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Jours tranquilles à Paris
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24 septembre 2018

Macron et Trump, finie la bromance ?

Dès son avion posé à New-York ce soir, Emmanuel Macron rencontrera Donald Trump. Et rentrera dans le dur, à l’image de cette poignée de main rugueuse qui avait signé leur première rencontre. Depuis, les deux hommes, que plus de trente ans séparent, s’appliquent à mettre en scène leur relation complice, particulièrement tactile. Il en reste de belles images - des tapes dans le dos, des « hugs », un bras enlaçant une épaule, voire un tendre époussetage de pellicules... Mais si l’on excepte les bombardements conjoints en Syrie pour punir Assad d’avoir utilisé des armes chimiques et la lutte contre le terrorisme, cette jolie « bromance » n’a pas porté ses fruits. Trump s’est retiré de l’accord de Paris sur le climat, a tourné le dos à la France sur le nucléaire iranien, et torpillé la déclaration commune que le G7 avait péniblement trouvée sur le commerce international. Pourquoi donc continuer à faire ami-ami avec un président qui veut défaire l’Europe et le multilatéralisme qui nous est si cher ? On verra dans quelques heures si la saison des mamours est terminée entre les deux chefs d’Etat, ou s’ils continuent à donner le change. Macron a tout intérêt à privilégier cette dernière solution, qui place la France comme interlocuteur privilégié des Etats-Unis. Ce n’est pas seulement flatteur pour l’ego national : cette proximité est utile pour porter plus efficacement la voix de l’Europe. Accessoirement, elle permet, dans un subtil jeu d’ombre et de lumière, d’accentuer l’image de progressiste que le Français veut se donner face aux populistes. Contre Marine Le Pen en France, Matteo Salvini en Europe ou Donald Trump de l’autre côté de l’Atlantique, le président a montré qu’il n’hésitait jamais à se servir des contrastes.

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19 août 2018

Mort de Kofi Annan, ancien secrétaire général de l’ONU et Prix Nobel de la paix

kofi-annan

Celui qui fut secrétaire général des Nations Unies de 1997 à 2006 est mort à l’âge de 80 ans, ont annoncé ses proches.

Kofi Annan est mort samedi 18 août, ont annoncé sa famille et la Fondation Kofi Annan, dans un communiqué commun. L’ancien secrétaire général des Nations unies (de 1997 à 2006) et Prix Nobel de la paix était âgé de 80 ans. « Il va terriblement manquer à beaucoup de gens dans le monde, comme aux équipes de sa Fondation et à ses anciens collègues des Nations unies. Il restera dans nos cœurs à jamais », écrivent-ils.

Le diplomate est mort « paisiblement » après une « brève maladie », indiquent ses proches sans donner plus de précisions. Son entourage a annoncé vouloir faire son deuil dans l’intimité, ajoutant que les dispositions prises pour « célébrer sa remarquable vie » seront annoncées ultérieurement. Son pays natal, le Ghana, a d’ores et déjà décrété une semaine de deuil national en son hommage.

Des décennies d’engagement sur la scène internationale

Né le 8 avril 1938, Kofi Annan a fait des études supérieures au Massachusetts Institute of Technology avant d’occuper différentes fonctions pour les Nations unies à partir de 1962.

En 1993, il est sous-secrétaire général des Nations unies et dirige le département de maintien de la paix. Au cours de cette période, l’ONU connaît deux épisodes tragiques : le génocide rwandais et la guerre en Bosnie. Les Casques bleus se sont retirés en 1994 du Rwanda en proie au chaos et aux violences ethniques. Et un an plus tard, l’ONU n’a pas su empêcher les forces serbes de massacrer plusieurs milliers de musulmans à Srebrenica, en Bosnie.

Ces échecs, écrit Kofi Annan dans son autobiographie, « m’ont confronté à ce qui allait devenir mon défi le plus important comme secrétaire général : faire comprendre la légitimité et la nécessité d’intervenir en cas de violation flagrante des droits de l’homme ».

