Festival Européen de la Photo de Nu - ARLES - save the date
Ma série " Les SaugreNUES " sera exposée au Festival européen de la photo de Nu à Arles (France) du 8 au 13 mai. My series "Nudicrous" will be exhibited at the European Festival of Nude Photography in Arles (France) from May 8 to 13. https://irvingstgarp.wixsite.com/pictures/ #irvingstgarp #photography #photo #foto #photographer #belgique #belgium #belgianartist #madeinBelgium #photographe #photographie #photographebelge #humour #humourbelge #humor #belgianphotographer #Canon #5DMarkII #myfeatureshoot #Fisheyelemag #nu #nude #nudité #nudity #artnudes #fepn

10 Likes, 1 Comments - Irving S. T. Garp (@irvingstgarp) on Instagram: "Ma série " Les SaugreNUES " sera exposée au Festival européen de la photo de Nu à Arles (France) du..."
FESTIVAL EUROPÉEN DE LA PHOTO DE NU - save the date....
Du 08 au 13 mai 2018.
Chaque année depuis 2001 a lieu à Arles le festival de la Photo de nu, qui propose une exposition de photographes européens et chaque fois la présence d’un artiste arlésien.
Initié à Arles en 2001 par Bruno Rédarès et Bernard Minier, le Festival Européen de la Photo de Nu se présente comme la seule grande manifestation photographique, en France mais également en Europe, sur le thème du Nu et plus généralement sur le corps.
L'idée de créer ce Festival est née de la rencontre des deux protagonistes qui organisaient, chacun de leur coté et depuis près d‟une dizaine d‟années, des stages photo sur le Nu.
Arlésien de naissance et de cœur, c‟est naturellement à Arles « la Mecque photographique », que Bruno Rédarès décide de lancer le Festival. Photographe professionnel installé en région parisienne, Bernard Minier, se charge d‟établir les liens nécessaires avec le monde de l‟image.
Le Festival a progressivement gagné en popularité tant auprès du public qu‟au travers des médias, et a acquis ses lettres de noblesses grâce à la présence de photographes de renom comme invité d‟honneur, tel que Jean-François Bauret, Georges Tourdjman, Jeanloup Sieff, Uwe Ommer et bien d‟autres photographes talentueux. Il attire chaque année une clientèle française mais aussi belge, allemande, suisse, italienne ou espagnole. La fréquentation dépasse les 15 000 visiteurs, soit dix fois plus que lors de la première édition.
Installé au Palais de l’Archevêché à la chapelle Sainte Anne et à l’espace Van Gogh, depuis 2009 le festival s’étend jusqu’aux Baux de Provence.
Enquête - Arles et Avignon en lutte pour la lumière
Par Laurent Carpentier, Arles et Avignon, envoyé spécial - Le Monde
Chantier culturel à ciel ouvert, la ville camarguaise fait de plus en plus concurrence à la Cité des papes, qui peine à diversifier son offre.
Et si Arles était en train de voler la vedette à Avignon ? Comment ? Avignon, l’une des « marques » françaises les plus connues au monde – avec le champagne, le bordeaux et Cannes ? La question trouble, fait hausser les épaules. Et pourtant…
Face à face : Avignon (Vaucluse), Cité des papes, pont légendaire et remparts enserrant une ville bourgeoise et un festival qu’on ne présente plus. Et Arles (Bouches-du-Rhône), cité ouvrière – ateliers ferroviaires, usine à riz Lustucru, Papeteries Etienne – et des moustiques gros comme des bombardiers… Oui, sauf que ça, c’était il y a trente ans. Exit les ateliers, l’usine et les papeteries, en 2018, Arles, ce sont les éditions Actes Sud, les Rencontres photographiques internationales, la Fondation Van Gogh… et bien sûr l’impressionnante Fondation Luma, de Maja Hoffmann.
Car Arles est aujourd’hui un chantier culturel à ciel ouvert, qui commence à faire de l’ombre à sa sœur rivale du nord de la Durance. Que l’artiste coréen Lee Ufan ait renoncé à New York pour installer son fonds ici, et que Roger Ballen, célèbre photographe américain vivant à Johannesburg (Afrique du Sud), dont la fondation défend la photographie du continent africain, veuille y poser son ambassade européenne, est symptomatique. D’autant que, pour couronner le tout, on annonce également pour 2019 une nouvelle gare TGV entre Nîmes et Arles. Pas étonnant que le New York Times ait d’ores et déjà placé la ville de Camargue dans les « 52 places to go in 2018 », sa sélection annuelle des lieux à visiter dans le monde.
