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Jours tranquilles à Paris
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auray
30 mai 2020

Le port de Saint Goustan à Auray

st goustan

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16 mai 2020

Auray - L’ouverture des ports et des plages suscite l’espoir dans le pays d’Auray

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À Kerhillio, à Erdeven, ce vendredi, « C’était bon de pouvoir revenir ! » Jean-Yves Collin

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Article de Mathieu Pelicart

L’ouverture des ports et des premières plages redonne envie de croire à la saison touristique dans le pays d’Auray. « On sent un frémissement », se félicite Philippe Le Ray, président de la communauté de communes, qui annonce de nouvelles aides aux commerçants et aux associations.

1 Premières plages

Erdeven (Kerhillio), Plouharnel (Sables blancs, Grande plage et Bois d’amour) et Plougoumelen (Le Traon) figurent parmi les quinze premières communes autorisées à rouvrir des plages dans le Morbihan. Dès l’annonce, ce vendredi, les premiers planchistes, surfeurs, promeneurs et baigneurs se sont rués à Kerhillio, pendant que les agents d’Erdeven installaient barrières et dispositifs de sécurité. Mais à 15 h 30, gendarmes maritimes et policier municipal sont venus faire respecter les règles et évacuer la plage, qui n’ouvre officiellement que ce samedi. La Trinité-sur-Mer annonce de son côté l’ouverture des plages de Port-Biren, Ty-Guard, Kervillen, Poulbert et Men-Du, ainsi que du sentier côtier côté chenal, de la pointe de Kerbihan à Kervillen. Si toutes les conditions sont réunies, les premières plages pourraient ouvrir dès ce week-end à Quiberon (Grande plage, Port-Haliguen, Aérodrome, Saint-Julien et Kermorvan) et Saint-Pierre-Quiberon (Penthièvre océan, Toulbragne, Fozo, Kerbourgniec, Kermahé, Keraude, Kerhostin et Sables blancs). À Carnac, où un kite-surfeur a été secouru hier par les sauveteurs côtiers des pompiers, le maire Olivier Lepick reste sur sa position et renvoie au 2 juin pour une ouverture éventuelle des plages. En attendant, les sentiers côtiers de la commune sont de nouveaux accessibles, de même que les cales de Saint-Colomban et de la base Est de Port en Drô pour les activités nautiques.

2 Ports ouverts

À l’inverse des plages, où la fermeture reste la norme, les ports du Morbihan sont tous autorisés à ouvrir, sauf exception, sur les îles notamment. Les maires de Belle-Ile, Houat et Hoëdic étaient ainsi dans l’attente vendredi soir d’un arrêté préfectoral spécifique, afin de pouvoir maîtriser l’accueil des plaisanciers. Les élus de Belle-Ile souhaiteraient permettre la navigation de port à port aux îliens, tout en limitant l’accès aux plaisanciers non-insulaires. À Hoëdic, où trois bateaux se sont cassé les dents cette semaine, on milite à l’inverse pour ouvrir le port à tous, mais en interdisant les mouillages et les échouages sur les plages. « On veut ouvrir, mais doucement, parce que l’île est un milieu fragile », explique le maire Jean-Luc Chiffoleau. L’accès au port serait limité dans un premier temps aux seuls plaisanciers qui y mouillent leur bateau pour la nuit, en attendant l’ouverture des cafés et des restaurants.

3 Nouvelles aides

Auray Quiberon Terre Atlantique (Aqta) a décidé de contribuer au fond Covid-Résistance de la Région Bretagne à hauteur de 178 000 €. « Ce dispositif d’avance remboursable s’adresse en priorité aux plus petites entreprises, commerces, hôtels, restaurants, artisans indépendants et associations, dont les besoins ne sont pas ou partiellement couverts par les dispositifs nationaux », justifie Philippe Le Ray, président d’Aqta. Pour les entreprises et associations marchandes de moins de dix salariés, le montant du prêt peut aller de 3 500 à 10 000 €. Pour les associations non marchandes et les groupements d’employeurs associatifs de moins de 20 salariés, il peut atteindre 30 000 €. Les demandes peuvent être déposées entre le 15 mai et le 30 septembre sur la plate-forme numérique covid-resistance.bretagne.bzh.

