AURAY : À la gare, se joue le développement de la ville
Vu dans Ouest France
Municipales 2014 Pourquoi ? Comment ? Quel est ce projet de pôle d’échange multimodal ?
À l’horizon 2017, le projet Bretagne à grande vitesse vise à rapprocher la région de Paris pour renforcer sa compétitivité. Il comprend notamment la création d’une nouvelle ligne à grande vitesse entre Le Mans et Rennes ou l’amélioration de la ligne Rennes-Quimper. Il prévoit aussi d’optimiser l’accès aux gares et aux quais - notamment pour les personnes à mobilité réduite - en créant des pôles d’échanges multimodaux (PEM) dans une dizaine de gares bretonnes, dont Auray. Ces PEM regrouperont sur un même site différents modes de transport : bus, cars interurbains, voitures, taxis, vélos, cheminements piétonniers…« L’idée, c’est de mieux accueillir les voyageurs. Il faut qu’ils puissent stationner, accéder plus facilement aux lieux où ils veulent aller, trouver de l’information touristique », explique Kristell Jamme, la directrice adjointe de l’intercommunalité Auray Quiberon Terre Atlantique (Aqta), qui a la compétence de ce dossier.
Quel intérêt pour Auray ?
Le projet Bretagne à grande vitesse mettra Auray à 2 h 30 de Paris (au lieu de 3 h 15 actuellement). Si Auray se dote d’un PEM, la gare pourra accueillir plus de TGV. La fréquentation pourrait passer d’environ 800 000 voyageurs actuellement à 1,4 million d’ici 2025. Tout le pays d’Auray serait concerné car des interconnexions seraient mises en place, notamment vers la côte et les îles.« L’objectif, c’est de doper l’économie. »
Que changerait le PEM ?
Un accès routier à la gare compliqué, un stationnement insuffisant, des mauvaises connexions avec les sites touristiques, un passage à niveau dangereux, un quai numéro deux qui n’est pas accessible aux personnes à mobilité réduite, peu de services… Les critiques envers la gare sont légions. Avec le PEM, tous ces problèmes devraient être réglés.
Quel impact sur le quartier de la gare ?
C’est le deuxième volet de ce gros projet. La communauté de communes a acheté 15 ha de terrain à la Chartreuse, pour un montant de 1,7 million €. Une route devrait y être construite pour relier la zone Porte Océane à la gare, par la voie nord. La future salle de sport du patronage laïque sera construite sur ces terres. De l’habitat, des services, des commerces, voire d’autres équipements sont aussi envisagés. Dans quelle proportion ?« L’étude d’aménagement des quartiers n’est pas terminée », reconnaît Kristell Jamme.
Où en est le projet ?
Il a pris beaucoup de retard alors que Lorient, Rennes, Guingamp ou Morlaix, entre autres, ont déjà mis leur PEM sur les rails. Une étude prospective a été lancée début 2011 (elle a coûté la bagatelle de 104 000 €). La signature du contrat de pôle était prévue à l’automne 2013. Au mieux, il sera signé avant la fin de cette année. Avec la mise en place d’Aqta, qui a vu le jour le 1er janvier 2014, et les élections municipales, le projet a été mis entre parenthèses. Les travaux du PEM devaient débuter en 2015. Ils ne devraient commencer qu’en 2017. S’il est finalisé, le projet devrait aboutir d’ici 2025.
Qu’est-ce qui est acté ?
« La passerelle et la restauration du bâtiment voyageurs avec l’accessibilité pour les personnes à mobilité réduite, explique Emmanuel Oger, le chef de ce projet, à Aqta.On travaille sur trois points encore : quels types de services ? Quelles voies de circulation ? Quels types d’équipement dans la gare d’Auray ? » Entre 2014 et 2017, les études vont donc se poursuivre.« On attend la fin des élections pour proposer des scénarios aux élus. Ils feront ensuite les choix », glisse Kristell Jamme. Dans trois semaines, tous les nouveaux conseils municipaux seront installés. La gouvernance d’Aqta sera mise en place le 11 avril. Les élus seront à leur poste pour six ans. La balle sera dans leur camp. Article de David DUPRÉ.






