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Jours tranquilles à Paris
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peter lindbergh
5 septembre 2019

Peter Lindbergh 1944-2019

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Ce sont des jours sinistres, Steve Hiett jeudi dernier, Jean Marquis ce lundi et hier Peter Lindbergh. Et demain?

L’édition d’aujourd’hui est dédiée à Peter Lindbergh et Carole Schmitz a partagé avec nous ses conversations avec l’un des derniers rares photographes de génie, universellement respecté et aimé.

Le Sultan a tiré sa reverence par Carole Schmitz

Pour lui le plus important était de créer des images. Peter Lindbergh, un des photographes les des plus demandés et les plus appréciés de la planète mode nous a hélas quitté trop tot. Maître-façonneur d’images, il appartenait au cercle très fermé des quelques dix photographes stars, un statut dont il ne se vantait guère. A nul autre pareil, il ciselait ses sujets avec un œil parfait. Son regard sur les femmes était d’une sensuelle beauté. Sa vision en était actuelle et intemporelle. Venu à la photo par hasard, comme il se plaisait à le rappeler, Peter était avant tout un observateur et aucun détail ne lui échappait. La photo et la mode ne lui sont jamais montées à la tête, bien au contraire… Ouvert, accessible, toujours souriant, c’était un homme d’une incroyable générosité et d’une parfaite lucidité quant au monde dans lequel il évoluait. Pour lui, la création était la naissance de quelque chose qui vient d’un sentiment, d’une émotion ou d’une combinaison d’idées. Ses images à l’atmosphère réalistes célébraient la beauté sans artifice. Pour la plupart déjà iconiques, elles sont et resteront désormais et pour l’éternité puissantes, pleines de contrastes et de mélancolie par instant. Privilégiée d’avoir pu, à plusieurs reprises, rencontrer et échanger avec ce grand Monsieur, je garderai surtout de lui l’image d’un gentleman qui ne trichait pas.

Carole Schmitz : L’ exposition qui vous est consacrée et qui va faire le tour du monde s’intitule « A Different Vision on Fashion Photography », que pouvez vous nous dire sur cette vision différente ?

Peter Lindbergh: C’est Thierry Loriot qui a eu l’idée de cette exposition. Son envie était de montrer une approche personnelle sur plus de trente ans de mode. Je suppose qu’il considérait ce que j’ai fait pendant toutes ces années comme très différents de ce qui se faisait habituellement en matière de photos de mode.

C.S : Qu’est ce qui a initié cette exposition ?

P.L :Je suppose que Thierry Loriot était intéressé par une interprétation différente et consistante de 30 ans ou plus de mode et bien entendu de photographie.

C.S : Sera-t-elle identique dans chaque ville ?

P.L :Cette exposition est sensée être montrée dans 5 à 10 musées à travers le monde et s’adaptant à chaque ville, sera à chaque fois quelques peu différente. Le contenu ne changera pas, seule la scénographie et peut-être l’espace alloué aux différentes

C.S : Vous êtes considéré comme l’un des photographes de mode les plus influents de son époque, que vous inspire le monde d’aujourd’hui ?

P.L :Mon inspiration ne me vient quasiment jamais de la mode, ou disons plutôt, une fois de temps à autre. Je ne vais plus aux défilés depuis plus de 15 ans. Pourquoi me direz-vous ? La raison en est simple, je ne veux pas me laisser influencer par des collections qui changent ou évoluent trop vite à mon gout, comme je le suppose, c’est le cas pour de nombreux autres photographes. J’aime et j’admire l’immense créativité que déploient les designers à chacun de leurs shows, mais je pense aussi que le fait de me tenir à l’écart de tout ceci m’offre une palette d’inspiration beaucoup plus large. Actuellement je suis inspiré par tout ce qui peut m’entourer, une histoire, un poème, une conversation avec quelqu’un qui peut vous apprendre quelque chose que vous ignoriez… etc. Il y a tant de choses qui chaque jour s’offrent à nous, tant de choses qui ne demandent qu’à être découvertes et transformées en quelques choses d’autre. Je pense que le devoir de la photo de mode n’est pas d’aider à vendre des vêtements, mais plus globalement d’inspirer, de parler des femmes, ce qui signifie également, définir ces femmes dans l’époque dans laquelle nous vivons. La photographie de mode devrait être plus étendue que la mode elle même. Pour en revenir à votre question, le monde est rempli d’inspirations de toutes sortes. Les choses les plus atroces auxquelles nous faisons face actuellement, tout à coté des choses les plus belles. Tout à la fois est inspirant.