14 mai 2020

Auray - La tournée des plages qui doivent rouvrir

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Lundi, une déambulation pacifique a eu lieu sur la plage d’Etel. Les manifestants entendaient dénoncer l’interdiction, d’alors, d’aller sur les plages, d’« incohérence et absurdité ».

Si Olivier Lepick s’est déjà exprimé sur l’ouverture des plages de Carnac, ses collègues maires des communes du littoral vont dans une autre direction. Des demandes pour la réouverture des plages, espérées dès ce week-end, ont été formulées.

On a fait la tournée des plages pour vous.

Plouharnel.

« Bien sûr je demande l’ouverture des plages, mais pas question d’autoriser les serviettes ! Nous demandons l’option 2, celle des plages dynamiques (*), pour permettre les activités nautiques, la marche dans l’eau, les activités sportives », annonce Gérard Pierre. La demande a été faite pour les grandes plages, côté océan et la plage des Sables Blancs, côté baie. Les sentiers côtiers seront ouverts, mais interdiction de descendre dans les criques. D’importants aménagements vont être mis en place pour matérialiser les entrées et sorties de plages. Un travail a été fait en lien avec le grand site pour la protection de l’environnement, protection des espèces, nidifications… Matérialisé par la pose de signalétique et l’interdiction de certains accès.

Saint-Pierre Quiberon.

Laurence Le Duvéhat a privilégié la seconde option. « Pour toutes les plages, (sauf Port Rhu sur la côte sauvage, déjà interdite car dangereuse). C’est un énorme travail qui est fait par les agents pour que tout soit conforme. Le policier municipal a fait un état des lieux des aménagements à mettre en place pour prévoir les entrées et sorties ». En lien avec le Grand site, pour la protection des gravelots, la plage de Penthièvre sera interdite aux chiens.

Des demandes ont été faites pour Penthièvre côté océan et baie, la plage Saint-Joseph, Le Fozo, Keraude, Kermahé, Kerbourgnec. Comme à Plouharnel, il n’y aura pas d’accès aux criques.

Quiberon.

Même choix, avec une ouverture des cinq plages principales (sur dix) pour favoriser la reprise des activités nautiques et économiques. Par contre, le maire Bernard Hilliet, prévient : « Nous allons renforcer les équipes de surveillance pour s’assurer que toutes les mesures sanitaires et de préservation du littoral seront respectées, surtout lors des deux grands week-ends du mois de mai ».

La Trinité-sur-Mer.

Une demande a été faite auprès de la préfecture pour la réouverture des plages du Men-Du, de Kervillen, et de Port-Biren, dans le respect des contraintes sanitaires.

Locmariaquer.

Un accès à toutes les plages et criques de la commune a été rédigé, « en respectant la distanciation physique », insiste Michel Jeannot). « Les sentiers côtiers sont ouverts depuis lundi ».

Saint-Philibert.

Une seule demande a été faite, elle concerne la plage de Kernevest. François Le Cotillec : « Il ne s’agit pas de cocher des cases sur le formulaire de demande d’ouverture, il faut assurer avec certitude ». On aura donc une plage, avec une entrée et une sortie, mais aussi des sentiers ouverts avec un « appel au civisme et à la responsabilité des gens ».

Erdeven.

Dominique Riguidel, le maire, a adressé mardi un dossier de demande de dérogation à la préfecture pour l’ouverture de la plage de Kerhilio, avec option 2, et l’accès à la plage de Kerhouriec, uniquement pour pouvoir accéder aux mouillages. Les autres plages restent fermées : La Roche Sèche, Kerminihy, la Barre d’Etel.

Etel.

Le conseil s’est prononcé pour la réouverture des plages, des demandes doivent être adressées à la préfecture.

Belle-Ile.

Toutes les plages de Le Palais font l’objet d’une demande de dérogation d’ouverture en situation dynamique. « L’arrêté préfectoral est attendu dans 48 heures », annonce Frédéric Le Gars.

