Le Pérou lance le plan de soutien économique le plus ambitieux d’Amérique latine
Alors que les mesures de confinement se font plus drastiques, le gouvernement annonce que 12 % du PIB seront investis pour lutter contre l’épidémie.
C’est un plan économique « sans précédent, audacieux et responsable », à hauteur d’une crise « sans précédent », a affirmé la ministre de l’économie et des finances péruvienne, Maria Antonieta Alva, vendredi 3 avril, quelques jours après l’annonce par le chef de l’Etat, Martin Vizcarra, d’un ambitieux plan de relance de l’économie. Au total, 12 % du PIB, soit 26 milliards de dollars (environ 24 milliards d’euros), seront débloqués pour répondre à l’urgence sanitaire et redonner du souffle à une économie au point mort.
Alors que les projections de croissance étaient de l’ordre de 3 à 4 % pour 2020, avec la crise elles se sont effondrées. Les analystes prédisent que la croissance pourrait perdre jusqu’à deux points cette année.
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Comme ailleurs dans le monde, le Pérou est confronté à l’épidémie de Covid-19, avec 2 281 cas confirmés et 83 morts selon le dernier bilan, dimanche 5 avril. Le président Vizcarra, qui a décrété très tôt l’état d’urgence – le 15 mars, quand moins d’une centaine de cas étaient répertoriés dans le pays –, a imposé un confinement drastique, la fermeture totale des frontières et un couvre-feu entre 18 heures et 5 heures du matin. Des mesures prolongées jusqu’au 12 avril avec des restrictions chaque fois plus fortes.
Depuis le 2 avril, des jours de sortie sont différenciés pour les hommes et les femmes, trois jours chacun, et interdiction de sortir pour tout le monde le dimanche. Une mesure surprenante – prise aussi au Panama –, justifiée par le fait de limiter l’affluence dans les rues et de simplifier les contrôles. L’économie, elle, est paralysée à hauteur de 70 % selon la Banque centrale péruvienne.
Plan en deux temps
Le plan de relance, salué par la Commission économique pour l’Amérique latine et les Caraïbes, un organisme de l’ONU, est considéré comme le plus ambitieux du continent. Il se déroulera en deux temps. Une première phase dite « d’endiguement », avec une tranche de 8,5 milliards de dollars pour soutenir le système de santé et faire reculer l’épidémie. L’aide sera débloquée d’urgence alors que dans certaines régions, on manque de tout : équipements de protection, lits, personnel, respirateurs.
« Nous avons les épaules financières pour prendre ces mesures audacieuses », Maria Antonieta Alva, ministre de l’économie du Pérou
Le plan comprend aussi un soutien économique aux plus vulnérables ainsi qu’une aide aux petites et moyennes entreprises, pour lesquelles l’Etat s’est engagé à prendre en charge 35 % des salaires des employés touchant moins de 1 500 soles (400 euros) par mois.
Une autre enveloppe, de plusieurs milliards de dollars, est prévue pour l’après quarantaine – mi-avril, si la levée du confinement est confirmée – afin de réinjecter des liquidités dans l’économie à travers des aides aux entreprises et des investissements dans la dépense publique, sans plus de détail pour le moment.
« Nous avons les épaules financières pour prendre ces mesures audacieuses », a affirmé Mme Alva, la ministre de l’économie. Le Pérou affiche en effet une bonne santé économique, même s’il a enregistré en 2019 son taux de croissance le plus faible depuis une décennie avec 2,2 %. Mais la croissance est loin de profiter à tous les secteurs : 6 millions et demi de pauvres sont recensés, équivalant à 20,5 % de la population.
Le secteur du tourisme très touché
Pour les plus vulnérables, l’aide du gouvernement se traduit par un bono de 380 soles (100 euros) pour les quinze premiers jours de confinement, renouvelable en avril. Une aide qui concernera 2,8 millions de familles en situation de pauvreté et d’extrême pauvreté ainsi que 800 000 travailleurs indépendants, alors que 70 % de la population active péruvienne travaille dans le secteur informel. Beaucoup de ces travailleurs, qui subsistent au jour le jour, sans sécurité sociale ni retraite, continuent de sortir malgré les interdictions et les mesures de confinement car l’aide se fait attendre. Une moitié des bénéficiaires potentiels auraient reçu l’allocation d’urgence jusqu’à présent.
