Canalblog Tous les blogs
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
Jours tranquilles à Paris
Publicité
masques
22 mai 2020

Les masques, une nouvelle forme de pollution

Article de Yves-Marie Théréné

Les millions de masques jetables utilisés quotidiennement en France ne finissent pas tous à la poubelle. Des associations environnementales tirent la sonnette d’alarme, tandis que des chercheurs travaillent sur leur réutilisation.

Depuis le début de la crise du coronavirus, la Chine a quelques semaines d’avance sur la France. Il suffit d’observer ce qui s’y passe pour savoir ce qui nous attend. Et en matière de pollution due à l’utilisation massive de masques jetables, cela fait froid dans le dos.

Sur les plages

Dès fin février, de nombreux masques ont ainsi été retrouvés sur les plages de Hong Kong. Si les côtes bretonnes semblent, pour l’instant, épargnées, le phénomène touche le Sud de la France. Anne Sittimelli, fondatrice de l’association de collecte de déchets marins Explore & Preserve, en a fait l’amer constat lors d’une opération de nettoyage sur les plages d’Hyères (Var), samedi. « On a trouvé une dizaine de masques et une quinzaine de gants en plastique. Et c’est juste le début, car les masques jetables sont arrivés tardivement en France », s’inquiète la militante, qui explique que ces nouveaux déchets suivent la même voie que les mégots de cigarettes. Emportés par les eaux pluviales, ils finissent en mer.

« Ça ajoute une pollution à une pollution qui est déjà énorme. On est en train de traverser une crise sanitaire, sociale et économique qui va déboucher sur une accélération de la crise environnementale. C’est un désastre ».

Incinérer plutôt que trier

À Paris, les éboueurs ont poussé un coup de gueule sur leur compte Twitter, où ils montrent des photos de masques et gants à même le sol. « Nous devrions leur distribuer des balais. Ils ne méritent pas de masques ces gens ». Pourtant, la loi interdit de laisser des déchets sur la voie publique et une amende forfaitaire de 68 € existe. Éric Pauget, député des Alpes-Maritimes, veut aller plus loin. Il a fait une proposition de loi pour porter la contravention à 300 €.

Un copain qui travaille dans un supermarché de la région parisienne vient de m’envoyer ces photos. Il me dit que tous les jours, des dizaines de personnes abandonnent masques et gants usagés dans les caddies ou dans le parking du magasin... pic.twitter.com/QChC7IA9Tl— Leelou ?? #PorteTonMasque #GardeTesMiasmes (@LeaOceaneLeelou) April 11, 2020

Le ministère de l’Écologie rappelle régulièrement les mesures à suivre : « Il est demandé aux particuliers que les mouchoirs, masques et gants usagés soient jetés dans un sac plastique dédié, résistant et disposant d’un système de fermeture fonctionnel. Ce sac doit être soigneusement refermé, puis, conservé 24 heures avant d’être placé dans le sac plastique pour ordures ménagères ».

Le message passe mal et ces nouveaux déchets se retrouvent également dans les centres de tri. Face à ce problème, le centre du Val-de-Marne a pris une mesure radicale : suspendre le tri et privilégier l’incinération, afin de préserver le personnel.

Pas de filière de recyclage

Avec deux milliards de masques commandés à la Chine, le gouvernement est au pied d’une montagne d’autant plus délicate à escalader qu’il n’y a pas de filière de recyclage pour le moment, même si des pistes existent. Des scientifiques français travaillent sur un projet de recyclage.

À l’autre bout du monde, des universitaires australiens misent sur des masques biodégradables à base de canne à sucre. Il y a urgence lorsqu’on sait qu’un masque chirurgical met 450 ans à se dégrader.

Publicité
17 mai 2020

Bien mettre un masque (et les dangers si on le met mal)

13 mai 2020

Port du masque et lunettes : cinq conseils pour éviter la buée

A l’heure du déconfinement, le port du masque tend à se généraliser en France. Mais les personnes à lunettes sont confrontées à la formation de buée sur leurs verres…

Par Ronan Tésorière

Une vie masquée, c'est le nouveau quotidien des Français, en ce jour de déconfinement pour l'Hexagone. Obligatoire dans les transports, indispensables dans les supermarchés ou lieu de vente divers. C'est l'instrument le plus efficace pour limiter la propagation de gouttelettes ou postillons infectieux, les masques de protection sont l'une des principales solutions pour limiter la transmission du coronavirus Sars-CoV-2, à l'origine de la maladie Covid-19.