(*) Des demandes de dérogation motivée peuvent être faites pour l’ouverture uniquement aux activités nautiques (option 1), l’ouverture en mode « plage dynamique » à toutes les activités sportives (2) et pour une ouverture sans restrictions, (hors mesures sanitaires, bien sûr), l’option 3.

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4 mai 2020

Auray - Quand la peste et autres épidémies figeaient Auray

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Pierre Robino sur la place Notre-Dame. À cet emplacement, s’élevait une chapelle de belle taille nommée « Notre-Dame du Cimetière », parfois « Notre-Dame du Mouroir ». L’intérieur était un véritable cimetière où ont été enterrées des victimes d’épidémies… dans la mesure du possible. Pratiquer trop d’enterrements comportait en effet des risques.

Auray confinée, Auray endormie… Mais Auray qui reste optimiste, parce que la ville en a vu d’autres. Les épidémies qui vident ses rues, elle connaît. L’historien Pierre Robino nous transporte au temps de la peste à Auray. À quelques siècles d’écart, on y retrouve quelques similitudes avec notre actualité…

1 Quand les nobles prenaient la clé des champs

« De nombreuses épidémies de peste ont eu lieu en Bretagne au cours des siècles. Les archives évoquent bien souvent des « maladies contagieuses ». Quand elles arrivent, certains nobles partent à la campagne dans un de leurs manoirs. Ainsi Jean de Kerméno, Louise du Garo et leur fils aîné Jean quittent Vannes vers 1500 pour se réfugier dans leur manoir de Boijust en Plumergat. De même, en décembre 1521 à Vannes, les juges et le procureur ont fui la ville à cause de la peste. Ce ne devait pas être les seuls ».

2 La peste et peut-être même le choléra

« Toutes les épidémies n’ont pas fait l’objet de témoignages à l’époque. Ainsi à Auray, nous savons qu’une épidémie a lieu en 1479 d’après un registre d’imposition daté de mars 1480. Quelques habitants y sont signalés décédés de la peste. Mais on ne sait pas combien de femmes, enfants, vieillards ou habitants non imposables sont décédés de cette même peste. Par contre, nous avons un peu plus de renseignements au sujet des épidémies du XVIIe siècle. La communauté de ville, équivalent de la municipalité, prend alors des mesures pour stopper les épidémies. Cela est consigné dans le registre des procès-verbaux de l’assemblée de la maison de ville (mairie) conservé aux archives municipales ».

3 Les poissonniers en quarantaine !

« En 1609, de grandes maladies se répandent à Auray (peste ?). La communauté de ville engage un médecin pour un an pour soigner les malades. En juillet 1623, une épidémie de peste est présente à Port-Louis. Des poissonniers d’Auray étaient partis là-bas se ravitailler, peut-être en sardines. La communauté décide de les empêcher de rentrer en ville. Ils sont alors astreints à trois semaines de quarantaine et risquent le fouet s’ils ne se conforment pas à l’arrêté municipal ».

4 Les restrictions, c’était déjà très, très pénible

« Les habitants sont invités à enfermer leurs pigeons et cochons, à nettoyer les rues, chacun devant sa maison. Les bouchers doivent jeter dans la rivière, à Poulben, le sang et les entrailles des animaux qu’ils tuent. Il est défendu aux hôteliers et cabaretiers de loger des gens de passage sans en avertir l’autorité. Les voyageurs en provenance d’Hennebont doivent se munir d’un document délivré par les officiers d’Hennebont pour pouvoir entrer à Auray. La communauté de ville délivre aussi une attestation aux Alréens qui souhaitent se rendre à Hennebont. Cela ressemble beaucoup à ce qui se passe aujourd’hui ».

5 Pas bon d’être sous l’aile des corbeaux

« Fin mai 1631, face à la menace d’épidémie, il est défendu aux habitants de loger des gueux et mendiants étrangers. La peste touche déjà Brec’h et Pluneret. Un logis du haut de Saint-Goustan est victime de la contagion le 25 juillet. On construit des loges pour les malades derrière la « montagne du Rolland ». Tout contact avec les habitants des lieux infectés est interdit. Les pères capucins soignent les malades et les « corbeaux » (les fossoyeurs) enterrent les victimes. Le chirurgien était aussi tenu « désairer (*) toute personne dans l’étendue de la ville ». Les habitants lui offrent un habit de drap d’Espagne.