Par ailleurs, 8,5 milliards de crédits assurés par l’Etat seront destinés à 350 000 entreprises, dont 90 % de microentreprises de moins de dix salariés. Une garantie, selon le gouvernement, pour que les entreprises continuent de payer les salaires dans un pays où les allocations chômage n’existent pas.
Des centaines d’entreprises, notamment dans le secteur de l’hôtellerie et de la restauration, ont annoncé il y a quelques jours qu’elles ne seraient pas en mesure de payer leurs employés. Elles souhaitent déclencher un mécanisme de « suspension de l’emploi », qui consiste à renvoyer chez eux leurs salariés sans rémunération pour cas de « force majeure », et ce, jusqu’à quatre-vingt-dix jours. Ce qui permet de les réintégrer ensuite, en évitant ainsi les licenciements.
Dans le secteur du tourisme (3,9 % du PIB), un des plus touchés par la crise, 30 000 personnes pourraient être « suspendues » sans solde d’ici à fin avril, selon la chambre du tourisme. Néanmoins la ministre du travail, Sylvia Caceres, réaffirmait dimanche 5 avril, jetant le trouble dans le secteur entrepreneurial, que ce mécanisme n’était pas autorisé pendant la quarantaine mais que d’autres mesures étaient à l’étude.
Amanda Chaparro(Lima, correspondance)
Témoignage - “Au Pérou, nous n’avons rien vu venir”
COURRIER EXPAT (PARIS)
Le Pérou n’a ni les infrastructures ni les ressources nécessaires pour faire face à la crise sanitaire. Pour Léa Van Cuyck, qui vit à Cuzco, les autorités ont eu raison de fermer les frontières sans préavis et de décréter l’état d’urgence.
Ici, au Pérou, nous n’avons rien vu venir. Nous avions bien eu quelques pensées pessimistes à l’annonce d’un virus se propageant insidieusement sur la surface du globe, faisant fi des frontières, mais nous nous pensions à l’abri, loin des foyers épidémiques, dans nos vies bien tracées. Pourtant l’Amérique allait elle aussi être touchée de plein fouet. Nous ne voulions tout simplement pas y croire.
Jusqu’au mercredi 11 mars, quand le président Vizcarra (photo) annoncé la mise en quarantaine de tous les ressortissants étrangers atterrissant sur le territoire, à la suite de la détection d’une soixante de cas de Covid-19. Branle-bas de combat dans notre agence de voyages : cette déclaration a fait l’effet d’un séisme. Nous n’avons pas voulu y croire.
Pourtant, c’était la seule mesure à prendre : le pays ne possède ni les infrastructures ni les ressources nécessaires pour faire face à une crise sanitaire d’une telle ampleur. Conscientes du péril, les autorités n’avaient ni le temps ni le droit de s’abandonner au déni. Il fallait absolument circonscrire l’épidémie le plus vite possible.
Soudain, un monde obéissant à de nouvelles règles
Fermer le pays avant la certitude d’une contamination aurait permis de tuer l’hydre dans l’œuf. Mais la population n’aurait pas compris l’application d’une mesure aussi radicale sans l’apparition de cet ennemi mortel sur le territoire national. Le virus que l’on pointait du doigt partout était enfin à nos portes. Nous pouvions commencer à avoir peur.
Au cours des soixante-douze heures qui suivent l’annonce du président Vizcarra, les informations se succèdent : le gouvernement décrète la ley de emergencia, ferme les frontières et suspend tous les vols internationaux en provenance et à destination de l’Europe et de l’Asie. Finalement, c’est l’annonce d’un confinement de deux semaines qui achève d’écailler le vernis de nos certitudes. De notre appartement, situé dans le quartier de Wanchaq, à Cuzco, nous nous sentons perdus et démunis. Nous envisageons le pire sans réellement pouvoir nous en convaincre.
