Canalblog Tous les blogs
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
Jours tranquilles à Paris
Publicité
rennes
9 septembre 2020

Circulation du coronavirus à Rennes : le port du masque désormais obligatoire partout

La circulation de la Covid-19 s’intensifie dans la métropole rennaise, où la densité et le brassage de populations sont propices à une diffusion rapide du virus. Ce 9 septembre, la maire, la préfète accompagnées par l'Agence régionale de santé ont annoncé la mise en place du niveau 2.

Nathalie Appéré, maire de Rennes, Michèle Kirry, préfète d'Ille-et-Vilaine, Anne-Brice Billi, directrice de cabinet à l'ARS (Agence régionale de santé) Bretagne et Christian Willhelm, directeur de l'académie d'Ille-et-Vilaine, font le point sur la situation de l'épidémie

Ille-et-Vilaine Rennes

Un plan métropolitain, de prévention et de protection a été prévu par Rennes Métropole, en lien avec la préfecture, l'Agence régionale de santé et l'académie de Rennes. Ce 9 septembre et lors d'une conférence de presse, Nathalie Appéré et Michèle Kirry ont annoncé la mise en place de son niveau 2. En cause ? "Nous faisons un constat préoccupant, la circulation active du virus ne fait que croître ce qui justifie ce passage au niveau 2" a déclaré la préfète.

Le département d'Ille-et-Vilaine est le plus touché par l'épidémie dans la région. Pour Rennes Métropole, le taux d'incidence est de 93 cas pour 100 000 habitants. Pour le département en intégralité, on recense 68 cas pour 100 000 habitants à ce jour.

Port du masque obligatoire dans toute la ville de Rennes

Le port du masque est désormais étendu partout dans Rennes, à l'exception de trois zones identifiées : la Prévalaye, les Gayeulles et les Landes du Breuil a expliqué Nathalie Appéré. Cette mesure s'applique dans les communes intra-rocades (les plus proches de Rennes) comme Cesson-Sévigné, Chantepie et Vezin-le-Coquet.

Dans les prochains jours, les 43 communes de Rennes Métropole devront aussi appliquer cette règle, dans des zones denses identifiées et délimitées. Un arrêté détaillera ces périmètres, pour chacune d'entre elles.

Notre philosophie c'est mettre en place, au bon moment, un certain nombre de mesures coordonnées, pour éviter des mesures plus contraignantes. Nous devons doser nos actions pour ne pas attenter aux libertés individuelles

Michèle Kirry, préfète d'Ille-et-Vilaine

=======================

Les bars fermeront plus tôt

Les bars de nuit ayant habituellement l'autorisation de fermer à 3 h du matin devront, dans les prochains jours fermer à 1 h. Des discussions sont en cours avec les professionnels du secteur. Nathalie Appéré a précisé qu'il y avait une "forte incitation auprès des bars et restaurants à ouvrir des registres papiers, pour repérer les cas contacts et faciliter le traçage."

La situation dans les établissements scolaires

"Il y a des cas positifs un peu partout" a souligné Christian Willhelm, directeur académique des services de l'éducation nationale d'Ille-et-Vilaine. Il a rappelé que les contaminations se font hors du milieu scolaire, dans le cercle amical et familial, parfois lors des rassemblements à la cantine où le masque s'enlève.

33 établissements scolaires ont été touchés à ce jour, avec 18 lycées concernés. "Une classe entière peut être isolée". La situation du lycée Saint-Sauveur de Redon fermé totalement, a été évoquée. "Les malades vont bien". "D'un point de vue sanitaire il n'y avait pas d'obligation de fermer mais l'administration et le fonctionnement de l'établissement étaient fortement impactés" Saint-Sauveur comprend notamment un internat.

Les autorités n'ont pas caché que le département pourrait être placé rouge dans les prochains jours, c'est-à-dire en situation de vulnérabilité.

Publicité
19 août 2020

Photo : de Parr en part

parr45

Par Clémentine Mercier 

Le photographe britannique Martin Parr, célèbre pour son regard drôle et caustique sur les dérives de la société de consommation, fait l’objet d’une retrospective au Frac Bretagne, à Rennes, jusqu’en janvier.

