Les 60 ans du Crazy Horse : on en parle dans la presse
La première fois que le producteur et réalisateur de télé Guy Job s’est glissé dans la petite salle rouge pour découvrir la revue d’Alain Bernardin, c’était dans les années 1960. « Le Crazy représentait alors le seul endroit où l’on pouvait voir des danseuses nues. Il s’opposait à toutes les autres boîtes sulfureuses où les filles fréquentaient les clients. L’esthétisme sublimait le côté érotique. Pour une danseuse, c’était génial sur son CV. » Guy Job a depuis cette époque réalisé une dizaine d’émissions sur le Crazy Horse, dont une dernière pour les 60 ans, et noué une amitié avec son fondateur. « Bernardin était tyrannique mais il le fallait, ça bossait dur. Il bloquait une partie du salaire des filles sur un plan épargne logement. Pour lui, le Crazy devait rester à Paris. » Depuis, le cabaret est demeuré un lieu incontournable de la capitale. « Venir au Crazy et dans un hôtel trois étoiles, c’est toujours une spécificité parisienne pour les étrangers. » Mais après 60 ans d’une revue codifiée, ce temple du nu doit relever le challenge d’innover. « Bernardin pensait qu’après lui le cabaret deviendrait un parking, c’est déjà un miracle de perpétuer le lieu et de maintenir la qualité. Pour moi, les guest stars restent du marketing. C’est plus important de faire venir des chorégraphes, comme Decouflé, pour garder le patrimoine tout en renouvelant le show. Je pense que le tableau la Crise s’inscrit dans l’esprit du Crazy qui parle de l’air du temps. » O.G. (Source "20 mn").
Un escalier escarpé, des photos d’Alain Bernardin et d’Arielle Dombasle dans le hall, une pointeuse à l’ancienne et des couloirs fins et rouges. Bienvenue dans les coulisses du Crazy Horse, fondé en 1951 par Alain Bernardin près des Champs- Elysées. Pour fêter ses 60 ans, pas de star, toujours la revue signée Philippe Decouflé, mais deux documentaires, l’un diffusé à la télé dimanche dernier sur France 3 (lire ci-dessous), l’autre sur grand écran*, et deux livres de photos et de croquis. Ce qui fut à sa création un saloon avec country et sketchs tient son nom d’un chef amérindien. Depuis, le club s’est construit une renommée internationale de temple du nu, avec une perruque pour emblème, où les filles dansent sublimées par la lumière. Avec des règles strictes : interdiction de prendre ou perdre plus de 2 kg, de rejoindre ses invités devant le cabaret… « Ce métier nous donne une double personnalité, raconte Baby Light, l’une des danseuses. On est là pour faire fantasmer. Les gens imaginent qu’on passe la journée en talons et rouge à lèvres, mieux vaut qu’ils ne nous croisent pas en jean baskets. C’est interdit d’aller dans la salle après le show. » Après onze ans de danse classique, Baby Light débarque ici à 18 ans. « Heureusement, je ne suis pas arrivée rigide comme un coton tige. Ici, il faut oublier le chignon tiré et la petite fille modèle pour devenir une femme. Pour l’audition, je m’échauffais dans les loges quand une danseuse est passée. J’étais tellement peu sûre de moi que je me suis mise en string en lui disant “ça va comme ça ?” Elle m’a répondu, mais oui mon petit chat ! » Diva Novita est arrivée elle aussi de province, en 2005. « Quand on m’a appelé pour l’audition en disant, munissez- vous d’un string noir et de talons, je me suis dit, “Ah, c’est tout !” A l’époque, j’étais un peu garçon manqué. » Depuis la mort du fondateur en 1994, le Crazy s’est exporté à Las Vegas, les filles participent à des tournées et des stars comme Arielle Dombasle s’invitent sur scène. Les deux danseuses, qui prennent des cours de théâtre, espèrent ensuite devenir comédiennes. Elles avouent regretter les débuts du Crazy, qu’elles imaginent très avantgardistes. « On rêve d’un nouveau Bernardin. Même si on adore notre spectacle, aujourd’hui les filles nues, ça n’a rien de révolutionnaire. Dans les années 1960, le show provoquait avec des nonnes en robes fendues ou des croix gammées sur le pubis. » (Source : "20mn")
Save the date : Crazy Horse
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Bande annonce de Crazy Horse (2011), le documentaire de Frederick Wiseman . La vie du Crazy, des répétitions aux représentations publiques.... Le documentaire Crazy Horse, en salles le 5 octobre 2011.