Le 1er janvier 1997, Kofi Annan succède à Boutros Boutros-Ghali à la tête de l’ONU. En 2001, le diplomate et les Nations unies reçoivent conjointement le prix Nobel de la paix pour leur engagement en faveur de la paix dans le monde. « J’ai essayé de placer l’être humain au centre de tout ce que nous entreprenons : de la prévention des conflits, au développement et aux droits de l’Homme », avait-il déclaré, en acceptant le prix Nobel, à Oslo.

La guerre en Irak, son « moment le plus sombre »

En 2003, il irrite Washington en estimant « illégale » l’invasion de l’Irak, parce que cette opération n’avait pas été entérinée par le Conseil de sécurité. « Je pense que mon moment le plus sombre a été la guerre en Irak, et le fait que nous n’avons pas pu l’empêcher », déclarait-t-il en 2013 dans une interview à Time.

Deux ans plus tard, le secrétaire général de l’ONU est éclaboussé par un scandale de corruption lié au programme onusien « pétrole contre nourriture » en Irak. Alors qu’un rapport l’accuse « d’erreurs de gestion substantielles », Kofi Annan fait acte de contrition : « Ce rapport me critique personnellement, et j’accepte sa critique. »

Il quitte la tête de l’ONU le 31 décembre 2006, à l’issue de son deuxième mandat et après neuf ans en poste, remplacé par le coréen Ban Ki-moon.

Pour autant, Kofi Annan est resté engagé sur les questions internationales après avoir lâché les rênes des Nations unies. Il est notamment devenu président de la Fondation de soutien à l’Organisation mondiale contre la torture en 2007. Il avait également accepté le poste de médiateur de l’ONU et de la Ligue arabe en Syrie, dont il a démissionné en 2012, estimant ne pas avoir « reçu tous les soutiens que la cause méritait ».

De nombreux hommages

L’actuel secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, a rendu hommage samedi à son prédécesseur : « Une force qui guidait vers le bien. (…) De bien des manières, Kofi Annan était les Nations unies. » La mission permanente de la France auprès de l’ONU a exprimé sa « grande tristesse », à la suite de la mort de « ce défenseur infatigable des droits de l’homme, du développement, de la lutte contre la pauvreté et les discriminations ».

Le président russe, Vladimir Poutine, a adressé un message à l’actuel successeur de Kofi Annan, rendu public par le Kremlin. « J’ai sincèrement admiré sa sagesse et son courage, sa capacité à prendre des décisions réfléchies, même dans les situations les plus complexes et critiques. Son souvenir restera à jamais dans le cœur des Russes », écrit-il.

Emmanuel Macron, de son côté, a souligné que ni « son regard calme et résolu, ni la force de ses combats » ne seraient oubliés. « C’était un homme qui incarnait la conscience humanitaire et la conscience internationale », a salué l’ancien ministre des affaires des affaires étrangères, Bernard Kouchner à l’Agence France-Presse.

Hubert Védrine, au quai d’Orsay durant cinq années (1997-2002), toutes pendant le mandat de M. Annan, se souvient qu’il était « assez idéaliste sur le plan des grandes valeurs, mais c’était en même temps un praticien du monde réel, donc c’était formidable de travailler avec lui ». Il était « extraordinairement distingué, avec beaucoup de finesse, de maîtrise de soi », malgré « les problèmes terribles que l’on peut rencontrer quand on est secrétaire général de l’ONU » et le fait que celui-ci ne dispose d’« aucun pouvoir en propre », poursuit M. Védrine.

5 août 2018

La Corée du Nord poursuit ses programmes nucléaire et balistique, selon l’ONU

Selon un rapport remis au Conseil de sécurité, le pays continue aussi d’exporter ressources et armements, en violation des interdictions qui lui sont imposées.

La Corée du Nord n’a pas mis fin à son programme nucléaire et a eu recours à des transbordements illégaux de produits pétroliers en mer, de bateau à bateau, pour contourner les sanctions des Nations unies (ONU), selon un rapport d’experts remis au Conseil de sécurité de l’instance internationale. Selon ce rapport, la Corée du Nord a également « continué de défier les résolutions du Conseil de sécurité à travers une hausse massive des transferts illicites de produits pétroliers en mer en 2018 ».