Mais voilà le port du masque n'est pas sans inconvénients particulièrement pour les porteurs de lunettes. En effet, il suffit qu'un masque soit mal ajusté pour que l'air chaud expiré par le nez ou la bouche embue les verres froids, par effet de condensation. Et la visibilité s'en trouve obstruée.

Précisons-le de suite, il n'y a pas d'astuce simple et parfaite pour résoudre le problème de la buée sur les lunettes. Mais il existe bien quelques méthodes que vous pouvez essayer pour limiter la casse. En préambule, certains masques chirurgicaux sont munis de barrettes nasales en cuivre ou en fer, qu'il suffit de pincer pour empêcher l'air de passer. Mais ce n'est pas totalement efficace.

1. Insérez un « nez » flexible dans votre masque fait maison

Pour plus de confort d'usage, il faut être en possibilité de « mouler » votre masque autour de votre visage en utilisant un « nez » flexible. En opérant ainsi vous pouvez probablement éviter une bonne partie de la buée. Dans l'idéal au moment de coudre votre propre masque, vous pouvez utiliser un tutoriel pour insérer quelque chose de pliable, comme une épingle à cheveux, dans une poche en haut de votre masque en tissu. Sinon une petite entreprise de l'Oise a développé une solution pratique et simple. Cette petite pièce, le « pince-mi », à mémoire de forme se clipse sur le haut du masque.

Ainsi, on limite le risque de buée, le risque de porter ses mains au visage, et le risque d'éjections de postillons en direction des lunettes également.

2. Utiliser un mouchoir en papier pour éviter la formation de buée

Cette astuce provient d'un article publié en 2011 par le Royal College of Surgeons of England. Elle consiste à prendre un mouchoir en papier à usage unique, à le plier à l'horizontale, puis à le placer entre la peau et le masque (près de l'arête du nez). Ainsi, le mouchoir absorbe l'humidité de l'air expiré et empêche la buée de se former.

3. Lavage à l'eau savonneuse

Vos lunettes s'embuent lorsque vous êtes en extérieur car votre respiration mécaniquement plus chaude provoque de la condensation sur la surface froide des verres. « Laver les lunettes avec de l'eau savonneuse », précise aussi la même étude britannique, « laisser une fine pellicule qui réduit cette tension de surface et fait que les molécules d'eau » ne se fixent pas sur le verre. Il faut donc laver les deux côtés du verre et rincer à l'eau. Mais c'est une solution très temporaire.

4. Lavage à la mousse à raser

Selon la même technique, la mousse à raser peut également faire l'affaire. Utilisez cette solution des deux côtés de vos verres, puis rincez à l'eau chaude avant de laisser sécher à l'air libre ou d'utiliser un chiffon doux (pour éviter de rayer les verres).

5. Utiliser un spray anti-buée pour protéger ses verres

Cette technique usuelle consiste à vaporiser ou appliquer un spray ou gel anti-buée à l'aide d'un tissu. Ils empêcheront la buée de se fixer sur les verres. Ces produits sont disponibles chez les opticiens qui devraient rouvrir partout en France à partir de cette semaine.

10 mai 2020

La RATP va tester des caméras « intelligentes » pour mesurer le taux de port du masque dans la station Châtelet

A titre « expérimental », la station-clé du centre de Paris sera équipée pendant trois mois de caméras pour mesurer l’adoption du masque dans le métro parisien.

Par Damien Leloup - LE MONDE

Six caméras pour démarrer, ce 11 mai, et douze à terme : pour le début du déconfinement, les voyageurs empruntant la station Châtelet du métro parisien seront observés par des caméras utilisant un logiciel de reconnaissance automatique, qui déterminera si les personnes qui empruntent cette station, l’une des plus fréquentées d’Europe, portent un masque. Car le port du masque sera obligatoire dans tous les transports en commun, jusqu’à nouvel ordre.