C.S : Vous sentez-vous davantage photographe ou photographe de mode ? Artiste aussi ?

P.L :Franca Sozzani, directrice de Condé Nast Italie et éditrice du Vogue Italien et depuis trente longues années une de mes proches amis a dit ce qui suit dans une interview qu’elle a donné il y a peu : « Peter est un photographe qui marquera l’histoire de la photographie (pardonnez moi, mais c’est Franca qui dit cela !!!) car il n’est pas rattaché aux tendances, il a sa propre identité. Ce n’est pas un photographe de mode, il utilise la mode pour parler des femmes, ce qui est très différent »… J’acquiesce totalement à ses propos. Et pour répondre à la seconde partie de votre question, à propos du fait de me sentir artiste ou non, je vous propose si vous en avez l’occasion de lire l’interview que j’ai accordé au magazine américain d’art « Art Forum » de mai 2016 (pages 296 à 307 « The new look, Art and fashion Photography »), j’y aborde cette question dans le détail. Comme une boutade ou une provocation même, je dis souvent que je suis photographe de mode…  Un qualificatif que bon nombre renient pour se targuer d’être des artistes. Personnellement, je pense que la photo de mode est un véhicule fantastique pour exprimer ce que l’on a envie de dire.

C.S : On vous surnomme affectueusement le « Sultan », d’où cela vous vient-il ?

P.L :Cela date d’une autre époque, lorsque j’ai encore à l’école d’art tout en participant à une exposition de groupe dans un musée allemand. Lorsqu’ils ont imprimé le catalogue, le commissaire d’exposition m’a appelé pour me demander si j’avais un nom d’artiste, et j’ai très spontanément répondu : « Oui, Sultan ». Ce nom m’est resté tout au long de mes années d’artiste, y compris pour mon exposition solo chez « Denise Rene/ Hans Mayer Gallery ».

C.S : Quelle image avez vous de la femme d’aujourd’hui ?

P.L :Lorsque je regarde autour de moi, je suis choqué par ce qui est fait aux femmes aujourd’hui. L’idée de la beauté a été transformée, elle est déconnectée de la réalité et tout signe emmenant d’expériences personnelles ont été gommés pour n’être qu’un masque interchangeable utilisé à des fins commerciales. L’image que j’ai de la femme sur papier glace est horrible. Au fond, je ne sais pas qui decide réellement de l’image à donner de la femme, ni où est leur intérêt… si ce n’est pécuniaire. Et à ce titre tout est aseptisé. Pas une trace de rides ou de vécu… Est-ce cela l’image de la femme que nous devons donner ? Je ne le pense pas. Les femmes sont aujourd’hui coincé par des diktats, elles veulent paraitre jeune à tout prix. Cela me désole, car ce qui fait la beauté d’une femme ce sont justement les empruntes laissées par le temps. Et à titre plus personnel, je pense que la femme est la plus belle des créations. Les femmes sont selon moi bien plus intéressantes que les hommes. Elles sont courageuses, fines, sensibles. Je les adore… D’ailleurs, il m’arrive quelques fois de penser que si j’avais été une femme, je serais lesbienne… (rires). Mais peut-être que si j’en été vraiment une, je ne penserais pas de la sorte !!!

C.S : Qu’est ce que la beauté pour Peter Lindbergh ?