Le panel d’experts de l’ONU a évoqué des violations d’une interdiction d’exportation du charbon, du fer et d’autres marchandises nord-coréennes, notamment de fer et d’acier à la Chine, à l’Inde et d’autres pays, qui lui a rapporté près de 14 millions de dollars d’octobre à mars au régime de Kim Jong-un. Ces violations ont rendu le dernier train de sanctions des Nations unies adopté l’an dernier « sans effet » en bafouant les restrictions imposées par l’ONU, ajoute le texte.

Pyongyang a en outre « tenté de fournir du petit armement et des armes légères ainsi que d’autres équipements militaires » à la Libye, au Yémen et au Soudan. Le rapport identifie un trafiquant d’armes syrien, Hussein Al-Ali, qui a fourni « un éventail d’armes conventionnelles, et dans certains cas des missiles balistiques, à des groupes armés au Yémen et en Libye ». Les armements étaient fabriqués en Corée du Nord, précise le rapport.

Les diplomates nord-coréens ont joué un rôle essentiel dans ce processus, en ouvrant de multiples comptes bancaires à l’étranger. En dépit d’une interdiction des coentreprises avec la Corée du Nord, le rapport dévoile l’existence de plus de 200 de celles-ci, beaucoup avec la Russie.

Le panel d’experts est chargé du suivi de l’application des sanctions adoptées après le sixième test nucléaire et balistique de Pyongyang.

Pas de rencontre entre les émissaires américain et nord-coréen

Présent au forum de l’Association des nations d’Asie du Sud-Est (Asean) à Singapour, le chef de la diplomatie américaine, Mike Pompeo, a insisté sur « l’importance de maintenir la pression diplomatique et économique sur la Corée du Nord, afin d’arriver à une dénucléarisation définitive et totalement vérifiée à laquelle la Corée du Nord s’est engagée ». Lors d’une conférence de presse, il a ajouté avoir demandé aux membres de l’Association des nations de l’Asie du Sud-Est (Asean) d’« appliquer strictement toutes les sanctions, y compris la cessation totale de transferts illégaux de pétrole entre navires » à destination la Corée du Nord.

Le secrétaire d’Etat américain, qui est chargé des négociations pour la mise en œuvre de cet engagement, a déclaré que « le monde est uni vers cet objectif », « je suis optimiste dans notre succès », a-t-il assuré. Mais « nous savons tous que cela prendra du temps », a-t-il ajouté, pour relativiser l’absence de progrès concrets, admettant que « le calendrier final pour la dénucléarisation sera[it] fixé par le président Kim, au moins en partie ».

Le chef de la diplomatie américaine a cependant assuré ne pas avoir rencontré les Nord-Coréens lors des réunions de Singapour, malgré la présence de son homologue, Ri Yong-ho. Lequel a réagi, après le départ du secrétaire d’Etat américain, en déclarant que Washington « donne de la voix pour maintenir les sanctions », ce qui trahit « des mouvements aux Etats-Unis voulant revenir en arrière, loin des intentions de leur dirigeant ». « L’impatience n’aide pas du tout à construire la confiance. Surtout quand on avance des exigences unilatérales », a-t-il ajouté.

« Tant que les Etats-Unis ne montreront pas dans la pratique leur volonté d’éliminer ce qui nous pose problème, il n’y aura aucune possibilité que nous avancions de notre côté », a mis en garde le chef de la diplomatie nord-coréenne.

Pompeo critique la Russie

En l’absence d’un véritable entretien, la délégation américaine a remis au ministre nord-coréen une lettre de Donald Trump destinée à Kim Jong-un, nouvel épisode de la diplomatie épistolaire qui accompagne le rapprochement, depuis le printemps, entre les deux pays ennemis. Le département d’Etat n’a toutefois pas précisé le contenu de la missive, qui est une « réponse à une récente lettre » du dirigeant nord-coréen, se bornant à voir dans ce bref échange un « pas dans la bonne direction ».

M. Pompeo a en outre critiqué la Russie, évoquant des informations selon lesquelles elle continuerait de faire affaire avec des Nord-Coréens et d’offrir du travail aux travailleurs expatriés nord-coréens, source importante de revenus pour le régime de Pyongyang. « Ce serait une violation des résolutions du Conseil de sécurité des Nations unies » et « toute violation » sera « prise très au sérieux par les Etats-Unis », a-t-il lancé, promettant d’en parler avec Moscou.

