Exposition : Béatrice Morabito au Musée de l'Erotisme
Je choisis (et spécialement je modifie en suite) d’utiliser des poupées qui peuvent être érotiques : elles doivent être femmes mûres, volitives et qui me permettent ce jeu de projection de mes désirs en elles.
Le sexe et l’érotisme sont les composants essentiels des désirs des personnes, et étant donné que les images de mes poupées les représentent, souvent dans mes travaux la composante érotique prévaut sur les autres. Même si on diffuse actuellement des poupées érotiques «réelles» de taille humaine ( comme les real dolls japonaises dont on peut choisir l’aspect : phénomène à la limite entre le fétichisme et le désir de soigner la solitude et la sensation de vide), le premier schéma que je voudrais casser grâce à mon travail est le concept « Femme Poupée / Objet ». Les magazines glamour, la télévision etc nous ramènent continuellement au concept que si une femme est belle et si elle aime sa beauté, elle pourra seulement être utilisée comme un objet et comme une poupée. Je voudrais revenir en arrière, quand les poupées « archétype et prototype » de la beauté étaient gardées avec soin, aimées et considérées comme de grande valeur. Posséder une poupée, dans un monde pas qui n’était pas voué au consumérisme et à l’appropriation facile des objets, était une richesse exactement comme être beau.
De formation psychanalytique, j’ai toujours cherché à représenter sur mes photos plus que des situations, des émotions, des désirs et des sentiments.
Je considère mon travail comme une sorte de « journal intime » où au lieu de simplement écrire mes sentiments, mes rêves, ma vie réelle ou imaginaire, je les cristallise dans une image, qui au lieu de les cacher, les montre. Un peu comme faisaient Sylvia Plath et Anne Sexton avec leur poésies définies comme «Confessionnelles », je considère mon travail comme faisant parti de la même mouvance mais utilisant une expression différente.
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