Des victimes de la peste auraient été enterrées au Bocéno, en haut de l’actuelle rue du Docteur-Laennec, au niveau de la rue du Pratel qui conduit à l’hôpital. C’était un terrain vague situé à la croisée de chemins. Les monticules de terre liés aux inhumations ont donné le nom de Bocéno (les bosses) à cet endroit. Au XVIIIe siècle, le nombre important de victimes d’épidémies contraint les villes à cesser les inhumations dans les églises. Auray va d’abord créer un cimetière supplémentaire, au sud de l’actuel presbytère puis, en 1796, un nouveau cimetière à l’écart du centre urbain, à l’endroit où il se trouve encore aujourd’hui ».

(*) Désairer consistait à parfumer et nettoyer les demeures infectées.

24 avril 2020

Auray - CINEMA : Les cinq ans de Ti Hanok… Partie remise !

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Pour ses cinq ans, le cinéma Ti Hanok avait prévu les choses en grand le week-end du 8 mai… Mais le coronavirus joue les trouble-fêtes et l’écran restera noir pour le moment. Sylvain Lecointre, le directeur des lieux, revient sur ces cinq années, en attendant de souffler les bougies.

1 Un projet ambitieux dès le départ

« Dès que je me suis installé aux Arcades en 2007 j’ai imaginé quelque chose de plus grand. » Il a fallu huit ans pour que le projet aboutisse Porte Océane et un investissement de 6 millions d’euros. Le chantier n’a pas été de tout repos. « Nous avons eu des retards dus à la défaillance de certaines entreprises. » Mais cet outil très performant a tout de suite séduit le public. « Nous sommes passés de trois salles à cinq salles, toutes équipées en numérique et deux pour la 3D, de 360 à 850 fauteuils, de 400 m² à 2 500 m², d’un grand écran de 7 m à 16 m et de 50 000 à 200 000 entrées. »

2 Si l’on devait donner quelques chiffres depuis l’ouverture ?

862 500 c’est le nombre de spectateurs depuis l’ouverture porte océane en mai 2015. 33 400 séances organisées, 1 400 films diffusés.. Le Top 5 des films présentés : Star wars le réveil de la force (11 000 entrées) ; Le roi lion (11 000) ; Les Minions (9 100) ; Le grand bain (8 260) et La reine des neiges 2 (7 600). On voit que les films d’animation se retrouvent en haut de l’affiche avec une place prédominante des studios Disney.

3 Des films mais pas seulement…

L’une des clefs de la réussite de ce cinéma indépendant c’est la qualité des animations qui sont proposées régulièrement. Mais aussi la diversité de l’offre. Du ballet au ciné senior, de l’opéra au documentaire en passant par les soirées débat, et une belle place pour les petits… « Depuis le début nous avons eu une soixantaine de soirées thématiques ». Et… différents festivals que Sylvain Lecointre associé à Nanou Bresmal souhaite pérenniser comme celui des lettres d’amour, du documentaire d’aventure.

4 Vos meilleurs souvenirs

Le bal. Lorsque j’ai vu le hall plein de monde. Avec des gens qui dansaient et qui s’amusaient. C’était un moment magique que nous avons voulu inscrire dans la durée en proposant chaque année un rendez-vous de ce style.