Après une escalade des tensions sans précédent en 2017, ponctuée par des tirs de missiles et un essai nucléaire majeur de la part du régime reclus de Pyongyang, ainsi que par des sanctions internationales de plus en plus strictes en retour, l’année 2018 a été marquée par un dégel spectaculaire. Il a abouti au sommet historique le 12 juin, à Singapour, entre le dirigeant nord-coréen, Kim Jong-un, et le président des Etats-Unis, Donald Trump.

24 décembre 2017

Nouvelle salve de sanctions contre la Corée du Nord

Moins d’un mois après un tir de missile balistique intercontinental par Pyongyang, le Conseil de sécurité de l’ONU a voté une réduction des exportations de pétrole.

Renforcer la pression. C’est le message qu’a envoyé, vendredi 22 décembre, le Conseil de sécurité de l’ONU en adoptant à l’unanimité de nouvelles sanctions économiques contre la Corée du Nord, moins d’un mois après un tir de missile balistique intercontinental par Pyongyang.

Les Etats-Unis, à l’initiative de ce projet, se sont dits satisfaits d’avoir pu compter sur le soutien de tous les membres du Conseil, dont la Chine et la Russie, principaux partenaires commerciaux de la Corée du Nord. Des changements de dernière minute dans la formulation ont permis de sécuriser le vote de Pékin et de Moscou. « L’unité dont a fait preuve le Conseil pour porter ces sanctions sans précédent reflète l’indignation internationale contre les actions du régime de Kim Jong-un », a déclaré l’ambassadrice américaine à l’ONU, Nikki Haley.

Ce nouveau volet de sanctions, le troisième depuis le début de l’année et le dixième depuis 2006, réduira les exportations de pétrole vers la Corée du Nord. Les livraisons de brut seront désormais limitées à 4 millions de barils par an, tandis qu’une baisse de 75 % de l’approvisionnement en produits pétroliers raffinés (diesel, kérosène) est annoncée.

La résolution impose également de ne plus accueillir les dizaines de milliers de travailleurs nord-coréens envoyés par le régime à l’étranger, une majorité vivant en Chine et en Russie. Ils seront contraints, selon le texte, de regagner leur pays d’ici à la fin de 2019. Par ailleurs, seize noms sont ajoutés à la liste des proches de Kim Jong-un visés par un gel d’avoirs et une interdiction de voyager.

Position américaine illisible

Cette fermeté est un signal clair adressé à Pyongyang, qui aurait pu interpréter l’inaction de l’ONU comme une carte blanche à de futures démonstrations de force. « La Russie, la Chine et les Etats-Unis ne veulent laisser aucun doute aux dirigeants nord-coréens sur le fait qu’ils vont continuer à leur mettre la pression à tous les niveaux », juge George Lopez, ancien expert au comité des sanctions sur la Corée du Nord.

Les Etats-Unis veulent que le Conseil de sécurité se dirige, en cas de nouveaux tirs de missiles ou d’essais nucléaires, vers une interdiction totale des livraisons pétrolières à la Corée du Nord. La Chine s’oppose à une telle mesure, dont le coût humanitaire pourrait s’avérer catastrophique.

En revanche, si Pyongyang décide d’une pause dans ses tirs de missiles et ses essais nucléaires, l’amorce d’un dialogue n’est pas à exclure, même si la position américaine sur le sujet est confuse. Mi-décembre, le secrétaire d’Etat américain, Rex Tillerson, avait affirmé, lors d’un forum à Washington, que les Etats-Unis étaient prêts à organiser une rencontre avec les Nord-Coréens « sans préconditions », avant d’être contredit par son président et d’ajouter lui-même que Pyongyang doit « gagner sa place » à la table des négociations.

De son côté, le président sud-coréen, Moon Jae-in, a proposé de reporter les exercices militaires organisés régulièrement avec les Etats-Unis pendant la durée des Jeux olympiques d’hiver 2018, qui se tiendront en février à Pyeongchang en Corée du Sud. Washington n’a pas donné suite pour l’heure.

