TWITTER : dix ans déjà...
Twitter. Dix ans de gazouillis 21 mars 2016/ Benjamin Brehon / Twitter s'est introduit en Bourse le 7 novembre 2013. Mais les temps sont durs pour l'oiseau bleu : l'action a aujourd'hui perdu plus de la moitié de sa valeur. Infos et intox, bons mots et mauvais esprit, vraies célébrités et faux comptes : on trouve de tout sur Twitter, qui fête ses dix ans aujourd'hui et s'est imposé comme un canal de communication majeur. Imaginez que vous ne communiquiez plus que par textos : il vous faudrait raccourcir vos phrases et chercher les formules les plus directes. Et bien, Twitter, c'est ça : la communication à l'ère du texto, enrichi toutefois de photos et de liens internet. Chaque utilisateur du réseau américain envoie des tweets (gazouillis, en bon français) à ses abonnés et reçoit ceux des « twittos » auxquels il est lui-même abonné. Résultat, un véritable fil continu d'informations, de réflexions, de liens... et d'énormément de bêtises, parfois drôles, parfois moins. Ronaldo, Obama et Gad Elmaleh Mais Twitter est aussi, et même avant tout, un réseau social : on y communique avec des abonnés qu'on ne connaît pas, mais aussi avec des amis, des collègues... Chacun fait sa propre sélection. Les plus jeunes (l'âge moyen des 2,3 millions d'utilisateurs inscrits en France en 2015 est de 22 ans ? il y a toutefois une bonne moitié de comptes inactifs) y racontent leur vie, les autres y devisent et s'y renseignent des sujets les plus divers. Parmi les plus discutés ? Le foot, la télé, surtout si elle est « réalité », les nouvelles technologies, la musique... La plupart des acteurs de tous ces secteurs ont leur compte, parfois énorme : 84 millions d'abonnés pour la chanteuse Katy Perry, 41 millions pour le footballeur Cristiano Ronaldo, neuf millions pour le pape François, en France 5,4 millions pour Gad Elmaleh... Mais il est un secteur à part : la politique, pour laquelle Twitter s'est imposé en peu de temps comme un canal essentiel de communication. C'est par Twitter que Barack Obama a annoncé sa réélection, d'un sobre « Four more years » (« Quatre ans de plus ») retweeté... 750.000 fois. Plus proche, on se souvient de la tempête provoquée par l'aimable tweet de Valérie Trierweiler, alors compagne du président de la République, qui d'un « Courage à Olivier Falorni qui n'a pas démérité (...) » réglait ses comptes avec Ségolène Royal. Récemment, c'est aussi sur Twitter que s'est levée la fronde contre la disparition programmée du principe pollueur-payeur, finalement abandonnée par le gouvernement. Dans le coup Rares sont, aujourd'hui, les élus qui n'ont pas leur compte, voire leur « community manager » professionnel chargé de l'animer. Double avantage pour eux : être en lien direct avec « la base » et pouvoir communiquer avec elle sans le filtre des médias. « Mais très peu de politiques dialoguent vraiment », relativise Josiane Jouët, enseignante en communication multimédia à Paris II Panthéon-Assas. « Souvent, l'objectif est avant tout d'être repris par les médias, tout en montrant qu'ils sont dans le coup. » Car l'autre population la plus représentée sur Twitter, ce sont... les journalistes. À la fois outil de veille, d'échange et de promotion, le réseau « est devenu quasi obligatoire pour eux », estime l'universitaire. Sans compter un moyen d'obtenir des retours très rapides (et sans pincettes...) sur leurs choix rédactionnels. Tout cela explique notamment l'impression de microcosme qui peut être parfois fatigante quand on n'en fait pas partie (quand on en fait partie aussi, d'ailleurs...). Les jeunes, les politiques, les médias... Twitter, bientôt un outil de base de la communication, toutes générations et professions confondues ? Josiane Jouët n'y croit pas : « Pour les jeunes, c'est avant tout un outil de loisir, et c'est parce qu'ils en ont le temps. Quand ils auront un travail et des enfants, ce temps disponible baissera... Et Twitter est extrêmement chronophage. » Ce qui n'enlèvera pas son attrait au réseau, ne serait-ce que pour les pépites qu'il recèle et dont on continuera, autant que possible, à se faire l'écho.
