Présidentielles: Bayrou réclame un débat sur Internet entre les quatre principaux candidats
François Bayrou a mis mardi au
défi Nicolas Sarkozy (UMP), Ségolène Royal (PS) et Jean-Marie Le Pen (FN) de
débattre avec lui sur Internet, puisqu'un tel débat semble difficile à
organiser à la télévision, règles du Conseil supérieur de l'audiovisuel obligent.
Lors d'une conférence de presse
dans un hôtel parisien, le candidat UDF a "propos(é) que tous les
bloggeurs d'Internet, tous ceux qui ont des sites, se groupent pour organiser
un débat sur Internet entre Nicolas Sarkozy, Ségolène Royal, Jean-Marie Le Pen
et moi", évoquant en particulier le site Agoravox.
"J'accepte par avance d'y
participer avec ces trois-là. Qu'Internet prenne ses responsabilités!".
Cela permettrait selon lui de
contourner les règles du Conseil supérieur de l'audiovisuel, qui imposent des
temps de paroles égaux pour tous les candidats, et donc obligeraient les
télévisions à organiser un débat à 12, et non à quatre. Mais Internet
"n'est pas limité par le CSA", a rappelé François Bayrou, qui y voit
"un nouvel espace démocratique puisque tous les autres sont bloqués".
Le candidat UDF a présenté mardi
à la presse un document de campagne de 20 pages dans lequel il expose son
"programme d'action". Il sera diffusé à dix millions d'exemplaires.
Ce document à la couverture orange vient compléter le livre publié récemment
par François Bayrou, "projet d'espoir".
Cette brochure, téléchargeable
sur Internet, présente des propositions qui se veulent "réalistes,
crédibles" et surtout "budgétées", a-t-il insisté.
François Bayrou a de nouveau
défendu sa proposition de supprimer l'Ecole nationale d'administration:
"je veux pour cette dernière ligne droite de la campagne poser la question
de la mobilité sociale en France", a-t-il expliqué.
Interrogé sur la TVA sociale
proposée par le candidat UMP Nicolas Sarkozy, François Bayrou a répondu ne pas
"comprend(re) ce que veut dire expérimenter la TVA sociale sur des
secteurs particuliers. Parce qu'un produit incorpore de très nombreux
secteurs": "une part d'industrie en France, une part de recherche,
une part de pièces détachées fabriquées à l'étranger"...
"La TVA sociale est une idée
séduisante", a-t-il estimé. Mais, pour être efficace, elle supposerait un
"transfert massif de points de cotisation" et ce "dans le pays
qui a déjà une des TVA les plus élevées". Le candidat UDF préfère quant à
lui défendre la création de deux emplois sans charges dans chaque entreprise:
ainsi, "nous allons avoir grandeur nature la vérification du fait de
savoir si, comme je le crois, les charges sociales sont la limitation à la
création d'emploi".
M. Bayrou espère toujours
"imposer au deuxième tour une finale inattendue", malgré des sondages
moins favorables. Il table en effet sur une érosion de Ségolène Royal et
Nicolas Sarkozy. "J'espère que la règle qui veut que le numéro trois monte
dans les trois dernières semaines (...) sera vérifiée. En tout cas, je ferai
tout pour cela".
Dénonçant les
"manipulations" des instituts de sondage, il a réclamé "une
publication des sondages avec les chiffres bruts et les chiffres redressés.
Qu'on ait les deux".
François Bayrou a de nouveau
menacé, s'il était élu, de boycotter les Jeux olympiques de Pékin en 2008 pour
contraindre la Chine à cesser de soutenir les autorités soudanaises au sein du
Conseil de sécurité des Nations unies. "Il y a des centaines de milliers
de personnes au Darfour qui sont en train de mourir" et "je demande
au mouvement olympique et aux autorités chinoises de s'occuper d'abord de
cela".
"Si un responsable politique
français n'est pas capable de défendre ceux qui meurent au Darfour, alors à
quoi sert-il? (...) J'ai l'intention de le faire aujourd'hui" et
"j'ai même l'intention de le faire demain si je suis élu". AP

















