Le CCAF (conseil de coordination des organisations arméniennes de France) appelle tous les Français, Républicains, démocrates et humanistes, quelle que soient leurs sensibilités, à un rassemblement citoyen devant le Sénat lundi 23 janvier à 14h pour soutenir la proposition visant à pénaliser le négationnisme tous les génocides reconnus par la loi.
Face à une campagne d’opinion aux accents souvent ignobles orchestrée par les forces hostiles à ce texte, et à l’occupation de la rue par les faussaires de l’histoire nous appelons les citoyens épris de justice à dénoncer le négationnisme qui assassine une deuxième fois les victimes, propage la haine et le fanatisme.
Non au négationnisme, au racisme et à la xénophobie !
Non à l’apologie du crime et aux menaces des dirigeants turcs !
Oui à une loi républicaine qui protège la dignité humaine, les victimes et les générations survivantes !
Lundi 23 janvier, 14 h, rue de Tournon, face au Sénat.
Près d'un siècle après les faits, la Turquie refuse toujours de qualifier de " génocide " la déportation et les massacres organisés de 1 à 1,5 million d'Arméniens par le gouvernement nationaliste Jeunes- Turcs. Elle admet des " déplacements de populations " et des massacres réciproques, où 300 000 à 500 000 Arméniens périrent, dans le contexte de la première guerre mondiale. " Il n'y a aucun génocide dans notre histoire ", a proclamé récemment M. Erdogan, fidèle à la doctrine instaurée par ses prédécesseurs. La Turquie mobilise toujours d'importants moyens pour lutter contre ce qu'elle nomme " les allégations arméniennes d'un prétendu génocide ".
Charles Aznavour et cinq autres signataires ont lancé un appel au Sénat pour qu'il ratifie le texte de loi pénalisant le négationnisme du génocide des Arméniens. (Reuters)
Comme l’a écrit Elie Wiesel, "tolérer le négationnisme, c’est tuer une seconde fois les victimes". Aussi convient-il de saluer le vote de l’Assemblée nationale du 22 décembre 2011, qui s’est prononcée en faveur de la transposition de la décision-cadre de l’Europe contre le racisme, la discrimination et le négationnisme. Contrairement aux lieux communs qui ont circulé à la faveur de la discussion publique autour de ce texte, ce dernier ne constitue pas une loi mémorielle, l’Histoire ayant déjà été écrite par les historiens. Ce document relève du droit. En donnant suite à cette directive européenne, les députés ont accordé aux garants de la mémoire des victimes de "tous les génocides reconnus par la loi" (Shoah, génocide des Arméniens), la possibilité juridique de les défendre contre les formes les plus "outrancières" du déni.
Est notamment visé le négationnisme d’État dont les autorités turques successives organisent la promotion jusque sur le territoire de la République française. Ainsi les élus sont-ils restés dans leur fonction qui consiste à préserver la dignité humaine, première phase du préambule de la Déclaration universelle des droits de l’homme, et à légiférer pour prévenir tout risque de trouble à l’ordre public. Pour qu’enfin ce texte prenne force de loi, nous encourageons le président de la République, le gouvernement ainsi que les principaux partis, de gauche comme de droite, qui ont soutenu l’adoption de cette loi à confirmer leur geste en permettant sa ratification par le Sénat dans la législature actuelle.
Charles Aznavour, Robert Guédiguian, Serge Klarsfeld, Bernard-Henri Lévy, Michel Onfray, Erol Özkoray