Désormais, c’est Arles la branchée. Une invasion de trentenaires et d’artistes qui y font exploser le prix du mètre carré, et la cohorte de people qui l’accompagne – les acteurs Edouard Baer et Virginie Efira, comme le danseur Benjamin Millepied, installé en résidence pour trois ans à la Fondation Luma… « On a l’impression qu’il s’ouvre ici une galerie d’art toutes les semaines. Je ne crois pas qu’il y ait aujourd’hui un phénomène équivalent en France », témoigne le photographe Pascal Bois, qui y est installé depuis belle lurette.
PASCAL BOIS, PHOTOGRAPHE : « A ARLES, ON A L’IMPRESSION QU’IL S’OUVRE UNE GALERIE D’ART TOUTES LES SEMAINES »
« C’est un truc assez unique que cette ville en léthargie pendant trente ans, qui a vécu le choc de la désindustrialisation de manière assez violente, aujourd’hui se relève », confirme Philippe Schiepan, le patron du Collatéral, une ancienne église du quartier populaire de la Roquette transformée en un mini-hotel où il organise conférences, rencontres, événements… « Arles est encore horizontale dans sa sociologie, pleine de vitalité, où l’on sent cette possibilité de faire des choses… De Jules César à Maja Hoffmann en passant par le marquis de Baroncelli-Javon [l’homme qui inventa la tradition des gardians, un ami de Buffalo Bill], la ville ne s’est fabriquée que d’“input” [contributions], mais désormais il y a un écosystème qui est en train de s’organiser. Le jeu tourne. J’ai l’impression qu’Avignon a vécu son moment. C’est maintenant celui d’Arles. Il ne faut pas le rater. »
Le moment, c’est la Fondation Luma. Un centre de recherche et de production en art contemporain, lieu de spectacles, d’expositions et de résidence, dont le joyau, une tour de 56 mètres de haut, 9 étages, vue imprenable sur la ville et la Camargue, devrait ouvrir ses portes en 2019. A la manœuvre : Maja Hoffmann, 61 ans, héritière des laboratoires Hoffmann-La Roche, dont le père, fondateur du WWF, est lui-même venu créer un laboratoire en Camargue dans les années 1950. Maja Hoffmann a grandi ici jusqu’à ses 15 ans. « Désormais, c’est le parcours obligé : tout président ou premier ministre en visite dans la région passe par chez Maja Hoffmann, raconte un habitué. Et c’est elle qui fixe l’heure. Protocolairement, elle est maîtresse du temps. »
« L’effet Bilbao »
Une ville qui renaît de ses cendres à la faveur d’un événement ou d’un édifice culturel majeur, on appelle cela « l’effet Bilbao », en référence au port du Pays basque espagnol redevenu trendy par la grâce du Musée Guggenheim. Pour obtenir l’effet Bilbao, rien de tel que l’architecte de Bilbao : Frank Gehry signe la tour de la Fondation Luma, dont l’ossature coiffe déjà la ville comme un symbole. « Je voulais pour Arles un équipement culturel digne d’une capitale », expliquait, en 2017, Maja Hoffmann dans une interview à L’Express.
« Arles a un côté laboratoire que les gens ressentent, constate Sam Stourdzé, qui y dirige les Rencontres photographiques, dont la renommée devient majeure. L’effet Arles est dû à ce projet pharaonique qu’est Luma. Mais aussi à la multiplicité assez unique des acteurs culturels, par rapport à la taille de la ville. Et à la façon dont ces différentes entités travaillent entre elles. »
A 35 kilomètres au nord (vingt minutes en train, près d’une heure en voiture), la Cité des papes est, elle, sous tension. « Tous les dossiers culturels avignonnais sont encalminés, témoigne un haut fonctionnaire : le Festival a des soucis financiers, les Hivernales de la danse, qui fêtent leurs 40 ans, ont été de problème en problème, l’école d’art a été envoyée dans un no man’s land à la lisière de la ville, l’orchestre est en très grande souffrance… » Il y a bien eu la dotation de la collection Lambert, une chance pour la ville, mais depuis, le torchon brûle entre les tutelles et son directeur, Eric Mézil, imposé par Yvon Lambert lui-même, et dont le dernier conseil d’administration a acté le départ :
« Tout ça a créé un climat délétère, et c’est vrai qu’Avignon renvoie une image de marasme. »
« Trois semaines, cinquante spectacles »
Pourtant, le Festival et son « off » enregistrent des records de fréquentation, comme le souligne la maire d’Avignon. « On s’imagine que nous sommes riches parce que nous sommes prestigieux. Mais les comptes sont transparents : on n’y arrive plus », confie Olivier Py, qui dirige le Festival depuis 2014. « Trois semaines, cinquante spectacles… S’il n’y a pas une aide supplémentaire des pouvoirs publics, on ne pourra le maintenir tel quel. Il faudra réduire le nombre de jours. Le festival, c’est seulement 6 à 7 millions de subventions, moitié moins que celui d’Aix-en-Provence. Et pourtant, si j’en crois les chiffres de la chambre de commerce, une personne sur quatre en vit à Avignon. »
90 000 habitants. Un revenu médian d’environ 15 000 euros par an (inférieur de 25 % à la moyenne française). Un taux de pauvreté de 30 %, nettement plus important que celui de la France (14 %) et une distribution des revenus bien plus inégale que sur l’ensemble du territoire français, dans un département, le Vaucluse, qui a la moyenne de diplômes la plus basse de France. Quand, il y a trois ans, la socialiste Cécile Helle, après avoir arraché la mairie d’Avignon au Front national, a baissé les crédits du Festival, on a crié au loup. Aujourd’hui, les cénacles culturels avignonnais saluent néanmoins le travail d’ouverture effectué au-delà des remparts vers ces cités oubliées par le progrès social.