Ce ne sont pas ses lauriers après quarante ans de carrière qui vont stopper Martin Parr, 68 ans, dans sa course de fond photographique. «Parrathon», la fanfaronne rétrospective du plus célèbre photographe britannique à Rennes, n’est qu’un point d’étape de plus dans un parcours prolifique. L’exposition du Frac Bretagne, produite par l’agence Magnum Photos (et conçue pour tourner dans le monde telle une rock star) montre une sélection resserrée de l’œuvre, depuis les premières photos noir et blanc des années 70, devenues des classiques, jusqu’à des séries récentes, moins connues. Si «Parrathon» fait l’impasse sur la collection d’objets hétéroclites et de livres du photographe, le parcours compte tout de même quatorze séries (près de 500 photos, dont de grands tirages et des photocopies couleur A3 sur machine Xerox pour les gros plans de Common Sense).

Détails qui tuent

En concentré, l’essentiel de l’œil de Bristol est là, sa vision satirique des étranges mœurs contemporaines aussi… Car tout le monde en prend pour son grade dans ce grand album aux allures de carnaval des fous. Parr n’épargne rien ni personne avec ses coups de flashs incisifs : riches, pauvres, classe moyenne, touristes, enfants, vieux et couples frisent la caricature avec forces mimiques et tenues ridicules. Même la reine d’Angleterre, tassée et immortalisée de dos, est réduite à un chapeau bleu pâle. Le modus operandi du photographe est né dans les années 70 à Hebden Bridge (Yorkshire). Immergé avec sa femme Susie dans la vie quotidienne de croyants méthodistes et baptistes, il apprend, en noir et blanc, à repérer les détails qui tuent : pasteur aux lunettes noires de mafieux ou gloutons s’empiffrant tous dans la même position derrière un buffet. Puis, peu à peu, viennent la couleur et les thèmes de prédilection de son approche documentaire critique : surconsommation, tourisme de masse, société des loisirs…

Palette pétante

L’objectif de Martin Parr atteste de la disparition du monde ouvrier dans les années 80, de la prise de pouvoir des classes moyennes avec le thatchérisme et du règne d’une jet-set internationale totalement écervelée qui brandit le luxe comme seule valeur. La dérive vulgaire du monde est saisie avec humour, une palette pétante et un systématisme qui s’est depuis décliné à merveille sur des magnets, cartes postales et autocollants. Rangés par séries thématiques, les clichés épinglent aussi bien les touristes au Machu Picchu, les couples qui se morfondent en se regardant dans le blanc des yeux que les adeptes du selfie qui brandissent leurs dangereuses cannes telles des épées narcissiques. Avec Establishment, une série récente réalisée avant le Brexit, Parr continue d’ausculter la société britannique en pointant son regard sur les élites aux coutumes ronflantes et désuètes : juges costumés, étudiants qui se mettent une mine ou footballeurs couverts de boue.

Sensible à l’histoire de la photo, Etienne Bernard, nouveau directeur du Frac Bretagne, a misé sur la notoriété de Parr. Ravis du miroir torve tendu, les visiteurs s’y sont donc pressés à la réouverture, après le confinement. Il faut dire que toutes les photos prêtent à rire (ou à pleurer parfois) sur l’espèce humaine. Grand maître du tape-à-l’œil, Martin Parr réussit, comme toujours, le tour de force de rendre l’humanité appétissante et écœurante à la fois. Source : Libération

Parrathon une rétrospective de Martin Parr jusqu’au 24 janvier 2021, Frac Bretagne 35011 Rennes.

parr46

Martin Parr : «Je n’ai pas l’impression d’être particulièrement méchant»

Par Clémentine Mercier

Coronavirus, Brexit… Le photographe britannique Martin Parr explique à «Libération» sa vision de cette époque troublée et répond aux critiques souvent formulées contre lui.

En raison des mesures sanitaires, Martin Parr n’a pu venir en France où se tient son exposition «Parrathon». Occupé par sa toute nouvelle fondation ouverte à Bristol en 2017, il nous donne des nouvelles par téléphone.