Lundi 16 mars, première sortie depuis l’annonce du confinement. Un couvre-feu a été proclamé entre 18 heures et 5 heures du matin, laissant suffisamment de temps à la population pour s’organiser. Pourtant nous observons les premiers signes d’une folie collective : les gens se précipitent dans les supermarchés, ratissent les rayons et remplissent leurs voitures dans un tumulte erratique. Nous voilà devenus des spectateurs étrangers, ne comprenant pas cette agitation presque démente. Nous achetons rapidement ce qu’il nous faut pour les trois premiers jours de confinement et rentrons nous enfermer dans notre appartement, un aquarium aux parois de verre. Ses fenêtres seront le prisme par lequel nous observerons le monde à l’avenir, un monde obéissant à de nouvelles règles.
S’occuper l’esprit et les mains à tout prix
Alors que les supermarchés mettent en place des quotas pour éviter les pénuries, nous nous organisons de notre côté. Nous établissons un planning pour la semaine afin de hiérarchiser les tâches urgentes, nous occupant ainsi tout autant l’esprit que les mains. Nous consacrons notre première semaine de quarantaine aux reports et annulations de voyage. Personne ne sachant quand le confinement prendra fin et quand les frontières rouvriront, nous sommes dans un inconnu permanent.
Puis vient la deuxième semaine et l’annonce de la prolongation du confinement jusqu’à la mi-avril. La nouvelle nous assomme un peu, mais nous y étions préparés. Ne faisant plus que du télétravail à mi-temps, nous nous occupons de notre mieux. C’est l’occasion pour nous d’entreprendre tout ce que nous n’avons jamais le temps de faire. Pour ma part, je me lance dans l’apprentissage du japonais. Depuis plusieurs mois, je ne parvenais pas à y consacrer suffisamment de temps pour avancer. À raison de cinq à huit heures par jour, les semaines défilent plus vite, ne laissant aucune emprise aux pensées noires.
Chaque soir, comme si elles nous donnaient rendez-vous, des voitures de police défilent sous nos fenêtres, sirènes hurlantes et lumières clignotantes. Cette scène surréaliste se teinte cependant d’une incroyable banalité au fil des jours. Notre esprit s’est formaté, le confinement ne nous apparaît plus si contraignant. Nous attendons tout simplement que la vague pandémique s’essouffle, qu’elle se tarisse d’elle-même, pour nous permettre de reprendre le fil de nos vies, là où il s’était arrêté un mois plus tôt.
Croiser des visages anonymes dont seuls les yeux restent visibles nous paraît par contre toujours aussi incongru. Les masques ont quelque chose d’angoissant et de menaçant. Cela nous rappelle le couperet qui risque de s’abattre à tout moment, au détour d’une rue ou d’une rencontre fortuite. Mais il nous faut garder le moral et les exemples pour nous y aider ne manquent pas : la planète est en train de prendre sa première vraie bouffée d’oxygène depuis des décennies, la pollution reflue des grandes métropoles et les pays se tournent vers leurs producteurs locaux. Les industries se transforment pour s’adapter aux besoins du moment et les gestes de solidarité se multiplient. Malgré une désobéissance civile flagrante à travers le globe, des citoyens décident d’appliquer le confinement alors même que leur gouvernement n’a pas encore pris de décision officielle.
À l’heure où notre planète est en sursis, alors que le “jour du dépassement” apparaît un peu plus tôt chaque année, essayons de voir le positif sans pour autant oblitérer la tristesse et la détresse qui ont frappé des milliers de foyers ces derniers mois. Gardons à l’esprit que cette quarantaine prendra fin et qu’en attendant elle n’est pas vaine. Qu’elle ne l’a jamais été et ne le sera jamais. Respectons-nous et protégeons-nous les uns les autres en restant confinés.
Léa Van Cuyck
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Source
Courrier Expat
PARIS
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Pérou - deux semaines difficiles en perspective
Témoignage - “Bloqués au Pérou, on essaie de se faire rapatrier depuis deux semaines”
COURRIER EXPAT (PARIS)
À Cuzco, au Pérou, le confinement est total, avec des règles encore plus strictes qu’en France. Plusieurs Français s’y retrouvent bloqués sans possibilité de retour. En cause, des désaccords entre les autorités péruviennes et françaises.
