Messes de Minuit avant l'heure...
RELIGION Les offices annonçant la Nativité ont lieu de plus en plus tôt. Rares sont ceux qui se termineront ce soir après minuit. Les fidèles préfèrent réveillonner après.
Par Vincent Mongaillard
Dans les églisesde France, le petit Jésus naît de plus en plus tôt. Noël après Noël, les « vraies » messes de minuit deviennent en effet plus rares. Ce soir, la majorité des offices annonçant la Nativité s’achèveront avant 23 heures, avant donc le passage au 25 décembre, qui marque solennellement l’arrivée du « Sauveur ». Une petite entorse à la tradition pour garnir davantage les bancs des édifices.
C’est que les mœurs religieuses sont en pleine évolution. « Cela répond à un besoin des familles, qui veulent commencer la soirée par la messe pour poursuivre avec le réveillon. Avant, c’était l’inverse », décrypte Mgr Benoist de Sinety, vicaire général du diocèse de Paris, qui se souvient que, lorsqu’il était gamin, la veillée débutait à minuit. « Ce décalage horaire conduit à poser une question : qu’est-ce qui est prioritaire, le réveillon ou l’office ? » sourit l’historien des religions Odon Vallet, qui voit d’autres raisons qui incitent les paroisses à avancer l’heure. « Il y a dans les églises un public âgé qui est difficile à déplacer tard », estime l’auteur du livre « les Religions dans le monde » (Flammarion). « La dimension de l’insécurité, dans un contexte d’attentats, joue aussi », enchaîne-t-il.
Dans la capitale, plus de 250 célébrations auront lieu aujourd’hui entre 16 heures et 23 heures contre une quarantaine qui entendront sonner les douze coups de minuit. Ces dernières années, les messes des familles entre 17 et 19 heures, qui permettent aux enfants de chanter « Douce nuit sainte nuit », se sont développées. « Tout en maintenant les symboles, il faut savoir intégrer les nouveaux modes de vie, sinon on perd tout le monde. La tradition, c’est quelque chose de vivant », explique le père Laurent Berthout, qui officie à Caen (Calvados). Ce soir, il dira deux messes, l’une à 19 heures à l’église Saint-Jean, l’autre à 21 h 30 à l’abbaye aux Dames. « Je suis très satisfait parce qu’il va y avoir une belle ambiance familiale. C’est vrai, je regrette de ne pas célébrer plus tard. Mais je ne serais pas suivi », confie ce curé âgé de 52 ans.
Dans les campagnes, on entonne encore moins le cantique « Minuit, chrétiens » à la bonne heure. Les prêtres étant à la tête de plus en plus de clochers, il faut étaler dans la soirée les consécrations. « Ils ont aussi plus de kilomètres à faire, il faut leur éviter d’être sur les routes trop tardivement », souligne l’ecclésiastique, par ailleurs délégué épiscopal à l’information au diocèse de Bayeux. Si les curés sont moins nombreux qu’autrefois à enfiler l’aube à minuit, les communautés religieuses, à l’instar des carmélites ou des bénédictines, restent, elles, fidèles à la tradition. Il faut dire qu’elles peuvent célébrer à domicile la venue au monde du Messie.
La une du Parisien de ce matin - « Compenser la brutalité du monde par de la générosité »
Ronan Chastellier, sociologue, maître de conférences à Sciences-Po Paris
Observateur avisé de nos modes de consommation, Ronan Chastellier, sociologue, qui enseigne à Sciences-Po Paris, constate que l’impact des attentats de novembre 2015, ainsi que les images de Syrie, des migrants, ont modifié nos comportements. La générosité, la profondeur et la solidarité seront selon lui les marqueurs de ce Noël post-attentats.
Qu’est-ce qui, selon vous, a changé entre Noël 2015 et 2016 ?
Ronan Chastellier. Les gens ont plus besoin cette année de petites attentions, c’est un besoin post-traumatique naturel. Il est donc possible que, sous le sapin, il y ait quelques exagérations, quelques démonstrations inédites d’amour, car dans le contexte géopolitique incertain, nous sommes en position d’excès en même temps qu’en situation de régression vers le cocon protecteur. Le choix des cadeaux devrait exprimer ce besoin de compenser la brutalité du monde par de la générosité. Le fait que les Français s’apprêtent à consacrer au réveillon plus de 600 € dans un contexte social difficile en est une preuve.
Cela va-t-il modifier les arbitrages dans le choix des cadeaux ?
Evidemment. Après les attentats, nous avons un fort besoin de contenus émotionnels. Tout ce qui crée du lien devrait trouver sa place au pied du sapin. En premier lieu, les smartphones, créateurs par excellence de liens entre les gens. Et puis, cette année, il y a aussi un fort besoin de profondeur, de compréhension. Les ventes de livres comme « le Dictionnaire nostalgique de la politesse » ou sur l’islam montrent bien cette inquiétude des Français et leur volonté de comprendre. Et puis, les livres, c’est l’occasion d’aborder autour de la table du réveillon des sujets sérieux, à l’image du contexte, mais peu clivants. Sauf, en cette période de primaires, à offrir un livre politique… Noël sera donc probablement plus culturel.
Le Français de 2016 sera donc plus généreux ?
Oui, le souci de l’autre qu’ont tout particulièrement les Français cette année se traduit déjà par l’importance des dons accordés aux associations humanitaires. Les gens ont vu tellement d’images terribles, qu’ils se disent : « Ça peut m’arriver. » Et ça, ça desserre le porte-monnaie. Mais il faudra penser aussi aux 364 autres jours de l’année…
Propos recueillis par Daniel Rosenweg
Les illuminations de retour à Rochefort - Vu ce soir
Vendredi à la nuit tombée, des dizaines de lanternes volantes sont parties dans le ciel, ouvrant la saison des illuminations danbs les rues de Rochefort-en-Terre. Des nouveautés, cette année, l’illumination du vieuxbourg, et le parking gratuit du plan d’eau qui offre un chemin sécurisé et illuminé pour rejoindre le centre. Cela fait un peu loin mais ne décourage pas les visiteurs, d’autant qu’un Tuktuk (petite navette d’origine thaïlandaise) propose ses services, en accord avec la municipalité, pour véhiculer des personnes et les amener à l’entrée de Rochefort, ou en ramener d’autres au parking, et ce, en libre participation, «car il est difficile d’évaluer le coût » dit Hervé Augagneur, son chauffeur. Le chemin venant du parking a été aménagé par la mairie et sera éclairé jusqu’à minuit, le parking, (120 places) jusqu’à minuit et demi. Ce n’était pas l’affluence, mais les gens étaient ravis, comme a confié un couple :« c’est vraiment bien, et le parc du château c’est vraiment très beau » .





