P.L :Je viens de finir le calendrier Pirelli 2017. J’avais une idée très précise du message que je voulais véhiculer à travers ces images. J’ai écrit quelques lignes pour l’expliquer, mais laissez moi d’abord vous raconter ce que nous avons fait. J’ai demandé à 15 actrices dont je suis très proche, si elles souhaitaient participer à ce projet. Les 15 m’ont dit oui et ont donc accepté de se prêter à cette expérience. 15 actrices dont je ne peux hélas pour le moment  pas vous révéler les noms. Mais voici le texte que j’ai rédigé et qui figurera en ouverture du calendrier : « En ces temps où les femmes sont représentées dans les médias comme ambassadrices de la perfection et de la jeunesse, j’ai pensé qu’il était important de rappeler qu’il existe une beauté différente, plus réelle et crédible, pas manipulée par la publicité ou n’importe quels autres intérêts, une beauté qui parle d’individualité, de courage d’être soi-même et laisser s’exprimer  sa propre sensibilité… »

C.S : Quelles sont vos canons de beauté ?

P.L :C’est une question à laquelle il est bien trop compliqué de répondre tant il y en a…

C.S : Quel est votre regard sur la mode aujourd’hui ?

P.L :La mode aujourd’hui est trop stressante pour les designers. Personne ne peut imaginer 25 collections par ans sans devenir fou sous la pression du succès à la fois artistique et commercial.

C.S : Une tendance de mode qui vous agace ?

P.L :Non.

C.S : Dans une interview, je vous ai entendu dire que le beau est « boring ». Le pensez-vous toujours ?

P.L :Tout dépend dans quel sens est utilisé « beau ». Si cela s’apparente à la sacro-sainte quête de perfection et de jeunesse, je dirais que le « beau » est non seulement synonyme d’ennui mais qu’il est d’avantage encore dévastateur. C’est la beauté faite d’imperfections qui est interessante.

C.S : Vos portraits dégagent une certaine absence d’inhibition et de grâce physique, comment parvenez vous à obtenir ce résultat quelque soit la personne que vous photographiez?

P.L :La réponse est très simple : en étant moi-même et vrai.

C.S : Qui aimeriez vous photographié et qui n’est pas encore passé devant votre objectif ?

P.L :Vanessa Redgrave !

C.S : Vous affectionnez tout particulièrement la photographie en noir et blanc, qui présente près de 60 % de votre travail. Qu’apporte le noir et blanc que vous ne trouvez pas dans la couleur ?

P.L :J’utilise à 75% le Noir&Blanc, mais je dois avouer que la couleur peut souvent être bien plus interessante que le Noir&Blanc. Il y a eu diverses raisons à cela et à différentes époques. Au départ, j’ai aimé l’idée que le Noir&Blanc interprétait la réalité et cela semblait comme être un petit pas vers l’art (rires), mais par la suite il a été plus important pour moi de le ressentir comme plus réel et plus authentique, ce qui du reste est faux. Je me sentais plus proche de la vérité en utilisant le Noir&Blanc, surtout lorsqu’il s’agissait de portraits

C.S : La photographie a beaucoup évolué depuis vos débuts. Quel est votre regard de professionnel sur ces changements?

P.L :La digitalisation a été très positive à bien des égards. Utilisation d’un écran, qui permet à chacun de voir les images en temps réel, un privilège qui jadis n’était réservé qu’au photographe. Ce petit détail finira par « tuer » les photographes et par là même la photographie.

C.S : Depuis le temps que vous travaillez dans la mode, quel regard portez vous sur la mode, et sur la presse aussi ?

P.S :Ca dépend des journaux, mais dans l’ensemble je me rends compte qu’il y a de moins en moins de lieux où je peux encore être l’enfant terrible que j’étais. La consigne aujourd’hui c’est d’être sage, c’est le cas par exemple avec le Vogue américain. Pas avec le Vogue Italie qui est plus pointu. Mais ça m’amuse aussi de faire des photos plus “straight”, c’est un exercice de style, d’une certaine manière. En tout cas, je l’assume. Et puis aujourd’hui, les journaux de mode fonctionnent tous de la meme manière, ce qui ne laisse plus vraiment de place aux photos plus personnelles. Il y a quinze- vingt  ans, on pouvait s’amuser en travaillant pour certains journaux, je pense notamment à Marie-Claire qui à l’époque était assez pointues, aujourd’hui, c’est terminé ! Quant à la mode, c’est un monde sans pitié, d’une incroyable cruauté, où la pression exercée peut rendre les gens fous.

