Jours tranquilles à Paris

... n'en déplaise à Henry Miller. « Ce pourquoi les autres te critiquent là se trouve ce que tu dois cultiver »

lundi 23 octobre 2017

Extrait d'un shooting - nu au tabouret

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Madonna photographiée par Patrick Demarchelier

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Les MOOC ont-ils tourné court ?

Par Marine Miller - Le Monde

Présentés il y a cinq ans par les universités américaines comme une révolution pédagogique, ces cours en ligne ont-ils tenu leurs promesses ?

« J’ai l’impression qu’il existe deux pilules : une rouge et une bleue. Si vous prenez la bleue, vous pouvez paisiblement retourner dans votre salle de classe et enseigner à vos vingt étudiants. Moi j’ai pris la rouge et j’ai vu Wonderland. » Impossible pour Sebastian Thrun, éminent professeur d’intelligence artificielle, de retourner enseigner à l’université Stanford (Californie) comme si de rien n’était. L’auteur de cette ­déclaration venait en effet de diffuser, à l’automne 2011, son premier cours en ligne : 160 000 personnes issues de 190 pays s’y étaient inscrites, faisant exploser l’échelle et diversifiant brutalement les profils des étudiants de sa classe. Pis, sur les 200 étudiants qui suivaient le cours sur le campus, seule une trentaine d’entre eux continua à se déplacer après plusieurs semaines de diffusion des ­vidéos. Quelques mois plus tard, Sebastian Thrun, déjà concepteur de la voiture sans ­conducteur de Google, annonçait sa décision de se retirer de l’université pour lancer une plate-forme de MOOC (massive open online courses, ou enseignement de masse disponible en ­ligne), Udacity, et, comme le héros de Matrix auquel il semblait s’identifier en ­prenant la ­pilule rouge, faire le pari de « la ­connaissance et de la vérité ».

L’emballement médiatique autour des MOOC était lancé et l’heure des « gourous » était venue. Au sein de la même célèbre université, Daphne Koller et Andrew Ng lançaient à leur tour leur plate-forme de cours en ligne, Coursera. Au même moment, sur la côte Est, le Massachusetts Institute of Technology (MIT) et l’université Harvard répliquaient en lançant leur propre plate-forme, conscients du coup à jouer en vertu de la loi du « winner ­takes all » (le gagnant rafle tout). Dans une de ces conférences qu’affectionnent particuliè­rement les amateurs d’histoires à succès, ­Daphne Koller faisait la promesse que, grâce aux cours en ligne, plus aucun étudiant (pauvre et éloigné des Etats-Unis) ne serait exclu des meilleures universités. Pour convaincre, l’enseignante montrait des images d’une file d’attente d’étudiants venus s’inscrire dans une université en Afrique du Sud et pris tout à coup dans un mouvement de foule. Plusieurs blessés et un mort. Effet spectaculaire garanti.

Deux camps

Toute cette agitation et ces déclarations fracassantes eurent un effet retentissant de l’autre côté de l’Atlantique. L’Europe, entre fascination et inquiétude, s’intéressa aussitôt au phénomène. « Tout à coup, tout a bougé très vite. Notre président a décidé de se rendre aux Etats-Unis pour comprendre ce qui se passait dans ces universités d’élite. Et nous nous sommes lancés dans la conception de MOOC à ­notre tour », se remémore Pierre Dillenbourg, professeur à l’Ecole polytechnique fédérale de Lausanne (EPFL), l’un des premiers établissements à créer des MOOC en Europe.

« Comme à chaque fois qu’une technologie apparaît, deux camps s’affrontent inexorablement. Les évangélistes et les apprentis sorciers qui soutiennent que les MOOC vont répandre le savoir et que l’intelligence humaine va augmenter. Face à eux, la tribu des grognons du ­numérique qui se méfient de ces outils et agitent le spectre de la fermeture des écoles », rappelle Marcel Lebrun, professeur en technologies de l’éducation à l’Université catholique de Louvain, en Belgique. Rejouant une forme moderne de la bataille d’Hernani, qui opposa au XIXe siècle les romantiques et les classiques autour des codes du théâtre, les universitaires français entrèrent dans le débat.

La première manifestation de cette « bataille » se cristallisa rapidement autour de la pauvreté de cette innovation. Des vidéos en ligne de cours avec des quiz pour vérifier que les apprenants ne décrochent pas : une disruption, vraiment ? Pour Dominique Boullier, professeur de sociologie à l’Ecole polytechnique fédérale de Lausanne, c’était oublier la vague d’enseignement à distance apparue en France dans les années 1990. « Nous observons un effet diligence qui veut que les premières formes d’une innovation reprennent celles déjà connues dans un autre contexte technologique, comme les trains reprirent la diligence, et les automobiles les voitures à cheval. » A y regarder de plus près, les MOOC constituent en effet une version ­virtuelle mais littérale d’un cours magistral ­accompagné d’un questionnaire qui ressemble à un simple contrôle de connaissances basé sur la mémoire immédiate.

« LE NUMÉRIQUE EST EXCELLENT POUR STOCKER DE L’INFORMATION MAIS IL EST LOIN D’ÊTRE ÉVIDENT QU’IL APPRENNE À RAISONNER »

PASCAL ENGEL, ­PHILOSOPHE

Sans devenir un affrontement caricatural ­entre les contempteurs et les adorateurs des technologies, la question de l’absence « physique » du professeur dans le processus d’apprentissage se posa naturellement. Présentée comme révolutionnaire aux Etats-Unis, cette absence inquiéta une partie des professeurs d’université. « Tout le monde est d’accord sur le fait que les cours magistraux dans des amphithéâtres bondés sont à bannir, mais les professeurs n’en sont pas moins des acteurs de théâtre qui sentent les réactions du public et pas des acteurs de cinéma », estime Pascal Engel, ­philosophe et directeur d’étude à l’Ecole des hautes études en sciences sociales (EHESS). L’enseignement est une activité « vivante » qui suppose des « allers-retours, des changements de vitesse et des adaptations ». « Le numérique est excellent pour stocker de l’information mais il est loin d’être évident qu’il apprenne à raisonner, à questionner ses sources, à réfléchir, ce qui est le but d’un enseignement universitaire », estime le philosophe.

A ces critiques, d’autres enseignants répondirent que les MOOC ne devaient pas « remplacer » le professeur mais l’accompagner, comme une ressource supplémentaire pour construire son cours. Mais au moment où le ministère de l’éducation nationale et de l’enseignement supérieur se lançait, fin 2013, dans la création d’une plate-forme de MOOC francophones, étrangement résumée à son acronyme FUN (France université numérique), les premières études vinrent donner raison aux sceptiques.

Aux Etats-Unis, les taux d’abandon étaient vertigineux. Une étude de l’université de Pennsylvanie, publiée en décembre 2013, montrait que la moitié des inscrits consultait une seule séance du cours et seuls 4 % d’entre eux allaient jusqu’au bout. Autre enseignement, une large majorité des inscrits étaient déjà diplômés de l’enseignement supérieur. Les plates-formes américaines Coursera et Udacity avaient déjà changé de modèle économique, l’une se positionnant sur les certificats payants et la revente des données des utilisateurs et l’autre sur le commerce de formation professionnelle pour les entreprises. La même tendance se fit naturellement sentir sur la ­plate-forme francophone. Les MOOC ne seraient donc pas la révolution majeure qui transformerait l’université du XXIe siècle.

Révolution copernicienne

En revanche, un débat fertile a (re) surgi à la faveur de l’éclatement de la bulle MOOC. Puisque le savoir est « partout sur la Toile, dis­ponible, objectivé, accessible à tous », comme ­l’écrivait, en 2011, Michel Serres, pourrait-on recentrer le rôle de l’enseignant sur le débat, la pensée critique, et les questions que se posent les étudiants ? Ce qui pourrait prendre la forme d’un dispositif bien connu avant l’arrivée des MOOC : la classe inversée.

« C’est une révolution copernicienne que nous n’avons pas encore accomplie collectivement », reconnaît Jean-François Balaudé, philosophe et président de l’université Paris-Nanterre, pionnier des MOOC français avec son cours intitulé « Philosophie et mode de vie : de Socrate à Pierre Hadot et Michel Foucault », diffusé en 2014 sur la plate-forme française, et qui recueillit l’inscription de 30 000 personnes. L’université Paris-Nanterre, qui prépare sa nouvelle carte de formation licence-master-doctorat, réfléchit à intégrer des MOOC dans plusieurs cursus, « mais cela se fera sans violenter la communauté universitaire », tient à souligner le président, conscient des freins et des méfiances d’une partie de sa communauté.

L’une des explications de la résistance à la classe inversée se trouverait-elle dans notre tradition catholique du cours ex cathedra ? Selon Marcel Lebrun, « cela vient du rapport au livre. Lorsque l’imprimerie se diffuse au milieu du XVe siècle, les catholiques, méfiants, préfèrent valoriser l’interprétation du clergé. Luther, à l’inverse, encourage un accès direct au livre et au savoir, ce qui permettra aussi à la Réforme de prendre de l’ampleur ». Les universités sont restées les héritières de ces ­pratiques. Le professeur, en son estrade, ­demeure le dépositaire de la connaissance.

Les MOOC, en 2017, sont entrés dans une période de « traversée de la désillusion », selon des termes empruntés au cabinet américain Gartner. A défaut d’avoir incarné une révolution technologique de grande ampleur, les MOOC ont eu le mérite d’ébranler les convictions pédagogiques et de créer du débat sur les pratiques des enseignants. « La culture numérique n’est vieille que d’une ­génération, contrairement à l’écriture ou au livre. Laissons le temps à ces innovations de se développer, elles n’ont que cinq ans… », tempère Marcel Lebrun.

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Australie - Melbourne

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Agressions sexuelles

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FIAC 2017

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Travail : Prendre ses aises nuit à la productivité

Par Nicolas Santolaria - Le Monde

Les cadres sont invités à sortir de leur « zone de confort » afin de ne pas s’endormir sur leurs lauriers. Au point que certaines sociétés sont allées jusqu’à imaginer une start-up en interne pour s’auto-concurrencer.

Parmi les expressions cocasses qui rythment la vie d’entreprise, je dois avouer une tendresse particulière pour celle qui invite les cadres à « sortir de leur zone de confort ». Cette formule postule en premier lieu qu’existe quelque part, dans le for intérieur de chaque travailleur, un lieu si moelleux, si accueillant qu’on a envie de s’y pelotonner comme dans les draps satinés d’une grasse matinée éternelle.

S’IL AVAIT EU LA CLIM DANS SA CAVERNE, DES TICKETS RESTO ET UNE APPLI DELIVEROO, IL N’EST PAS CERTAIN QUE L’HOMME PRÉHISTORIQUE SE SERAIT LANCÉ DANS LA PÉRILLEUSE CHASSE AU MAMMOUTH

Selon une croyance répandue, le périmètre de cette fameuse « zone de confort » aurait tendance à s’étendre lorsqu’on est un peu trop sûr de son fait, lorsque la perspective de la prise de risque s’évanouit derrière le voile anesthésiant des process. On finit alors par ne plus faire de différence entre une réunion stratégique et un espace lounge, entre une chaise de bureau et un fauteuil club. Cet immobilisme douillet contamine l’ensemble de notre relation au travail, constituant une sorte d’épicentre marécageux qui risque à terme d’engloutir le devenir même de la structure. Quand la moquette est trop épaisse et le chauffage trop bien réglé, l’entreprise devient un colosse aux pieds d’argile que pourrait balayer le simple éternuement d’une start-up tout juste sortie du néant. A quoi bon partir à la conquête de nouveaux marchés et chercher des solutions innovantes, se dit le salarié, si le quotidien est déjà aussi enchanteur qu’un arc-en-ciel de Dragibus ?

Créer de l’insécurité pour booster la productivité

« Il est parfois nécessaire de créer de l’insécurité ou de l’inconfort pour booster la productivité, car trop de confort endort », écrit Béatrice Gérard dans son ouvrage Oseriez-vous sortir du cadre ? S’il avait eu la clim dans sa caverne, des Tickets Resto et une appli Deliveroo, il n’est pas certain que l’homme préhistorique se serait lancé dans la périlleuse chasse au mammouth. C’est en partant de ce constat assez simple que certaines entreprises envisagent désormais de générer une adversité de synthèse, avec l’objectif affiché de sortir le salarié de son prétendu semi-coma. C’est le cas de Scality, société spécialisée dans le stockage intelligent, qui a eu l’idée de créer en interne une start-up lui faisant concurrence sur son propre marché.

Là où Scality vend des licences, l’autre structure propose des produits open source, un peu comme si Apple décidait de distribuer soudain des iPhone gratuits en créant une sous-marque avec une poire à moitié croquée en guise de logo. Ou comme si un salarié transformait son fauteuil à roulettes en planche à clous. Difficile de savoir si cette forme très en vogue d’auto-concurrence épineuse relève du génie disruptif ou de la totale idiotie (les deux n’étant pas incompatibles), mais une chose est sûre : le sommet du confort est de pouvoir organiser soi-même, à l’envi, presque sur le mode du caprice, ses propres zones d’inconfort.