5 L’impact du coronavirus

« Outre le fait que la crise sanitaire nous prive du plaisir de fêter les cinq ans de Ti Hanok, ce qui nous inquiète davantage c’est la fermeture du cinéma depuis le 2 mars. Il est évident que les performances de l’année passée ne pourront pas être atteintes en 2020. Maintenant nous attendons de savoir quelles aides pourront nous être allouées et quand nous pourrons rouvrir. On espère que le temps sera avec nous. Un trop beau soleil vide les salles »

6 Les projets dans les malles

Le cinéma a aujourd’hui atteint une vitesse de croisière. « Nous avons même passé la barre de 200 000 entrées l’an passé. Un objectif que l’on s’était fixé certes, mais peut-être pas si tôt. Cette année la crise sanitaire va forcément plomber les chiffres surtout que pour le moment nous ne savons pas où on va. Mais le public reviendra, c’est certain et nous gardons nos objectifs… » A court terme, nous envisageons de développer les soirées thématiques en étant pertinent et créatif, et de mettre en place un salon vintage avec l’association A l’assaut des rues. À plus long terme il y a l’envie d’agrandir les lieux avec deux salles de plus à horizon 2030.

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7 avril 2020

AURAY - le port de Saint Goustan

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5 mars 2020

Coronavirus. Les commerçants des halles d’Auray comptent ouvrir vendredi

halles auray

Par mesure préfectorale, les halles d’Auray (Morbihan) sont fermées jusqu’au 14 mars 2020. Les commerçants demandent une réouverture à la préfecture. « Quelle que soit la décision préfectorale, nous ouvrirons vendredi », annoncent-ils dans un communiqué.

Par mesure préfectorale, les halles d’Auray (Morbihan) sont fermées jusqu’au 14 mars 2020. Les commerçants et producteurs implantés dans le bâtiment demandent une réouverture du lieu.

« Nous ouvrirons tous les jours à partir de vendredi »

Ils ont été reçus mercredi 4 mars 2020 par le maire d’Auray, « qui nous a conseillé de prendre rendez-vous avec le préfet, seul décideur dans cette affaire, expliquent-ils. Nous attendons d’être reçus. » Dans un communiqué envoyé ce mercredi après-midi, « quelle que soit la décision préfectorale, nous ouvrirons, tous les jours, à partir de vendredi », annoncent-ils,

Une fermeture « injuste » et « discriminatoire »

Ils jugent la fermeture « injuste » et « discriminatoire », estiment qu’elle « n’est basée sur aucun fondement scientifique viable […]. » Ils interpellent : « Nous n’acceptons pas d’être fermés, alors que les supermarchés et hypermarchés eux restent ouverts. » Il s’agit, soulignent les commerçants et producteurs des halles de « défendre notre outil de travail, notre droit à travailler et aussi notre droit à proposer une alternative de choix alimentaire aux habitants ».

« Les Halles, ouvert à tous vents »

Ils s’interrogent : « Comment le virus peut-il être plus dangereux dans un espace de centre-ville comme les Halles, ouvert à tous vents, que dans les grandes surfaces de périphérie qui sont des espaces chauffés, confinés et où tous les clients touchent à tout alors que nous, nous servons nos produits aux clients ? »

Les commerçants non sédentaires interpellent aussi le préfet

Des commerçants non sédentaires ont aussi été reçus, ce mercredi après-midi, par le maire d’Auray, Joseph Rochelle. Ils représentaient les trois marchés alréens : du lundi (environ 200 stands), du jeudi après-midi (producteurs bio) et du vendredi matin (producteurs locaux). Ces deux derniers réunissent une dizaine d’étals. «Le maire nous a invité à prendre contact directement avec le préfet, ce que j’ai fait aussitôt, par mail», indique Nicolas Le Lostec, commerçant ambulant en fruits et légumes bio. Ils demandent également l’autorisation de la tenue des marchés. «On espère une réponse rapide.» Les commerçants proposent «des solutions» : porter eux-mêmes des masques, utiliser du gel hydroalcoolique, s’équiper que des gants à usage unique, que les clients ne touchent pas les articles. L’enjeu pour eux : «Pouvoir au moins continuer à exercer notre métier.»