C.S : Qu’est ce qui est primordial dans votre travail ?

P.L :L’humilité et la vérité.

C.S : Qu’est ce qui vous faire encore courir ?

P.L :Il n’y a rien de plus intéressant que la photographie, mais rassurez-vous, je parle pour moi !

C.S : Quels pourraient être vos regrets, si toute fois vous en avez ?

P.L :La seule chose qui me manque dans la vie c’est le temps, je veux du temps que je peux utiliser pour moi ou pour mes (bientôt) 7 petits-enfants.

C.S : Qui est Peter derrière Mr Lindbergh ?

P.L :Impossible de répondre à cette question étant donné que je suis Peter derrière Mr. Lindbergh et que je ne pense pas l’avoir jamais rencontré !

 C.S : Quels sont les 3 artistes contemporains avec lesquels vous échangeriez volontiers votre art ?

P.L :Michael Heizer, Gerhard Richter, Joseph Kosuth.

C.S : Quel est votre devise ?

P.L :« Se montrer tel que l’on est, sans vouloir de manière intentionnelle ou drôle ajuster sa personnalité, est la chose la plus importante qui soit » (Shunryu Suzuki)

C.S : Quel est votre luxe ?

P.L :De pouvoir vivre selon la citation de Suzuki, mais aussi, je dois l’avouer, de posséder un magnifique yacht anglais de 100ft de 1964 dont l’intérieur a été réalisé par mon ami Christian Liaigre.

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5 septembre 2019

Peter Lindbergh : « Mon grand sujet était les femmes, les suivre au plus près afin qu’elles s’expriment, affirment leur vérité »

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« Le Monde » avait rencontré en 2010 le photographe allemand, alors que deux expositions retraçaient trente ans de ses œuvres. Connu pour ses clichés de stars et de mannequins, il est mort mercredi 4 septembre 2019, à l’âge de 74 ans.

Archive. Le Monde Magazine publiait, le 18 septembre 2010, cet entretien du photographe Peter Lindbergh par la journaliste Annick Cojean dans le cadre de la rubrique « Je ne serais pas arrivé là si… ». Connu pour ses clichés en noir et blanc de stars et de mannequins, le photographe allemand est mort mercredi 4 septembre 2019, à l’âge de 74 ans.

Le photographe allemand Peter Lindbergh, le 20 septembre 2016, à Londres, présentant son livre « A Different Vision on Fashion Photography ».

Le photographe allemand Peter Lindbergh, le 20 septembre 2016, à Londres, présentant son livre « A Different Vision on Fashion Photography ». FRAZER HARRISON / AFP

Je ne serais pas arrivé là si… je n’avais découvert et pratiqué la méditation transcendantale pendant plus de trente ans. J’y ai puisé ma force, ma confiance, ma vérité. Cela m’a construit et permis d’avancer. Cela m’a donné un socle, à partir duquel je pouvais partir, rêver, créer. Quelle richesse ! J’ai vu tant de gens s’étourdir et se disperser, rechercher désespérément quelque chose à laquelle s’arrimer, alors que ce n’est pas au dehors que réside la matrice pour vivre, mais en soi ! Vingt minutes de méditation le matin, vingt minutes le soir. Pour faire le vide et se retrouver face à soi-même. La source est là.

Diriez-vous que cela explique cette voie si personnelle que vous avez suivie dans le monde de la photographie ?

Certainement ! La méditation fut mon fabuleux atout. Elle me permettait d’avoir accès à moi-même et de ressentir une sorte de complétude. De là sortaient les idées, les envies, les audaces. Avec la sensation que chaque projet dans lequel je me lançais était une part de moi. Que je pouvais m’engager à fond. Et que ce réservoir de créativité était infini. C’est ainsi que j’ai pu creuser mon sillon dans la photo de mode, qui brille souvent par son manque d’originalité et où les photographes, dénués d’idées, reproduisent à l’infini ce qu’ils ont picoré dans une poignée de magazines.