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Extrait d'un shooting - portrait

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Mert et Marcus

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Plongez dans le monde survolté de Mert et Marcus, le binôme créatif audacieux qui a stylisé et photographié certaines des marques et personnalités les plus influentes de notre époque, de Miu Miu à Angelina Jolie, de Givenchy à Gisele Bündchen. Cette édition format XXL rassemble quelque 300 photos extraites du répertoire ultra-glamour et ultra-glacé des deux artistes qui ne cessent de redéfinir les standards de la mode.

mert anime

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N'importe quoi !!!!!

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Donald Trump autorise la publication d’archives sur l’assassinat de John F. Kennedy

Le 26 octobre, 3 100 documents inédits vont être publiés. Leur maintien sous scellés a alimenté de nombreuses théories du complot.

Le président américain Donald Trump a autorisé, samedi 21 octobre, la publication prochaine de milliers de nouveaux documents sur l’assassinat de John F. Kennedy, dont le maintien sous scellés pendant plus de cinquante ans a alimenté de nombreuses théories du complot. « Sous réserve de la réception de nouvelles informations, je vais autoriser, en tant que président, que les DOSSIERS JFK longtemps bloqués et classés top secret soient ouverts », a écrit le président américain sur son compte Twitter.

Plus de cinquante ans après les faits, une majorité d’Américains doute toujours de la version officielle présentant Lee Harvey Oswald comme le seul responsable de l’assassinat du président démocrate à Dallas (Texas), le 22 novembre 1963.

Dans son édition de samedi, le Washington Post rapporte que les documents à paraître pourraient éclairer d’un jour nouveau les activités d’Oswald à Mexico fin septembre 1963 et ses tentatives d’approche d’espions cubains et russes.

Multiples théories du complot

Moment charnière de l’histoire des Etats-Unis, l’assassinat du jeune président – il avait alors 46 ans – alimente depuis des décennies les théories du complot, certains doutant que le tireur ait agi seul. Cet assassinat a donné lieu à des milliers de livres, d’articles, de films et de documentaires développant de multiples théories impliquant Cuba, la mafia ou des cercles liés aux agences fédérales chargées de la sécurité.

Les théories évoquant une conspiration avaient repris un nouveau souffle après la sortie du film JFK de Oliver Stone en 1991. Face au débat public alors décuplé, une loi avait été signée, en 1992, imposant la publication de tous les documents, tout en conservant sous scellés une partie d’entre eux jusqu’au 26 octobre 2017.

Environ cinq millions de documents sur l’assassinat de JFK, provenant essentiellement des services de renseignement, de la police et du ministère de la justice, sont conservés à Washington aux Archives nationales. L’immense majorité, 88 %, a déjà été révélée au public, selon cette institution et 11 % ont été publiés après avoir été caviardés.

3 100 documents censés être dévoilés

Le 26 octobre, 3 100 documents qui n’ont encore jamais été dévoilés au public devraient donc être finalement publiés ainsi que la version complète de dizaines de milliers de pièces qui avaient auparavant été caviardées.

Le site Politico, citant des responsables de l’administration, craignait vendredi qu’à la demande de la CIA le président bloque la publication de plusieurs de ces documents secrets, notamment ceux datant des années 1990, car ils pourraient exposer des agents et des informateurs de la CIA et du FBI encore en activité.

Le président américain peut en effet encore décider d’en maintenir certains secrets, pour des questions de sécurité. Une option que Donald Trump se réserve dans son tweet et qu’un responsable de la Maison Blanche a encore mis en avant dans l’après-midi.

« Le président estime que ces documents devraient être rendus accessibles dans l’intérêt d’une transparence complète, à moins que les services (de renseignement et de sécurité) ne fournissent une justification claire et convaincante liée à la sécurité nationale ou au maintien de l’ordre. »

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Vu sur instagram

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dimanche 22 octobre 2017

Théâtre : "Merci pour le bruit"

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Vu l'affiche dans le métro. Comme un air de déjà vu ! 

plagiat3Ci-dessus : Maurizio Cattelan. 

Parfois sortant d’un trou creusé dans le plancher, parfois suspendu à un mur, Maurizio CATTELAN adore se représenter en forme de mini-Maurizio !

http://jourstranquilles.canalblog.com/tag/maurizio%20cattelan

 

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Ellen von Unwerth - photographe

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Ils réparent des murs du monde entier avec des briques Lego

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Depuis 10 ans l’artiste allemand Jan Vormann voyage à travers le monde et en profite pour soutenir les constructions abîmées avec des briques multicolores. Sur son site, il appelle les internautes du monde entier à en faire autant. Et ça marche.

À mi-chemin entre l’art, la poésie enfantine, la rêverie et la maçonnerie, il y a Dispatchwork. Cette initiative originale, on la doit à un jeune artiste allemand, Jan Vormann qui depuis 10 ans parcourt le globe en laissant une trace colorée dans les murs croulants et autres constructions qui auraient besoin d’une petite rénovation. Dans plus de 40 villes à travers l’Europe, l’Amérique centrale, l’Asie ou les États-Unis, il a décoré ou renforcé des bâtisses à coups de briques Lego, en utilisant parfois une petite poignée mais parfois aussi des kilos entiers.

Des interventions diversement appréciées, certains y voyant un clin d’œil décoratif et d’autres estimant que c’est un appel à la rénovation; Certaines installations ont d’ailleurs été rapidement remplacées par une intervention à coup de brique et de ciment bien réels pour colmater les trous. Aujourd’hui, l’artiste a remis à jour son site Internet et appelle les internautes du monde entier à intervenir sur leurs murs avec le slogan: «Réparons le monde en couleur».

Souvenirs d’enfance

Pour Jan Vormann, ce genre d’intervention est l’occasion pour chacun de se réapproprier l’espace public et d’y laisser sa trace de la manière la plus ludique et infantile qui soit. C’est aussi l’occasion de faire revivre des souvenirs d’enfance et de se retrouver avec des étrangers à participer au même projet. À en voir le site Internet et le compte Instagram qui y est associé, le mouvement prend. Une cartographie complète permet de faire un tour du monde de ces murs joliment rafistolés à coups de briques Lego. La France y est bien représentée mais n’oubliez pas de flâner à travers le monde avant d’apporter votre propre brique à l’édifice.

 

@dispatchwork * Instagram photos and videos

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https://www.instagram.com

 

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L'Aérosol - vu en début de semaine

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Reportage photographique : Jacques Snap

L'Aérosol

Adresse : 54 Rue de l'Evangile, 75018 Paris

Téléphone : 01 34 18 86 83

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Egalité femmes-hommes - Comment l’affaire Weinstein a ouvert la boîte de Pandore des violences faites aux femmes

Par Violaine Morin, Gaëlle Dupont

Dans le sillage des révélations sur le producteur américain, célébrités et anonymes partagent au grand jour leurs témoignages d’agressions sexuelles.

Cette fois, la honte semble vraiment avoir changé de camp. La révélation des accusations de harcèlement sexuel portées contre le producteur américain Harvey Weinstein par le New York Times du 5 octobre a fait l’effet d’une bombe à fragmentation planétaire. Partout dans le monde, des femmes célèbres et anonymes ont dénoncé avoir subi des violences sexuelles de tous types, allant de l’interpellation salace, au harcèlement, à l’agression ou au viol, en pointant l’impunité de leurs agresseurs. Au risque de mettre en cause nommément des hommes qui n’ont pas les moyens de répondre à ces accusations. Mais le plus souvent en ne révélant pas leur identité.

Les vedettes de cinéma Gwyneth Paltrow, Asia Argento, Léa Seydoux, Rosanna Arquette, et d’autres, ont d’abord dénoncé le producteur américain. Puis la chanteuse islandaise Björk a mis en cause un célèbre réalisateur danois. Au Québec, neuf femmes ont témoigné contre le producteur d’humoristes Gilbert Rozon, rendu célèbre en France par sa participation à l’émission « La France a un incroyable talent », qui a démissionné mercredi 18 octobre de ses fonctions et présenté des excuses à « toutes celles et ceux qu’[il a] pu offenser ».

En France, Pierre Joxe, ancien ministre de François Mitterrand, est désormais accusé d’agression sexuelle par l’écrivaine Ariane Fornia, fille de l’ancien ministre Eric Besson, ce que l’intéressé dément. Dans les colonnes du Journal du dimanche du 14 octobre, Isabelle Adjani n’a relaté aucun événement la touchant personnellement, mais a dénoncé « l’impunité et le silence qui entourent encore le harcèlement sexuel » dans son milieu de travail, le cinéma.

« Pour la plupart des gens, si une actrice doit coucher pour y arriver, ça reste naturel, voire normal, selon l’idée qu’il faut bien donner un peu de soi quand on veut obtenir beaucoup, écrit-elle. Et cette question est trop peu souvent considérée sous l’angle du harcèlement et du viol. (…) Dans les maisons de production ou chez les décideurs, j’ai souvent entendu : “Toutes des salopes, toutes des putes de toute façon, ces actrices !” »

Arsenal classique du militantisme

Les célébrités ne sont pas les seules concernées. Sur les réseaux sociaux, le hashtag #balancetonporc, lancé le 13 octobre par la journaliste Sandra Muller, et #moiaussi, la déclinaison française du #metoo anglais, ont rassemblé plusieurs dizaines de milliers de personnes sur Twitter. « C’est une révolution, une prise de conscience, une incroyable libération de la parole des femmes », observe Fatima Benomar, porte-parole de l’association Les Effrontées, dans un communiqué du 18 octobre.

La mobilisation virale fait désormais partie de l’arsenal classique du militantisme. Mais son ampleur est sans précédent sur un sujet touchant aux droits des femmes. Elle est aussi inédite par sa nature, car elle n’émane d’aucune organisation féministe et dépasse largement les cercles militants. Chacune raconte ce qu’elle a vécu sur son compte Twitter ou Facebook. L’angle d’attaque choisi n’est pas non plus celui d’une campagne de sensibilisation féministe ordinaire.

« Là où une organisation choisira d’alerter sur les réseaux avec un angle précis, comme les transports en commun ou le monde du travail, #balancetonporc est universel. C’est n’importe quel harceleur, n’importe où », analyse Claire Blandin, professeure en sciences de l’information et de la communication à l’université Paris-XIII. La prise de parole collective résulte de la convergence de plusieurs facteurs : le climat médiatique créé par l’affaire Weinstein, bien sûr, mais aussi un élément « générationnel ».

« Raconter son agression, avec des détails parfois très intimes, suppose une acculturation aux réseaux sociaux et à leur fonctionnement », poursuit Claire Blandin. Cette mobilisation est en outre intervenue en France dans un contexte particulier. La décision du parquet de Pontoise de poursuivre pour atteinte sexuelle (passible de 5 ans de prison) et non pour viol (passible de 15 ans) un homme de 28 ans ayant eu des relations sexuelles avec une petite fille de 11 ans avait suscité l’indignation.

Tous les milieux concernés

La « Une » que le magazine Les Inrocks consacrait le 11 octobre au chanteur Bertrand Cantat, condamné pour l’homicide de sa compagne, Marie Trintignant a suscité la riposte du magazine Elle, qui faisait savoir le 17 octobre qu’il consacrait son éditorial à Marie Trintignant. « Son visage est devenu celui de toutes les femmes victimes de la violence des hommes, écrit la journaliste Dorothée Werner. Le visage des 123 anonymes tuées par leur conjoint l’an dernier. Celui des 33 inconnues qui, chaque jour, dénoncent un viol en France. Celui des femmes harcelées ou agressées – 216 000 plaintes déposées en 2016. A toutes ces femmes comme aux actrices contre Weinstein, comme à Flavie Flament contre Hamilton, il en faut, du courage. »

C’est comme si un couvercle avait sauté. Les médias s’emparent du sujet, invitant juristes, psychiatres, et militantes féministes à s’exprimer. Un phénomène qui était sous-jacent, banalisé, souvent intériorisé par les victimes, est dénoncé au grand jour. Plus d’une femme sur deux en France (53 %), et plus de six jeunes femmes sur dix (63 %) ont déjà été victimes d’agressions ou de harcèlement sexuel au moins une fois dans leur vie, selon un sondage Odoxa pour Le Figaro réalisé sur 995 personnes les 18 et 19 octobre.

Chacune, ou chacun peut faire le compte – les hommes sont également concernés (10 % selon le sondage Odoxa), souvent lorsqu’ils sont mineurs. « Le harcèlement sexuel touche tous les milieux, avec une prédilection pour ceux où un rapport de pouvoir s’exerce », affirme au Monde Marilyn Baldeck, déléguée générale de l’Association contre les violences faites aux femmes au travail.

La question des lendemains de cette mobilisation se pose déjà. Aura-t-elle un impact sur les comportements dans les rues, les entreprises, les universités, les familles ? « Il faut que la prise de conscience continue », espère Raphaëlle Rémy-Leleu, porte-parole d’Osez le féminisme !. Dimanche 29 octobre, un rassemblement « #metoo, dans la vraie vie », créé sur Facebook, est organisé à Paris. De son côté, le gouvernement a lancé le 16 octobre une concertation avant la présentation en 2018 d’un projet de loi « contre les violences sexistes et sexuelles », qui doit notamment comprendre un volet de lutte controversé contre le harcèlement de rue. La secrétaire d’Etat chargée de l’égalité entre les femmes et les hommes Marlène Schiappa dit être ouverte « toute question qui émergera des discussions ». Nul doute que l’affaire Weinstein et ses suites les alimenteront.