Le maire : «C’est au préfet de prendre la décision»

De son côté, le maire d’Auray, Joesph Rochelle, confirme qu’il a reçu les commerçants des Halles ce mercredi matin et les non sédentaires cet après-midi. Ils ont demandé un rendez-vous avec le préfet que j’ai relayé. Ils mettent en avant que le marché accueille au grand maximem 200 exposants en cette période contre 450 l’été... Il est vrai que l’on ne se marche pas dessus. Ils leur semblent moins dangereux d’acheter des produits à l’air libre plutôt de s’entasser dans un supermarché. C’est leur argument et il s’entend, estime-t-il. Il ajoute ainsi appliquer les arrêtés préfectoraux. Je ne suis qu’un maillon de la hiérarchie administrative et politique. Je suis un exécutant du préfet. Mais oui, j’ai fait remonter leurs demandes qui semblent légitimes. Mais c’est au préfet de prendre la décision

4 mars 2020

Coronavirus en Pays d'Auray

coronabretagne

Cinq nouveaux cas de coronavirus ont été annoncés, ce mercredi soir, dans le Morbihan, notamment à Saint-Pierre-Quiberon et Sainte-Anne-d’Auray. 22 personnes sont infectées dans le département (morbihan), 29 en Bretagne.

Le coronavirus se propage dans le foyer épidémique morbihannais. Après la détection de cinq nouveaux cas plus tôt dans la journée, la préfecture du Morbihan a annoncé, ce mercredi soir, que cinq autres personnes étaient porteuses du Covid-19 dans le département.

De nouvelles communes du pays d’Auray sont désormais concernées, puisque trois cas ont été identifiés à Saint-Pierre-Quiberon, un autre à Sainte-Anne-d’Auray et un autre à La Trinité-sur-Mer. Saint-Pierre-Quiberon devient un foyer épidémique. Conséquence : les établissements scolaires sont fermés ce jeudi.

Pour rappel, l’autre foyer épidémique morbihannais touche les communes de Crac’h, Carnac et Auray, auquel Brec’h est désormais rattaché.

4 mars 2020

Dans le Morbihan, «mieux vaut en faire un peu trop que pas assez»

mairie auray

Par Pierre-Henri Allain, Envoyé spécial dans le Morbihan

Les fermetures de lieux publics et annulations d’événements divisent la population du département breton, où un foyer de contamination a été identifié et où un nonagénaire est mort mardi.

Neuf cas de coronavirus détectés dans le Morbihan : la nouvelle est tombée brutalement dans la nuit de dimanche à lundi. Un arrêté préfectoral tout aussi brutal a ordonné la fermeture de l’ensemble des établissements scolaires des trois communes concernées (Crac’h, Auray et Carnac) et interdit «tout rassemblement collectif» sur l’ensemble du département, sans plus de précisions. Lundi, le nombre de cas avérés était porté à douze, dans les mêmes localités.

Après les premiers moments de stupeur et le branle-bas de combat pour alerter les enseignants et les parents, ainsi que les établissements concernés, prolongeant les vacances scolaires de quelque 5 700 élèves, les associations ont appris l’interdiction de l’ensemble des manifestations culturelles, cultuelles, commerciales ou sportives dans le département jusqu’au 14 mars.

Consternation

Cinémas et médiathèques fermés, rencontres sportives annulées, réunions publiques dans le cadre des municipales supprimées, «rassemblements dans les lieux de culte interdits», à l’exception des enterrements devant se tenir dans la plus stricte intimité, c’est toute la vie du département qui se trouve chamboulée depuis. A commencer par les communes où ont été détectés les cas d’infection.

A Auray (14 018 habitants), les pharmacies ont aussitôt été prises d’assaut et les rues désertées. «Le centre-ville est vide, confirme Yves Delapraz, patron du restaurant La Petite Casserole, qui a perdu deux tiers de sa clientèle en vingt-quatre heures. Mais les gens restent aussi chez eux pour garder leurs enfants. On ne connaît pas tous les tenants et les aboutissants du virus. On ne sait pas d’où ça vient et, dans le doute, mieux vaut en faire un peu trop que pas assez.» Une autre habitante de la commune avoue sa consternation. «On ne s’attendait pas à des cas de Covid-19 en Bretagne ! Pourquoi ici et pas ailleurs ? Il n’y a plus que les grandes surfaces qui sont ouvertes. Il faut bien que les gens mangent. Du coup, les enfants vont rester confinés durant quinze jours devant la télé et c’est le système D pour les garder. On fait appel aux grands-parents ou on prend des arrêts de travail.»