Comment avez-vous vécu le confinement ?

C’était très frustrant car tout a été annulé, et puis, ce fut une période impossible : je n’ai fait que faire des images des files d’attente à Bristol. J’ai donc photographié cette nouvelle façon de faire la queue apparue avec la pandémie. Il a fallu qu’on s’habitue à l’idée d’attente tout le temps, partout et pour n’importe quoi. Après le confinement, j’ai aussi photographié les manifs Black Lives Matter. Je devais aussi faire des photos du festival de Glastonbury, cet immense festival de musique et de spectacle vivant, mais je me suis rendu sur place pour immortaliser des lieux vides…

Récemment, vous avez milité contre le Brexit…

Oui, c’est vrai que je suis très pro-européen. Je combats mes compatriotes dans leur rejet de l’UE, et le gouvernement actuel aussi d’ailleurs. Je suis très malheureux de tout cela. Toutes mes dernières séries, notamment celles que j’ai montrées l’année dernière à la National Portrait Gallery, ont ce sujet en toile de fond. Alors que les images de l’actualité du Brexit se périment très vite, il entre dans l’histoire. Malheureusement.

Comment définir la britishness aujourd’hui ?

La Grande-Bretagne est mon sujet, c’est mon pays, je l’aime et je le déteste à la fois. La photo est un moyen pour moi d’articuler ces sentiments contradictoires. Tout change en ce moment. Toutes les règles vont être modifiées avec la pandémie. Nous sommes très traditionalistes, très ordonnés. Vous, en France, vous avez les gilets jaunes… Nous, on n’est pas très bons pour faire entendre nos droits, on ne le fait pas vraiment, contrairement à vous.

Vous avez grandi dans une famille d’ornithologistes…

Mon père adorait regarder les oiseaux, ils l’obsédaient et moi, à ma façon, je suis obsédé par la photographie. Nous avons les mêmes gènes ! Je suis fasciné par les gens, cela m’amuse beaucoup de les regarder. C’est pourquoi, j’ai souffert récemment à cause du confinement, car je n’avais plus mon poste d’observation. Heureusement, les gens se remettent à sortir et un semblant de normalité commence à réapparaître.

Vous vous définissez comme artiste ou comme photographe ?

Juste photographe. Cela me suffit. C’est vrai que je montre mes images dans des musées d’art mais la plupart du temps, mes images sont publiées dans des journaux, les magazines. La nature même de la photographie est libertine, donc je pratique pleinement ce libertinage entre l’art et la photographie.

Vous rencontrez un énorme succès, quel est votre secret ?

Je n’ai pas de secret, et le succès n’est pas un sujet qui m’intéresse tant que ça. Je ne m’arrête jamais. Ce sont les autres qui donnent de l’importance à ces icônes, pas moi, il faut du répondant dans le public pour qu’une image devienne une icône. Je souhaite surtout que mes images soient accessibles, pleines de couleurs et éclatantes. Mais, sous des dehors séduisants et accessibles, il y a un côté très sérieux, une dimension critique…

Vous avez photographié la reine d’Angleterre, le Machu Picchu, les défilés de mode, Versailles… Que vous reste-t-il à photographier ?

Je n’ai malheureusement jamais été invité à la garden party de la reine, c’est un regret, ça serait formidable. Ils n’autorisent pas les photographes à rentrer, ils tiennent absolument à ce qu’on reste à l’extérieur. Il y a encore plein de «sociétés secrètes» en Grande-Bretagne, qui ne sont pas accessibles aux photographes. Je suis sûr que c’est pareil en France. Est-ce que Macron m’inviterait à sa garden party ? Je ne suis pas sûr… Sauf si Libération me fait entrer…

Pour réussir comme photographe faut-il avoir un esprit de contrariété ?

Pour faire de bons clichés, il faut qu’il y ait une sorte de tranchant. La tension aide à ce qu’une image fonctionne. Ceci est vrai pour mes photos mais je ne peux parler pour les autres photographes…

Votre regard est parfois qualifié de méchant, condescendant… Comprenez-vous ces critiques ?

