Il y a 20 ans, Dalida mettait fin à ses jours à l'âge de 54 ans: cet anniversaire est célébré par une exposition à l'Hôtel de Ville de Paris, la sortie de coffrets CD et DVD qui lui sont consacrés ainsi que de plusieurs livres.
"Bambino", son premier tube en 1956, "Gondolier", "Come prima", "Les enfants du Pirée", "Darla Dirladada", "J'attendrai", "Paroles, paroles" (avec Alain Delon), "Gigi l'amoroso", "Il venait d'avoir 18 ans": en trente ans de carrière, la chanteuse a enchaîné les succès qui ont fait d'elle la figure emblématique d'une variété nimbée de kitsch et une icône populaire, réhabilitée au fil des ans.
Elle fera l'objet d'une exposition gratuite à l'Hôtel de Ville de Paris du 11 mai au 8 septembre.
"Dalida, une vie" est la première exposition majeure consacrée à la chanteuse populaire. Elle retracera le parcours de Yolanda Gigliotti, piquante brune couronnée Miss Egypte en 1954 et arrivée à Paris à Noël de la même année pour devenir ensuite Dalida, sirène blonde parée de strass.
La Ville de Paris présentera des objets et des images souvent inédits, robes de scène extravagantes, documents tirés des archives de l'INA ou extraits de films.
Le commissaire général de cette exposition est Jacques Pessis, spécialiste du music hall. Il a également supervisé l'élaboration du catalogue et de l'album de l'exposition, publiés aux éditions Chronique.
Par ailleurs, la carrière de la chanteuse est racontée dans le coffret de 8 DVD "Dalida, une vie". Présenté comme une "encyclopédie visuelle", il réunit près de 20 heures de musique et documents, avec 261 chansons filmées et 48 interviews ou reportages couvrant toute la carrière de Dalida. Le coffret est également disponible dans une version raccourcie de 3 DVD.
Autre coffret, mais cette fois-ci de 5 CD, "Dalida, les 101 plus belles chansons" réunit tous ses tubes.
Plusieurs livres paraissent autour de la chanteuse, écrits d'un point de vue "people": la biographie "Dalida, une vie brûlée" (ed. l'Archipel), que signe Bernard Pascuito, et "Dalida, tu m'appelais petite soeur..." (ed. Didier Carpentier), dans lequel Jacqueline Pitchal, une amie de l'artiste, révèle sa liaison avec François Mitterrand.
Le 3 mai 1987, le corps de Dalida était retrouvé inanimé à son domicile parisien du 18e arrondissement, sur la butte Montmartre: elle avait avalé un cocktail de barbituriques pendant le week-end du 1er mai, dans l'isolement de la magnifique demeure qu'elle habitait rue d'Orchampt à flanc de colline.
Sa mort survenait à un moment inattendu pour le public: quelques semaines auparavant, elle avait été saluée pour sa prestation dans "Le 6e jour", du réalisateur égyptien Youssef Chahine, une consécration de la part des intellectuels qui l'avaient toujours regardée avec un peu de condescendance.
Toute sa vie, Dalida, née le 17 janvier 1933 au Caire, fut partagée entre des sentiments contradictoires: une vie privée loin d'être heureuse et un destin public rayonnant, où elle donnait le change, incarnant avec aplomb une certaine futilité, parée de paillettes.
Marquée par trois suicides de proches (son ami le chanteur italien Luigi Tenco en janvier 1967, son mari Lucien Morisse, un homme-clé du showbiz français, en septembre 1970, son compagnon Richard Chanfray, alias "le Comte de Saint-Germain", en juillet 1983), Dalida avait déjà tenté de mettre fin à ses jours le 27 février 1967.
Vingt ans plus tard, elle y parviendra en laissant ces quelques mots: "la vie m'est insupportable. Pardonnez-moi".