En voyage depuis huit mois, Nicolas et sa compagne sont à Cuzco, au Pérou, depuis un mois. Avec la situation sanitaire liée au Covid-19 et les mesures de confinement, ils cherchent depuis deux semaines à rentrer en France, sans parvenir à se faire rapatrier. Ils sont actuellement coincés dans un Airbnb, avec trois autres couples de Français dans la même situation.
Des désaccords entre les autorités péruviennes et françaises
En cause, une gestion catastrophique de la part de l’ambassade et du consulat français. “Nous n’avons aucune information”, déplore Nicolas :
Les différents acteurs – l’ambassade, le consulat, l’Union des Français de l’étranger et les compagnies aériennes – jouent chacun de leur côté. Du coup, on a des informations différentes, voire contradictoires.”
Ce mardi, un avion transportant des ressortissants français est parti de Cuzco. L’ambassade a dit au groupe qu’il était inutile qu’ils se rendent à l’aéroport : n’ayant pas pu acheter leurs billets en ligne, ils serait refoulés. En fin de compte, l’avion est parti avec des places vides alors que le groupe aurait pu être rapatrié.
Les autorités péruviennes et françaises semblent avoir du mal à s’accorder. Alors que la France avait réussi à affréter trois bus pour ses ressortissants, les autorités péruviennes n’ont finalement pas voulu laisser circuler ces bus.
Il y a des vols pour Paris au départ de Lima. Mais de Cuzco à Lima, il y a vingt-trois heures de route et nous n’avons pas le droit de circuler. Même avec des laisser-passer, les autorités péruviennes nous bloquent. Nous n’avins aucune solution.”
Un confinement strict et une peur des étrangers
Comme la centaine de Français encore bloqués à Cuzco, les quatre couples doivent respecter les règles de confinement du Pérou. “Elles sont encore plus dures qu’en France. Il y a un couvre-feu à 18 heures et interdiction de sortir à plus d’une personne par famille”, explique Nicolas. Et ces mesures semblent encore plus strictes pour les étrangers :
Les Péruviens appliquent les règles à moitié. On voit encore des familles se promener. Nous, si nous sort, nous sommes sûrs d’être contrôlés.”
Nicolas évoque aussi une loi qui interdit l’alcool et des interventions de policiers dans les hôtels et auberges pour la faire respecter. En plus, depuis peu une loi a été mise en place pour protéger policiers et militaires contre toute poursuite judiciaire s’ils font des blessés lors de leurs interventions pour faire respecter le confinement.
Étant donné que la plupart des cas contaminés par le Covid-19 à Cuzco sont des Européens, un fort ressentiment est né à l’égard des étrangers : “Les gens changent de trottoir pour pas nous croiser, ils disent de pas nous approcher dans les boutiques”, raconte Nicolas. À cause de cette peur du virus, le couple a même été expulsé de son dernier logement Airbnb :
On était 9 Français dedans. Et un jour, la propriétaire a paniqué et nous a tous virés.”
On voit les autres nationalités se faire rapatrier. On a vu au moins dix bus de Mexicains, des bus d’Américains aussi ! Et nous, rien.”
En attendant qu’une solution soit trouvée, le groupe doit s’armer de patience et tente tant bien que mal de s’occuper pendant le confinement : “Heureusement notre Airbnb est bien, on a une chambre par couple, c’est déjà ça !” plaisante Nicolas.
On fait beaucoup à manger, on expérimente nos recettes les plus folles ! Notre jeu de Uno est notre plus grand ami. On fait aussi des blind test, des Burger quiz… On s’occupe comme on peut !”
Léane Burtier
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Source
Courrier Expat
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PEROU : La police protégée si elle tue pendant le confinement
PEROU : Les militaires et policiers qui patrouillent pour faire respecter la quarantaine seront exemptés de responsabilité pénale s'ils tuent ou blessent par «légitime défense».
Le ministère de la Défense a averti sur les réseaux sociaux, vidéos à l'appui, que les militaires allaient faire usage du «principe de la légitime défense» en cas de «danger».
Les militaires et policiers péruviens qui patrouillent pour faire respecter la quarantaine décidée contre le coronavirus seront exemptés de responsabilité pénale s'ils tuent ou blessent par «légitime défense» en situation de «danger», ont annoncé les autorités samedi. «Le personnel des forces armées et de la police nationale du Pérou est exempté de toute responsabilité pénale dans l'exercice des fonctions constitutionnelles qui (...) de manière réglementaire, provoque des blessures ou la mort» du contrevenant, est-il écrit dans une loi publiée samedi dans l'organe officiel.