Non, pas vraiment, je n’ai pas l’impression d’être particulièrement méchant, ni condescendant, je montre les choses telles que je les vois, telles qu’elles se présentent à mes yeux. Mais si les gens ne sont pas d’accord avec mon approche, cela me va aussi, je n’y pense pas trop. J’ai pris l’habitude d’être critiqué depuis le début de ma carrière, dès que je me suis mis à la couleur dans les années 80, on m’a beaucoup critiqué.

Comment imaginez-vous le futur de la photographie ?

Le monde de l’art va avoir beaucoup de problèmes et du mal à se remettre de la pandémie. Bien sûr, c’est encore plus difficile pour les théâtres et les cinémas. J’ai vraiment de la peine pour les théâtres. En revanche, les réseaux sociaux, comme Instagram, vont continuer… Cela a tellement bien marché pendant le confinement, on y a accès de partout et les gens ont du temps à tuer. A la fondation Martin-Parr, on a lancé une dizaine de défis pendant le confinement et on a reçu d’excellentes propositions. Dans le futur, j’imagine qu’il y aura de moins en moins de photographes. Nous sommes devenus un accessoire de luxe, j’ai l’impression. Source : Libération

parr47

10 août 2020

À Rennes, le parlement de Bretagne s’illumine mais reste muet

Comme chaque été, le parlement de Bretagne à Rennes s’illumine tous les soirs avec des projections qui viennent animer la façade de l’édifice. Crise sanitaire oblige, l’événement qui attire régulièrement la foule, a été écourté cette année. Le traditionnel spectacle son et lumière, d’une vingtaine de minutes, a été remplacé par une simple projection lumineuse, d’environ cinq minutes, qui garde malgré tout sa magie. « Lumières sur le parlement », une mise en lumière sans son, ne raconte pas à proprement parler une histoire, comme d’habitude, mais dessine une évocation de la ville à travers plusieurs scènes de spectacles passés toujours aussi poétiques. « Lumières sur le parlement », spectacle gratuit de 5 minutes diffusé en boucle pendant une heure de 23 h à minuit, jusqu’au 30 août 2020.

4 août 2020

À Rennes, le parlement de Bretagne s’illumine mais reste muet

Comme chaque été, le parlement de Bretagne à Rennes s’illumine tous les soirs avec des projections qui viennent animer la façade de l’édifice. Crise sanitaire oblige, l’événement qui attire régulièrement la foule, a été écourté cette année. Le traditionnel spectacle son et lumière, d’une vingtaine de minutes, a été remplacé par une simple projection lumineuse, d’environ cinq minutes, qui garde malgré tout sa magie. « Lumières sur le parlement », une mise en lumière sans son, ne raconte pas à proprement parler une histoire, comme d’habitude, mais dessine une évocation de la ville à travers plusieurs scènes de spectacles passés toujours aussi poétiques. « Lumières sur le parlement », spectacle gratuit de 5 minutes diffusé en boucle pendant une heure de 23 h à minuit, jusqu’au 30 août 2020.

19 juillet 2020

Martin Parr expose ses 40 années de carrière au Frac Bretagne

Jusqu’au 24 janvier 2021, le Frac Bretagne basé à Rennes dédie une rétrospective au photographe britannique Martin Parr. Intitulée “Parrathon : une rétrospective de Martin Parr”, l’exposition revient sur les quarante années de carrière du photographe à travers près de 500 clichés et des séries emblématiques de son travail entre dérision, ironie et fresque sociale.

Par Emma Naroumbo Armaing

Paysages anglais, situations grotesques et personnages ordinaires, humour et dérision… la touche de Martin Parr est reconnaissable entre mille. Le Fond régional pour l’art contemporain Bretagne à Rennes retrace les quarante années de travail du photographe britannique à travers l’exposition Parrathon : une rétrospective de Martin Parr. Organisée en partenariat avec Magnum Photos, dont Martin Parr est membre depuis 1994, la Fondation Martin Parr – qui promeut des photographes ayant travaillé sur l’archipel britannique – et l’agence de production Fovearts, l'exposition présente près de 500 images à travers 14 séries emblématiques, dont la très kitsch Self-Portraits (1991-2016) ou l’identitaire Think of England (1995-2003), faisant d'elle une rétrospective française considérable étendue sur plus de sept mois.

