontière du sud et d'apporter la paix dans la zone", a-t-il écrit sur Twitter.

The Turkish Armed Forces, together with the Syrian National Army, just launched #OperationPeaceSpring against PKK/YPG and Daesh terrorists in northern Syria. Our mission is to prevent the creation of a terror corridor across our southern border, and to bring peace to the area.

Les médias syriens et un responsable kurde ont déclaré séparément que des bombardements avaient touché la ville de Ras al-Ain, dans le nord-est du pays, le long de la frontière turque. Un correspondant de l'AFP a pu constater la fuite de dizaines de civils et des colonnes de fumée s'élever tout près de la frontière. "Les avions de guerre turcs ont commencé à mener des frappes aériennes sur des zones civiles, il y a une forte panique parmi les gens", a ajouté de son côté un porte-parole des forces kurdes, Mustafa Bali.

Les forces kurdes dénoncent "un coup de poignard dans le dos"

Une source de sécurité turque a déclaré à Reuters que l'opération militaire en Syrie avait été lancée avec des frappes aériennes et qu'elle serait soutenue par des tirs d'artillerie et d'obusiers. La Turquie était sur le point de pénétrer dans le nord-est de la Syrie depuis que les troupes américaines ont commencé à quitter la région dans un changement de politique brutal du président américain Donald Trump, largement critiqué à Washington pour avoir trahi les alliés de la milice kurde aux États-Unis.

La Turquie veut faire rentrer les millions de réfugiés qu'elle a accueillis sur son territoire. Elle veut aussi éloigner la menace que constituent à ses yeux les Kurdes syriens, qu'elle considère comme des terroristes. Le président russe Vladimir Poutine, de son côté, a appelé son homologue turc Recep Tayyip Erdogan à "bien réfléchir" avant de lancer une offensive contre les forces kurdes dans le nord de la Syrie, annonce un communiqué du Kremlin. Il n'a pas été entendu.

Les puissances mondiales craignent que cette action ouvre un nouveau chapitre de la guerre en Syrie et aggrave les troubles régionaux. Les forces dirigées par les Kurdes ont dénoncé le changement de politique américaine comme un "coup de poignard dans le dos". Donald Trump, pour sa part, a nié avoir abandonné les forces, les partenaires américains les plus compétents dans la lutte contre le groupe Etat islamique en Syrie.

8 octobre 2019

L'ÉDITO de Henri Vernet - Il faut sauver les Kurdes

Comble du cynisme en politique : le sort des Kurdes s’est joué - et se jouera peut-être encore, il faut le craindre - en quelques tweets. Ceux de l’Américain Donald Trump qui, à coups de messages en 140 signes, a d’abord abandonné ces valeureux combattants - et combattantes, les femmes guerrières étant souvent en première ligne -, pourtant ses alliés dans la longue guerre contre Daech en Syrie, en annonçant le rappel des forces spéciales déployées au nord-est du pays. Pour regagner en popularité en ramenant les « boys » à la maison, il livre tout un peuple à la soldatesque du Turc Erdogan, qui rêve d’anéantir toute velléité de séparatisme kurde à ses frontières. Puis, devant l’effroi de ses généraux et de sa propre administration qui, une fois n’est pas coutume, s’est rebiffée, le même Trump a changé de pied, ou plutôt de pouce. Sur Twitter toujours, il s’est déchaîné contre la Turquie, menaçant de « détruire » son économie si elle osait s’attaquer aux Kurdes. Pour autant, ce peuple, habitué à voir son sort lié aux changements d’humeurs des grandes puissances depuis le traité de Sèvres il y a un siècle (!), n’est pas tiré d’affaire. La France s’honorerait donc à s’engager à le sauver. Notre pays aussi a des forces spéciales sur ce terrain et partage envers les Kurdes, premier rempart contre les djihadistes de l’EI, la même dette que l’Amérique, et l’Occident en général. Sur le terrain militaire comme diplomatique, Emmanuel Macron doit peser de tout son poids. Avant qu’il ne soit trop tard.   

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