Une baisse des tensions sur la péninsule pendant les JO pourrait constituer l’occasion d’un dialogue informel. « L’administration Trump manifeste peu d’intérêt pour ce type de rencontre, tempère toutefois M. Lopez. Elle n’est pas assez sophistiquée pour en comprendre l’utilité. »

Les nouvelles sanctions de l’ONU sont un « acte de guerre ». La Corée du Nord a qualifié ainsi, dimanche 24 décembre, les nouvelles sanctions votées vendredi par le Conseil de sécurité contre ses programmes nucléaire et balistique. « Nous rejetons totalement les dernières sanctions de l’ONU (…) comme une atteinte violente à la souveraineté de notre république et un acte de guerre qui détruit la paix et la stabilité de la péninsule coréenne et de la région », a déclaré le ministère des affaires étrangères nord-coréen dans un communiqué diffusé par l’agence officielle KCNA.

7 décembre 2017

Jérusalem : le Conseil de sécurité de l'ONU se réunira en urgence vendredi matin après la décision de Donald Trump

Le Conseil de sécurité de l'ONU se réunira en urgence vendredi matin après la décision de Donald Trump de reconnaître "officiellement Jérusalem comme capitale d'Israël", a annoncé la présidence japonaise de l'instance, dans la nuit du mercredi 6 décembre au jeudi 7 décembre

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22 septembre 2017

Emmanuel Macron rencontre Malala

Rencontre entre #Malala #Yousafzai , prix Nobel de la Paix et porte-parole de l'éducation des jeunes filles dans le monde, et le couple #Macron à l' #ONU .

Photo: @olivierroyant

macron

20 septembre 2017

ONU : Macron défend une vision du monde aux antipodes de celle de Trump

macron onu

Par Marc Semo, New York, envoyé spécial -Le Monde

Le président français a notamment prévenu que dénoncer l’accord sur le nucléaire iranien serait une « lourde erreur ».

Ce discours, Emmanuel Macron, plus encore qu’à son habitude, l’a travaillé et retravaillé, jusqu’au dernier moment. C’était sa première intervention à une Assemblée générale de l’Organisation des Nations unies, et donc un moment fondateur de sa présidence. A Athènes, face à l’Acropole, il avait exposé, au début de septembre, sa vision de la démocratie et de l’Europe. Là, face aux représentants de cent quatre-vingt-treize pays, dont cent trente chefs d’Etat, réunis à New York mardi 19 septembre, le président français a exposé, sur un ton lyrique et passionné, une vision du monde opposée en tout point à celle avancée deux heures plus tôt par son homologue américain Donald Trump.

Elle se fonde avant tout sur le multilatéralisme, la concertation entre les nations, le respect des accords – celui de Paris sur le climat ou celui de Vienne sur le nucléaire iranien –, sur la primauté de l’action diplomatique pour résoudre les crises, y compris les plus préoccupantes, comme celle créée par la course à l’arme atomique de la Corée du Nord. M. Macron se pose aussi comme la voix des sans-voix, qu’il a énumérés dans une anaphore : Bana, la petite Syrienne d’Alep ; Ousman, le jeune Malien ; Kouamé, le migrant arrivé en Europe au péril de sa vie. Et tant d’autres.

« Partout où le multilatéralisme se dote des armes de son efficacité, il est utile », a argué le président français, regrettant que trop souvent « nous laissons s’installer l’idée que le multilatéralisme est une activité confortable pour diplomate assis et que nous sommes plus crédibles et plus forts en agissant de manière unilatérale ». L’allusion aux rodomontades du président américain, menaçant le « méchant régime » de la Corée du Nord d’une totale destruction ou contre l’Iran, est explicite ; même s’il ne nomme jamais le locataire de la Maison Blanche, avec qui il entretient des relations plutôt chaleureuses, sans pour autant cacher ses désaccords.

Vieux monde contre nouveau monde

C’est le vieux monde – centré sur les Etats, les rapports de puissance, la défense prioritaire des intérêts nationaux – contre le nouveau monde – interconnecté, mondialisé, conscient que les grands défis communs, la lutte contre le réchauffement climatique ou les développements, ne peuvent s’affronter qu’ensemble.