Ce dispositif sera présent de manière « expérimentale », pour trois mois, explique-t-on à la Régie autonome des transports parisiens (RATP). Il permettra d’avoir, en temps réel, une estimation du nombre de voyageurs qui respectent les consignes sanitaires. « Aucune donnée ne sera stockée, tout sera entièrement anonyme, et ce dispositif n’est absolument pas prévu à des fins de verbalisation », explique-t-on à la RATP. L’établissement public a signalé cette expérimentation à la Commission nationale et libertés (CNIL) et assure respecter pleinement la législation en vigueur. Les voyageurs seront informés de la présence des caméras par des messages sur les panneaux d’affichage dans la station et sur les quais du métro.

Technologie testée à Cannes

Les caméras seront gérées par l’entreprise française DatakaLab, qui a déjà mis en place un dispositif similaire sur des marchés de la ville de Cannes (Alpes-Maritimes). La CNIL examine actuellement le système ; sans avoir rendu d’avis définitif, elle a estimé, auprès du site spécialisé NextInpact, que les mesures d’anonymisation prévues « présentent des garanties en matière de protection de la vie privée des personnes ».

« Tout le traitement se fait au niveau de la caméra : aucune image n’est transmise, seule une statistique est envoyée, et l’analyse se fait en mémoire vive, ce qui fait que même si la caméra était volée, on ne pourrait rien y trouver », détaille Xavier Fischer, de DatakaLab.

Au-delà des problématiques de vie privée, l’efficacité du dispositif devra encore être démontrée : les logiciels de détection automatique sont généralement beaucoup moins efficaces en intérieur et par basse lumière qu’en extérieur et en plein jour.

« D’après nos premiers tests à Châtelet, nous en sommes à 90 % de précision, assure M. Fischer. Bien sûr, les conditions seront plus difficiles à partir de lundi, lorsqu’il y aura plus de monde dans la station ; mais c’est un outil d’aide à la décision, qui n’a pas besoin d’avoir une précision absolue. A Cannes, sur deux marchés différents, nous avons vu des écarts de score importants : c’est suffisant pour que la mairie sache dans lequel elle doit distribuer en priorité des masques. »

9 mai 2020

A Paris, les masques gratuits promis par Anne Hidalgo vont finir par arriver

masque57

Par Denis Cosnard

Avec plusieurs semaines de retard, les premiers masques en tissu vont pouvoir être retirés en pharmacie à partir du 11 mai. Gratuitement, mais après réservation sur Internet.

Promis, cette fois-ci, ils arrivent vraiment. Les millions de masques en tissu dont Anne Hidalgo a annoncé depuis le début avril la prochaine distribution gratuite aux Parisiens devraient enfin faire leur apparition à partir du 11 mai, a déclaré la maire socialiste de la capitale mardi 5 mai. Une mesure importante pour lutter contre l’épidémie de Covid-19, et éviter une deuxième vague à la sortie du confinement. Mais elle intervient avec plusieurs semaines de retard, et ne fait pas taire les critiques.

En réalité, deux types de masques vont être distribués, selon deux circuits différents. La Mairie a d’une part commandé des masques en tissu réutilisables. Ils peuvent être lavés une vingtaine de fois, et reviennent de l’ordre de 2 euros à 3 euros pièce, en intégrant l’emballage, la notice, et la logistique. « Quelque 500 000 de ces masques seront disponibles dans la première semaine du déconfinement, puis 350 000 nouveaux chaque semaine », promet Jean-François Martins, l’adjoint chargé du dossier à l’Hôtel de Ville.

Ces équipements destinés au grand public seront distribués gratuitement par les pharmacies. Un réseau qui compte 906 points de vente à Paris, et a paru particulièrement adapté : les pharmaciens pourront ainsi fournir des conseils d’utilisation.

Tous les Parisiens pourront en principe en avoir un, mais seulement après réservation sur le site de la ville (Paris.fr), et en échange du bon de retrait ainsi obtenu. Les inscriptions seront ouvertes à partir du 11 mai. Objectif : veiller à ce que les officines ne soient pas prises d’assaut dès le premier jour, alors qu’elles n’auront pas d’emblée les stocks nécessaires pour faire face à la demande. « Les livraisons se succéderont jusqu’au 8 juin dans les officines », a précisé Anne Hidalgo au Parisien.