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Andja Lorein

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J’Instagram donc tu achètes

Par Elvire von Bardeleben - Le Monde

En postant une vidéo de baskets ou une photo d’une robe noire, les influenceurs sont devenus un relais essentiel entre les marques et les consommateurs. Une puissance 3.0 qui entraîne aussi des excès.

Comment faisait-on la promotion d’un parfum il y a encore cinq ans ? Assez simplement. La marque de cosmétique payait une actrice pour faire « égérie », placardait sa photo dans les Abribus, la filmait dans un spot élégant, subjectif ou abscons, diffusé à la télévision ou au cinéma. Aujourd’hui, cette tactique ne suffit plus : il faut aussi veiller à ce que la promotion soit assurée par des influenceurs – c’est-à-dire des leaders d’opinion sur les réseaux sociaux. Mais ce nouveau mode de communication devenu indispensable pose problème. Tout le monde sait reconnaître une publicité quand elle est affichée dans un panneau JCDecaux. En revanche, lorsqu’elle prend la forme d’une image carrée sur un fil Instagram, ça devient moins clair.

Et le blogueur fut

L’histoire commence au milieu des années 2000, avec l’apparition des blogs de mode et de beauté. Ils mélangent alors les confessions de type journal intime et la recommandation vestimentaire ou cosmétique. Les blogueurs, qui appartiennent pour la plupart d’entre eux à la « génération millennials », née entre 1980 et 1999, représentent alors une sorte de contre-pouvoir aux magazines, dans lesquels ils ne se reconnaissent pas. Et incarnent aux yeux de leur communauté une personne « authentique », qui donne son avis sur des vêtements ou des parfums de façon désintéressée.

« Je ne savais même pas que je pouvais être payée quand j’ai commencé. J’habitais en Suisse, je n’avais pas une vie folle, je rêvais seulement de m’échapper », se souvient Kristina Bazan, une des influenceuses les plus puissantes de la mode qui cultive un stye de femme fatale légèrement gothique.

« AVANT, J’ÉTAIS BLONDE, JE SOURIAIS TOUT LE TEMPS, J’ÉTAIS AMBITION À FOND. A UN MOMENT, ÇA VA, JE NE FAIS PAS LA PAIX DANS LE MONDE NON PLUS », KRISTINA BAZAN.

Les marques ont d’abord regardé les blogs se multiplier avec perplexité et sans intervenir. Mais la puissance grandissante des réseaux sociaux a changé la donne. Les consommateurs se sont lassés des moyens de communication habituels avec les marques, ont exigé un contact direct, préférant alpaguer une griffe sur Twitter plutôt que de composer un numéro surtaxé pour joindre un service client hermétique. « Les marques ont compris l’intérêt de l’absence d’intermédiaires. Et que pour exister auprès d’une nouvelle cible, elles n’avaient d’autre choix que de collaborer avec ces nouveaux types d’influenceurs », explique Grégoire Hardy, de l’agence de communication Mazarine.

Dans l’histoire de l’influence, 2009 est une année charnière où le luxe, le secteur le plus exclusif, s’est démocratisé via le Net. Dolce & Gabbana place pour la première fois les blogueurs Scott Schuman, Garance Doré, Bryanboy et Tommy Ton au premier rang de son défilé, à côté d’Anna Wintour. Burberry demande à Scott Schuman de photographier son trench emblématique dans la rue façon street style – opération qui a indéniablement rendu l’imperméable plus cool. En parallèle, le luxe se met aux réseaux sociaux. La même année, Louis Vuitton est la première marque du secteur à diffuser son défilé en live sur Facebook.

Cinq stories sinon rien

Cinq années plus tard, en 2014, Instagram s’impose comme le moyen d’expression préféré des blogueurs – désormais appelés « influenceurs » puisque la plupart délaissent leur blog pour les réseaux sociaux – et des marques haut de gamme. La collaboration entre eux est plus ou moins poussée. Sa forme la plus simple est le placement de produits. La « promotion » demande à l’influenceur d’incarner le produit et d’en dire du bien. Encore plus élaborée, la « cocréation de “contenus” » consiste à laisser plus ou moins carte blanche à l’influenceur pour qu’il imagine sa propre campagne de pub.

Si l’influenceur aime le produit, il peut le recevoir et en parler sans percevoir d’argent. Mais en général la rémunération va de 400 euros jusqu’à plusieurs dizaines de milliers d’euros pour les stars. Car cela dépend aussi du statut de l’influenceur. « On distingue deux catégories : le blockbuster, avec des millions de fans, peut changer l’image d’une marque, un peu comme la “der” [dernière page] d’un journal. Et puis, il y a l’influenceur près de chez vous, avec quelques dizaines de milliers d’abonnés. Lui a un impact plus direct sur le chiffre d’affaires d’une marque : sa communauté est très fidèle et ses recommandations donnent lieu à des achats », explique Eric Briones, auteur de Luxe et digital (Dunod, 2016).

Quel que soit son statut, pour être dans les radars des marques, l’influenceur doit poster au moins cinq images ou « stories » (photos ou vidéos éphémères sur Instagram) par semaine. « A ce rythme, mieux vaut être vraiment passionné par son sujet », estime Ralph Méchin, directeur de la communication de Clarins. Lui gère les influenceuses comme des journalistes : elles participent aux tests de produits, assistent aux présentations de nouveautés et aux conférences de presse, sont invitées aux festivités… et ne sont pas rétribuées. La philosophie de la transparence prônée par Ralph Méchin est pourtant loin de faire l’unanimité.

Bienvenue au Far West

En l’absence de réglementation, le marché de l’influence a vite tourné au Far West. Les influenceurs sont devenus des supports publicitaires déguisés et certains ont multiplié les contrats sans logique, sans s’investir. Beaucoup de marques, pas très à l’aise avec la culture Internet, sollicitent toujours les mêmes influenceurs, en se fondant le plus souvent sur la taille de la communauté. « Pourtant, tout le monde sait que les influenceurs peuvent gonfler leurs chiffres en achetant des followers. Il y a encore beaucoup de pédagogie à faire auprès des marques », constate Sandrine Plasseraud, présidente de We Are Social. Cette agence conseille plutôt aux marques de regarder « l’engagement », c’est-à-dire le nombre de « like »  et commentaires sur des contenus postés.

A force de multiplier les contrats, la crédibilité de certains influenceurs en a pris un coup. Un exemple : en 2014, Estée Lauder, marque de cosmétiques plutôt spécialisée dans les sérums antirides, recrute comme égérie Kendall Jenner, mannequin star avec l’un des plus gros comptes Instagram du monde (plus de 80 millions d’abonnés), pour rajeunir son audience. En 2016, la marque lance en grande pompe avec l’Américaine une nouvelle gamme de produits de beauté qui cible les « millennials ».

Mais, malgré les investissements, « Estée Edit » est un échec commercial cuisant, la ligne est arrêtée après seize mois. Estée Lauder a sans doute cru à tort qu’associer le nom de Kendall Jenner à ses mascaras suffirait à capter ses millions de jeunes fans. Par ailleurs, en prêtant son nom à tant de marques disparates (Adidas, Calvin Klein, Pepsi, Fendi, Daniel Wellington, Mango…), Kendall Jenner a perdu de son pouvoir de recommandation.

La clé de l’influence, c’est ce que tous les observateurs du secteur appellent « l’authenticité ». « Le contrat tacite des réseaux sociaux, c’est que tout est sincère. Or, ce pacte a été rompu avec l’arrivée des marques, estime Charlène Santini, directrice générale de l’agence Mazarine. La surchauffe, les dérives et la crise qui se profile tiennent au fait que les frontières soient si floues ». Et que la suspicion de la publicité déguisée plane désormais partout.

« La création spontanée n’est pas compatible avec les contrats qu’imposent les marques, témoigne Kristina Bazan. Il n’y a rien de pire que celles qui indiquent comment photographier le produit et nous disent quoi écrire. Je refuse. Je collabore quand on me demande “comment notre nouvelle gamme de bijoux t’inspire ?” et qu’on me laisse monter le projet de A à Z. Mais de telles opportunités sont rares et la réalisation prend beaucoup de temps. Or les marques apprécient l’immédiateté d’Internet. »

En France, des influenceurs connus comme EnjoyPhoenix ont alerté en 2015 la direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes à propos des partenariats dissimulés. Depuis, les sanctions pécuniaires infligées à l’influenceur peuvent aller jusqu’au montant perçu et la marque ayant imposé de dissimuler le partenariat risque jusqu’à 1,5 million d’euros d’amende.

« Il revient à l’agence et à l’annonceur de faire preuve d’exemplarité car si des créateurs de contenus deviennent influents, c’est par passion. C’est l’agence ou l’annonceur qui veut capitaliser sur l’audience de l’influenceur », plaide Marine Montironi, agente d’influenceurs chez We Are Social. Svet Chassol, consultant mode qui gère aussi les partenariats du Gucci Gang, quatre influenceuses parisiennes encore lycéennes, complète : « Les jeunes influenceurs sont naïfs, pas matures. Ils sont approchés par des marques alors qu’ils n’ont aucune idée de ce qu’est le code de la consommation. C’est aux annonceurs d’éduquer. »

Aux suivants !

Les plus jeunes n’ont peut-être jamais entendu parler du code de la consommation, mais ils sont en revanche tout à fait aptes à décrypter les codes des influenceurs. La « génération Z » (née après 2000) non seulement est très réticente envers le marketing traditionnel, mais elle n’hésite pas à se moquer dans des vidéos parodiques des stars d’Instagram un peu plus âgées qu’elle, de leur mise en scène d’une vie parfaite.

« Le luxe et ses formalités ne les intéressent pas. [Les jeunes de cette génération] préfèrent les petites marques peu connues qui ont une histoire », explique Svet Chassol. « Pour eux, luxe est un gros mot marketing qui signifie rendre un produit plus cher que ce qu’il doit être. C’est presque un subterfuge », renchérit Eric Briones. Bien entendu, l’impact de cette défiance sur les ventes se fait encore attendre, et connaît des nuances selon les pays. Mais elle inquiète les marques, qui font beaucoup d’efforts pour séduire les « Z » car ce sont les consommateurs de demain ; leur opinion tranchée pourrait bien déteindre sur leurs aînés.

Même l’influenceuse Kristina Bazan, pourtant de la « génération millennials », est dans une phase de décroissance. Fatiguée par la tournure que prend le business, elle a décidé de se consacrer à la musique, quitte à perdre des followers. « Avant, j’étais blonde, je postais dix photos par jour, je souriais tout le temps, j’étais ambition à fond. J’étais 100 % blogueuse. Et j’avais vingt filles qui m’attendaient à la sortie de mon hôtel. A un moment, ça va, je ne fais pas la paix dans le monde non plus. » Certes.

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Photos : Gaspar Noe

Modèle : Raica Oliveira

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lily Rose Melody Depp

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Nouveau dans le quartier du Centre Pompidou - Xavier Veilhan

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La place Edmond Michelet, situé en face du Centre Pompidou, accueille une nouvelle sculpture pérenne : conçu par l'artiste français Xavier Veilhan (qui a d'ailleurs représenté la France à la Biennale de Venise 2017), ce double portrait en volume des architectes Renzo Piano et Richard Rogers est à voir depuis le  19 octobre 2017.

Depuis Jeudi 19 octobre, tout Paris est en émoi : de nombreuses expositions ouvrent leurs portes à l'occasion de la FIAC (Foire internationale d'art contemporain) et l'art règne en maître sur les agendas du week-end.

Mais ne parlons pas d'éphémère, car c'est bel et bien une sculpture pérenne qu’accueille le quartier du Centre Pompidou  ! Signé par Xavier Veilhan, spécialiste des portraits sculptés contemporains (il s'est notamment attaché à représenter des figures célèbres du monde de la musique et de l'architecture), Renzo Piano & Richard Rogers (2013) est un groupe de deux sculptures représentant les créateurs du bâtiment du Centre Pompidou. "Le Centre Pompidou a inauguré un nouveau type de musée au travers d’un bâtiment magistral. J’en ai célébré les auteurs dans l’Allée des Architectes lors de mon exposition au Château de Versailles, mais Renzo Piano et Richard Rogers se devaient d’être aussi présents devant leur réalisation la plus emblématique" explique Xavier Veilhan.

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Les cirques avec animaux sauvages bannis des villes

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Par Audrey Garric - Le Monde

Sous la pression des militants animalistes, les municipalités refusent de plus en plus d’accueillir les chapiteaux

« Artistes à quatre pattes » pour les uns, « êtres emprisonnés et brisés » pour les autres. Les éléphants assis sur des tabourets et les tigres traversant des cerceaux de feu vont-ils déserter les chapiteaux ? La question est posée, tant le mouvement contre la présence d’animaux sauvages dans les cirques prend de l’ampleur. La fronde menée par les associations animalistes bouscule les établissements traditionnels, Bouglione, Pinder ou Gruss, forcés d’organiser la riposte.