En bon narrateur omniscient, Martin Parr fait de ses photographies une fresque sociale. Tantôt bienveillant, tantôt acerbe, le photographe de 68 ans originaire de la banlieue sud de Londres fait de son objectif un miroir de la société et capture l’évolution des modes de consommation, des classes sociales et des aléas politiques, du milieu des années 1970 à aujourd’hui. Alors que les classes moyennes aisées servies par les années Thatcher sont mises à l’honneur dans la série The Cost of Living (1986-1989), le laborieux quotidien des classes ouvrières du Yorkshire est dépeint dans The Non-Conformists (1975), à la manière d’un documentaire. Avec la série The Last Resort, réalisée entre 1983 et 1985, le photographe évoque cette fois-ci davantage sa nostalgie des années 1960 et de ce qu’elles représentent pour la classe ouvrière : la fin du monde ouvrier et de ses valeurs ainsi que l’avènement d’une conception consumériste de la vie. À cet effet, ses clichés dressent le portrait de familles modestes en vacances à New Brighton, près de Liverpool, et montrent l’envers du décor de cette station balnéaire en déclin prenant des airs de zone industrielle.

Point d'ancrage du travail de Martin Parr, l’identité britannique est régulièrement dans ses prises de vue passée au crible. Nombre de ses séries, dont Think of England réalisée entre 1995 et 2003, témoignent de cette approche presque anthropologique à travers des clichés aussi bien cocasses que satiriques où, derrière les stéréotypes, pourrait bien parfois se cacher un regard moralisateur. Des stations balnéaires, aux ventes de charités en passant par les sandwiches au concombre, les fish’n’chips et les tasses de thé, tous les clichés sont au rendez-vous et relancent le débat sur ce que signifie “être anglais”. Spécifiquement pour cette série, Martin Parr se saisit d’un flash annulaire – originellement utilisé pour la photographie médicale – et réalise des clichés lumineux, colorés, d’une précision chirurgicale. Une esthétique contemporaine qui s’applique aussi bien à son travail documentaire et artistique, que dans ses collaborations avec le milieu de la mode. Martin Parr a en effet notamment immortalisé des séries mode pour Gucci et pour Numéro Homme.

Parrathon : une rétrospective de Martin Parr, jusqu’au 24 janvier 2021 au Frac Bretagne, Rennes.

Publicité
6 juillet 2020

A Rennes, le photographe Martin Parr fait rire jaune

parr15

parr19

Par Claire Guillot, Rennes, envoyée spéciale

Une rétrospective de l’œuvre du Britannique présentée au Fonds régional d’art contemporain de Rennes donne un aperçu sombre de la marche du monde.

On ne s’attendait pas à voir au Fonds régional d’art contemporain (FRAC) Bretagne, à Rennes, une exposition du photographe Martin Parr. Le bâtiment récent à la façade austère, signé par l’architecte Odile Decq, se veut dévolu à la diffusion d’un art contemporain plutôt pointu, or le photographe est célèbre dans le monde entier pour le regard acide qu’il porte sur ses contemporains. Mais le dynamique directeur, Etienne Bernard, dont c’est la deuxième exposition sur place, a voulu miser sur un artiste populaire pour remettre sur la carte son FRAC un peu excentré.

Le thème du Brexit, qui traverse l’œuvre, a convaincu ce directeur pour qui « tout art est politique ». Et puis, en ces temps de crise sanitaire et de marasme économique, et même si l’exposition a été programmée avant le Covid-19, il veut croire en l’aspect thérapeutique d’une « expo fun ».