Coût « très raisonnable »

La Mairie a d’autre part acheté des masques en tissu à usage unique. « Ils sont plus faciles à obtenir, et moins chers », explique Jean-François Martins. Ils coûtent à la Ville environ 18 centimes d’euro pièce. Deux lots, comptant au total 500 000 exemplaires, doivent arriver d’ici à la fin de la semaine. Ils seront remis aux mairies des vingt arrondissements. A charge pour elles d’aller les donner aux personnes les plus vulnérables, dans les maisons de retraite, les associations d’aide au plus démunis, etc. « Cela va nous aider à passer le mur de la première semaine de confinement », estime Jean-François Martins.

Coût total de cette opération pour le budget de Paris : cinq millions à six millions d’euros. « C’est très raisonnable, commente l’adjoint. Nous achetons ces masques à des prix bien inférieurs à ceux du marché. »

L’arrivée désormais imminente de ces masques va-t-elle éteindre la polémique ? Pas sûr, tant l’attente a été importante. Le 7 avril, la municipalité avait fait une annonce à même de rassurer tous ceux qui ne savent pas comment coudre : « Deux millions de masques réutilisables en tissu vont être offerts aux Parisiens », avait déclaré Anne Hidalgo sur Franceinfo. Soit à peu près un par habitant ! Une aubaine pour les Parisiens, alors que les élus commençaient à évoquer l’obligation de porter un masque dans les rues et les transports en commun. Les premiers devaient être livrés « dans les prochains jours », avait alors précisé la Mairie.

En pratique, toutefois, les masques évoqués ne sont pas arrivés tout de suite. Le 19 avril, Anne Hidalgo a confirmé avoir commandé 2 millions de masques en tissu. Dans Le Journal du dimanche, elle a pris un double engagement : « les 500 000 premiers masques seront disponibles à la fin avril », et « à la mi-mai, tous les Parisiens pourront être équipés ».

Mais la fin avril est passée sans que les premiers masques n’arrivent. Principale adversaire d’Anne Hidalgo dans la course à la Mairie de Paris, l’ancienne ministre (Les Républicains) Rachida Dati n’a pas manqué de souligner ce rendez-vous manqué. « Anne Hidalgo avait promis 500 000 masques aux Parisiens pour le 30 avril. Où sont-ils ?, a-t-elle lancé lundi 4 mai sur Franceinfo. Nous n’avons rien reçu. Nous n’avons aucune information. »

« La grande illusion ! »

Aujourd’hui, la Mairie admet qu’il y a eu du retard par rapport aux promesses. Elle le met en partie sur le compte de ses fournisseurs, qui ont dû avancer à marche forcée. « Nous avons choisi de faire travailler des fabricants parisiens et français, pour les soutenir durant cette période difficile, et cela a représenté une contrainte supplémentaire », explique Jean-François Martins. Le marché a été réparti entre quatre groupes de fournisseurs : la société francilienne Coco & Rico pour l’essentiel (1,5 million de masques), ainsi que le réseau Résilience et l’entreprise Boldoduc (200 000 chacun), et divers ateliers parisiens appartenant à l’économie sociale et solidaire (100 000 masques).

« En fait, nous aurions pu commencer à distribuer une partie des stocks dès cette semaine, ajoute l’adjoint. Mais avant la fin officielle du confinement, cela risquait d’envoyer un mauvais signal. » Afin de ne pas inciter les Parisiens à relâcher leurs efforts avant le jour J, « nous avons préféré attendre le 11 mai pour entamer la diffusion des masques ».

Cette distribution tardive et très progressive est déjà critiquée. « Ces masques, c’est la grande illusion !, juge Patrick Trémège, le président des élus macronistes de droite au Conseil de Paris. Les derniers les auront quand les premiers en auront besoin de nouveau. »

A gauche, les écologistes en demandent eux aussi davantage. « Cela reste très insuffisant par rapport aux besoins : un masque en tissu doit être lavé après quatre heures d’utilisation, souligne dans un communiqué David Belliard, le candidat Europe Ecologie-Les Verts à la Mairie de Paris. Pour permettre un déconfinement en toute sécurité et en toute égalité, le gouvernement doit assurer la gratuité des masques pour tous et toutes. »

La tête de liste de La France insoumise, Danielle Simonnet, est sur la même longueur d’ondes. Elle réclame « la gratuité des masques de protection, et la réquisition des stocks amassés par la grande distribution afin de les distribuer gratuitement ». Message transmis au gouvernement.