La situation est si tendue entre les deux camps que le gouvernement doit créer dans les jours qui viennent, par décret, une commission consultative interministérielle afin d’organiser une concertation permanente entre les cirques, les ministères concernés (culture, intérieur, transition écologique, agriculture) et les élus. « Il s’agira de régler différents problèmes, notamment celui des communes qui ne veulent plus accueillir les cirques avec animaux à cause des pressions des animalistes », indique Pascal Faton, rapporteur de la mission interministérielle sur les cirques et forains, qui a rendu son rapport en juin.

Sous l’impulsion des ONG, mais aussi d’une opinion publique toujours plus sensible à la cause animale, une soixantaine de villes françaises ont signé des arrêtés municipaux interdisant les cirques d’animaux sauvages ou domestiques, comme Bastia, jeudi, ou Six-Fours-les-Plages (Var), il y a un mois. En réalité, ce chiffre, bien qu’en augmentation constante, est largement sous-estimé.

Interdiction totale dans 27 pays

« Beaucoup de communes ne prennent pas d’arrêté car elles ne veulent pas d’ennuis avec les cirques. Elles trouvent donc des prétextes pour les refuser, comme par exemple affirmer qu’il n’y a plus de terrains disponibles », indique Franck Schrafstetter, le président de l’ONG Code animal, qui lutte contre les cirques. « Les cirques essuient environ 90 % de refus de la part des communes lorsqu’ils font une demande d’installation. C’est plus difficile chaque année », confirme Thierry Granet, producteur de cirque et gérant de l’agence d’événementiel Cirque Event.

Si ces arrêtés sont illégaux, et régulièrement attaqués devant les tribunaux, ils n’en ébranlent pas moins la profession. « C’est surtout compliqué pour les petits cirques qui établissent leur tournée au dernier moment et ne peuvent donc plus se retourner », juge Pascal Faton.

Pour ces troupes itinérantes, habituées aux tournées européennes ou mondiales, le problème est plus large, tant la liste des villes et des Etats qui refusent les cirques avec animaux ne cesse de s’allonger. New York et Los Angeles les ont bannis en juin et en avril, tandis qu’en août, l’Illinois devenait le premier Etat américain à proscrire la présence d’éléphants dans ces spectacles itinérants.

Dans le monde, 27 pays ont totalement interdit les cirques avec animaux (parmi lesquels l’Autriche, la Belgique, la Grèce, l’Inde, le Pérou, la Slovaquie et la Suède) et 16 partiellement (dont l’Allemagne, l’Australie et le Canada), selon les comptages de l’association Code animal.

« Il ne faut pas faire d’anthropomorphisme »

En mai et juin, deux coups de tonnerre ont frappé les chapiteaux : le célèbre cirque américain Ringling Bros. and Barnum & Bailey Circus a baissé le rideau après cent quarante-six ans d’existence, tandis que le Français Joseph-André Bouglione décidait d’abandonner les spectacles avec animaux. « Je ne me voyais plus former mes enfants à un métier obsolète, lâche-t-il. Les animaux créent un malaise grandissant dans notre public. Les gens nous disaient à la fin de chaque spectacle qu’ils éprouvaient une gêne morale. »

Mais ce sont les propos de Nicolas Hulot qui ont mis le feu aux poudres. « Je ne suis pas favorable à la captivité des animaux, pas favorable à l’idée que l’on fasse du spectacle avec cette activité-là », déclarait le ministre de la transition écologique et solidaire, sur France Inter, début août.

Craignant pour leur avenir, la quasi-totalité des cirques traditionnels – entre 150 et 250 – se sont réunis, pour la première fois dans leur histoire, en un Collectif des cirques. Après avoir adressé une lettre au président de la République pour lui faire part de leur « exaspération », ils ont demandé, en vain, à être reçus par Nicolas Hulot.

« On veut lui montrer qu’on se battra pour éviter qu’il nous mette des bâtons dans les roues, comme les animalistes, peste le patron du cirque Pinder, Gilbert Edelstein. La loi nous permet d’avoir des animaux, que nous traitons bien. Mais il ne faut pas faire d’anthropomorphisme : une bête est une bête. Nous comptons bien continuer, tant que le public plébiscite nos spectacles. »

« Troubles du comportement » et « souffrances chroniques »

Le président du Syndicat national du cirque avance depuis des années les mêmes chiffres : les cirques traditionnels engrangeraient 13 millions de spectateurs chaque année, contre 1 million pour le cirque contemporain – plus proche de la danse et du théâtre que des numéros animaliers. Ces données, censées être issues d’un sondage du ministère de la culture en 2006, ont été impossibles à vérifier. Il n’existe aucune statistique agrégeant les entrées, car « 90 % des cirques sont des unités informelles, sans réelle comptabilité », glisse André-Joseph Bouglione.

« L’offre de cirque contemporain a considérablement augmenté ces dernières années. On compte aujourd’hui plus de 400 compagnies et les salles sont très souvent pleines », complète Gwénola David, directrice générale d’ArtCena, le Centre national des arts du cirque, de la rue et du théâtre, qui estime que « les deux marchés sont complémentaires et trouvent chacun un public ». Les recettes des cirques traditionnels ont pourtant diminué de 40 % cette année par rapport à 2016, selon Gilbert Edelstein, mais, assure-t-il, « c’est dû à la crise et non pas aux anti-animaux ».

Ces derniers s’organisent également. Montés en un collectif de 18 associations et de 2 cirques « progressistes », ils ont adressé une lettre collective à Nicolas Hulot pour dénoncer « une inertie des pouvoirs publics ».

« Les cirques ne peuvent pas répondre aux besoins physiologiques des animaux, que ce soit en termes d’espace ou de constitution de groupes sociaux. Ils passent la majorité du temps dans un camion fermé », décrit Franck Schrafstetter, qui juge que les normes imposées par l’arrêté du 18 mars 2011, instaurant notamment des surfaces minimales pour les cages intérieures, sont « trop limitées ». Conséquence : les 2 000 animaux sauvages détenus en France dans les cirques présentent des « troubles du comportement » et des « souffrances chroniques », assure-t-il, comme des éléphants qui se balancent d’une patte sur l’autre.

Sanctuaire pour éléphants

Invoquant ces mêmes arguments, la Fédération européenne des vétérinaires, qui rassemble 200 000 spécialistes, dont l’ordre des vétérinaires français, s’est prononcée en juin 2015 pour l’interdiction des spectacles avec des mammifères sauvages dans des cirques itinérants.

« Le plus choquant, c’est que cette activité a pour fin le divertissement. On fait des animaux des produits de consommation », s’indigne Amandine Sanvisens, présidente de l’association Paris Animaux Zoopolis, qui demande à la Ville de Paris, avec 11 autres ONG, de cesser de soutenir les cirques avec animaux. La mairie de la capitale, de son côté, rétorque que « c’est à l’Etat de légiférer sur une telle question ».

Mais en cas d’interdiction, que ferait-on des tigres, éléphants et girafes ? « Ils seraient incapables de se débrouiller seuls dans la nature, car la majorité sont nés en captivité », assure Thierry Granet.

André-Joseph Bouglione, de son côté, soutient la création du premier sanctuaire pour éléphants en Europe, nommé Elephant Haven, qui pourrait voir le jour sur 29 hectares de terrain dans le département de la Haute-Vienne. « On a travaillé plus de vingt ans dans un zoo, explique Sofie Goetghebeur, la cofondatrice de l’ONG, on voulait offrir aux éléphants âgés issus de cirques un lieu où passer leur retraite. » Comme pour de réels artistes.

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Australie - Melbourne

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Photos : Noémie

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Pierre Soulages

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Catherine Deneuve (74 ans aujourd'hui) photographiée par Helmut Newton

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Catherine Dorléac dite Catherine Deneuve, née le 22 octobre 1943 dans le 17ᵉ arrondissement de Paris

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Bettina Rheims - "Naked War"

Jusqu'au 25 Nov 2017 - GALERIE XIPPASS - BETTINA RHEIMS

L’exposition « Naked War » à la galerie parisienne Xippas dévoile une nouvelle série de photographies de Bettina Rheims. A travers des portraits d’activistes Femen, la photographe dévoile une nouvelle dimension du nu féminin, celle de l’engagement politique et du pouvoir

L’exposition « Naked War » à la galerie Xippas, à Paris, présente la dernière série photographique de Bettina Rheims, des portraits de membres des Femen à travers lesquels la photographe poursuit son travail sur la représentation de la féminité.

Bettina Rheims photographie les activistes Femen

Le nouveau projet photographique de Bettina Rheims est issu de sa rencontre avec les activistes Femen. Cette série de portraits jette une lumière inédite sur l’engagement de ces femmes et transpose dans le champ de l’art contemporain leur activisme féministe proche de l’actionnisme

Les femmes, photographiées telles qu’elles se présentent lors de leurs actions, en partie nues, avec des slogans tracés sur leur peau, et portant divers attributs comme des couronnes de fleurs ou un drapeau, sont mises en scène dans des compositions qui reflètent autant le combat que les codes propres à l’image. Isolés sur un fond blanc, les corps sont extraits de leur environnement public habituel, tout en reprenant la gestuelle militante. Dressés face au spectateur, ils semblent s’adresser directement à lui.

« Naked War », la dimension politique du nu féminin

Ainsi, à travers la photographie, Bettina Rheims souligne l’aspect performatif de l’activisme des Femen. Epousant la vision que véhiculent ces dernières du corps féminin et de la nudité comme outils de communication politique et non comme objets érotiques, Bettina Rheims réalise une œuvre dont elle et les activistes sont les coauteurs.

Les portraits des Femen réalisés par Bettina Rheims s’inscrivent dans la continuité de la recherche qu’elle poursuit depuis plus de trente-cinq ans sur la construction et la représentation de la féminité. A travers l’activisme des Femen, la corporalité, notion omniprésente dans son œuvre, adopte une nouvelle dimension, celle de l’engagement politique et du pouvoir.

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samedi 21 octobre 2017

In memorem - François Truffaut

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Photos : Noémie

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PHOTO est paru...

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Les Rolling Stones

Mick Jagger des Rolling Stones lors d'un concert de leur tournée européenne «Pas de filtre» au nouveau stade U Arena à Nanterre près de Paris, le 19 octobre.

Le groupe de rock mythique s'est produit jeudi devant les 37 653 spectateurs de la nouvelle salle de Nanterre. Quand le quadruple écran géant s'embrasse, les spectateurs lancent les Hou-Hou haut perchés qui signent le premier morceau: Sympathy for the Devil, avec un Mick Jagger très en jambes, sexy en diable.

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Francis Giacobetti

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FRÉDÉRIC BEIGBEDER 

Francis Giacobetti est l’un des plus grands photographes français vivants. Il a photographié les plus belles femmes du monde, les plus grandes stars, et a été l’ami des plus grands artistes, dont César et Francis Bacon. Il est avant tout, pour beaucoup de français, l’homme derrière la photographie de l’affiche du film Emmanuelle. Le 17 octobre 2017, Artcurial, à Paris, propose ainsi à toute une génération qui a grandi avec son vocabulaire stylistique une vente événement et monographique de ses images. Pour la première fois, le photographe disperse aux enchères 33 clichés emblématiques, piochés dans plus de 55 ans de carrière.

« Giaco » pour les intimes... Ce nom évoque toute une légende... Déjà, il est à une consonne près celui d’Alberto Giacometti, grand amateur de silhouettes filiformes... Francis Giacobetti les aimait plus généreuses. Il est l’homme discret qui remplissait tout le magazine Lui de séries sublimes, sous différents pseudonymes... Toute une époque où la fête et l’art ne faisait qu’un... Un monde de légèreté, d’hédonisme : l’après-guerre, les sixties, la libération de la France puis de la femme et – simultanément – de la sexualité... Jane Birkin, Brigitte Bardot, Mireille Darc... Giaco eut un fils avec Carole Bouquet... Je n’ai jamais compris pourquoi les féministes militaient contre Lui.

Il est tellement clair aujourd’hui que, pendant les années soixante et soixante-dix, le féminisme et la libération sexuelle étaient un seul et même combat. Giaco faisait partie de la bande à « Daniel » Filipacchi (avec Demachy Dumoulin, Pagniez)... Tout leur réussissait... Comme je regrette de n’être pas né deux décennies plus tôt... Peut-être aurais-je eu la chance de les suivre sur des plages de bonheur. Mais nous nous sommes (un peu) rattrapés, sur le tard. C’est important, ces passages de témoin entre générations. Sans mémoire, l'art se meurt.

Actuellement, tous les jeunes photographes se réclament du travail de Francis Giacobetti. Quel photographe a été plus copié, plagié, détourné, imité ? Il est la référence en matière de beauté alanguie, d’érotisme balnéaire, de courbes moites, d’ombres qui révèlent. Il utilisait très peu de lumières artificielles, ou pas du tout. Il choisissait des îles exotiques (les Seychelles, Maurice, les Bahamas), avec quelques belles personnes cambrées. Dieu faisait l’essentiel du boulot : les corps et l’éclairage, et Francis appuyait sur le déclencheur au moment de jouir !

Giaco a imaginé des couvertures qui ont fait scandale. Il a fait deux calendriers Pirelli d’affilée (1970 et 1971, il est le seul avec Avedon et Lindbergh) et de nombreuses expositions primées autour du monde. Il nous a fait rêver durant trente ans, et puis il a exploré d’autres horizons. Il a photographié Fidel Castro, Francis Bacon, le dalaï-lama, Stephen Hawking. Il a aidé Issey Miyake à révolutionner l’image de mode. Il a collectionné les rétines de stars, ou plutôt : il a su voir des planètes inconnues dans les pupilles des étoiles.