Pourquoi ce choix de la photo de mode, un univers d’apparence tellement superficielle ?

Mais voyons, ce n’était pas la mode qui m’intéressait ! Ni le clinquant de cet univers, encore moins ses mondanités. La mode était comme un sponsor me permettant de faire des images. Rien qu’un prétexte !

Un prétexte ? Mais que cherchiez-vous ?

Mon grand sujet était les femmes. Et je voulais documenter ce sujet. Suivre les femmes au plus près afin qu’elles s’expriment, affirment leur vérité. Je me moque du vêtement, je ne m’intéresse qu’à la personne qui le porte et que j’ai envie de démasquer en lui donnant pleine liberté. Je traque un mystère, je cherche une émotion. La beauté ? Ce n’est pas une question de géométrie, de classicisme ou de perfection. La beauté vient d’un caractère fort, des questions ou du trouble que fait naître un regard, pourquoi pas des rides et de l’expérience que reflète un visage.

N’exige-t-on pas des mannequins une sorte de perfection physique ?

La photo numérique et les possibilités de retouche facilitent l’illusion de perfection. C’est navrant. On déshumanise les femmes en les privant de leur identité, de leur vie. Moi, j’ai toujours été attiré par les femmes qui avaient une identité très forte et auxquelles je donnais pleine liberté. C’était une petite révolution à l’époque où les mannequins devaient être lisses, parfaites, interchangeables. Le Vogue anglais, en 1988, avait même été totalement désemparé devant une série de photos que j’avais faite de six femmes naturelles et joyeuses, en chemises blanches, sur la plage de Santa Monica. Il a fallu l’arrivée d’une nouvelle rédactrice en chef, Anna Wintour, pour que l’on me confie la couverture du magazine américain et qu’on rompe avec la tradition des mannequins ennuyeux à mourir !

On connaît peu de vos photos d’hommes.

Il y en a ! Mais comment dire ? Les femmes m’intéressent davantage. Plus de mystère, plus de trouble, plus de découverte. C’est le sexe opposé, l’attirance est donc normale. Mais au-delà de ça, il se trouve que je les admire. Que je les trouve plus courageuses, plus engagées, plus dignes que les hommes. Je connais beaucoup d’hommes moyens. Mais quantité de femmes magnifiques.

Ce métier était-il un rêve d’enfant ?

Oh non ! J’ai été élevé à la fin de la guerre, dans la Ruhr, et il n’y avait rien d’artistique ou de glamour dans cet environnement sévère, âpre et pauvre. Ni galerie ni musée. Juste quelques vitrines de magasins pour incarner le rêve. Alors je me rêvais étalagiste.

« Photographs and films, 1980-2010 », au Musée C/O de Berlin, du 25 septembre 2010 au 9 janvier 2011 ; « La Vie en face », Galerie Polka, à Paris, jusqu’au 10 novembre 2010.

Propos recueillis par Annick Cojean

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5 septembre 2019

Hommage à Peter Lindbergh PAR MANON GARRIGUES

Le célèbre photographe allemand nous a quittés le 3 septembre 2019, à l'âge de 74 ans.

"Avant même que je ne saisisse mon appareil, il doit toujours y avoir un véritable échange entre la personne devant la caméra et moi. C'est alors qu'il peut se passer quelque chose, et c'est ce quelque chose que l'on photographie justement, plutôt que la personne elle-même." C'est avec ces mots que Peter Lindbergh décrivait son rapport à son modèle le temps d'un entretien à Vogue Paris en 2016. Adepte d'un glamour sans âge et d'une modernité sans fard, cette légende de la photographie nous a quittés le 3 septembre 2019, à l'âge de 74 ans. Entre séries mode mythiques pour Vogue et portraits de femmes, Peter Lindbergh a redessiné les contours de la beauté en signant des séries photographiques d'un rare réalisme, inspirés de la photographie documentaire et du photojournalisme, où le modèle apparaît souvent sans maquillage, comme livrée nue à l'objectif.