Publicité
5 mai 2020

A propos des masques...

masque33

masque34

masques33

3 mai 2020

Entre soignants et grande distribution, le masque brûle

Des professionnels de santé s’indignent que des millions de masques puissent être vendus dans la grande distribution. 

Anne-Cécile Juillet

Des masques à vendre « par millions » en grandes surfaces ? Difficile à entendre pour les personnels soignants, qui ont dû œuvrer malgré la pénurie.

La guerre des masques est déclarée. À partir de ce lundi, il sera possible d’acheter, en grande surface, des masques, soit réutilisables, soit à usage unique, type « masques chirurgicaux » de protection FFP1 ou, plus protecteurs encore, type FFP2. Mais, concernant ces derniers, les professionnels de santé voient rouge.

« Toute guerre a ses profiteurs »

Dans un communiqué commun, l’Ordre des médecins, sages-femmes, infirmiers, pharmaciens, kinés et pédicures-podologues (*) fustigent ce qu’implique cette décision : en substance, tandis qu’ils s’escrimaient à limiter leur propre usage des masques, faute de stocks suffisants, il existerait, prêts à être vendus, des millions de masques en stock sur le territoire national...

Les #masques tombent !

Position commune des présidents des ordres des professions de santé sur la distribution des masques ??

« La consternation s’allie au dégoût », écrivent-ils, ajoutant que « toute guerre a ses profiteurs » : « Comment s’expliquer que nos soignants n’aient pas pu être dotés de masques quand on annonce, à grand renfort de communication tapageuse, des chiffres sidérants de masques vendus au public par certains circuits de distribution ?, interrogent-ils. 100 millions par ci, 50 millions par là… Où étaient ces masques quand nos médecins, infirmiers (…) tremblaient et tombaient chaque matin ? ».

Jean-François Batalla, représentant breton de l’Ordre des pharmaciens, accuse, dans un courrier adressé aux officines de la région : « Combien de fois avons-nous été contraints de refuser des masques aux patients en chimio, aux malades chroniques ? » Et d’intimer : « Qu’ils justifient d’où vient leur stock ! ».

Pas de stocks cachés

La Fédération du commerce et de la distribution (FCD) a contre-attaqué dans la foulée. Pour elle, qui regroupe la plupart des enseignes de la grande distribution (à l’exception, notamment, des Leclerc), le communiqué des professions de santé est « outrancier et diffamatoire ».

[Communiqué de presse] En réponse à la communication récente de certains ordres de professions de santé sur la vente de masques "grand public" par les enseignes de la grande distribution. pic.twitter.com/qVxqGCziAq— Fédération du Commerce et de la Distribution (@FCDfrance) May 1, 2020

Reprenant les accusations portées contre elle, la FCD a d’abord renvoyé l’État dans les cordes, concernant la pénurie de masques pour les soignants : « Nous n’avons jamais été en charge de l’achat et de la fourniture de masques pour les soignants. (Nos enseignes) ont remis leurs stocks de masques FFP2 au monde de la santé dès le début de la crise ». Plus loin, la fédération dément l’idée qu’il ait pu y avoir des « stocks cachés » : « Les chiffres annoncés par les enseignes concernent les commandes effectuées, qui ne vont être livrées que très progressivement ».

Menace de plainte au pénal

Michel-Édouard Leclerc a plaidé, via le réseau Twitter, qu’il « ne s’agit pas de faire du business avec les masques, d’ailleurs ils seront vendus à prix coûtant. (…) Cette polémique est absurde ».

Samedi, le président (LR) de la région Paca, Renaud Muselier, a donné « trois jours à la grande distribution pour prouver qu’elle n’avait pas de stocks cachés ». En menaçant de porter plainte pour mise en danger de la vie d’autrui et non-assistance à personne en danger.

* Peu après sa publication, l’Ordre des chirurgiens-dentistes s’est désolidarisé de la tribune.