Certaines de ces images ont fait le tour du monde mais elles étaient perdues dans des hangars, des archives fermées au public, en voie de saccage et d’oubli. Après des années de procédure, les voici enfin libérées, ces photos qui ont libéré tellement de gens.

Merci à Francis Giacobetti d’avoir rendu hommage au travail de Dieu. Telle est la mission des artistes les plus grands, c’est-à-dire les plus humbles. Mais assez bavardé. La meilleure chose à faire avec ces photographies, c’est de se taire.

Frédéric Beigbeder

Frédéric Beigbeder est un écrivain, critique littéraire et réalisateur français. Il est le créateur du prix de Flore, dont il préside le jury. Il est également l’actuel directeur de la rédaction du magazine Lui.

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Exposition DIOR

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FIAC 2017 - Brigitte Macron et Kamel Mennour (Galerie Kamel Mennour)

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Bikini

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Irving Penn

The Flavour of France jusqu'au 06 Jan 2018

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L’exposition « The Flavour of France » à la galerie parisienne Thaddaeus Ropac revient sur le rapport étroit qu’entretenait le photographe américain Irving Penn avec la France à travers trois séries majeures : les Portraits, les Nus et les Petits Métiers.

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L’exposition « The Flavour of France » à la galerie Thaddaeus Ropac, à Paris, réunit trois séries photographiques d’Irving Penn à travers lesquelles s’exprime le lien particulier qui unissait l’artiste américain à la France.

Irving Penn a entretenu une étroite relation avec la France

Alors que l’on célèbre les cent ans qu’aurait eus cette année Irving Penn et que le Grand Palais présente à cette occasion une rétrospective de l’œuvre du grand photographe, la galerie Thaddaeus Ropac porte la lumière sur l’étroite relation qu’il a entretenue avec la France toute sa vie. Une relation qui s’est construite sur de fréquentes visites et sur leur souvenir idéalisé.

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L’exposition présente trois séries photographiques essentielles d’Irving Penn produites entre 1947 et 1950 et qui chacune à sa manière explore son rapport à la France : les Portraits d’artistes, les Nus et les Petits Métiers. Les Portraits, réalisés à Paris et New York entre 1947 et 1950 ont contribué à la renommée mondiale d’Irving Penn par leur force visuelle, l’élégance et la sobriété de leur composition et surtout par la profondeur psychologique qui s’en dégage. On admire ainsi plusieurs grandes figures de l’époque photographiées à Paris comme Jean Cocteau, Alberto Giacometti ou encore Balthus (Balthasar de Klossowski de Rola).

Des portraits de mode et d’artistes à ceux de travailleurs

Parallèlement aux portraits, œuvres de commande pour le magazine Vogue, les Nus sont un projet personnel d’Irving Penn à travers lequel il cherche à montrer le corps féminin d’une façon nouvelle. Si pour les premiers clichés, le photographe choisit des modèles minces, il s’intéresse rapidement aux formes plus arrondies qui s’éloignent des canons de la mode. Les photographies comme Nude No. 62 ou Nude No. 150 révèlent une qualité sculpturale qui tient tant au cadrage tronquant les corps qu’à la technique expérimentale employée par Irving Penn pour ses tirages, qui crée une image éthérée au grand pouvoir d’évocation tactile.

La série des Petits Métiers s’inscrit directement dans le contexte de la société française. Réalisée en 1950 lors d’un séjour d’Irving Penn à Paris pour Vogue, elle offre sa version des portraits d’anonymes qu’ont réalisés avant lui Eugène Atget ou Walker Evans. Au lieu d’être saisis dans le contexte de la rue, les travailleurs comme le Télégraphiste et Les Garçons bouchers ou les marginaux sont photographiés avec leurs outils et attributs en studio, un espace neutre qui les met en valeur, tandis qu’Irving Penn les immortalise avec la même attention qu’il porte aux célébrités habituées à son objectif.

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Camille Henrot

 

#camillehenrot @palaisdetokyo #daysaredogs 👍🏻



793 Likes, 6 Comments - Marija Karan (@marakaran) on Instagram: "#camillehenrot @palaisdetokyo #daysaredogs 👍🏻"

 

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Le mannequin Sara Sampaio accuse le magazine LUI de l'avoir forcée à poser nue

Le magazine français aurait utilisé une photo dénudée de l'ange Victoria's Secret pour sa une, et ce, sans son accord.

Alors que l'affaire Weinstein délie les langues des victimes de harcèlement et agression sexuels à Hollywood, le milieu de la mode sort lui aussi de son silence. Jeudi soir, le mannequin Sara Sampaio a parlé sur son compte Instagram d'une mauvaise expérience lors d'un shooting. La jeune femme de 26 ans accuse le magazine LUI, dont elle fait la couverture du dernier numéro, de l'avoir forcée à poser nue malgré un contrat l'interdisant, et à avoir exploité les photos sans son accord.

"Mon agence et moi avions insisté pour la mise en place d'un accord clair afin de me protéger et contrôler le choix que j'ai fait de ne plus poser nue", raconte-t-elle. "Mais malgré la clause de 'non nudité' de mon contrat avec LUI, j'ai été victime au studio d'une pression agressive pour poser nue, on m'a demandé pourquoi je ne voulais pas montrer mes tétons ou être complètement nue".

Des photos ensuite publiées sans son accord

Le top model Victoria's Secret explique avoir dû "constamment" se défendre et "rappeler les limites fixées" pendant toute la séance photo réalisée par le photographe David Bellemere, essayant de se couvrir comme elle le pouvait.

"Quand j'ai vu les images finales, j'ai remarqué qu'il y avait des parties de mon corps exposées de manière accidentelle, que je ne voulais pas montrer. Je l'ai signalé et on m'a assuré que ces photos ne seraient pas utilisées. Le magazine a menti et a publié une image de moi nue en couverture, ce qui était une violation claire de notre accord", ajoute Sara Sampaio.

Le numéro du magazine en question, actuellement en kiosques, montre effectivement le mannequin avec la poitrine découverte. Dans les pages intérieures, une autre photo où elle apparaît topless a été publiée.

"Je suis à l'aise avec mon corps et avec l'idée d'être nue lorsque je considère que c'est de l'art", poursuit le top model. "Ce n'est pas parce que j'ai posée nue par le passé que cela donne le droit à n'importe qui de penser que je le ferai n'importe quand. J'ai le droit de montrer mon corps comment, quand, où et dans quelles circonstances je le souhaite. C'est mon choix".

I was reluctant even scared about posting this but now more than ever is important to speak out! As models and as women, we need to stand together and demand the respect we deserve. Keep ➡️➡️ #MyJobShouldNotIncludeAbuse



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vendredi 20 octobre 2017

"Naked War" - Bettina Rheims

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Ce soir sur France 3

 

 

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Congés Scolaires

congés scolaires 2017 2018

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NANTES : Le Lieu Unique à son tour dans le viseur de l'ultra droite

lieu unique

Depuis lundi, le drapeau "He Will Not Divide Us" flotte au-dessus du Lieu Unique à Nantes. C'est une oeuvre d'art politique, en réaction à l'élection de Donald Trump aux Etats-Unis. Comme les autres sites où il a été accrochée, le LU a été victime de plusieurs attaques.

C'est au départ une oeuvre d'art contre la division et pour l'unité, un message qui répond à l'élection de Donald Trump aux États-Unis à l'automne 2016. Le drapeau "He Will Not Divide Us" - il ne nous divisera pas - flotte depuis le début de la semaine au-dessus du Lieu Unique à Nantes. Et comme tous les autres sites qui ont voulu relayer ce message, le LU est victime d'intimidations et de menaces de militants d'extrême droite.

Tout a commencé à New York, au museum of the moving image. L'idée de départ, c'était que tous ceux qui le souhaitent puissent prononcer les mots "he wil not divide us" devant une caméra et que les images soient projetées en continu sur un mur hors du musée. Très vite, le débat s'est engagé et le musée a préféré abandonner le projet après avoir eu vent de projets d'attaques. Il a ensuite été transféré à Albuquerque, toujours aux États-Unis, et là, il a été victime d'actes de vandalisme et d'attaques de la part de l'extrême droite. C'est à ce moment-là que l'oeuvre est devenue ce drapeau, accroché dans un lieu tenu secret. Mais encore une fois, les opposants ont réussi à lancer leurs attaques. Même chose de l'autre côté de l'Atlantique, à Liverpool, où le centre d'art FACT avait décidé d'accrocher le drapeau sur son immeuble. Là, un groupe d'homme est monté sur le toit et la direction a préféré tout arrêter.

Un jeune homme arrêté sur le toit du Lieu Unique

"He Will Not Divide Us" a finalement "trouvé refuge" au Lieu Unique de Nantes au début de la semaine. Le petit drapeau blanc flotte au-dessus de la tour LU, filmé en continue, et, là encore, le site a été visé : des intimidations et des appels à passer à l'action sur les forums internet et les réseaux sociaux. Et des appels aussi à décrocher le drapeau sur les réseaux sociaux.

Patrick Gyger, le directeur du Lieu Unique s'attendait à se genre de choses. La sécurité informatique a d'ailleurs été renforcée, même chose pour le bâtiment. "Nous avons aussi sécurisé au maximum les accès au toit et à la coupole avec de la rubalise et des panneaux où il est écrit danger de mort". Parce que c'est ça la plus grand crainte pour l'instant du directeur du LU, que quelqu'un tombe de plusieurs dizaines de mètres et se tue en passant à travers une verrière, par exemple. Un jeune homme a déjà été intercepté à proximité des bureaux administratifs, au dernier étage du bâtiment ce mardi. "Ce n'est pas pour rien que nous avons installé le drapeau avec une grue. C'est qu'on ne peut pas monter là-haut, c'est trop dangereux", poursuit Patrick Gyger.

Notre volonté n'est pas de provoquer mais de donner la parole à des artistes censurés

Pour le reste, "pas question de se laisser intimider", pour le directeur du Lieu Unique. "L'oeuvre restera tant qu'on estime qu'elle le peut dans de bonnes conditions". Et tant pis les avis négatifs s'accumulent sur les sites de notations de voyage comme Trip advisor ou sur le moteur de recherche Google. "Notre volonté, ce n'est absolument pas de provoquer", poursuit Patrick Gyger, "mais de donner la parole à des artistes qui se retrouvent censurés à cause des menaces contre leur oeuvre."

Des messages de soutien du monde entier

Et il préfère mettre en avant toutes les réactions positives que l'installation du drapeau a suscité : "des gens nous écrivent du monde entier pour nous féliciter, pour féliciter les artistes et pour nous dire que, en effet, face à des volontés de division, la population doit rester unie. Que ce soit aux États-Unis avec Donald Trump ou ailleurs dans le monde", conclut-il.

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Monica Bellucci

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Factice Magazine

 

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Galerie Agnes b

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Maurizio Cattelan

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Nécrologie : La comédienne Danielle Darrieux est morte, à l’âge de 100 ans

Par Thomas Sotinel - Le Monde

L’actrice, qui a fait ses débuts sous les projecteurs en 1931, a tourné 110 films sur huit décennies avec Max Ophüls, Claude Chabrol ou André Téchiné.

On risque d’être aveuglé par son extraordinaire longévité : quand Danielle Darrieux, décédée le 17 octobre à 100 ans, a tourné son premier film, Le Bal, en 1931, le cinéma commençait à peine à parler. Lorsque le dernier long-métrage auquel elle a participé, Pièce montée, de Denys Granier-Deferre, est sorti en 2010, il a été projeté en numérique.

Car le vrai prodige de la trajectoire de Danielle Darrieux dans l’histoire du cinéma tient moins à ces huit décennies passées sur les plateaux qu’à l’inépuisable richesse de sa filmographie : parmi ces 110 titres, on trouvera des chefs-d’œuvre (Madame de…, de Max Ophüls, ou L’Affaire Cicéron, de Joseph L. Mankiewicz), de grands divertissements (Premier rendez-vous, d’Henri Decoin, ou Huit Femmes, de François Ozon), des films signés par des artisans aujourd’hui oubliés (René Guissart, Henry Koster, Duilio Coletti) et d’autres dirigés par des générations successives d’auteurs, d’Ophüls à Anne Fontaine, en passant par Sacha Guitry, Claude Chabrol, Jacques Demy, André Téchiné, Benoît Jacquot ou Paul Vecchiali.

Ce serait bien assez pour dessiner un destin hors du commun, mais en un siècle, Danielle Darrieux a aussi trouvé le temps d’être en haut de l’affiche des théâtres parisiens (et même, brièvement, de Broadway), de faire de jolies incursions dans la chanson et – accessoirement – de défrayer la chronique mondaine.

Sur un plateau de cinéma dès 14 ans

Danielle Darrieux est née le 1er mai 1917 à Bordeaux. Elle grandit à Paris, élevée par sa mère, devenue veuve très tôt. La famille est désargentée, bohème, mais fréquente la bonne société. A l’Institut de la Tour, la petite Danielle a pour condisciples les enfants de François Mauriac. Elle étudie le piano et le violoncelle, et comme elle chante bien, d’une voix haut perchée, on la destine à une carrière musicale. Jusqu’à ce qu’un ami de la famille suggère que l’adolescente (on est en 1931) passe une audition pour le rôle principal du Bal, adaptation d’un roman d’Irène Némirovsky par le metteur en scène allemand Wilhelm Thiele. Elle fêtera ses 14 ans sur le plateau, et signera aussitôt un contrat avec les producteurs.

