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Jours tranquilles à Paris
23 juin 2013

Landru dans le métro...

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Henri Désiré LANDRU

Une barbe brune fournie, des yeux d'un noir profond, le crâne atteint de calvitie, Henri Désiré Landru est, au début du siècle, un homme parfaitement banal. Pourtant, il deviendra le premier tueur en série que la France ait connu.

Chez Landru, tout est lié non pas à la parole mais à l'écrit. D'où sa présence aujourd'hui au Musée des lettres et manuscrits. Tout commence en 1915 par des petites annonces au sein de journaux pour rencontrer de jeunes veuves. «Monsieur sérieux, ayant petit capital, désire épouser veuve ou femme incomprise», écrit-il alors. «Il prend les rendez-vous à la suite les uns des autres, dans une même journée, explique Estelle Gaudry, commissaire de l'exposition. Il retranscrit dans un petit carnet le nom de ces femmes et en face d'eux les mentions “à répondre”, “sans intérêt”, “sous réserve”, “sans fortune”.» Il emmènera ses favorites dans sa maison de campagne de Gambais, louée sous différents noms d'emprunts. Là, il les tue, les démembre et les brûle dans sa désormais célèbre petite cuisinière.

Lorsqu'il se fait arrêter en 1919, les enquêteurs ne trouvent aucun corps et donc aucune preuve de ses crimes. Mais, maniaque, il notait absolument tout dans ses petits carnets, de ses dépenses aux noms de ses victimes en passant par les recettes que lui rapportaient ses crimes. C'est ce qui le perdra. Sans ses carnets, pas d'affaire Landru. C'est grâce à ces traces écrites que les forces de l'ordre, et notamment l'inspecteur Jules Belin de la 1re brigade mobile, ont réussi à mettre au jour ses méfaits. «Landru ne dévoile rien lors de ses interrogatoires. Les enquêteurs n'ont alors d'autre choix que celui d'éplucher la liste de noms qu'il a dressée par écrit. Un travail de longue haleine», raconte Estelle Gaudry.

Au mur de l'exposition, les procès-verbaux dressés par les policiers, dans lesquels ils ont souligné de bleu ou de rouge les passages les plus importants. Dans les vitrines, les bouts de papier sur lesquels ils avaient répertorié les noms d'emprunt de Landru ainsi que les fiches d'identité des onze victimes du «Barbe Bleue de Gambais».

Tous ces écrits se regardent aujourd'hui face à face dans la salle du musée pour essayer de retranscrire la vie énigmatique d'un des plus célèbres criminels français. Son silence lors des interrogatoires menés par l'inspecteur Jules Belin laissera pour toujours planer une part de mystère autour de son histoire. Le 25 février 1922, le couperet tombe. Landru emporte pour toujours son secret dans la tombe. Le bourreau Anatole Deibler écrit froidement dans son carnet: «Exécuté à Versailles. Samedi. Temps clair. 6 h 10.»

Landru 6 h 10 Temps clair, au Musée des lettres et manuscrits

222, boulevard Saint-Germain, jusqu'au 15 septembre

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