1 mai 2020

Evidemment avec un masque c'est plus difficile...

masque33

1 mai 2020

Où se procurer un masque « grand public » ? Combien de temps le porter ?… Nos réponses à vos questions

protections

Par Laura Motet

Le déconfinement progressif prévu à partir du 11 mai s’accompagnera d’une obligation de porter un masque dans les transports en commun ou dans certains établissements scolaires.

C’est désormais officiel. Le port du masque sera obligatoire pour tous les passagers dans les transports publics, pendant les trois semaines suivant la fin annoncée du confinement, le 11 mai, ainsi que pour les professionnels de la petite enfance et les élèves à partir du collège, a annoncé le premier ministre Edouard Philippe, mardi 28 avril, en dévoilant devant les députés les modalités de sortie du confinement.

Les masques « alternatifs » servent-ils à quelque chose ? Où se les procurer avant le 11 mai ? Comment les laver ? Tour d’horizon des principales interrogations posées par le port du masque en tissu.

A quoi sert le port du masque en tissu ?

Les masques en tissu servent principalement à éviter que le porteur n’infecte son entourage. Lorsqu’ils suivent les règles édictées par l’Association française de normalisation (Afnor), ces masques sont en mesure d’arrêter entre 70 % et 90 % des particules de 3 microns (3 millièmes de millimètre) ou plus – ce qui comprend les grosses gouttelettes expulsées par un porteur de masque malade, gouttelettes dont le diamètre est de l’ordre de 5 microns.

Le masque en tissu homologué peut apporter également « une certaine protection », « limitée », à une personne saine qui le porterait face à une personne contaminée, note l’Afnor. A ce jour, la valeur précise de ce niveau de protection reste toutefois inconnue. Le masque en tissu protège en revanche bien moins que le FFP2, réservé aux personnels soignants, qui arrête 94 % des particules dont le diamètre est inférieur à 0,6 micron (voir notre infographie sur les niveaux de protection en fin d’article).

Où se procurer des masques en tissu ?

Depuis lundi 27 avril, les pharmacies ont le droit de vendre des masques en tissu. « Progressivement, nous parviendrons à une situation classique, où les Français pourront sans risque de pénurie se procurer des masques “grand public” dans tous les commerces », a déclaré le premier ministre devant les députés. Certaines collectivités locales ont par ailleurs décidé d’en distribuer à leurs habitants.

L’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM) fait savoir, dans un avis, que deux types de masques en tissu sont disponibles, selon les publics : les masques de « catégorie 1 », à destination des « professionnels en contact avec le public », comme les « hôtesses de caisse et les forces de l’ordre ». Ceux-là sont capables de filtrer 90 % à 95 % des particules émises par le porteur.

Les masques de « catégorie 2 », dits « de protection à visée collective », seront, eux, en vente libre à destination du reste de population. Ils filtrent, pour leur part, 70 % à 80 % des particules émises par le porteur. Leur prix n’est, à ce stade, pas encadré, mais leur prix unitaire constaté oscille entre 2 et 6 euros, selon le modèle.

Les masques FFP2 et chirurgicaux restent, eux, réservés aux personnels de santé.

Y a-t-il des designs plus efficaces que d’autres ?

Tout à fait. Deux designs de masques en tissu offrent la protection mentionnée plus haut – quelle que soit la catégorie du masque : la forme « bec de canard » et la forme « trois plis », dont les patrons ont été publiés sur le site de l’Afnor, qui a pour mission d’élaborer et de transcrire des normes en France.

La confection ou l’achat d’un masque en tissu à couture sagittale (couture verticale au niveau du nez et de la bouche) est en revanche proscrit, du fait d’un « risque de fuite [de gouttelettes de virus] par la couture », alerte l’association. Les masques avec des agrafes sont également déconseillés, celles-ci pouvant constituer « un danger ou une nuisance pour l’utilisateur », poursuit-elle. Idem pour les masques faits d’une seule épaisseur d’étoffe, quelle qu’elle soit.

Quelles matières privilégier ?

Le masque doit être fait dans un tissu souple, afin qu’il suive bien les angles du visage et garantisse ainsi une bonne étanchéité. Son efficacité (en termes de respirabilité et de filtrage) varie par ailleurs fortement selon le type de matière qui le constitue.