Son succès est immédiat et elle enchaîne les tournages « en Allemagne, en Tchécoslovaquie, en Bulgarie », de films qu’elle « confond tous un peu », se souviendra-t-elle plus tard, gardant tout de même une place à part pour Mauvaise Graine (1934), le premier long-métrage d’un exilé autrichien qui poursuivra son chemin jusqu’à Hollywood, Billy Wilder.

Danielle Darrieux est alors très jeune, mais assez consciente des enjeux de sa carrière pour, en 1936, entrer en conflit avec ses producteurs qui veulent la faire tourner sous la direction de Léon (dit Léo) Joannon alors qu’elle vient de se voir offrir le rôle de Marie Vetsera, dans le Mayerling d’Anatole Litvak : « Naturellement, je n’étais pas libre, mais tourner avec Litvak, c’était passer à un autre cinéma, a-t-elle raconté à Dominique Delouche pour son ouvrage Max et Danielle (éd. La Tour verte, 2011). Alors tout simplement, j’ai fait faux bond à Léo Joannon et sa Mademoiselle Mozart pour tourner Mayerling ! Tout mon cachet est passé dans le dédit que m’ont demandé les producteurs. »

En contrat à Hollywood

Mayerling est un succès international et Universal invite Danielle Darrieux à découvrir les charmes d’Hollywood. Elle a épousé le scénariste et réalisateur Henri Decoin qui a écrit pour elle le scénario d’un autre de ses succès, Port-Arthur – dans lequel, grimée, elle tient le rôle de l’épouse japonaise d’un officier russe –, et l’a dirigée dans Abus de confiance.

Au printemps 1938, le New York Times décrit ainsi l’arrivée du couple aux Etats-Unis : « Mlle Darrieux est arrivée ici avec un époux du nom d’Henri Decoin, un chien du nom de Flora, un violoncelle et 47 malles d’articles de mode de la rue de la Paix. » Aux côtés de Douglas Fairbanks Jr, elle tourne La Coqueluche de Paris, sous la direction d’Henry Koster. Le film est bien accueilli aux Etats-Unis, mais Danielle Darrieux ne s’y plaît guère. Elle casse son contrat avec Universal et rentre en France à la veille de la deuxième guerre mondiale.

A ce moment, elle a remis sa carrière entre les mains de son metteur en scène de mari. Ils tournent ensemble Retour à l’aube (1938), Battement de cœur (1940) et Premier rendez-vous, qui sort en 1941. Cette comédie lui donne le rôle d’une petite pensionnaire qui se distrait en répondant aux petites annonces sentimentales, se jetant entre les griffes d’un inquiétant personnage (Fernand Ledoux). Danielle Darrieux y pousse la chansonnette d’un air innocent, ce qui dissipe les vapeurs déplaisantes qui émanent de la situation de départ. Le film est un immense succès dans la France occupée.

A L’AUTOMNE 1944, SA VOITURE EST PRISE POUR CIBLE PAR UN GROUPE DE FFI ARMÉS, SON ÉPOUX PORFIRIO RUBIROSA EST BLESSÉ, L’ACTRICE EST INDEMNE

Quelques mois après sa sortie, son interprète part pour Berlin en compagnie de quelques-uns de ses collègues (dont Suzy Delair et Albert Préjean). Le film a été produit par la Continental, société allemande sise à Paris, et le régime nazi a su trouver les mots qu’il fallait pour convaincre l’interprète de Premier rendez-vous de faire le voyage. Divorcée de Decoin en 1941, elle a épousé en 1942 Porfirio Rubirosa, play-boy aux performances amoureuses hors norme, mais aussi représentant de la République dominicaine en France.

L’ex-gendre du dictateur Trujillo s’est répandu en déclarations anti-allemandes, ce qui lui a valu d’être interné. Sa libération a été promise à sa femme en échange d’un contrat avec la Continental et de la visite à Berlin. Les deux parties s’exécutent (Danielle Darrieux tournera deux films pour la firme allemande), et l’actrice se réfugie à Megève avec son époux jusqu’à la Libération. A l’automne 1944, alors que le couple est rentré à Paris, sa voiture est prise pour cible par un groupe de FFI armés, Rubirosa est blessé, l’actrice est indemne.

Mythique dans « Madame de… »

Malgré ces avanies, Danielle Darrieux ne tarde pas à reprendre le chemin des plateaux de cinéma et de théâtre. Il lui faudra plus de temps pour renouer avec le succès artistique. Elle enchaîne en effet des films désormais oubliés avant que Claude Autant-Lara ne lui confie le rôle-titre dans son adaptation d’Occupe-toi d’Amélie (1949) et, surtout, que Max Ophüls ne lui offre de jouer dans La Ronde, en 1950. Sous la direction du metteur en scène de Lettre d’une inconnue, qui vient de mettre un terme à son exil hollywoodien, elle tournera ensuite dans Le Plaisir (1952) et trouvera son plus beau personnage dans Madame de…, d’après Louise de Vilmorin.

De l’histoire de la mondaine dont la vie futile tourne à la tragédie, Danielle Darrieux a dit : « Ça restera mon film, celui grâce auquel on ne m’oubliera pas tout à fait. » Pour la première partie du film, Ophüls lui a demandé « d’incarner l’inexistence », ce qu’elle fait avec une superbe irrésistible avant de briser le cœur de tous les spectateurs, témoins de l’inexorable déchéance de Madame de…

En 1952, Joseph L. Mankiewicz la fait revenir à Hollywood, où elle tourne L’Affaire Cicéron aux côtés de James Mason. Elle incarne une aristocrate qui côtoie le milieu des espions à Ankara, pendant la seconde guerre mondiale. Là, cette actrice, qui se fait une gloire de ne se fier qu’à son instinct, doit recourir à la technique : « Mankiewicz m’a annoncé qu’il allait tourner [une longue scène avec beaucoup de dialogues] en une seule prise. Là, j’étais obligée de faire de la mécanique, a-t-elle raconté au Monde. James Mason m’a fait répéter dans un coin pendant une heure, je jouais en sachant ce que je faisais, ça me gênait presque. »

EN 1953, ELLE A REFUSÉ LE PREMIER RÔLE DU BLÉ EN HERBE, D’AUTANT-LARA, PARCE QU’ELLE NE SE SENT « PAS PRÊTE À JOUER LES DÉVOREUSES DE CHAIR FRAÎCHE »

En France, elle tourne sans arrêt, sous la direction de Guitry (Napoléon, Si Paris nous était conté), de Julien Duvivier (Pot-Bouille, Marie-Octobre), Autant-Lara (Le Rouge et le Noir, Vive Henri IV, vive l’amour). Nombre de ces films sont de grands succès et, en 1958, une enquête du Centre national de la cinématographie la place au troisième rang des actrices les plus populaires, derrière Michèle Morgan et Brigitte Bardot.

En 1953, elle a refusé le premier rôle du Blé en herbe, d’Autant-Lara, parce qu’elle ne se sent « pas prête à jouer les dévoreuses de chair fraîche ». Dès 1954, elle est Madame de Rénal dans Le Rouge et le Noir face au Julien Sorel de Gérard Philipe ; en 1955, elle est Lady Chatterley pour Marc Allégret. Cette adaptation de D.H. Lawrence reste dans l’histoire du cinéma pour avoir été censurée aux Etats-Unis, déclenchant un long processus judiciaire qui trouvera son épilogue quatre ans plus tard devant la Cour suprême, qui autorisera la sortie du film.

Divinité tutélaire du cinéma français

Au début des années 1960, Danielle Darrieux attrape la Nouvelle Vague comme peu de ses contemporains ont su le faire. Elle est l’une des conquêtes du Landru de Claude Chabrol et en 1967, la mère de Catherine Deneuve et Françoise Dorléac dans Les Demoiselles de Rochefort. De toute la distribution du film de Jacques Demy, elle est la seule à chanter sur la bande-son, le reste des comédiens étant doublé.

Dès 1961, elle apparaît dans Les Petits Drames d’un débutant, Paul Vecchiali, qui lui offrira un grand rôle dans En haut des marches (1983). A l’occasion de la rétrospective que la Cinémathèque a consacrée à Danielle Darrieux en 2009, le cinéaste a écrit un texte à la gloire de son interprète dans lequel il remarque : « Si Danielle Darrieux réussit tout ce qu’elle entreprend, théâtre, cinéma, télévision, chanson, ce n’est pas seulement parce qu’elle est une musicienne pointilleuse (sens du rythme, équilibre de la voix, humour dans les contrepoints), c’est surtout parce que sa santé physique et morale la met à l’abri des glissements morbides, les éclats de rire lui servent de viatique, et les larmes d’exutoire. »

On ne saurait mieux résumer l’extraordinaire deuxième partie de la carrière de l’adolescente du Bal, devenue divinité tutélaire du cinéma français. Au théâtre, Danielle Darrieux, qui a fait une incursion à Broadway en 1970 en succédant à Katharine Hepburn dans le rôle-titre de Coco, musical inspiré de la vie de Chanel, préfère le boulevard. Elle reprend le personnage créé par Jacqueline Maillan dans Potiche en 1982, et termine sa carrière sur scène avec Oscar et la Dame rose, d’Eric-Emmanuel Schmitt, qui lui vaut un Molière en 2003. En 1967, elle a donné un tour de chant qui a connu un certain succès, et l’intégrale des chansons qu’elle a interprétées entre 1931 et 1951 a été éditée en 2002.

Tout en enchaînant les rôles sur grand et petit écrans, elle trouve le moyen de ne pas rater les rendez-vous que lui proposent des cinéastes aussi divers qu’André Téchiné (Le Lieu du crime, en 1986, dans lequel elle est à nouveau la mère de Catherine Deneuve), Benoît Jacquot (Corps et biens, 1986) ou François Ozon (Huit Femmes, 2001). Elle tourne souvent sous la direction de femmes – Marie-Claude Treilhou (Le Jour des rois, 1991), Jeanne Labrune (Ça ira mieux demain, 2000), Anne Fontaine (Nouvelle Chance, 2006) et Marjane Satrapi, qui fera appel à elle pour prêter sa voix à la grand-mère de Persépolis (2007). Ses dernières apparitions à la télévision et au cinéma remontent à 2010.

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Danielle Darrieux le jour de ses 100 ans

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Extrait d'un shooting - portrait

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Andres Serrano au Petit Palais

Le Petit-Palais à Paris accueille l’artiste au sein de sa collection permanente pendant près de trois mois. Dialogue chantant entre des œuvres d’art d’antan et les travaux récents du photographe.

« S’ils savaient qu’ils seraient un jour dans un musée, ils en riraient peut-être », dit Andres Serrano devant l’une de ses photographies exposée ici : le portrait d’un sans-abri tiré d’une série que l’artiste a intitulé Nomads et qu’il a réalisé en 1990. « Je voulais rendre compte de ces visages qu’on ne regarde pas quand nous les croisons dans la rue. Je voulais leur redonner un nom », explique l’artiste et d’ajouter : « c’est vrai que cette démarche prend tout son sens quand ces portraits franchissent la porte d’un musée et que les visiteurs, sans le savoir, peuvent soudain admirer ».

Au Petit-Palais, ces portraits ont peut-être encore plus d’écho : à deux pas d’une des photographies de sans-abris est accroché un tableau du XIXème siècle réalisé par Fernand Pelez. On y voit une famille en train de dormir sur le trottoir d’un rue sale et le tableau porte ce titre : « sans asile ». Un sujet et un titre qui résonnent formidablement bien avec la série de Serrano.

Artiste religieux

Un peu plus loin, le Petit-Palais a fait en sorte de présenter le travail que l’artiste a réalisé sur les symboles de la religion catholique - par exemple une grande croix blanche faite avec du lait sur fond rouge sang - à côté des œuvres de Gustave Doré et notamment de son Christ sur la croix. « Je suis un artiste religieux », lance Andres Serrano pas peu fier d’être à côté d’un peintre qu’il dit beaucoup aimer. Son dytique de la crucifixion, où l’on voit sa femme déguisée en vierge marie prier au pied d’une croix dont nous ne voyons que le bout, dialogue aussi formidablement bien avec cette partie du musée. A certains moments, on dirait que l’accrochage a été pensé ensemble et que les photographies de Serrano ont toujours été là.

C’est le pari du Petit-Palais qui a sélectionné quarante photographies et les a dispersées dans toute sa collection permanente. A côté d’un Cézanne vous trouverez un indien tenant un cow-boy et le menaçant, un couteau sous la gorge : œuvre de la série intitulée Interpretation of dreams et que Serrano a déployé en une multitude de songes délicats. En voisin d’un gentilhomme du XVIIIème siècle est aussi exposé un grand chef Indien nord-américain avec sa coiffe faite de plumes et ses joues parsemées de peintures de guerre. Ce sont les Etats-Unis et toute leur culture de masse qui investissent le musée et donnent un étrange arrière-plan à l’ensemble de la visite.

