Raymond Depardon
Réalisateur, Acteur, Directeur de la photographie, Ingénieur du son, Scénariste, Script français. Né le 6 Juillet 1942.
Raymond Depardon s'oriente tôt vers la photographie et en vit dès l'âge de 16 ans. Devenu reporter, il travaille pour l'agence Dalmas puis créée Gamma avec Gilles Caron. Après quelques reportages filmés au Vénézuela, au Biafra et au Tchad, il réalise son premier court métrage en 1969 lors des funérailles de Jan Pallach à Prague.
Raymond Depardon prolonge son métier de photographe avec le documentaire, se faisant le spécialiste d'un cinéma direct inspiré des Etats-Unis, brut et sans commentaire. Il filme ainsi Valéry Giscard d'Estaing lors de sa campagne présidentielle en 1974 (1974, une partie de campagne avec Valéry Giscard d'Estaing) mais le documentaire ne sort qu'en 2002. A partir des années 70, il s'attelle à la réalisation de Tchad 1 : L'embuscade puis Tibesti Too en 1976 sur l'affaire Françoise Claustre.
S'intéressant aussi bien aux médias (Numeros zero, 1977 ; Reporters, 1981) qu'à l'univers psychiatrique et hospitalier (San Clemente, 1982 ; Urgences, 1988) ou encore au monde paysan (Profils paysans : l'approche, 2000). Humaniste, Raymond Depardon dénonce les injustices et la souffrance (Afriques : comment ca va avec la douleur ?, 1996).
Il se lance tardivement dans la fiction en 1985 avec Empty Quarter, une femme en Afrique puis La Captive du desert en 1990. Douze ans plus tard, il signe une oeuvre mêlant fiction et documentaire : Un homme sans l'Occident, adapté du roman homonyme de Diego Brosset sur un guide qui refuse la colonisation dans le Sahara du début du 20e siècle.
En 2004, dix ans après Délits flagrants, le cinéaste se penche à nouveau sur le système judiciaire français avec 10e chambre, instants d'audience qui retrace le quotidien de la 10e Chambre Correctionnelle de Paris à travers douze affaires survenues entre mai et juillet 2003. Le film est présenté au Festival de Cannes 2004 en sélection officielle hors-compétition
Images Politiques
" La photographie donne à voir des choses dures, des choses belles, une réalité adoucie ou plus violente. Son "instant décisif" est trompeur, il n'est qu'un moment. On s'apercevra tout de suite qu'aucune photo n'est politiquement neutre. "
Des chapitres, des tranches chronologiques, des noms (Wallonie 1960, Deleuze 1970, Politique française, La guerre d'Algérie…), des photos et des mots recueillis sur chacune : une sélection - difficile- d'une soixantaine de clichés, de ces " images politiques " amassées au fil des ans et des reportages, commandes ou libres déambulations. Des ouvriers du Nord aux combattants afghans, des orphelinats roumains aux asiles psychiatriques italiens, de Berlin à New York, de Genet à Mitterrand… Toutes les facettes du politique avec, pour lien ténu entre elles, le regard de l'artiste.
Derniers ouvrages de Raymond Depardon : Errance (2000), Détours (2000), Désert (2002) ; dernier long métrage : 10e chambre, instants
Quelques propos de Raymond Depardon cités dans Libération -
" Ma curiosité m'amène à vivre la marche du monde, les problèmes en Afrique. Il n'empêche que je connais mes origines et j'ai aussi le souci de dire qui je suis, d'où je viens. Ça m'oblige à revenir sur mon enfance, mon pays et ma famille et j'espère être aussi curieux et moderne que si j'allais à New York.Je crois qu'au départ je voulais être cinéaste. Mes parents étaient des agriculteurs de la vallée de la Saône, je n'avais pas fait d'études. La photo a été mon apprentissage. Sans doute l'expérience du photographe, m'a-t-elle nourri de choses à filmer et surtout à écouter. Mais je reste photographe et le désir de faire des films est toujours ponctuel, plutôt comme amateur, ça me permet de ne pas être un professionnel et de ne pas faire des films de commande. Il y a toujours du désir dans mes films"
Voir mes précédents billets sur Raymon Depardon.
Photo : Raymond Depardon photographiant François Hollande, Président de la République, pour la photo officielle.