Les amateurs de fantaisie et de légèreté, pourtant, risquent d’en être pour leurs frais. La rétrospective, version remise à jour d’une exposition concoctée par le photographe lui-même et par l’agence Magnum, qui tournera ensuite dans le monde entier, a misé sur la sobriété. A part quelques murs pastel, on évite les clins d’œil amusés qui renforcent souvent le propos de Martin Parr, plein d’humour vache. Pas de mugs ornés de têtes de dictateurs qu’il aime collectionner, pas de faux gazon, de drapeaux ou de déco à l’anglaise comme on a pu en croiser lors de la grande exposition « Only Human » consacrée au photographe par le Victoria and Albert Museum de Londres, en 2019. La rétrospective, intitulée « Parrathon », revisite de façon plutôt sage et sans grande nouveauté toute la carrière du photographe depuis les années 1970, à travers 14 séries organisées de façon thématique.

Les deux premières salles sont les plus intéressantes, qui résument l’évolution vertigineuse du photographe : on passe sans transition du noir et blanc classique à de grands formats couleur, de la photo documentaire plutôt distancée aux gros plans sur les détails crus et stridents du consumérisme triomphant. Dommage que l’exposition n’appuie pas sa démonstration à l’aide de tirages d’époque.

Immense kaléidoscope

Les débuts de Martin Parr sont encore marqués par l’influence de l’école documentaire anglaise, dont il restera l’ardent défenseur et le collectionneur (Tom Wood, Chris Killip, Tony Ray-Jones…). Comme dans sa série « Bad Weather » (1982), qui moque les rapports compliqués des Britanniques avec la météo : ses paysages anglais, saisis entre les gouttes, laissent voir les vestiges du passé industriel britannique et du monde ouvrier. Mais déjà, les coups de flash sur les trombes d’eau et les détails cocasses témoignent du coup d’œil moqueur qui va devenir sa marque de fabrique.

Dans la salle suivante, avec « Common Sense », le style Parr outré, strident, s’affiche pleinement : le photographe a aligné sur le mur, dans de simples photocopies couleur, un immense kaléidoscope de détails aux teintes criardes, soulignées par le flash : glace qui coule, peau brûlée par les coups de soleil, promotions dans les magasins, jouets en plastique fluo… Cette série toujours en cours brocarde les habitudes de la classe moyenne occidentale mondialisée, et la société de consommation dans toutes ses outrances et sa superficialité : touristes, clients dans les supermarchés, adeptes de la fast fashion…

Martin Parr dit avoir toujours voulu se focaliser sur l’ordinaire et sur le sort des gens proches de lui. Il a photographié, avant les autres et mieux que personne, ce que notre monde a de plus trivial et de plus éphémère. Dans « Small World », il égratigne les touristes qui vont en vacances en avion dans des pays du Sud, se photographient en groupe devant les pyramides après avoir semé leurs papiers gras. Plus récemment, il a consacré une série aux adorateurs de selfies – motif attendu mais pas le plus réussi.

Dans le monde entier, et jusqu’au Mexique où la Vierge vend du coca-cola, Martin Parr montre combien une sorte de pop culture basée sur la consommation détruit la planète, clone les mêmes boutiques dans les villes et les stations balnéaires, et réduit l’histoire et les traditions locales à des stands interchangeables d’un vaste parc d’attractions. Mais il a aussi épinglé la vulgarité des plus riches, passant à la moulinette les jet-setteurs de l’art, qui vont d’une foire internationale à l’autre, coupe de champagne à la main.

Peinture grinçante des temps actuels

En parallèle à son étude sur l’universalisation du mauvais goût, Martin Parr est souvent revenu, avec justesse et sévérité, sur ses racines et sur les spécificités de son pays d’origine, pour lequel il dit souvent avoir « un sentiment d’amour et de haine ». « The Last Resort », sa série mythique des années 1980 (ici en grand format), peignait avec un mélange de sourire et de mélancolie les classes populaires faisant la fête dans une station balnéaire en perte de vitesse.

Ses photos les plus récentes consacrées aux Britanniques se concentrent plutôt sur les partisans du Brexit et sur les bastions du pouvoir traditionnel (The Establishment). D’une certaine façon, elles sont comme une réponse à ses images sur la mondialisation : alors que les cultures lointaines deviennent accessibles, en un coup d’avion ou à portée de clic, parallèlement se renforcent la peur de l’autre, le repli sur soi, le conservatisme, le culte d’une identité fantasmée.

