
Jusqu’au 15 mai (derniers jours)
La galerie Kamel Mennour est heureuse de présenter la deuxième exposition de Lamia Zladé: «I’m so glad you found me », au 60 rue Mazarine, Paris 6.
« I’M SO GLAD YOU FOUND ME »
Un parfum capiteux creuse son SIllon, un paquet de « Lucky's » est posé sur le guéridon, des mégots de fumants dessinent des volutes sur des fonds chamarrés pendant que les cœurs battent la chamade. Une sono crache ses accords et Gainsbourg, Sinatra ou Lou Reed égrènent leurs paroles à travers l'espace. De l'alcool fort et des tulipes récurrentes dispersées dans des vases, des fenêtres ouvertes sur la tour Eiffel ou l'Empire State Building. Nous voilà dans le secret des alcôves, infiltrés dans ces chambres d'hôtels mystérieuses et fantasmées, perdus au cœur de motifs sinueux.
Lamia Ziadé nous laisse glisser un oeil à travers la serrure, elle a entrebâillé le rideau et lève le voile sur les cœurs chavirés et les sexes chauds. Avec « l'm so glad you found me » nous sommes au cœur de l'émoi. Aussi offerte que sophistiquée, une femme nous exhibe ce qu'elle a de plus cher: son sexe qui, comme un fruit trop mûr, est prêt à éclore sous le feu d'une passion. Les jambes plus qu'entrouvertes, rien ne nous échappe de la géographie de sa foisonnante toison, aussi douce et indomptable qu'un animal sauvage.
Les tableaux en reliefs de Lamia Ziadé sont un concentré d’intime, du pur fantasme capturé sur une toile à motifs imprimés. Sulfureuses, ces séquences érotiques sur papier laissent apparaître des coutures, des collages, des assemblages et des broderies de tout poil. Un artisanat apparemment bien sage et des techniques bien féminines détournées au profit d'une sexualité jouissante, insoumise et assumée; l'artiste a pailleté ses scènes, y a incrusté divers éléments: du tissus d'ameublement au tapis de prière, des bouteilles de mini-bar"aux appuie têtes Air France, tout nous invite à perdre pied.
Libanaise, Lamia Ziadé s'est installée en France à l'âge de 18 ans pour suivre dès études d'art graphique à l'atelier Met de Penninghen. Elle se fait ensuite remarquer à travers des tissus qu'elle crée pour Gaultier ou Miyake, des pochettes de disques, des affiches, la presse, ou encore des livres pour enfants. En 2001 paraît ou Seuil « l'utilisation maximum de la douceur », exploration sexuelle et quête érotique accompagnée d'un texte de Vincent Ravalec et qui aboutira à des chroniques dans Vogue et Jalouse. Pour sa première exposition à la Galerie Kamel Mennour en 2002, « Je veux que personne ne le sache », ou encore pour l'exposition collective « Girls, girls, girls » au Centre d'Art de Neuchâtel, elle continue cette veine.
Aujourd’hui, ave « l'm so glad you found me », elle présente ses travaux les plus récents. Une série d’œuvres grand format nous invite dans de nouveaux intérieurs feutrés où Orient et Occident se croisent et où des femmes attachées ou lascives se consument. Achevées de plaisir, empourprées, elles s'exhibent aussi en volume, sous forme de poupées, poupées de chiffon pour adulte consentant qui s'allongent sur le sofa ou se montrent en vitrine. Comme à Amsterdam ; "Lamia Ziadé nous offre avec humour et obsession de quoi revisiter le désir.
Anaïd Demir




Ces photos ont été prises avec mon téléphone Nokia