Valéry Giscard d’Estaing visé par une plainte pour agression sexuelle
Par Thomas Wieder, Berlin, correspondant
Une journaliste allemande accuse l’ancien chef de l’Etat de lui avoir posé la main sur les fesses lors d’un entretien à Paris, en décembre 2018.
L’ancien président de la République, Valéry Giscard d’Estaing, fait l’objet d’une plainte pour agression sexuelle. La journaliste allemande Ann-Kathrin Stracke, âgée de 37 ans, affirme que l’ex-chef de l’Etat (de 1974 à 1981) lui a posé la main sur les fesses lors d’une interview, fin 2018. Sa plainte, dont Le Monde et le quotidien allemand Süddeutsche Zeitung ont eu connaissance, a été adressée au parquet de Paris, le 10 mars, qui a accusé réception.
Les faits remontent au 18 décembre 2018. Ce jour-là, Mme Stracke a rendez-vous avec M. Giscard d’Estaing dans son bureau du boulevard Saint-Germain, à Paris. L’objet de la rencontre : une interview pour la chaîne publique allemande WDR, à l’occasion du 100e anniversaire de la naissance de l’ancien chancelier fédéral, Helmut Schmidt (1918-2015), au pouvoir quand « VGE » était à l’Elysée.
A l’issue de l’entretien, Mme Stracke demande à M. Giscard d’Estaing s’il veut bien poser pour une photographie avec elle, son cameraman et sa preneuse de son. Ce qu’il accepte. Mais à ce moment, la journaliste raconte que l’ancien président l’a entourée de son bras, lui a touché la taille et posé la main sur une fesse. Et la journaliste d’affirmer dans sa plainte :
« Très surprise et désapprouvant ces atteintes qui m’ont mise extrêmement mal à l’aise, j’ai tenté de repousser la main de M. Giscard d’Estaing, sans toutefois y parvenir. »
La photo étant de mauvaise qualité, une deuxième prise de vue est réalisée. Comme la première fois, c’est l’assistante de « VGE » qui tient l’appareil. A nouveau, Mme Stracke se souvient que celui-ci lui a touché la taille et la fesse. « J’ai eu l’impression qu’il insistait », raconte-t-elle.
Une situation « dégradante »
L’incident aurait pu en rester là. Mais avant le départ de l’équipe de tournage, l’ancien président de la République tient encore à montrer à Ann-Kathrin Stracke une série de photographies accrochées au mur de son bureau, où on le voit aux côtés des grands de ce monde. Selon la journaliste, M. Giscard d’Estaing lui a de nouveau touché les fesses, elle-même essayant de dégager la main de celui-ci « plusieurs fois et de toutes [ses] forces ».
Afin de la libérer d’une situation qu’elle qualifie de « dégradante », son cameraman aurait alors, affirme-t-elle, cherché à faire diversion en renversant l’abat-jour d’une lampe située sur un buffet et en plaçant une chaise entre l’ex-président et elle.
Juste après, au moment de quitter l’appartement, Mme Stracke raconte que M. Giscard d’Estaing lui a dit au revoir en lui faisant « des baisers appuyés sur les joues », tout en lui susurrant dans le creux de l’oreille, en allemand : « träumen sie süss » (« faites de beaux rêves »). « Eh bien, vous l’avez sacrément charmé », lui aurait glissé, sur le pas de la porte, l’assistante de l’ancien chef de l’Etat, là aussi en allemand.
De retour à Cologne, où se trouvent les bureaux de la WDR, Ann-Kathrin Stracke relate l’histoire à sa hiérarchie. Estimant que les accusations sont graves, la direction de la chaîne mandate un cabinet d’avocats pour recueillir le témoignage de la journaliste. Egalement interrogé, le cameraman confirme le récit de sa collègue, ajoutant que la situation lui a semblé « étrange », et que la façon dont s’est comporté M. Giscard d’Estaing avec Mme Stracke lui a paru « inappropriée, venant d’un ancien chef d’Etat ». Sollicitée elle aussi, la preneuse de son, en revanche, refuse de témoigner, sans expliquer pourquoi.