Malgré les changements, les vieilles universités qui forment l’élite anglaise sont toujours dominées par de vieux hommes blancs qui perpétuent, canne et haut-de-forme à la main, des traditions d’un autre siècle. Et l’île britannique, avec le Brexit, se coupe encore davantage du monde.

Devant cette peinture grinçante des temps actuels, il faudrait plus que les autoportraits malicieux de Martin Parr, qui aime à se faire photographier en astronaute ou poser à côté d’un faux Vladimir Poutine, pour alléger l’atmosphère. La dernière salle se veut pourtant joyeuse avec la série « Everybody Dance Now », qui montre différentes cultures et communautés à travers le monde, immergées sans peur du ridicule dans un plaisir universel : la danse. On y voit, dans des boîtes de nuit, des salles de bal, une parade de la Gay Pride, une classe de ballet, des individus heureux réunis par une activité commune.

Mais à l’heure du Covid-19, des masques et de la distanciation physique, ces manifestations d’unité collective semblent désormais appartenir à un passé révolu. Et la boule à facettes, accrochée au plafond, jette une lumière crue sur un plaisir désormais défendu.

« Parrathon », une rétrospective de Martin Parr. FRAC Bretagne, 19, avenue André-Mussat, Rennes. Jusqu’au 24 janvier 2021. Du mardi au dimanche, de 12 heures à 19 heures. Entrée : 2 et 3 euros. fracbretagne.fr

parr20

parr21

parr22

parr26

22 avril 2020

Rennes : l’expo Pinault reportée

En raison du prolongement du confinement et des consignes relatives aux événements culturels, la Ville de Rennes a décidé de reporter l’exposition de la collection Pinault. Elle pourrait avoir lieu en 2021. Ce report concerne à la fois l’exposition « Au-delà de la couleur : le noir et le blanc dans la collection Pinault », qui devait être hébergée au Couvent des Jacobins, du 25 juin au 13 septembre, mais aussi « La couleur crue », exposition organisée par le Musée des Beaux-Arts de Rennes et les centres d’art contemporain La Criée et 40mcube.

17 novembre 2019

Exposition à RENNES : Charles et Paul Géniaux – La photographie, un destin

Natifs de Rennes, Charles et Paul Géniaux ont exercé les métiers d’éditeur, de photographe, de journaliste, d’écrivain. Pourtant, hormis pour certains Rennais à qui ce nom de famille évoque peut- être une rue ou un complexe sportif, ils sont aujourd’hui largement méconnus.

Précurseurs dans le domaine de la photographie de reportage, les deux frères ont ainsi laissé un important fonds photographique. Leur production, conservée au musée de Bretagne, dans la famille et dans différents musées nationaux (Musée d’Orsay, MuCEM, Musée Carnavalet, Musée des Arts Décoratifs) est rassemblée ici pour la première fois. L’exposition intègre des images inédites et une diversité de supports:

– des négatifs sur verre ou sur film,

– des tirages originaux réalisés de leur vivant,

– des tirages contemporains,

– un film documentaire du réalisateur Hubert Budor créé à partir des archives familiales.

Grands voyageurs, les frères nous emmènent, par l’image, de la Bretagne à la Provence en passant par Paris, jusqu’en Tunisie et au Maroc, entre les années 1890 et 1920. La scénographie est réalisée par Raphaël Aubrun et le graphisme par Les Designers graphiques.

Charles et Paul Géniaux – La photographie, un destin

Jusqu’au 26 avril

Musée de Bretagne

Les Champs Libres

10, cours des Alliés

35000 Rennes

gen22

gen23

gen24

gen25

gen26

gen27

gen28

gen29

gen30

gen31

gen32

gen33

gen34

gen35

gen36

gen37

gen38

gen39

30 janvier 2019

Maisons à Rennes

rennes

6 septembre 2018

Musée des Beaux Arts de Rennes

DSCN7966

Publicité
<< < 1 2 3 4 > >>