Les élégantes du monde entier s’arrachent ses chaussures à talons hauts. Christian Louboutin s’est lancé un nouveau défi : mettre en scène des numéros au Crazy Horse. Le créateur français y fait entrer un univers coloré et éclectique en s’inspirant du hip-hop et de tableaux classiques pour composer quatre tableaux originaux.
Vous connaissez bien le Crazy ?
Je suis un habitué ! Je connais toutes les histoires du Crazy. Le père de ma filleule avait pour parrain Alain Bernardin, fondateur du lieu. J’ai été très impressionné la première fois que je suis venu. Ce petit boudoir en velours monochrome ressemblait à l’image que je me faisais enfant des boîtes de nuit. Quand j’avais 14 ans, je voulais faire des souliers pour danseuses. J’avais dessiné les souliers des trois guest stars, Dita Von Teese, Arielle Dombasle et Pamela Anderson. La directrice m’a demandé de mettre en scène le prochain spectacle. Je n’ai pas hésité, mais je lui ai répondu : « J’adorerais mais je ne peux pas tout faire. ».
Comment avez vous travaillé ?
Je n’ai ni la prétention ni le désir d’être chorégraphe. Je suis au service du Crazy. J’ai demandé à Patricia Folly de s’occuper de la danse pour les tableaux. Je lui parle d’images, elle les traduit en gestes. J’ai aussi remasterisé les souliers pour d’autres numéros. Je colore le show tout entier. Il y a déjà beaucoup de rouge et de noir dans ce lieu, donc je mets l’accent sur les couleurs claires. Vous êtes un amateur de danse ? Surtout de cabaret. J’ai participé à un spectacle de claquettes J’ai travaillé pendant une semaine 10 h par jour et les danseuses avec qui je faisais le show étaient au point en une demi-heure !
Comment votre métier de styliste a-t-il influencé ces tableaux ?
Tout nécessite un talon précis. Au départ, je voyais les tableaux en termes de souliers, et petit à petit je me suis pris au jeu. Les postures des talons hauts irradient le corps tout entier. Il va y avoir une progression des pieds à la tête au cours des quatre tableaux. Comment s’est déroulé le travail avec les danseuses ? Pour un tableau, « la pénitente », je leur demande de prendre des postures de prêche. Elles étaient très intéressées par ces nouvelles idées, elles ont étudié des tableaux de vanités. Elles ont dû gommer leurs réflexes de pause sexy, de pieds pointés. Chaque tableau ressemble à une hydre à deux têtes : on part d’un langage différent, que ça soit street sur une musique hip-hop ou angélique pour retourner à l’ambiance crazy.
Pourquoi avoir choisi David Lynch et Natacha Atlas pour la musique?
L’univers de David Lynch colle à l’image de velours rouge du lieu avec une musique sourde, à base de souffles. Une chanson de Natacha Atlas m’a inspiré le tableau « la pénitente ». Dès les premiers essais, tous les techniciens l’avaient dans la tête… (source : 20 Minutes)
Le public pourra apprécier le show revisité par Christian Louboutin et rebaptisé pour l’occasion « Feu » du 5 mars au 31 mai. Le spectacle (à partir de 75 €) à déguster en compagnie d’une bouteille de champagne est présenté chaque soir à 20 h 15 et 22 h 45 et trois fois le samedi.
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