L’autre Christ

En témoigne un portrait qu’Andres Serrano a réalisé en 2004, mais qui a aujourd’hui un tout autre retentissement : une photographie de Donald Trump, avec sa mèche à l’avant et un air d’ambitieux narcissique. « A l’époque, il représentait le rêve américain et je l’ai pris en photographie aux côtés d’autres personnalités comme Snopp Dogg par exemple », explique l’artiste. Juste à côté, une petite miss America, les yeux tendus vers le ciel, émerveillée d’être la vedette éphémère d’un photographe. A ces portraits du rêve américain répondent parfois les rêveries d’Andres Serrano qui nous présente par exemple un de ses amis maquillé en noir comme s’il était noir de peau depuis toujours et surtout un christ noir avec une vierge blanche. Serrano l’a tout simplement appelé « l’autre Christ », comme si nous l’avions oublié et qu’il avait toujours existé. L’autre Christ comme la part manquante d’un monde que nous ne voyons pas et que l’artiste se fait fort de nous montrer ici.

Jean-Baptiste Gauvin

Jean-Baptiste Gauvin est un journaliste, auteur et metteur en scène qui vit et travaille à Paris.

Andres Serrano

Jusqu'au 14 janvier 2018

Petit-Palais

Avenue Winston Churchill

75008 Paris

France

 

http://www.petitpalais.paris.fr/

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Annie Leibovitz

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Portrait : Annie Leibovitz, photographe aux mille portraits

Par Stéphanie Chayet

Lennon enlaçant Yoko Ono, Demi Moore nue et enceinte, Obama à la Maison Blanche… Annie Leibovitz photographie tout ce que l’Amérique compte de célébrités. Phaidon publiera bientôt un recueil de ses récents portraits.

À l’origine, elle avait eu l’idée de représenter Marina Abramovic en Ève au jardin d’Éden, nue, le regard au loin, comme dans les tableaux classiques. L’artiste serbe était partante, il restait à trouver le décor. Fallait-il chercher du côté de la Turquie, où certains situent le lieu biblique ? La question la travaillait jour et nuit. Plus près de New York, il y avait aussi la vallée de l’Hudson River, dont la nature encore vierge fut comparée par les peintres de l’école du même nom au Paradis terrestre. Annie Leibovitz l’explora en long et en large en quête d’un paysage à la Thomas Cole qu’elle ne découvrit jamais.

Pressée par le temps, la photographe américaine s’accommoda du studio, l’endroit où elle aime le moins travailler, face à un modèle qui ne lui évoquait même plus la mère de l’humanité malgré le faux serpent dont elle était accoutrée. Un fiasco. C’est alors qu’Abramovic lui dit : « Tu sais, j’ai un don avec les serpents, si on essayait avec des vrais ? » On lui fit porter deux pythons bien vivants qui s’enroulèrent en spirale sur son corps devant l’équipe médusée.

Ce portrait fait la couverture du lourd recueil qu’Annie Leibovitz publie le 9 novembre chez Phaidon (Annie Leibovitz : Portraits 2005-2016), et l’histoire de sa genèse donne un minuscule aperçu de la somme de lectures, repérages, insomnies, déconvenues, accessoires et heureux accidents qui entrent dans la composition des images fabriquées à grands frais par la photographe des stars et photographe vedette du groupe de presse Condé Nast, l’empire de papier glacé qui édite notamment les mensuels Vogue et Vanity Fair.

Conçu comme une archive de la dernière décennie, le livre compile 150 clichés pris entre 2005 et 2016, principalement pour des magazines, mais aussi pour des projets personnels, comme cette émouvante série de portraits d’artistes encore à l’œuvre au crépuscule de leur vie – Jasper Johns, David Hockney, Ellsworth Kelly. On y croise aussi, entre autres, Kim Kardashian, les Obama, Stephen Hawking, Lady Gaga, Yoko Ono, Donald Trump, les sœurs Williams, la reine d’Angleterre, et bien sûr le Tout-Hollywood, d’Angelina Jolie à George Clooney en passant par le sulfureux Harvey Weinstein, qui n’était pas encore tombé de son piédestal. Pour paraphraser Jacques Séguéla : en Amérique, si on n’a jamais été photographié par Annie Leibovitz, c’est qu’on a raté sa vie.

Pensée tortueuse

« La journaliste ? » Nous sommes au pied de l’immeuble new-yorkais qui héberge ses bureaux, un doigt sur la sonnette, mais ce n’est pas de l’interphone que surgit la question. La voix vient de la rue, où une grande femme en noir – 1,80 m à vue de nez – approche au pas de charge dans de grosses baskets : Annie Leibovitz. Le rendez-vous a été complexe à planifier, plusieurs fois reporté et même déplacé à Londres, puis reprogrammé à New York. En interview, la photographe de 68 ans a la réputation d’être « coriace », « cassante », « difficile ». Elle sera finalement moins intimidante qu’annoncé. Un peu brusque, certes, mais ouverte et présente. Attachante.

Son studio, qui emploie dix personnes et occupe deux étages, ressemble à toutes les PME créatives de Downtown Manhattan : des écrans d’ordinateur, quelques fauteuils clubs, des stagiaires qui descendent chercher des cafés latte. L’agenda de la boss est épinglé au mur en grand format, le trimestre à venir déjà couvert de mémos multicolores correspondant à ses divers engagements (violet pour la promo du livre, bleu pour Vanity Fair, orange pour Vogue, jaune pour les commandes publicitaires, vert pour les expositions, rose pour les activités personnelles et familiales).

Simple, presque vide, son bureau révèle quelques traces de sa vie intime – une photo d’elle à la campagne avec ses trois filles, ou un livre de Susan Sontag, la brillante intellectuelle à la mèche blanche avec qui elle eut une longue relation sinon secrète, en tout cas discrète, jusqu’à sa mort, en 2004, d’une leucémie. De près, on remarque ses belles mains, les perles qu’elle porte à ses oreilles. Elle n’aime pas être interviewée, confirme-t-elle. Sa pensée est pleine de détours : sa réponse à la première question dure près de dix-neuf minutes.

Le livre qu’elle publie est né d’une inquiétude, alors qu’elle préparait la rétrospective de ses œuvres de jeunesse présentée par la Fondation Luma, cet été, à Arles – des photos de célébrités, déjà, mais plus spontanées, prises dans les années 1970 pour le magazine Rolling Stone. « J’avais l’impression de voir le travail de quelqu’un d’autre, et j’étais pleine d’admiration, explique-t-elle. Les images étaient si fortes que j’ai éprouvé le besoin de me rassurer sur ce que je fais maintenant. »

Dans l’urgence, presque la panique, elle lance alors son équipe, déjà surmenée par les préparatifs de l’exposition, dans ce nouveau chantier. La tâche est ardue, car il s’agit de son premier recueil de photos non argentiques – or « le numérique est somptueux à l’écran, mais il perd son éclat sur le papier ». « Il y avait tant de problèmes, et si peu de temps pour les résoudre… Il y a des gens au bureau qui ne m’adressent toujours pas la parole », dit-elle avec l’air de plaisanter à moitié.

Dans son précédent recueil, La Vie d’une photographe, 1990-2005 (La Martinière), elle avait glissé d’inoubliables clichés personnels entre ses œuvres de commande : sa grossesse, sa famille, ses vieux parents et, au prix d’une certaine controverse, la maladie et la mort de Susan Sontag. Une façon de faire son deuil. « Après la parution, je me suis dit : mon Dieu, qu’est-ce que j’ai fait ? J’ai mis mes proches à nu. Je ne regrette rien, mais j’ai décidé très consciemment de me recentrer sur mon portfolio à ce moment-là. » Ça tombait bien : elle avait besoin d’argent.

« SI LA PHOTO N’EST PAS À LA HAUTEUR DE SON EXIGENCE, ELLE REFUSERA DE L’UTILISER, QUELS QUE SOIENT LES FRAIS ENGAGÉS. » GLORIA STEINEM, JOURNALISTE ET FÉMINISTE

Aussi prodigue dans la vie que sur ses shootings, dont les extravagances sont légendaires, la superstar du portrait frôla la faillite en 2009 à cause d’une dette de 24 millions de dollars aux origines assez mystérieuses, et pour laquelle elle avait hypothéqué ses biens immobiliers et la propriété intellectuelle de toute son œuvre. Un accord fut négocié in extremis avec les créanciers, mais il lui fallut des années pour remonter la pente. « Quand Anna Wintour et Graydon Carter [les patrons respectifs de Vogue et de Vanity Fair] m’ont demandé ce qu’ils pouvaient faire pour moi, je leur ai répondu : “Me donner du travail.” Puis, j’ai réuni mes collaborateurs et je leur ai dit : “Personne ne va voler à notre secours sur un cheval blanc, dans la vie ça ne se passe pas comme ça. Je suis désolée, mais on va devoir se retrousser les manches et se sortir de là.” Et on l’a fait ! On a travaillé dur et on l’a fait. »

Folie des grandeurs

On l’aura compris, Annie Leibovitz n’économise ni ses forces ni son entourage. Phyllis Posnick, une rédactrice de mode chez Vogue qui travaille souvent avec elle, propose un seul adjectif quand on lui demande de décrire l’ambiance de ses séances photo : « Tendue. » « Annie est brillante, passionnée, méticuleuse, obsessionnelle, mais elle n’est jamais facile », poursuit-elle. « Elle sait ce qu’elle veut, estime pour sa part la journaliste et militante féministe Gloria Steinem, qui la connaît depuis les années 1970. Si la photo n’est pas à la hauteur de son exigence, elle refusera de l’utiliser, quels que soient les frais engagés, et quand bien même il serait impossible de la refaire. »

« JE PENSE TOUJOURS QUE ÇA POURRAIT ÊTRE MIEUX. POUR MOI, C’EST UN MOTEUR, MAIS C’EST DIFFICILE À VIVRE POUR LES AUTRES. » ANNIE LEIBOVITZ

Ses employeurs, même les très craints Anna Wintour et Graydon Carter, lui passent presque tout, laissant libre cours à sa folie des grandeurs. L’intéressée admet que son perfectionnisme pèse sur ses collaborateurs : « Je pense toujours que ça pourrait être mieux. Pour moi, c’est un moteur, mais c’est difficile à vivre pour les autres. » Apparemment, on n’en meurt pas : Karen Mulligan, son bras droit, travaille pour elle depuis vingt et un ans.

Angelina Jolie à la proue d’une machine volante dans un désert californien ; Helen Mirren et Kate Winslet en héroïnes de film noir, agrippées à l’échelle d’incendie d’un hôtel de Manhattan ; Melania Trump au pied de son jet privé, enceinte, en escarpins et bikini dorés : ses images reposent souvent sur des idées simples et des mises en scène grandioses. Le corps y compte autant et parfois plus que le visage. « J’aime le corps, j’aime ce qu’il exprime », plaide celle qui déshabilla Demi Moore pendant sa grossesse et John Lennon juste avant sa mort, avec l’impact que l’on sait.

L’un des rares portraits serrés de son livre, celui de la primatologue britannique Jane Goodall, est presque accidentel. « Je n’avais que six ou sept minutes avec elle, dans les coulisses d’une conférence. Quel intérêt ? C’est sur le terrain que j’aurais voulu la photographier. En arrivant, elle m’annonce qu’elle déteste être prise en photo, qu’elle préfère encore aller chez le dentiste. Je rentre à New York en me disant que c’était vraiment raté. Et puis je suis saisie en voyant les images : elle me regarde comme si j’étais un orang-outan ! C’est avec ce langage qu’elle charme les singes, celui de son visage. C’est une photo incroyable de son visage en train de me parler. »

Le gros plan est « l’un de [ses] points faibles », poursuit-elle, avant de faire remarquer que Richard Avedon, « le maître absolu du portrait psychologique en studio, bref du visage », tenait son Rolleiflex à hauteur de poitrine, ce qui lui permettait d’échanger facilement avec ses modèles pendant qu’il les photographiait. Idem pour Diane Arbus et Vivian Maier, autres idoles. « Moi, je tiens l’appareil devant mon visage, il fait écran. De toute façon, parler me déconcentre. Je préfère le faire avant ou après. »

Tendance à l’autocritique

Annie Leibovitz fait volontiers l’inventaire de ses imperfections. Son livre « tombe en quenouille à partir de Barychnikov », soit environ aux deux tiers (« après, je ne savais plus trop ce que je faisais »). Elle écrit dans la postface qu’elle n’est « pas un bon metteur en scène » et « regrette souvent que [ses] photos n’aient pas plus de tranchant ». Gloria Steinem : « Elle est paradoxale : sûre d’elle et modeste, hésitante et pleine d’autorité. Elle sait diriger, ce qui n’est pas si facile pour une femme, mais elle ne cache pas ses doutes. » La photographe se trouve aussi le défaut de se trouver des défauts, désormais : « J’ai tendance à l’autocritique. J’y suis habituée, mais ma fille de 15 ans a du mal à le supporter. » Elle lui a promis de faire un effort.