Dans le cas où vous souhaiteriez confectionner le vôtre, nous vous invitons à consulter la liste des combinaisons d’étoffes testées par l’Institut français du textile et de l’habillement. Pour des masques de catégorie 2, il est ainsi possible d’utiliser une combinaison de trois couches, alternant un coton de 150 g/m², une viscose non tissée de 130 g/m² et un coton de 150 g/m².

Pour des masques de catégorie 1, qui demandent une meilleure filtration, il est aussi possible d’utiliser une combinaison de trois couches, avec un coton de 80 g/m², une maille polaire de 115 g/m² et un tissage de soie de 80 g/m². A l’inverse, certaines combinaisons d’étoffes ne passent pas les tests, comme un masque fait avec deux couches de jersey de coton 280 g/m².

Dans le cas où vous achèteriez votre masque dans le commerce, celui-ci a en principe été confectionné en respectant les consignes de l’Afnor. Les masques agréés doivent indiquer sur l’emballage le nom du fournisseur, le numéro de la règle en vigueur pour les masques en tissu (Afnor SPEC S76-001), la durée d’utilisation et les instructions d’entretien. En l’absence de ces mentions, rien ne garantit la qualité des masques vendus.

Comment le mettre ? Comment le retirer ?

Avant de mettre en place le masque – ou de le retirer –, il faut se laver les mains au moins vingt secondes. Le masque se manipule uniquement par les élastiques, jamais par le milieu.

Il doit par ailleurs couvrir la zone partant de la bosse du nez jusqu’au-dessous du menton, sans bailler sur les côtés. Un masque porté uniquement au niveau de la bouche perd largement de son efficacité.

En l’absence de masque en tissu, puis-je utiliser des filtres à café ou un sac d’aspirateur ?

Surtout pas. Si ces matières ont une excellente capacité filtrante, ils ne sont pas faits pour respirer dedans et sont donc « susceptibles de libérer dans l’air inhalé des substances irritantes pouvant causer un risque d’allergie (en particulier de crises d’asthme grave) et/ou de toxicité », alerte l’Afnor.

Combien de temps puis-je le porter ?

Les masques en tissu doivent être changés au minimum toutes les quatre heures, explique l’Afnor dans son guide à destination des fabricants.

Il faut donc compter deux à trois masques en tissu par personne et par jour, dans le cas d’une personne travaillant hors de chez elle.

Comment le nettoyer ? Combien de lavages supporte-t-il ?

Les masques en tissu sont conçus pour être réutilisables après un nettoyage complet.

Ils doivent être mis en machine à 60 °C pendant trente minutes au minimum avec votre lessive habituelle. L’Afnor déconseille en revanche l’ajout d’un adoucissant ou d’un produit nettoyant différent de votre lessive : les résidus que vous pourriez inhaler en portant le masque après lavage pourraient en effet être toxiques. Il est possible d’y adjoindre des draps ou des serviettes en coton, qui supportent également ces températures.

L’association de normalisation déconseille le seul séchage à l’air libre du masque. Elle invite les porteurs à repasser en plus le masque à la vapeur, « à une température n’abîmant pas le tissu ». Autre option : utiliser un sèche-linge dans les deux heures qui suivent le lavage du masque.

L’Afnor demande aux fabricants de préciser sur l’emballage le nombre de cycles de lavage que peut supporter le masque sans voir son pouvoir de filtration détérioré. Au minimum, ils doivent tenir au moins cinq cycles.

Je n’ai pas de machine à laver, puis-je utiliser un sèche-cheveux ? Ou un fer à repasser très chaud ? Ou verser le contenu de ma bouilloire dessus ?

« Un sèche-cheveux n’est pas adapté pour procéder à un nettoyage, avertit l’Association de normalisation. Il peut néanmoins être utile pour finaliser le séchage d’un masque barrière. Mais prenez garde : la mauvaise maîtrise du niveau de température peut dégrader la matière filtrante, surtout si celle-ci est thermosensible. » Idem pour le fer à repasser : utile pour « sursécher » son masque, inutile, voire dangereux, pour le nettoyer.

Quant à l’eau bouillante, elle est également proscrite par l’Afnor, car une température avoisinant 100 °C peut endommager le tissu.

28 avril 2020

Des masques, des masques, des masques...

masque joli

masques 14

masques effucacité

masques3333

Publicité
<< < 1 2 3 > >>