La naissance des supermodels

Ses photos les plus célèbres restent celles des supermodels, qu'il a érigés au rang de mythe grâce à ses séries en noir et blanc. Pour la toute première fois, il réunit Linda Evangelista, Naomi Campbell, Tatjana Patitz, Cindy Crawford et Christy Turlington pour la couverture de l’édition de janvier 1990 du Vogue UK. L'escadron sera à jamais associé à cette ère de mannequins superstars qui ont fait les années 90 et a notamment inspiré George Michael pour son clip Freedom! qui choisit de les réunir. En 2017, Peter Lindbergh avait également signé le calendrier Pirelli qu'il avait voulu "intime et sensible", exercice qu'il avait brillamment relevé en 1996 et 2002, année où pour la première fois il met en vedette des actrices. La mode perd aujourd'hui l'un de ses fidèles conteurs d'images.

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5 septembre 2019

Disparition du photographe de mode Peter Lindbergh

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Le photographe allemand est décédé mardi 3 septembre à l'âge de 74 ans, ont annoncé aujourd'hui ses proches.

L’actrice Catherine Deneuve, la supertop Naomi Campbell, l’activiste suédoise Greta Thunberg… Peter Lindbergh a immortalisé un grand nombre de personnalités inspirantes du XXe et XXIe siècles avec son appareil. Ses clichés ont paru dans des magazines tels que « Vogue », « Elle », « The New Yorker » ou encore « Vanity Fair », et il a participé aux campagnes de publicité de marques de luxe comme Chanel. Né en 1944 à Leszno en Pologne, Peter Lindbergh était connu pour ses portraits de stars en noir et blanc, influencés par le cinéma allemand de son enfance, sur fond de paysages industriels. Il a grandi à Duisbourg, dans la Ruhr (Allemagne), avant d’aller étudier à l’Académie des arts de Berlin dans les années 1960. En 1971, il a déménagé à Dusseldorf et est devenu l’assistant du photographe Hans Lux. Il a ouvert deux ans plus tard son premier studio et a débarqué à Paris en 1978 afin de poursuivre sa carrière. Dans ses clichés, il a révolutionné la photographie de mode en travaillant avec des mannequins peu maquillés et sans retouche.

Ses œuvres ont été exposées dans de nombreuses grandes institutions internationales telles que le Victoria & Albert Museum à Londres, le Centre Pompidou à Paris, le Metropolitan Museum of Art à New York ou encore le musée Pouchkine à Moscou. Il a été le premier photographe à réaliser plus de deux fois le prestigieux calendrier Pirelli en 1996, 2002 et 2017. Il a créé également plusieurs affiches de films comme Prédateurs de Tony Scott, avec David Bowie et Catherine Deneuve (1983). En 2017, il a travaillé pour l’exposition « Alberto Giacometti Beyond Bronze » au Kunsthaus de Zurich. Deux ans plus tard, les expositions « Shadow And Substance » à la Gagosian Gallery à Londres puis « Saisir l’invisible » à l’Institut Giacometti à Paris, ont montré ses photographies en parallèle avec les œuvres du sculpteur suisse. Peu avant sa disparition, il a participé au numéro britannique de « Vogue » du mois de septembre avec Meghan Markle, la duchesse de Sussex, comme rédactrice en chef.

19 février 2019

Peter Lindbergh sur Grand Écran

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C’est à Berlin que Peter Lindbergh a vu pour la première fois sur grand écran un film de cinéma dédié à son œuvre. Le 15 février en avant-première mondiale dans la programmation de la 69eBerlinale, le festival du film international de Berlin.

Les spectateurs berlinois ayant pu réserver leur place à la Haus der Berliner Festspiele et au Cubix 8 de Berlin pour deux projections à guichets fermés du 15 et du 16 février, ont découvert que le dernier des seigneurs de la photographie de mode n’est pas seulement celui que l’on croie. Jean-Michel Vecchiet, le réalisateur français de documentaires signe « Peter Lindbergh- Women’s Stories ». Il a voulu ce film biographique comme un film psychanalytique dont la question fondamentale serait : comment Peter Brodbeck, l’enfant né pendant la deuxième guerre mondiale, fils d’allemands dans une Pologne assujettie est devenu Peter Lindbergh, le photographe reconnu, portraitiste des plus belles femmes du monde. Et l’on découvre au visionnage du film que ce chemin vers la beauté démarre dans les ruines d’une Allemagne détruite.