« LA CULTURE NE RAPPORTE PAS DE VOIX, PEUT-ÊTRE MÊME EN FAIT-ELLE PERDRE… EXPLIQUER À DES GENS QUI SONT AU RSA QU’UNE PARTIE DES RECETTES VA À DES SPECTACLES EST COMPLIQUÉ »
« La culture ne rapporte pas de voix, peut-être même en fait-elle perdre… Expliquer à des gens qui sont au RSA qu’une partie des recettes va à des spectacles est compliqué. Cécile Helle a retenu que, si elle soutenait l’intra-muros, elle allait se mettre à dos l’extra-muros, témoigne un élu local. En revanche, la culture rapporte de l’attractivité, ce qui a des retombées économiques. Comment naviguer entre les deux ? C’est là l’éternel dilemme. »
Issu d’une famille modeste de Charleroi, dans le pays noir belge, Pascal Keiser travaillait à travers le monde pour la société d’ingénierie Fives, lorsqu’en 1998, il a décidé de s’installer à Avignon. Il y dirige aujourd’hui La Manufacture, un des théâtres en vue du « off », qui fait la part belle aux projets expérimentaux et dresse des ponts avec le « in ». « Arles pousse sans doute Avignon à se réinventer, mais tous les éléments sont là pour un contre-projet à construire : l’université, l’Agroparc où s’installe toute une intelligence économique… Et puis Avignon reste une marque. Aux Etats-Unis comme en Chine, j’ai entendu des enfants chanter “Sur le pont d’Avignon”. Avant qu’Arles arrive à ce niveau de notoriété ! Le vrai problème, c’est que la ville est assise sur un modèle économique de rentier, qui est une rente saisonnière. »
Aujourd’hui, ici comme ailleurs, parler culture, c’est parler économie. Ce qui se joue entre ces deux villes, c’est le même retournement de paradigme que l’on retrouve au niveau national. Alors que tous les budgets publics se réduisent comme peau de chagrin, l’intérêt général est repris en charge désormais par l’investissement privé. On ne dit plus « mécène », on dit « partenaire ». Et l’Avignonnais vous glissera que « ben oui, c’est bien joli Arles, mais c’est plus facile quand on a une milliardaire dans le paysage… », avant de vous rappeler que lui aussi a quelques trophées.
Prise de guerre
Qu’il s’agisse de la Fondation Edis pour l’art, qui a repris le Grenier à sel, désormais consacré aux arts numériques – « Après avoir créé Edis, j’ai rendu visite à la Fondation Van Gogh, à Arles », raconte Régis Roquette, l’un des héritiers de la famille Roquette, une fortune industrielle du Nord. On m’a dit : “Ah enfin, Avignon se bouge les fesses !” » – ou du parc Spirou, qui doit ouvrir ses portes le 1er juin à 20 kilomètres au Nord-Est. « 500 000 visiteurs par an, 1 million à terme, décline son directeur Daniel Bulliard, qui dirigea le Futuroscope à ses débuts. Spirou ? Ici ? « Oui, parce que 60 millions de touristes, un bassin de population de 30 millions d’habitants, un nœud autoroutier et une météo exceptionnelle. »
Mais pour Avignon, la prise de guerre, la vraie, c’est l’Ecole des nouvelles images. Brouillé avec la nouvelle équipe de la chambre de commerce et d’industrie d’Arles, Julien Deparis, le directeur de la très cotée école MoPA (considérée comme l’une des trois meilleures mondiales pour ce qui est de l’image de synthèse en 3D) a été débarqué en janvier 2017. Six mois plus tard, avec l’aide des parents d’élèves et d’une grande partie de l’équipe pédagogique, il a rouvert l’Ecole des nouvelles images à Avignon, avec 137 étudiants inscrits en septembre sur les cinq années du cycle.