« Le monde multipolaire qui est aujourd’hui le nôtre nous oblige à réapprendre la complexité du dialogue mais aussi sa fécondité », a notamment souligné le chef de l’Etat, qui a appelé à la fin de ses trente-cinq minutes d’intervention – dix de moins que M. Trump – « à réconcilier notre intérêt et nos valeurs, notre sécurité et le bien commun de la planète ». Ces derniers sont les fondamentaux qui inspirèrent la naissance de l’Organisation des Nations unies au sortir de la seconde guerre mondiale. Les droits humains, la liberté et notamment celle de la presse. Il a appelé « à la désignation d’un représentant spécial des Nations unies pour la protection des journalistes dans le monde, car rien, ni le durcissement du monde, ne saurait justifier la réduction de cette liberté ».

Redonner du sens au projet onusien, c’est aussi œuvrer pour son adaptation aux nouvelles réalités. Tout en rappelant son soutien au projet ébauché par le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, M. Macron a aussi insisté sur la nécessité d’une réforme du droit de veto au Conseil de sécurité « afin qu’il ne soit plus paralysé face aux massacres ».

L’anti-Trump

Point par point, sur la plupart des dossiers les plus chauds, le président français défend des positions aux antipodes de celles de M. Trump. Quand celui-ci insiste sur « l’Amérique d’abord », celui-là rappelle que « l’indépendance réside aujourd’hui dans l’interdépendance ».

A propos de la Corée du Nord, tout en soulignant l’urgence de bloquer le programme nucléaire d’un régime qui refuse de négocier, M. Macron insiste sur la pression des sanctions et le nécessaire engagement de Moscou et de Pékin, principaux partenaires économiques du régime, pour forcer Pyongyang à s’asseoir à la table des négociations. A la tribune, il a rappelé son opposition à l’escalade militaire, « parce que la carte montre toute la complexité d’une intervention militaire ».

DÉNONCER L’ACCORD SUR LE NUCLÉAIRE IRANIEN SERAIT « UNE LOURDE ERREUR »

Même pragmatisme s’agissant de Téhéran. Dénoncer l’accord sur le nucléaire iranien, comme menacent de le faire les Etats-Unis, serait « une lourde erreur », a lancé M. Macron, tout en laissant la porte ouverte à des discussions pour prolonger la portée du texte au-delà de 2025. « Notre engagement sur la non-prolifération a permis d’obtenir un accord solide, robuste, qui permet de vérifier que l’Iran ne se dotera pas de l’arme nucléaire. Le dénoncer aujourd’hui sans rien proposer d’autre serait une lourde erreur, ne pas le respecter serait irresponsable, parce que c’est un accord utile, essentiel à la paix », a-t-il dit.

Même opposition frontale à propos de l’accord de Paris sur le climat. « Cet accord ne sera pas renégocié, il nous lie (…), nous ne reculerons pas », a déclaré le président de la République, ajoutant qu’il « respect[ait] profondément la décision des Etats-Unis ». Et de souligner les effets déjà bien perceptibles et dévastateurs du réchauffement climatique. « Les plus fragiles sont les premières victimes, mais nous sommes tous frappés par l’emballement du climat », a-t-il expliqué, soulignant que « détricoter l’accord serait détruire un pacte entre les Etats et les générations ».

L’« échec collectif » en Syrie

Tragédie qui se poursuit depuis plus de six ans, la guerre de Syrie a été l’un des premiers sujets évoqués par M. Macron, qui a appelé la communauté internationale « à prendre acte de son échec collectif et à s’interroger sur ses méthodes ». Paris veut reprendre l’initiative dans ce dossier-clé, y compris pour la sécurité nationale, car « agir pour la paix en Syrie c’est agir pour le peuple syrien mais aussi contre le terrorisme islamique ».

L’idée est de relancer la recherche d’une solution politique, sur la base de la résolution 2254 des Nations unies de décembre 2015, en prenant l’initiative de mettre sur pied un « groupe de contact » entre les cinq membres permanents du Conseil de sécurité – Chine, Etats-Unis, France, Grande-Bretagne, Russie –, qui doivent se réunir jeudi à l’ONU au niveau ministériel. « La solution sera politique et non militaire », a insisté le président français qui, tout en revendiquant de ne plus faire du départ du président Bachar Al-Assad le préalable à de vraies négociations, a rappelé que celui qu’il a épinglé comme « un criminel » devrait rendre des comptes à la justice internationale. Sur ce dossier comme sur les autres, l’important est d’agir ensemble.

