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Jours tranquilles à Paris
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21 août 2019

ROCK EN SEINE

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A Rock en Seine, cinq découvertes pour se déhancher

Par Sylvain Siclier, Stéphanie Binet

Rock en Seine reçoit, du vendredi 23 au dimanche 25 août, une soixantaine de groupes au domaine national de Saint-Cloud (Hauts-de-Seine). Il est entré à la fin des années 2000 dans le club des gros festivals qui reçoivent plus de 100 000 spectateurs (avec un creux à 90  000 en 2018).

En 2017, le trio fondateur passe la main et le festival est racheté par l’homme d’affaires Matthieu Pigasse (actionnaire du Monde à titre personnel) au travers de sa structure Les Nouvelles Editions indépendantes (LNEI), rejoint par l’entreprise américaine de spectacles sportifs et culturels AEG. Pour sa 17e  édition, sont attendus quelques noms connus du rock (The Cure, Eels pour un troisième passage ici, Johnny Marr, Foals), des musiques urbaines et de l’électro (Major Lazer, venu en 2013, Aphex Twin). Et surtout, bon nombre de formations pour spécialistes et révélations de ces derniers temps. Nous en avons sélectionné cinq.

Lee-Ann Curren : pop parée de sonorités électro

Pas tout à fait une nouvelle venue, puisqu’elle a fait partie, comme bassiste, guitariste et chanteuse, du groupe Betty the Shark, formé en 2013 avec des camarades des années collège, la Franco-Américaine Lee-Ann Curren, née à Biarritz en 1989, est surtout connue dans le milieu du surf. Discipline sportive qu’elle pratique dès son plus jeune âge et qui lui vaut deux titres de championne d’Europe, en 2007 et 2009. Musicalement, désormais dans l’envie d’une carrière solo – elle termine un album, enregistré à Londres avec le producteur Alan O’Connell –, ce n’est pas tout à fait vers la surf music popularisée par les Beach Boys qu’elle évolue, mais plutôt vers une forme pop parée de légères sonorités électro, avec ici et là des touches folk, un zeste de rock, un rien de mélancolie, et vocalement beaucoup de charme.

Vendredi 23, scène Firestone, 17 h 05.

Biche : pop rêveuse pour un quintette francilien

Quintette originaire des Yvelines, et qui à ce titre sera l’un des treize groupes soutenus par la région Ile-de-France cette année, Biche a enregistré un premier album, La Nuit des Perséides, sorti fin avril, qui emmène sur les territoires de la pop rêveuse et du néopsychédélisme. Mené par Alexis Fugain (fils du chanteur Michel Fugain), le groupe fait entendre un talent mélodique plutôt assuré, à l’occasion sous influence Beatles – le vidéo-clip de la chanson L’Essor allant jusqu’à des citations visuelles de celui de Strawberry Fields Forever. Le son d’ensemble, avec effets de Mellotron (cordes et vents), guitares limpides et harmonies vocales, a une accroche très fin des années 1960. Le rien de folie, de relâchement qui manquent parfois à l’album, trouvent une affirmation plus marquée à l’occasion des concerts.

Vendredi 23, scène Ile-de-France, 20 heures.

Mahalia : sensation R & B

A la rentrée 2018, la sensation R & B du moment était la chanteuse britannique Jorja Smith, qui sera au programme de cette édition de Rock en Seine. Pour cette rentrée, c’est sur sa compatriote Mahalia, programmée le même jour, que les aficionados ne tarissent pas d’éloges. A 21 ans, elle sort son premier album le 6 septembre, Love and Compromise. Elevée par une mère chanteuse et un père musicien de studio, la gamine a été signée par le label Atlantic dès ses 13 ans. Précoce, elle ne s’est pas pour autant précipitée pour enregistrer un disque, a pris le temps de finir ses études et de se frotter à la scène soul londonienne. Le résultat est plus que réussi. Il y a un peu d’Estelle chez elle, de Carleen Anderson ou de Shola Ama, et Mahalia n’hésite pas à croiser le fer avec la star nigériane Burna Boy sur un des hits du dancehall, Sim Simma de Beenie Man. Ses autres morceaux sont partis pour être de grands classiques du R & B.

Samedi 24, scène des 4 Vents, 19 h 45. Jorja Smith : samedi 24, grande scène, 20 h 45.

Clairo : univers pop-électro minimaliste

De son vrai nom Claire Cottrill, la chanteuse américaine Clairo, qui vient de fêter ses 21 ans, a été remarquée, comme c’est souvent le cas de nos jours, avec un vidéo-clip, celui de la chanson Pretty Girl, conçu avec des bouts de ficelle et un petit son, et une jolie histoire d’apprentissage de la musique à l’aide de tutoriels mis en ligne qui lui ont permis de concocter quelques reprises à sa façon. Depuis, la jeune fille, dont la voix rappelle un peu celle de la Belge Angèle, en un peu plus nonchalante, a enregistré un album, Immunity, publié début août. Elle en signe la plupart des titres, dont plusieurs avec le multi-instrumentiste Rostam Batmanglij, ex-Vampire Weekend. Il restera à voir si l’univers un rien minimaliste de Clairo, plutôt pop-électro, sans envolées « boum-boum », trouve une affirmation lors de sa transformation scénique.

Dimanche 25, scène des 4 Vents, 16 h 45.

The Murder Capital : Irlandais forts en énergie

Dans la série des emballements de la presse musicale, la scène irlandaise est en pointe en ce moment. En témoignent plusieurs articles et classements, dont le récent « Les Quinze groupes irlandais qu’il vous faut connaître en 2019 » de la publication en ligne Paste Magazine. Les trois premiers sont Æ MAK, Bitch Falcon et Fontaines D.C. Ce dernier en tête de pont d’un (éternel) renouveau du rock hargneux dont leurs concitoyens de Dublin, The Murder Capital (eux aussi dans ce classement) sont aussi de fiers représentants, dans un registre qui peut se révéler sombre par endroits. Avec à sa tête le chanteur James McGovern, The Murder Capital devrait proposer l’un des concerts les plus forts en énergie du festival cette année. Ce dont ont témoigné toutes celles et tous ceux qui ont déjà vu le groupe.

Dimanche 25, scène Firestone, 17 h 50.

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