Canalblog Tous les blogs
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
Jours tranquilles à Paris
Publicité
21 décembre 2019

Vu d’Italie - Avec les grèves, la revanche du vélo et de la trottinette à Paris

trottinettes11

CORRIERE DELLA SERA (MILAN)

Depuis le début des grèves contre la réforme des retraites, les transports en commun sont fortement perturbés à Paris, alors que l’usage des trottinettes et des vélos explose. Pour le Corriere della Sera, il s’agit d’une petite victoire pour la maire de la capitale, Anne Hidalgo.

“Je veux que Paris soit la capitale mondiale du vélo”, déclarait en juillet dernier Anne Hidalgo, la maire de Paris. Elle était alors loin de se douter que le mouvement de contestation qui, depuis le 5 décembre, paralyse le réseau de transports parisien, donnerait un sérieux coup de pouce à son ambition.

Depuis le début des grèves contre la réforme des retraites, le nombre de vélos et de trottinettes électriques sur les pistes cyclables [et les trottoirs] a en effet doublé, selon les relevés de la municipalité.

Paris à vélo

Le 17 décembre, alors que les syndicats prévoyaient une nouvelle manifestation géante, l’appel à la grève a été particulièrement suivi par les employés de la SNCF et de la RATP. On a assisté, dans les rues de la capitale, aux mêmes scènes que quinze jours plus tôt : des milliers d’usagers bloqués pendant une heure dans les tunnels du métro, dans l’espoir de monter dans l’une des quelques rames en circulation, serrés comme des sardines, quitte à devoir parfois en venir aux mains pour se glisser dans un wagon.

En surface, les autobus sont pris d’assaut et de gigantesques embouteillages se forment, notamment aux portes de Paris.

Pour échapper à ce chaos et avoir une chance d’arriver au bureau ou à leurs rendez-vous, tous ceux qui le peuvent ont choisi le vélo ou la trottinette électrique, profitant enfin du réseau de pistes cyclables qui, malgré toutes les critiques, fait la fierté de la maire socialiste Anne Hidalgo.

Polémiques féroces

“Nous voulons de véritables infrastructures cyclables, séparées de la circulation automobile, comme à Copenhague”, proclamait l’édile. En 2014, la Ville de Paris a lancé un très ambitieux “Plan vélo 2015-2020”, prévoyant la construction de 1 400 km de pistes cyclable (objectif revu à la baisse, avec 1 000 km), et une enveloppe de 10 millions d’euros d’aides financières pour les particuliers souhaitant acheter un vélo (à hauteur de 400 € par personne).

Après avoir fermé à la circulation les quais de Seine, reconverti les voies sur berge en zone piétonne avec bars, restaurants et jeux pour enfants, la municipalité a entrepris de réduire la largeur des voies dédiées aux voitures sur la rue de Rivoli, depuis la place de la Concorde jusqu’au Marais sur la rive droite et, sur la rive gauche, de Saint-Michel à la tour Eiffel et au-delà.

Au cours de mois de polémiques féroces, Benjamin Griveaux, candidat La République en Marche (LREM) à la mairie de Paris, a fondé une grande part de ses espoirs de remporter les élections municipales [de 2020] sur la promesse de suspendre les travaux dans la capitale et de rendre de l’espace aux automobilistes. Les photos de longues colonnes de voitures bloquées dans les bouchons à côté de voies cyclables à demi désertées semblaient lui donner raison.

Comme sur les pistes de ski

Les grèves ont toutefois fourni une aubaine inespérée à l’actuelle maire de la capitale, qui rêve de voir les Parisiens privilégier le vélo. Les pistes cyclables sont désormais presque aussi fréquentées que celles du modèle de Copenhague, même si, visiblement, tous les Parisiens ne sont pas très habitués à pédaler.

Dans la capitale danoise, les cyclistes circulent par essaims compacts, ordonnés et rapides, alors qu’ici l’ambiance rappelle davantage celle des stations de ski : les cyclistes les plus avertis, qui disposent de leur propre vélo et arborent casque et gilet de sécurité, partagent les couloirs avec des néophytes maîtrisant difficilement leur engin.

Plus d’accidents

Par rapport à la discipline scandinave, Paris a en outre de gros progrès à faire en matière de civilité : certains utilisateurs accaparent les vélos et trottinettes en libre-service, les attachant le soir à des grilles, parfois même avec leur propre cadenas, pour être sûrs de les retrouver le lendemain matin.

Les pompiers ont par ailleurs signalé que depuis le début des grèves, les accidents de vélo et trottinette ont augmenté de 20 %. Patrick Pelloux, médecin urgentiste, tire la sonnette d’alarme. “Les traumatismes crâniens sont beaucoup plus fréquents.” Il conclut : “Il faudrait rendre obligatoire le port du casque.”

Stefano Montefiori

Source : Corriere della Sera

MILAN http://www.corriere.it/

Fondé en 1876, le premier quotidien italien mentionne toujours “della sera” (“du soir”) dans son titre, alors qu’il sort le matin depuis plus d’un siècle. Sérieux et sobre, le journal a su traverser les vicissitudes politiques en gardant son indépendance.

Dès sa naissance, le Corriere s’est affirmé comme le porte-parole de la bourgeoisie industrielle du Nord. Son format, très grand pour un quotidien moderne, participe à cette image de sérieux et de tradition. Il appartient à RCS Mediagroup, racheté en 2016 par l’homme d’affaires Urbano Cairo, qui possède également la chaîne La7.

Comme les autres journaux nationaux italiens, sa diffusion a connu ces dernières années une forte baisse, mais il reste en tête du classement.

Le journal est accompagné d’une multitude de suppléments dont Sette (vendredi), Io Donna (féminin du samedi) et La Lettura (dimanche).

Publicité
Commentaires
Publicité