20 septembre 2017

Aux Nations unies, Donald Trump défend une souveraineté à géométrie variable

Par Gilles Paris, New York, envoyé spécial - Le Monde

Le président américain a violemment attaqué la Corée du Nord, l’Iran ou encore le Venezuela, dans son premier discours à l’Assemblée générale de l’ONU.

Donald Trump a parlé au monde, mardi 19 septembre. S’exprimant pour la première fois devant l’Assemblée générale des Nations unies, à New York, il s’est efforcé de donner corps à ce qui pourrait constituer sa doctrine. Dans les affaires intérieures américaines, le trumpisme tel qu’il se dégage de premiers mois difficiles puise à plusieurs sources qui le singularisent par rapport aux administrations républicaines précédentes. La vision du monde exposée mardi, centrée sur l’exaltation de la « souveraineté », un terme répété vingt et une fois par le président, découle du même processus d’hybridation, très souvent au risque de la cohérence.

Face au National Mall, Donald Trump avait marqué les esprits lors de son discours d’investiture, le 20 janvier, par la noirceur du tableau dressé d’un « carnage américain ». Dans l’enceinte des Nations unies, il a récidivé en estimant que certaines régions étaient sur le point de « sombrer en enfer », et par la violence de ses attaques. Il n’est en effet pas courant qu’un Etat membre de l’ONU, a fortiori le plus puissant, menace de « détruire totalement » un autre pays devant ses propres représentants.

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Le « rocket man » nord-coréen et sa « mission suicide »

Le président Donald Trump a franchi ce pas en promettant de passer à l’acte si son pays est obligé un jour « de se défendre ou de défendre [ses] alliés » contre Pyongyang. M. Trump s’est d’ailleurs inspiré de ses messages agressifs publiés sur son compte Twitter pour estimer à propos de Kim Jong-un que ce dernier, qualifié comme dimanche de « rocket man » (homme-fusée) en allusion à la multiplication des essais balistiques, s’est engagé « dans une mission suicide ».

M. Trump s’est ensuite tourné vers l’Iran, autre « Etat voyou », qui figurait déjà comme la Corée du Nord dans « l’axe du mal » défini en 2002 par George W. Bush dans le contexte de la guerre contre le terrorisme. Dénonçant une « dictature » qui se défie de son propre peuple, le président a éreinté une nouvelle fois l’accord de 2015 sur le programme nucléaire de Téhéran, considéré comme « une honte ». « Nous ne pouvons pas respecter un accord s’il sert à couvrir l’éventuelle mise en place d’un programme nucléaire », a-t-il assuré alors que l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) assure que le régime iranien respecte ses engagements.

Pivotant vers Cuba et surtout le Venezuela, dans un lointain écho à des propos qu’aurait pu prononcer Ronald Reagan au début des années 1980, le président a assuré que « partout où le socialisme ou le communisme ont été appliqués, ils ont apporté l’angoisse, la dévastation et l’échec ».

Face au climat de guerre civile qui paralyse ce pays d’Amérique latine et qui a précipité l’imposition de sanctions par Washington, « nous ne pouvons pas rester sans rien faire ». « En tant que voisin et ami responsable, nous devons avoir un but » : que les Vénézuéliens puissent « récupérer leur liberté, remettre le pays sur les rails et renouer avec la démocratie », a-t-il ajouté, en se disant prêt à « de nouvelles actions », sans en préciser la nature, pour le cas où le président vénézuélien, Nicolas Maduro, persiste dans la voie visant à « imposer un régime autoritaire ».

« Souveraineté », « sécurité », « prospérité »

Ces charges vigoureuses ont pu donner l’illusion d’une ambition de la part du président des Etats-Unis d’endosser le costume de « gendarme du monde » à rebours de la tentation isolationniste esquissée par son slogan de campagne « l’Amérique d’abord ». Elles ont masqué la réaffirmation, dans la continuité cette campagne, d’une vision du monde centrée sur la promotion de la « souveraineté » nationale, pilier avec « la sécurité » et « la prospérité » d’un ordre fondé sur « un grand réveil des nations ».