« ARLES VA PROSPÉRER ENCORE PENDANT CINQ OU DIX ANS. APRÈS QUOI, SI DES MESURES NE SONT PAS PRISES, LE PHÉNOMÈNE AVIGNONNAIS LA GAGNERA »
« Le dynamisme d’Arles ? C’est déjà la queue de la comète, soupire un acteur attentif de la région. Pour moi, il y a aujourd’hui entre les deux villes plus une similitude qu’une rivalité. » Même souci de rupture entre le centre et la périphérie, même niveau de revenus médians d’un quart inférieur à la moyenne nationale, même nécessité pour ces petites villes proches de grandes métropoles (Aix, Marseille, Montpellier) de créer des projets mobilisateurs pour rester attractives.
« Arles va prospérer encore pendant cinq ou dix ans. Après quoi, si des mesures ne sont pas prises, le phénomène avignonnais la gagnera. »
« Arles est une ville de brassage. Gitans, Espagnols, Arabes, on s’est toujours retrouvés, témoigne un Arlésien. Or aujourd’hui, cette mixité, même si la municipalité offre des HLM en centre-ville, risque d’être laminée par la pression immobilière. » Ancien président de l’université d’Avignon, aujourd’hui recteur de celle de Nice, le sociologue Emmanuel Ethis ne dit pas autre chose. « Un territoire, certes, ne peut se développer que s’il conjugue un certain nombre d’éléments : l’économie, qui en l’occurrence est très liée à la culture, les infrastructures de transport et la fabrique des diplômés. Mais cela ne fonctionne que si tous les habitants d’une ville peuvent au final raconter une histoire commune, partager le sens d’un destin ensemble. » Ce n’est clairement plus le cas à Avignon… Et Arles a conscience de cet écueil qui la guette : qu’une partie de la population se sente exclue, et la tour de Frank Gehry se transformerait en donjon.
Michael Wolf, l'émergence du projet photographique - Rencontres de la Photo d'Arles 2017
Audrey Tautou : « Quand vous êtes actrice, votre image vous précède toujours »
Par Claire Guillot
L’actrice explore avec ses photos son rapport au public et à la médiatisation. Son travail est présenté aux Rencontres de la photographie à Arles. Entretien.
Audrey Tautou fait de la photographie depuis plus de vingt ans. Ses clichés témoignent de son quotidien d’actrice et, particulièrement, un ensemble d’autoportraits, mis en scène ou spontanés, dans lequel elle joue de son image et du regard que les autres portent sur elle.
En tant qu’actrice, vous avez été beaucoup photographiée… Est-ce que cela vous a rapprochée de la photo ?
Curieusement, une séance photo représente un exercice dans lequel je n’ai jamais été à l’aise. En revanche mon métier m’a appris des choses techniques comme la fabrication d’un plan, l’éclairage.
Vous exposez à Arles une série de photos des journalistes que vous avez photographiés lors de vos interviews. Est-ce que c’était pour échanger les rôles ?
L’arroseur arrosé ? Je n’ai jamais pensé à ça. J’ai fait ces photos, je pense, pour prendre du recul par rapport à ce tourbillon médiatique qui m’a emportée après le succès du Fabuleux Destin d’Amélie Poulain, en 2001. J’avais besoin de trouver du sens à la promotion.
Bien sûr, c’est indispensable pour faire exister une œuvre, mais le processus était tellement fou que j’ai eu envie de garder quelque chose pour moi. J’ai pris plus de 800 photos sur lesquelles j’écrivais le nom du média et la date. Quand je les regarde aujourd’hui, ce que je trouve saisissant, ce sont tous ces regards posés sur moi par centaines, du jour au lendemain.
Comment ont réagi les journalistes ?
Sur les 800, un seul a refusé. Certains étaient un peu inquiets de savoir ce que j’allais en faire, comme si j’allais créer des poupées vaudoues et y planter des aiguilles ! Mais ce n’est pas mon genre. Ma photo est joyeuse et légère, c’est dans ma nature d’apporter un peu de dérision, d’humour.