Au centre culturel Athéna, où a dû être annulée mardi soir la prestation de François Morel, qui affichait complet depuis octobre, un mélange d’inquiétude et de grosse déception est palpable. D’autant que ce lieu s’apprêtait à accueillir la manifestation de l’année : le Festival de marionnettes et de théâtre d’objets Meliscènes, prévu sur dix communes du 8 au 12 mars. «Il y avait 107 représentations programmées, avec 24 compagnies, 25 spectacles différents et, pour la 20e édition, un finale avec le dernier spectacle des Anges au plafond, la compagnie phare de la marionnette en France, se désole-t-on. On ne sait pas si on va pouvoir reporter certains spectacles ou s’il faudra tout annuler, alors que les hébergements, la restauration, tout était prêt.»

saint goustan

Salon du bien-être

Dans les associations sportives du département, où toutes les rencontres du week-end prochain, toutes disciplines confondues, ont été annulées, on se fait une raison. Le coup n’en est pas moins rude. A Theix, près de Vannes, l’annulation du gala de boxe programmé samedi est un crève-cœur pour son organisateur, Jean-Claude Galazzo : «C’est normal qu’on prenne des mesures, mais c’est quand même un coup au moral, réagit-il. Ce sont depuis trois mois des heures et des heures de travail. Les affiches étaient posées, les coupes achetées, les sponsors trouvés. Et on ne sait pas du tout si on pourra reprogrammer ce gala.»

Dans d’autres secteurs, nombre de manifestations ont également été annulées, comme le Salon du bien-être, annoncé le week-end prochain à Pontivy, qui attendait 3 000 visiteurs et une cinquantaine d’exposants. «On va essayer de reporter l’événement mais on n’a aucune certitude. Dans un tel cas de figure, il n’existe aucune assurance d’être indemnisé», soupire Gérard Henry, le directeur du salon. A Pontivy, l’interdiction des marchés en plein air dans le département, finalement réautorisés mardi, à l’exception des communes où les cas de coronavirus ont été détectés, a aussi fait des vagues. «J’ai du mal à comprendre pourquoi on les avait interdits alors qu’on laisse les grandes surfaces ouvertes, avec l’air climatisé et tout le bouillon de culture que ça représente, remarque Yves Duval, petit producteur de volailles dans une commune voisine. Qu’on prenne des précautions, c’est logique. Mais je trouve aussi que la médiatisation est excessive. On dramatise trop. Si ça se trouve, ça se terminera comme une bonne grippe. Vous ne croyez pas ?»

3 mars 2020

Reportage - « On a du mal à y croire » : dans le Morbihan, le difficile réveil en troisième foyer du coronavirus en France

Par Charlotte Chabas, Auray, Morbihan, envoyée spéciale

Douze malades ont été testés positivement à Auray, Crac’h et Carnac. Tout rassemblement public est interdit durant quatorze jours.

Il fallait être un couche-tard, ou un insomniaque. A 57 ans, Jean-Louis Macé n’a jamais été ni l’un, ni l’autre. Comme tous les lundis matins, le réveil de ce maraîcher a sonné à 5 h 15 pour aller s’installer sur la place des Quatre-Vents, à Auray (Morbihan). Comment aurait-il pu se douter qu’à 23 h 45, dimanche 1er mars, un arrêté préfectoral avait interdit durant quatorze jours tout rassemblement public dans la commune de 13 000 habitants, ainsi que dans les villes voisines de Crac’h et de Carnac ?

En une nuit, les trois bourgades bretonnes se sont découvertes officiellement troisième foyer de propagation du virus SARS-CoV-2 en France, avec douze malades testés positivement en une seule journée.

« On a du mal à y croire. Hier ça nous paraissait loin et exotique, et aujourd’hui c’est sur notre paillasson », reconnaît Jean-Louis Macé en tendant à une cliente une botte de radis. Comme ses voisins commerçants, l’agriculteur n’a rien changé à ses habitudes hebdomadaires – personne ne l’en a empêché à l’aube. « C’est vrai qu’on a encore beaucoup de mal à savoir ce qui est autorisé ou non », reconnaît un policier municipal qui fait le pied de grue face à la mairie en contemplant la foule d’acheteurs qui se salue et s’embrasse comme à l’accoutumée. « Ça va être compliqué de bousculer les habitudes de ce petit monde », sourit-il.