Cette défense de la souveraineté a conduit M. Trump à une critique à demi-mot de la Russie à propos de l’annexion de la Crimée et de Chine pour sa volonté d’hégémonie maritime. Cependant, Moscou et Pékin n’ont été nommément cités qu’à l’occasion d’un hommage à leurs votes en faveur de sanctions contre Pyongyang, en août et en septembre.

« En tant que président des Etats-Unis, je mettrai toujours l’Amérique en premier, tout comme vous, car les responsables de vos pays devront toujours mettre vos pays en premier », a-t-il assuré. « Améliorer les conditions de vie de nos peuples exige aussi que nous travaillions ensemble dans une étroite harmonie et une unité pour créer un avenir plus sûr et pacifique pour tout le monde », a poursuivi M. Trump, sans détailler comment la somme d’intérêts particuliers pourrait automatiquement favoriser le bien commun.

Lorsqu’il a évoqué le rôle des Nations unies dans la crise nord-coréenne, M. Trump a d’ailleurs eu une formule curieuse en demandant de voir comment « elles s’y prendront », comme si son pays n’en était pas l’un des principaux acteurs.

Les menaces agitées contre la Corée du Nord, l’Iran et le Venezuela ont prouvé que M. Trump pouvait avoir une conception à géométrie variable de ce principe de souveraineté, et se montrer sélectif dans la dénonciation des autoritarismes. Cette contradiction n’a pas été la seule, loin de là.

Un « réalisme basé sur les principes »

Le président qui n’a cessé de dénoncer le concept de « regime change » qui accroît selon lui l’instabilité internationale, l’a défendu pour ces mêmes pays, en le justifiant par des arguments (« l’oppression », « l’emprisonnement des réformateurs ») qui auraient trouvé toute leur place dans un discours prononcé par un néoconservateur. Il en a été de même avec la dénonciation de la présence au sein du Conseil des Nations unies pour les droits de l’homme de pays parmi les plus répressifs.

Le mépris manifesté mardi par le président des Etats-Unis à l’égard de l’accord sur le nucléaire iranien plaide plutôt pour qu’il refuse de certifier au Congrès que Téhéran respecte les termes de l’accord comme il doit le faire avant le 15 octobre, selon les termes d’une loi votée en 2015. Une telle remise en cause sans aval de l’AIEA ne pourra cependant qu’affaiblir le discours américain sur la nécessaire « dénucléarisation » par la négociation pourtant appelée de ses vœux par M. Trump.

De même, l’occupant du bureau Ovale s’est livré à un rappel vibrant du plan Marshall « bâti sur l’idée noble que le monde entier est plus sûr lorsque les nations sont fortes, indépendantes et libres » qui est apparu comme un éloge involontaire du « nation building ». Ce thème avait également été pris pour cible pendant la campagne au motif qu’il détournerait les États-Unis de l’impératif de « l’Amérique d’abord ».

Nul doute que l’accent mis sur la souveraineté trouvera un écho favorable aux Etats-Unis auprès de la base électorale du président. Cette dernière ne déplorera certainement pas son omission du dossier du climat, ou bien celle du sort de la minorité musulmane des Rohingya de Birmanie, qui aurait pu pourtant illustrer une formule de M. Trump à propos de la Corée du Nord : « Lorsque des peuples et des nations honorables deviennent des témoins passifs de l’histoire, les forces de destruction ne font que gagner en pouvoir et en force. »

Lors de son discours de Riyad, en Arabie saoudite en mai, M. Trump s’était fixé comme cap un « réalisme basé sur les principes ». Une formule répétée mardi, mais sans doute encore trop ondoyante pour espérer convaincre.

19 septembre 2017

A la tribune de l'ONU, Trump menace de "détruire totalement la Corée du Nord" si les Etats-Unis sont "obligés de se défendre".

Donald Trump montre les muscles. Devant les dirigeants du monde réunis mardi 19 septembre à New York lors de l'Assemblée générale des Nations unies, Donald Trump a vivement critiqué le régime nord-coréen, qui multiplie les essais de missiles. Dans une allusion à Kim Jong-un, il a dénoncé "la mission-suicide de monsieur Missile", et a menacé de "détruire totalement la Corée du Nord" si les Etats-Unis ou un de ses alliés était visé par Pyongyang. 

19 septembre 2017

Macron à l'ONU...

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