Après cette publication, le ministère de la Défense a averti sur les réseaux sociaux, vidéos à l'appui, que les militaires allaient faire usage du «principe de la légitime défense» en cas de «danger». Le Pérou est soumis à un isolement obligatoire et à un couvre-feu nocturne depuis le 16 mars.
(L'essentiel/afp)
Covid-19 : pourquoi des Français sont-ils restés coincés au Pérou ?
Par Emma Donada
A Lima,
Dimanche, le président péruvien a annoncé la fermeture des frontières pour lutter contre le Covid-19. Environ 1 000 Français sont restés bloqués dans l'attente d'un rapatriement.
Bonjour,
Nous avons été alertés sur la situation des Français actuellement coincés au Pérou. «Nous sommes plus de 2 000 Français bloqués au Pérou. Nous attendons enfermés sans aucune activité possible. Les hôtels commencent à fermer et nous demandent de partir car ils ont peur de nous. Certains Français n’ont pas les moyens de se loger plus longtemps. L’ambassade et le consulat ont fermé leurs portes. Et les billets prochains et incertains de voler ses vendus actuellement par Air France à 5 000 euros», a écrit à Libération, une femme de 28 ans venue passer des vacances avec son petit ami.
Le dimanche 15 mars, alors que le couple est dans un bus pour un trajet de dix-huit heures, le président péruvien, Martín Vizcarra, déclare l’état d’urgence national et annonce la fermeture des frontières pour le lendemain à minuit afin de lutter contre l’épidémie de Covid-19 (234 cas confirmés au 19 mars). «On a appris au milieu du désert que la frontière allait être fermée. En arrivant, on nous a pris la température et on est parti en courant vers l’aéroport pour prendre un vol vers un autre pays. Là-bas, c’était la cohue. Il fallait un billet mais le temps de rentrer le numéro de passeport, il était déjà vendu. Par chance, on avait prévu de rester trois à jours à Arequipa. On est donc allés à l’hôtel. Maintenant, il ne reste que trois chambres occupées. On a peur que l’hôtel ferme», explique la vacancière qui a souhaité rester anonyme.
Elle explique avoir trouvé du soutien grâce aux réseaux sociaux. «Nous avons un groupe des Français à Arequipa et un autre des Français au Pérou où il y a plus de 2 000 personnes. Ce sont des gens comme nous. Certains avec des enfants. Une nana nous a dit qu’elle a pris trois jours sans boire ni manger pour rejoindre une ville correcte. Beaucoup n’ont pas eu le temps de rejoindre un aéroport après les annonces. Et certaines familles se sont retrouvées avec des enfants à la rue», explique la jeune femme.
Contacté, le ministère des Affaires étrangères a indiqué que «les problèmes dont ont pu souffrir quelques Français ont été réglés à l’aide de la police péruvienne qui a rappelé aux hôtels leur obligation de recevoir les touristes de toute nationalité».
Combien de personnes sont concernées ? «Nous avons reçu plus de 650 appels en quelques jours. On évalue entre 800 et 1 100 les touristes attendant de rentrer en France. Pour rappel, le Pérou a décrété un état d’urgence très strict pour faire face au coronavirus. Les touristes de toutes nationalités se sont vus pris de court par ces dispositions absolument exceptionnelles», nous explique le Quai d’Orsay.
Sur le rapatriement, celui-ci indiquait jeudi matin que rien n’était encore prévu. En fin de journée, l’Ambassade a finalement annoncé le départ de quatre vols. «A la demande du gouvernement français, un vol Air France-KLM partira de Lima, samedi 21 mars, à 18 heures, en direction de Paris. Trois autres vols auront lieu la semaine prochaine. L’ambassade de France recommande aux voyageurs souhaitant rentrer en France d’acquérir un billet dès que la compagnie les mettra à disposition», peut-on lire sur le site de l’ambassade. A noter que les prix actuellement affichés par Air France avoisinent les 5 000 euros.