Après le mouvement #metoo
A la suite de la remise de ce rapport, long de treize pages, la WDR envoie une lettre à M. Giscard d’Estaing, le 23 mai 2019, pour résumer l’affaire, où il est notamment écrit :
« Madame Stracke a été extrêmement choquée par vos agissements. (…) Nous ne saurions tolérer que nos collaborateurs soient confrontés à de telles situations et espérons donc vivement qu’un tel comportement ne se répétera envers aucun d’entre eux à l’avenir. »
Le cabinet de VGE répondra, quelques semaines plus tard, par un simple accusé de réception.
Pourquoi Mme Stracke a-t-elle attendu un peu plus d’un an avant de saisir la justice ? « Dans un premier temps, je n’ai pas pensé porter plainte, d’autant que je n’avais aucune idée de la façon dont fonctionne la justice française », explique-t-elle au Monde. Mais au fil des mois, dans le sillage du mouvement #metoo, la journaliste change d’avis. « Ce mouvement m’a montré à quel point il est important de débattre de ces sujets dans la société. »
Contacté par Le Monde et la Süddeutsche Zeitung, le directeur de cabinet de M. Giscard d’Estaing, Olivier Revol, affirme que l’ancien président de la République, âgé de 94 ans, ne garde « aucun souvenir de sa rencontre » avec Mme Stracke. « Si ce qui lui est reproché était vrai, il en serait bien sûr navré, mais il ne se souvient de rien », ajoute M. Revol, qui se dit d’autant plus « étonné » par cette histoire que c’est la première fois, assure-t-il, que l’ancien chef de l’Etat est visé par ce type d’accusations.
Sensuelle et sans suite par Serge Gainsbourg
Une histoire sensuelle et sans suite
Ça fait crac ça fait pschtt
Crac je prends la fille et puis pschtt
J'prends la fuite
Elles en pincent toutes pour ma pomme cuite
J'suis un crac, pour ces p'tites
Crac les v'la sur l'dos et moi pschtt
J'en profite
Leurs p'tits cœurs palpitent
Tandis qu'elles s'excitent
Qu'elles s'envoient au zénith
Elles sont gonflées, ouais, mais très vite
Elles craquent et alors pschtt
Crac c'est les nerfs, et puis pschtt
«La formidable entreprise qu’avait créée Jean-Luc Lagardère ne peut plus exister.»
Par Jérôme Lefilliâtre
Sur le papier, c’est une victoire pour Arnaud Lagardère. Elle est même «sans appel», s’est réjoui l’homme d’affaires à la fin de l’assemblée générale (AG) des actionnaires, qui s’est tenue mardi à huis clos et a été diffusée en ligne. Le fonds activiste Amber Capital, qui lui fait des misères depuis des années, n’a pas réussi à faire voter une seule des résolutions qu’il présentait. Il souhaitait remplacer la quasi-totalité du conseil de surveillance du groupe Lagardère, capable de s’opposer au renouvellement du mandat de son gérant en 2021.
La tentative de coup d’Etat s’est fracassée sur la forteresse qu’est la maison mère de l’éditeur Hachette, des boutiques Relay, des médias Europe 1 et Paris Match, rendue presque imprenable par son statut juridique de société en commandite. Arnaud Lagardère y a vu la confirmation de sa stratégie de «recentrage» sur l’édition et la distribution dans les gares et aéroports. Reste que certaines propositions d’Amber échouent de peu. Celle visant à démettre le président du conseil de surveillance, Patrick Valroff, installé en décembre par Arnaud Lagardère, obtient 43 % des votes. Un très gros avertissement pour le gérant de Lagardère. Le mécontentement à son égard dépasse donc largement Amber Capital, détenteur de seulement 14 % des droits de vote. L’une des candidates d’Arnaud Lagardère pour le conseil de surveillance a d’ailleurs été retoquée. En revanche, ses deux nouveaux alliés, Nicolas Sarkozy et l’ex-PDG de la SNCF Guillaume Pepy, y ont été élus à 99,8 %. En réalité, si Arnaud Lagardère sauve sa tête et son honneur, c’est moins grâce à son bilan personnel qu’à une parfaite illustration du capitalisme de connivence qui régit parfois l’entre-soi des élites françaises. En vue de cette AG, Vincent Bolloré et Marc Ladreit de Lacharrière avaient acheté respectivement 11 % et 3 % du groupe. Ils ont voté en soutien de l’héritier. Mais pour quelle contrepartie ? Dans l’entourage d’Arnaud Lagardère, la vente d’Europe 1 (à Bolloré ?) n’est plus un sujet tabou.