Actuellement à la MEP : Alice Springs (ou Mme Helmut Newton)
Alice Springs : "Rétrospective"
jusqu'au 4 novembre 2012 à la MEP
En 1970, June Newton commence une carrière de photographe sous le pseudonyme d’Alice Springs. Depuis 2005, ses travaux sont régulièrement exposés à la Fondation Helmut Newton à Berlin dans la salle baptisée « June’s Room ». Cette rétrospective, exposée auparavant à Berlin et Milan, rend compte de 40 ans de travail, présentant à la fois ses photographies de publicité et de mode ainsi que des nus et des portraits.
L’épouse d’Helmut Newton a entamé sa propre carrière photographique à Paris en 1970. Son mari, alors alité avec la grippe, lui apprend à manier son appareil et son luxmètre, pour qu’elle puisse réaliser à sa place une photo publicitaire pour la marque de cigarettes Gitanes. Le célèbre portrait qui en résulte sera le point de départ de sa nouvelle carrière.
Installée à Paris, cette actrice de théâtre d’origine australienne, ayant dû renoncer à sa carrière, s’est investie dans la peinture, avec les pinceaux et les couleurs que son mari lui avait donnés. Mais après cette fameuse photo publicitaire, José Alvarez, alors directeur d’une agence publicitaire, lui passe une commande pour des campagnes pharmaceutiques.
Dès le milieu des années 70, Alice Springs reçoit de nombreuses commandes de portraits, dont certains deviennent légendaires.
La multitude d’artistes, d’acteurs et de musiciens qu’elle photographie au cours de ces 40 dernières années est à un véritable « who’who » de la scène culturelle internationale des deux côtés de l’Atlantique — d’Yves Saint-Laurent à Karl Lagerfeld, de Billy Wilder à Diana Vreeland, en passant par les Hell’s Angels. La plupart de ces portraits sont des commandes pour des magazines publiés à Paris et à Los Angeles, d’autres résultent d’initiatives privées.
La majorité de ses modèles appartiennent à la jet-set internationale, mais Alice Springs porte cependant le même regard empreint d’innocence et de simplicité sur tous ses sujets. Elle révèle leur singularité, mais aussi leur vulnérabilité.
Ses portraits se distinguent par une approche intime et spontanée.
Traduire l’intensité des telles personnalités artistiques ne peut se faire que grâce à son ouverture d’esprit, sa sensibilité et sa psychologie.
On pourrait imaginer que ces célébrités se prêtent aux séances photos dans une incessante quête de notoriété. Mais en fait, une séance photo peut se transformer une sorte de duel entre le modèle et le photographe, dont l’appareil devient arme.
Dans un portrait photographique, la force créatrice vient en second ; le photographe doit dépasser le simple document afin de créer une image nouvelle, imprévue, qui transgresse les stéréotypes. Alice Springs y réussit à maintes reprises dans ses portraits. C’est peut-être sa connaissance du théâtre qui l’amène à voir au-delà de l’être humain, en particulier dans ses doubles portraits qui mettent subtilement en scène l’interaction des protagonistes.
Voir également mon billet du 11 juuillet 2012
L’Art dans les chapelles jusqu'au 16 septembre
Chaque été depuis vingt et un ans, la manifestation invite 20 artistes contemporains à investir des chapelles dans la région de Pontivy. Avec: Eric Baudart, Bertrand Gadenne, Vincent Ganivet, Rémy Hysbergue avec Laurent Le Corre, Jacques Julien…
Feu d'artifice - 14 juillet à Paris - bouquet final
Vidéo prise avec mon téléphone Nokia N8 à partir de l'appartement
Voir ou revoir "Fritz the cat"
Fritz le chat
Fritz le chat et ses copains traînent le dimanche dans Washington Square, à New York. Ils tentent de racoler des demoiselles en détresse. Trois d'entre elles acceptent de les suivre dans un appartement de l'East Village où tout le monde fume du haschisch. Fritz récite de la poésie et joue les philosophes. Puis il déshabille les demoiselles et plonge avec elles dans la baignoire. C'est alors qu'interviennent deux policiers dignes de Laurel et Hardy : Fritz parvient à leur échapper et se réfugie dans une synagogue. (Etats-Unis, 1971, 75mn)
Voir mon billet du 14 avril 2012
Rappel : Robert Crumb jusqu'au 19 août au Musée d'Art Moderne (MAM) de Paris