Vous exposez aussi des autoportraits pris par dizaines. Pourquoi montrer ces images aujourd’hui ?
Depuis vingt ans, j’écris, je dessine, je photographie, je produis. Il m’a fallu toutes ces années pour que le puzzle prenne forme. Jusqu’ici, je réalisais juste un tirage contact et je m’arrêtais là. Les gens proches savaient un peu que je faisais ça, mais aucun n’a vu tout ce qui sera exposé à Arles. Même moi, ça va me faire un choc.
Mais j’ai eu profondément envie de parler avec ma propre voix, ou plutôt je l’ai toujours fait mais là j’ai eu envie qu’on l’entende. La photo est pour moi un travail extrêmement intime, je ne triche pas. C’est pour ça que je m’occupe de tout pour chaque image, je fais tout en argentique, sans retouche, je ne recadre pas. Mes autoportraits sont personnels jusque dans leur imperfection technique.
Pourquoi y a-t-il dans vos images autant de reflets, de dédoublements, de dissimulation, comme si vous vouliez vous cacher et vous montrer à la fois ?
Je ne sais pas du tout. C’était instinctif, pas réfléchi. La photo « mugshot » [portrait pris par la police après une arrestation] je ne l’avais pas planifiée, elle est venue comme ça. Et dans mes portraits mis en scène, je suis moi-même surprise qu’il y ait des atmosphères si différentes… Parfois je découvre mes images, alors que c’est moi qui les ai composées.
Et comment avez-vous fait pour fabriquer toute seule vos portraits mis en scène, qui visiblement ont demandé beaucoup de préparation ?
J’ai choisi des lieux toujours intimes, et je m’y suis adaptée. Je déclenchais à distance, et c’est compliqué avec mes deux appareils : avec mon Leica, il y a une poire et ça fonctionne une fois sur deux. Le Hasselblad dispose lui d’une commande infrarouge mais c’est un format carré…
Pour les accessoires, ce sont des objets qui m’appartiennent, ou bien que je fabrique : j’ai confectionné un costume d’officier avec des mèches de faux cheveux. Il y a de la pacotille, des choses qu’on m’a offertes… Tout a un sens, mais je ne révèle pas tout. Et je suis le plan que j’ai dans ma tête, c’est très précis. J’en ai encore une quarantaine d’autres à réaliser mais ça prend énormément de temps !
Le cinéma influence-t-il vos images ?
Non. Ça ne m’a jamais traversé l’esprit. La seule photo en lien avec le cinéma, c’est celle où je pose en train de lire un scénario, avec en fond le film Certains l’aiment chaud. Mais c’était une commande d’un magazine qui m’avait demandé un autoportrait pendant le Festival de Cannes. Et puis, c’est moi, je ne joue pas un rôle.
Pourtant, être actrice impose forcément un rapport particulier à son image…
Ce n’est pas tant lié à mon métier qu’au statut qui va avec. Il y a tout un monde qui se crée par la médiatisation. On est l’objet de fantasmes, on véhicule malgré soi certains clichés. Avant d’être moi, je suis leur. Quand vous êtes actrice de cinéma, votre image vous précède. Et j’ai toujours eu du mal avec le succès, la notoriété.
Je ne comprenais pas que certaines choses me déstabilisent : les avant-premières, les interviews, les soirées… Je me sers de ce statut qui me dépasse, je joue avec. Les autoportraits existent depuis toujours dans l’histoire de l’art. Mais ce qui fait ma particularité de photographe, c’est le regard intime que je porte sur tout cela : je suis bien placée pour jouer avec ce que je représente.
Quel genre de photographie vous a marquée ?
Plutôt des trucs d’aventuriers ! Enfant, j’étais fascinée par Dian Fossey, je me voyais en Amazonie en train de photographier les primates ! Après j’ai découvert Martin Parr, Diane Arbus, André Kertész, Brassaï… Et Annie Leibovitz, qui expose cet été à Arles. Son expo à Paris en 2008 est une des plus belles que j’ai vues : elle montrait des photos de sa famille et son travail de magazine. Il y avait un côté très intime, et en même temps très équilibré, très maîtrisé.
« Superfacial », exposition d’Audrey Tautou, abbaye de Montmajour, Arles (Bouches-du-Rhône), jusqu’au 24 septembre, de 10 heures à 18 h 30.
ARLES - les rencontres de la photographie - save the date
Les Rencontres d’Arles font parler d’elles… https://t.co/wXl3rusIRI pic.twitter.com/1hEhPAGO45
— Ville d'Arles (@VilledArles) 1 avril 2017














