À Berlin, des frigos en libre service pour lutter contre le gaspillage
Une association berlinoise récolte les invendus des magasins et les entrepose dans des frigos en libre-service. Le gaspillage alimentaire reste un fléau de notre société occidentale.
Dix millions de tonnes. C’est la masse que représente en France le gaspillage alimentaire, particuliers et distributeurs compris. Outre-Rhin, pour lutter à sa manière contre ce gigantesque gâchis, l’association Lebensmittelretter (“les sauveurs de nourriture”), a mis en place un réseau de frigos urbains à Berlin afin de récupérer des aliments et de les proposer en accès libre. On les retrouve auprès de magasins soutenant l’initiative ou bien sur la voie publique, en libre service, 24/7, tout simplement. Comment ça marche ? Grâce au volontariat : 1 700 bénévoles berlinois de l’association parcourent les magasins à la recherche des denrées qui ne peuvent plus être vendues mais sont toujours consommables. Depuis 2012, on estime qu’ils ont pu sauver des tonnes de nourriture du gaspillage en les rangeant dans ces frigos populaires, pour offrir quelques ressources alimentaires à destination des plus pauvres.
“On ne sait jamais ce qu’on y trouvera”
Selon Lisa Fialik, bénévole interviewée par le Tagesspiegel, cette initiative séduit de nombreux citoyens, et même au-delà : “Les appareils sont remplis jusqu’à trois fois par jour par des Berlinois de tous âges, et même par des touristes.” Le quotidien allemand présentait l’initiative citoyenne fin octobre. On peut y déposer les aliments, mais aussi bien sûr les prendre. C’est donc une sorte de supermarché ouvert 24 heures sur 24 qui offre un effet de surprise : on ne sait jamais ce qu’on y trouvera. L’association Lebensmittelretter, forte de 1 700 bénévoles dévoués dans la capitale, s’enorgueillit aussi de 8 000 bénévoles à travers toute l’Allemagne. Mais ils peuvent aussi compter sur plus d’un millier de supermarchés partenaires dans tout le pays.
Empêcher le gaspillage, c’est économiser
Une chaîne de magasins bio, Bio Company, est la première à avoir soutenu l’initiative. Comme rapporté par Slate, son directeur rappelle qu’en plus de la catastrophe du gaspillage, économiser les invendus pour les offrir à cette association peut aussi être source de revenus. Cela a nécessité un peu de travail pour convaincre en interne, mais presque toutes les filiales de Bio Company à Berlin, Potsdam et Hambourg y participent désormais. Presque plus rien ne va désormais à la poubelle. Le fait que nous ayons besoin de beaucoup moins de place pour les containers et qu’en plus nous ayons moins de coûts est un effet secondaire bienvenu.
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"Good Bye Lenin" - dans le cadre du 25ème anniversaire de la chute du mur de Berlin. Un excellent film à (re)voir
BERLIN : 25ème anniversaire de la chute du mur de Berlin
Le 9 novembre 1989, le mur qui avait divisé Berlin vingt-huit ans durant chutait, ouvrant la voie à la réunification de l'Allemagne et à la fin de l'URSS. Pour fêter comme il se doit ce quart de siècle historique, la capitale allemande a décidé d'ouvrir les célébrations dès aujourd'hui. Une chaîne de 8 000 ballons illuminés, longue d'une quinzaine de kilomètres, sera ainsi installée sur le tracé de l'ancien Mur, de la Bornholmer Strasse au Reichstag et la porte de Brandebourg, en passant par la Potsdamer Platz et l'ancien poste frontière Checkpoint Charlie. Une exposition sera également présente tout au long du parcours, retraçant des événements marquants de l'histoire du Mur ou des anecdotes moins connues. Le plus gros des festivités aura toutefois lieu dimanche, avec une cérémonie en présence de la chancelière Angela Merkel et une série de concerts, dont celui de l'orchestre de l'opéra de Berlin.
Un mémorial dédié aux handicapés victimes des nazis
« Voici un jour que nous avons longtemps attendu ». Le maire de Berlin, Klaus Wowereit, a inauguré cette semaine un monument érigé en hommage aux 300 000 handicapés massacrés par le IIIe Reich. Le Parlement allemand avait voté ce projet en novembre 2011, alors que les familles des victimes et des militants berlinois se battaient depuis plusieurs années pour sa réalisation. L’édifice, qui rejoint les trois autres mémoriaux dédiés aux juifs, aux Tsiganes et aux homosexuels, se compose d’un mur de verre de 24 mètres de haut.
"Voici un jour que nous avons longtemps attendu", a déclaré le maire de Berlin, Klaus Wowereit, devant 500 personnes réunies dans l'entrée de la célèbre Philharmonie qui jouxte le mémorial.
Après des années d'une campagne difficile, menée par les familles des victimes et des militants berlinois, le Parlement allemand a voté en novembre 2011 l'érection d'un monument dédié aux victimes handicapées des nazis.
Il a fallu "se battre non seulement contre l'oubli, mais aussi contre des opposants puissants", a poursuivi M. Wowereit, évoquant "les organisations scientifiques qui ont nié toute implication" et "les scientifiques protégés qui sont devenus des criminels".
L'édifice se compose d'un mur de verre aux reflets bleutés de 24 mètres de haut, posé sur un socle noir et flanqué de panneaux explicatifs, à l'adresse où fut élaboré en secret le programme "T4", début 1940, cyniquement baptisé "programme d'euthanasie" par ses concepteurs.
Dans l'esprit de la soixantaine de bureaucrates et de médecins pronazis qui en sont à l'origine, il s'agissait d'éliminer de façon systématique les handicapés mentaux ou physiques considérés comme une charge pour la société, à l'insu de leurs familles ou, parfois, avec leur consentement tacite.
Plus de 300.000 victimes
Entre janvier 1940 et août 1941, plus de 70.000 personnes ont été gazées dans six lieux dédiés. Les protestations individuelles ont entraîné l'arrêt officiel du programme mais les meurtres ont continué sous d'autres formes - privation de nourriture, négligence, injections de doses létales d'antidouleurs par de prétendus soignants.
On évalue à plus de 300.000 personnes le nombre de victimes totales de ces massacres, jusqu'à la fin de la Seconde Guerre mondiale en 1945. Le mémorial berlinois sera le premier monument national à leur être dédié.
Berlinale 2014
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