Les dix-sept établissements scolaires du secteur, eux, ont strictement appliqué la consigne de fermeture qui court jusqu’au 14 mars. Prévenus dans la nuit par mail ou SMS, la grande majorité des parents d’élèves ne se sont pas présentés devant les écoles.

« Au réveil, j’avais soixante-quatorze notifications »

« Avant il y avait le bouche-à-oreille, maintenant c’est la boucle WhatsApp qui fait le job, reconnaît Judith Josse, mère de deux enfants scolarisés à Auray. Au réveil, j’avais soixante-quatorze notifications, et j’ai compris qu’il allait falloir faire jouer le système D. » A 8 h 15, les deux rejetons de cette aide ménagère étaient déposés chez les grands-parents, à une quinzaine de kilomètres de la zone concernée par la mesure. « Ils vont y rester au moins deux jours, le temps que je vois avec mon travail comment je peux m’organiser », explique la mère de famille, inquiète pour ceux qui « n’ont pas autant de solutions ».

Devant la grille du lycée Benjamin-Franklin, à 8 h 45, le proviseur Didier Ménager renvoyait tout de même chez eux quelques adolescents venus « vérifier par curiosité ». Les yeux brillants, eux qui devaient faire leur rentrée scolaire n’en revenaient pas de rempiler pour quinze jours de vacances supplémentaires. « C’est ouf, pour une fois qu’on a de la chance de vivre à Auray ! », s’enthousiasme un jeune homme, vite douché par ses camarades : « Oublie pas que tout va être fermé quand même, on va peut-être se faire chier. »

Jusqu’où va s’appliquer la mesure de prévention ? Toute la journée, la ville a bruissé des dernières informations, données au compte-gouttes par la préfecture du Morbihan, dont le site Internet a été rendu inaccessible toute la journée par un trop grand nombre de connexions.

Fermés les cinémas, piscines, clubs de sport, agences Pôle emploi ou encore salles associatives. Confinés la maison de retraite et le foyer pour personnes âgées. Annulés le festival de théâtre, les réunions électorales, les rencontres sportives et les offices religieux.

« Il n’y aura plus de marché non plus », lance à 11 h 30 devant le stand du volailler un adolescent, écouteurs enfoncés dans les oreilles pour entendre en direct le point presse d’urgence donné à Vannes, à vingt kilomètres de là. « Il dit aussi que la vie continue, qu’il faut pas paniquer », lance le garçon. « Bah il est bien gentil lui, mais si on crève pas du coronavirus, on crèvera de faillite », s’agace le boucher, qui annonce déjà « qu’il sera là la semaine prochaine, coûte que coûte ».

« Ce n’est pas très cohérent tout ça »

L’amertume est d’autant plus forte que les supermarchés, considérés comme « des lieux de passage », pourront rester ouverts. Déjà, lundi après-midi, les deux zones commerciales de la ville faisaient le plein, notamment dans les drives.

« On préfère envoyer les gens dans des endroits confinés où tout le monde touche la nourriture, ce n’est pas très cohérent tout ça », ose un médecin de la ville, inondé d’appels toute la journée. Lui a conseillé de surveiller sa température, renvoyé vers le 15, et orienté un patient vers le centre hospitalier de Vannes, où les tests sont réalisés. « L’ARS [agence régionale de santé] nous a promis des masques chirurgicaux sous peu, mais on sent que c’est poussif, et qu’on va devoir improviser la réponse sanitaire au pied levé. »

A deux kilomètres de là, le guichetier de la SNCF peine lui aussi à cacher son étonnement. « Tout le monde peut monter à bord des trains qui vont vers Quimper et Paris. C’est pas très logique, mais c’est la consigne. En tout cas, jusqu’à la prochaine consigne. »

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