Un documentaire rare sur la vie d’un artiste par un artiste où le bruit des bottes nazies, le vrombissement des bombardiers, le vacarme assourdissant des usines côtoient celui des cliquetis secs des moteurs d’appareil photos, ponctués par les encouragements du photographe au modèle dans ces ballets mystérieux d’où ont émergées les images iconiques des trente dernières années quand le papier glacé était roi. Devant l’œuvre, on se pose toujours la question des coulisses. Le mystère de la création. Jean-Michel Vecchiet convoque des voix de femmes pour comprendre: vieilles femmes polonaises de Leszno, la ville natale, sœur, épouses, éditrices, muses. Mais aussi Van Gogh et ses écrits poétiques.

Le film pose sa singularité dès les premières images et surprend par une mise en abime sur l’acte de création. L’auteur nous embarque avec lui et remonte le fil énigmatique de l’étoffe héroïque de son monstre sacré. Jean-Michel Vecchiet et Peter Lindbergh. Un duo d’artistes, le premier filmant le deuxième photographiant les plus belles femmes du monde pour les magazines en vogue à quelques dizaines de centimètres l’un de l autre, sur plus de vingt années.

Cette intimité donne un film poétique et un document exceptionnel sur les coulisses d’une œuvre, sur l’énergie hors norme d’un jeune artiste de l’Allemagne des années 60 cherchant sa voix poétique, happé par les promesses, tenues, du monde de la mode. Voilà comment Peter Brodbeck est devenu Peter Lindbergh un immense photographe de son temps au-delà des images de mode et des portraits de célébrités.

Nathalie Cattaruzza

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6 septembre 2017

Peter Lindbergh

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Le festival de St. Moritz Art Masters, qui se tient en Suisse du 26 août au 3 septembre, a lancé cette année sa dixième édition. Une fois de plus, ce festival d’art annuel a été le point culminant du programme d'été à St. Moritz: il offre non seulement un vaste programme artistique, mais aussi un lieu qui permet toutes sortes de rencontres créatives et professionnelles. Le célèbre photographe allemand Peter Lindbergh a exposé à l'hôtel Kempinski à Saint Moritz.

L'identité de la marque Pirelli est faite de passions: des pneus aux courses, de l'art au sport, du Design Pirelli au célèbre Calendrier. Formant un parcours bref mais évocateur dans l’univers de Pirelli, l'exposition se tenait dans le «salon Pirelli» de l'hôtel Kempinski à Saint Moritz du 25 août au 3 septembre.

L'exposition était en deux parties: la première comprenait soixante-dix images des trois Calendriers Pirelli photographiés par Peter Lindbergh dans une section spéciale consacrée à la collaboration du photographe avec The Cal ™, célébrant sa troisième contribution au célèbre calendrier: 1996, 2002, 2017. La seconde, "Pirelli Design", décrit l'évolution du projet Pirelli PZero, lancé par Pirelli au début des années 2000. Conformément à l'orientation stratégique de Pirelli sur la production de voitures haut de gamme, son objectif consiste à augmenter les capitaux de la marque Pirelli en s'appuyant sur son savoir-faire technologique pour développer des projets de conception ciblés, en collaboration avec un certain nombre de partenaires qui représentent l'excellence dans Leurs domaines d'activité respectifs. Au final, le but de cette opération est d'offrir des produits uniques et iconiques.

Peter Lindbergh

Du 25 août au 3 septembre 2017

Kempinski Hotel

Via Mezdi 27

7500 St. Moritz

Suisse

www.stmoritzartmasters.com

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17 juillet 2017

Béatrice Dalle photographiée par Peter Lindbergh

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13 janvier 2017

Peter Lindbergh

9 janvier 2017

Calendrier Pirelli 2017 - Peter Lindbergh

pirelli

8 janvier 2017

Calendrier Pirelli 2017 - Peter Lindbergh (photographe) - Charlotte Rampling

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