« DANS MA TÊTE, JE SUIS TOUT LE TEMPS EN TRAIN DE CADRER MES FILLES. IL Y A TANT D’INTIMITÉ DANS CES PHOTOS IMAGINAIRES. » ANNIE LEIBOVITZ

Troisième d’une grande fratrie déplacée de base en base par un père officier de l’armée de l’air, elle est restée proche de ses cinq frères et sœurs, sans le soutien desquels elle n’aurait « peut-être pas » fondé une famille. Elle a eu ses enfants, seule, à la cinquantaine : l’aînée en 2002, puis des jumelles nées d’une mère porteuse en 2005, juste après la disparition quasi simultanée de son grand amour et de son père, Sam Leibovitz (elles s’appellent Susan et Samuelle, en hommage aux absents).

Phyllis Posnick évoque « une mère aimante ». Une mère à l’écoute : voilà plusieurs années qu’elle a cessé de photographier ses filles dans la vie quotidienne, parce qu’elles s’en plaignaient. « Susan Sontag était peut-être dans le vrai en disant que la photographie interfère avec l’expérience. Pour un photographe, la photographie EST l’expérience : quand je couvrais des concerts de rock pour Rolling Stone, je n’écoutais pas la musique. Prendre des photos demande toute mon attention. La maternité, ça ne peut pas se faire à moitié. Vous devez décider si vous êtes là ou pas. » Dieu sait si cette résolution lui coûte. « Dans ma tête, je suis tout le temps en train de cadrer mes filles. C’est parfois douloureux, car elles sont si belles. Il y a tant d’intimité dans ces photos imaginaires. » Elles sont d’accord pour les portraits de famille, mais seulement sur rendez-vous.

Si les clichés personnels qu’elle a publiés il y a dix ans disent quelque chose d’elle, c’est combien elle s’est appuyée sur la photographie dans les épreuves de sa vie. Son amie Patti Smith, qu’elle a fait poser devant un brasier pour une couverture de Rolling Stone en 1978 et photographiée maintes fois depuis, nous raconte cette anecdote : « Après la mort de mon mari, dans les années 1990, je suis revenue vivre à New York pour finir un disque. J’étais encore accablée de chagrin, un peu perdue. Un jour où je marchais dans la rue, triste et fatiguée, je me suis retrouvée près du studio d’Annie, et je m’y suis arrêtée pour boire un verre d’eau. Elle a remarqué que je n’étais pas dans mon assiette et elle a dit : “Travaillons ! Prenons des photos.” Sa solution a été de travailler. Et j’ai trouvé du réconfort dans ce travail. Nous avons fait quelques photos et ça m’a fait du bien. » Cette séance impromptue a engendré deux portraits importants, dont celui qui illustre la pochette de l’album du come-back de la musicienne, Gone Again.

Processus créatif

Ces jours-ci, Annie Leibovitz s’apprête à photographier Alice Waters, la pionnière californienne du Farm-to-table, l’égérie d’une génération de jeunes cuisiniers. Ce sera la quatrième fois : les précédentes, elle n’avait pas réussi à faire un portrait d’elle assez satisfaisant pour être inclus dans son livre. Pour préparer cette nouvelle tentative, elle a fait des recherches et téléphoner à l’entourage de son modèle.

On repense à Marina Abramovic qui, dans le documentaire sur sa rétrospective de 2010 au MoMA, The Artist is Present, disait vouloir montrer un jour « toute la correspondance, tous les fax, tous les billets d’avion » nécessaires à la production d’une œuvre d’art. Combien de rendez-vous pour un portrait d’Annie Leibovitz ? Combien d’appels téléphoniques, de cafés latte, de pleins d’essence ?

« A-t-on vraiment envie de le savoir ?, répond la photographe. N’est-ce pas très ennuyeux ? Le mieux n’est-il pas justement de donner l’impression que ça ne demande aucun effort ? C’est impossible à quantifier, de toute façon. C’est trop stratifié. La photo de John et Yoko n’existe que parce que je les connaissais depuis dix ans. Une photo, c’est toujours un processus. » Quand elle a offert son livre à l’une de ses sœurs, celle-ci lui a dit : « Les gens n’ont aucune idée du travail qu’ont demandé ces images. » Pour Annie Leibovitz, c’est le plus beau des compliments.

Annie Leibovitz : Portraits 2005-2016, Ed. Phaidon, 79,95 €. À paraître le 9 novembre.

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Australie - Melbourne

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Photos : Noémie

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Galerie Agnès b

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Photos : J. Snap

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Petter Hegre - photographe

 

 

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Deborah de Robertis

Le 18 octobre 2017, j’ai été relaxée par le tribunal correctionnel de PARIS du chef d’exhibition sexuelle. Le parquet avait décidé de me renvoyer en comparution immédiate et le musée du Louvre de déposer plainte contre moi après ma performance réalisée devant la Joconde le mois dernier.
Le tribunal a considéré qu’il ne pouvait s’agir ici d’exhibition sexuelle en l’absence de l’élément matériel du délit (ma pilosité cachait « ces organes génitaux que vous ne saurez voir »…) et l’élément intentionnel du délit (mon intention était de porter un message « militant et artistique » et non sexuel a précisé le tribunal).
La justice n’a aucune légitimité pour décider de ce qui relève ou non de l’art, mais elle a constaté que mon travail ne pouvait constituer une infraction d’exhibition sexuelle du fait de sa dimension politique, militante, et artistique : je montre le sexe des femmes tel qu'il est, poilu et naturel, et ma nudité n'a rien de sexuel puisqu’elle fait référence au nu pictural.

Cette victoire artistique et judiciaire s’inscrit dans une bataille qui risque de s’éterniser : le musée du Louvre n’a pas manqué de demander au tribunal de m’interdire tout accès à ses galeries et d’ordonner la suppression sur la Toile de toutes images provenant de mes performances. Il s’agit donc clairement de censure, d’atteinte à ma liberté de création, d’expression, et d’aller et venir. Le musée du Louvre, dans ce qu’il charrie de pire, a connu ici un premier et cinglant échec : en tentant d’interdire mon travail et de radier mon sexe de ses galeries, il a cru pouvoir décider de ce qui pouvait ou non être vu. Mon œuvre a envahi ses murs, et continuera à les occuper.
Voici le court - métrage intitulé " MA CHATTe MON COPY(RIGHT)" qui dévoile les images exclusives de ma performance devant la Joconde : Mona Lisa sort de son mutisme pour prendre la parole puisque "ouvrir son sexe, c’est ouvrir sa bouche". 
https://vimeo.com/237069073

Deborah De Robertis
Deborahttps://instagram.com/p/BaceHcmAkS0/

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Le DOMESTIKATOR..... FIAC 2017 - vu hier soir

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Bikini

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Egalité femmes-hommes - Une loi sur les violences sexuelles et le harcèlement de rue annoncée pour 2018

Par Gaëlle Dupont - Le Monde

La secrétaire d’Etat Marlène Schiappa a dévoilé les contours d’un projet de loi qui devrait voir le jour au premier semestre 2018 après une consultation citoyenne.

Alors que la mise en cause du producteur américain Harvey Weinstein pour harcèlement sexuel continue à faire réagir des victimes célèbres ou anonymes de tels agissements, l’annonce du gouvernement ne pouvait mieux tomber. La secrétaire d’Etat chargée de l’égalité entre les femmes et les hommes Marlène Schiappa annonce dans La Croix du 16 octobre « un projet de loi contre les violences sexistes et sexuelles afin d’abaisser le seuil de tolérance de la société », qui s’attaque en particulier aux actes commis sur les mineurs et au harcèlement de rue.

Le texte, porté conjointement avec la garde des sceaux Nicole Belloubet, sera présenté au premier semestre 2018, après une vaste concertation avec les acteurs du secteur (policiers, magistrats) et une consultation citoyenne dans le cadre du tour de France de l’égalité lancé début octobre. Si les grandes directions sont décidées, les détails de leur mise en œuvre ne sont donc pas encore arrêtés. Mme Schiappa affirme en outre rester ouverte à « toute question qui émergera des discussions ».

Définir un âge pour le consentement des mineurs

Premier axe déjà défini : la lutte contre les agressions sexuelles et viols commis sur les mineurs. « Nous devons inscrire clairement dans la loi qu’en deçà d’un certain âge – qui reste à définir – il n’y a pas de débat sur le fait de savoir si l’enfant est ou non consentant », affirme la secrétaire d’Etat.

Cette prise de position intervient après la décision très controversée du parquet de Pontoise de poursuivre pour atteinte sexuelle (cinq ans de prison maximum) et non pour viol (passible de vingt ans) un homme de 28 ans ayant eu des relations sexuelles avec une enfant de 11 ans. L’auteur des faits n’ayant pas utilisé de menace ou de contrainte, le parquet a considéré que la petite fille était implicitement consentante.

Cette interprétation a suscité un tollé parmi les associations féministes et de protection de l’enfance, qui estiment que l’écart d’âge entre un majeur et un mineur implique forcément une contrainte morale, et que leur jeune âge empêche les enfants de consentir de façon éclairée.

Le sujet apparaît plutôt consensuel. Quatre parlementaires de toutes tendances politiques ont récemment déposé des propositions de loi allant dans ce sens. L’Union syndicale des magistrats (majoritaire) y est favorable. Toutefois, la détermination de la limite d’âge pourrait faire débat. Faut-il fixer le seuil à 15 ans, comme le souhaite l’ancienne ministre (PS) de la famille Laurence Rossignol dans son texte, déposé vendredi 13 octobre ? Ou plus bas, à 13 ans, comme le préconise le Haut Conseil à l’égalité entre les femmes et les hommes ?

Allonger les délais de prescription des crimes sexuels

Deuxième chantier ouvert, qui devrait être plus contesté, celui de la prescription des crimes sexuels commis sur les mineurs de moins de 15 ans. Elle est aujourd’hui de vingt ans après la majorité de la victime, qui a donc jusqu’à ses 38 ans pour porter plainte. Marlène Schiappa souhaite ouvrir un débat sur l’allongement à trente ans à compter de la majorité, auquel elle serait favorable à titre personnel. C’était la préconisation formulée en avril par la mission de consensus pilotée l’animatrice de télévision Flavie Flament et l’ancien magistrat Jacques Calmettes, chargée par Laurence Rossignol de faire des propositions sur ce sujet.

C’est une nouvelle fois un fait divers qui avait poussé les autorités à lancer cette mission. En octobre 2016, Flavie Flament relatait dans un livre, La Consolation (JC Lattès), avoir été violée à l’âge de 13 ans par un photographe de renom. David Hamilton, dont l’identité a fini par être révélée, s’est suicidé le 25 novembre. ­Flavie Flament n’a pas porté plainte, car, au moment où elle a révélé les faits, elle avait 42 ans.

De nombreuses associations réclament un allongement du délai de prescription, voire l’imprescriptibilité. « Ces crimes sont commis sur des enfants, le plus souvent par des proches, dans un climat d’emprise, expliquait en janvier au Monde ­Muriel Salmona, psychiatre et présidente de l’association Mémoire traumatique et victimologie. La victime est en état de sidération et met en place des mécanismes psychologiques de sauvegarde. Il faut être beaucoup plus âgé, plus solide, pour réveiller ces souvenirs. » L’imprescriptibilité, réservée aux crimes contre l’humanité, est écartée par Mme Schiappa. « Elle ne passerait sans doute pas le filtre du Conseil constitutionnel », estime la secrétaire d’Etat.

Cependant, les magistrats estiment que la prescription actuelle est adaptée. Pour condamner des auteurs, des preuves sont nécessaires. Or, ces dernières se raréfient avec le passage du temps. Ils estiment que permettre de porter plainte quarante ou cinquante ans après les faits pourrait donner de faux espoirs aux victimes.

Sanctionner le harcèlement de rue

Le dernier axe de la future loi est déjà connu : le gouvernement souhaite sanctionner le harcèlement de rue. Il s’agit d’actes isolés, qui vont du commentaire non souhaité sur l’apparence physique, en passant par les sifflets, les regards appuyés, ou le fait de suivre une femme jusqu’à chez elle.

Exercés par une multitude d’auteurs, ils peuvent avoir un impact négatif important sur le quotidien, notamment dans les transports en commun, et contraindre certaines femmes à modifier leur tenue, leur itinéraire, leur horaire de sortie… Reste à caractériser l’infraction. « Je pense, à titre personnel, que siffler une femme dans la rue ne relève pas du harcèlement, mais que c’est le cas lorsqu’on la suit dans le métro, estime Mme Schiappa. Dans ce cas le stress, voire l’intimidation, sont évidents. »

Faire constater l’infraction par les forces de l’ordre ne sera pas simple, puisqu’elles ne peuvent être présentes derrière chaque mis en cause. Le président de la République Emmanuel Macron a annoncé dimanche 15 octobre que la verbalisation du harcèlement de rue ferait partie des priorités de la future police de proximité. Le gouvernement vise aussi un effet pédagogique : même si seulement quelques procès-verbaux sont dressés, le grand public serait informé que de tels comportements sont répréhensibles.

Dans une tribune publiée par Libération le 26 septembre, plusieurs chercheurs, dont le sociologue Eric Fassin, reprochaient à cette potentielle nouvelle infraction de viser « les jeunes hommes des classes populaires et racisées [victimes de racisme, qui] subissent déjà, plus que d’autres, le contrôle policier et les violences des forces de l’ordre », écrivaient-ils. « Ce n’est pas le sujet, répond Mme Schiappa. L’origine ne doit être ni un facteur aggravant ni une circonstance atténuante. »

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