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Jours tranquilles à Paris
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auray
2 mars 2020

Coronavirus dans le MORBIHAN

coronavirus morbihan

Coronavirus en Bretagne : l'Agence Régionale de Santé confirme 19 cas, la préfecture prend des mesures de restrictions

Ce lundi matin, l'ARS annonce 19 cas de contaminations au coronavirus en Bretagne. La préfecture du Morbihan a décidé de fermer certains établissements scolaires dans le secteur d'Auray, Carnac et Crac'h. L'origine de la contamination n'est pas encore connue.

Par Corentin Bélard

Ce dimanche 1er mars, 19 cas de personnes infectées par le coronavirus ont été recensés en Bretagne dont 13 dans le Morbihan. Les services de l'État ont donc réagi pour confiner le foyer de contamination qui se trouve concentré dans la région d'Auray.

Parmi les personnes malades :

6 sont originaires de Crac'h (Morbihan)

3 à Auray (Morbihan)

3 à Carnac (Morbihan)

1 à Saint-Philibert (Morbihan)

4 à Rennes : le sapeur-pompier et sa femme et 2 nouveaux cas revenus d'Italie

2 à Brest : l'homme de 72 ans et son épouse, revenus d'Égypte

À Vannes, la préfecture du Morbihan s'est réunie ce lundi avec le rectorat et l'Agence Régionale de Santé. Lors d'une conférence de presse donnée en fin de matinée, les services de l'État ont fait le point sur la situation.

Emmanuel Ethis, recteur de l'Académie de Rennes, explique que 10 écoles et 7 établissements secondaires sont fermés jusqu'au 14 mars dans un premier temps, soit 5.700 élèves concernés.

Tous les voyages scolaires à destination des trois communes concernées sont supprimés ainsi que tous les voyages partant de cette zone également reportés. Le CNED met en place des mesures pour suivre les cours à distance afin "d'assurer jusqu'au 14 mars une continuité pédagogique en lien avec les enseignants."

Le recteur a précisé que l'IUT de Vannes restait ouvert mais que les étudiants originaires des trois communes concernées (Crac'h, Auray et Carnac) devaient s'abstenir de venir en cours.

Dans le Morbihan, le patient zéro n'est pas connu. Le directeur de l'ARS parle de contamination "autochtone" et non pas suite à des retours de séjours dans des zones infectées.

Il déclare également que le nombre de malades est un chiffre en constante évolution. Pour lui, il reste difficile de préciser où sont hospitalisés tous les malades.

Par ailleurs, les grandes surfaces ne sont pas encore concernées par les mesures de restrictions. 

Enfin, le préfet du Morbihan assure que l'épidémie ne menace pas pour l'instant la tenue des élections municipales mais les réunions publiques sont suspendues. Un arrêté a été pris pour interdire tous les rassemblements.

Il a aussi tenu à rappeler que toutes les manifestations sportives, mêmes extérieures, étaient annulées jusqu'à nouvel ordre. Tout comme la fermeture des cinémas.

Les investigations sanitaires pr évaluer les personnes ayant été en contact avec les malades se poursuivent

Écoles fermées

Les écoles du secteur resteront donc fermées du 1er au 14 mars. La consigne s'applique également pour les crèches et l’accueil périscolaire des communes d’Auray, Crac’h et Carnac. L'académie de Rennes relaye la décision de la préfecture.

Fermeture par arrêté préfectoral de l’ensemble des établissements scolaires, des crèches et de l’accueil périscolaire des communes d’Auray, Crac’h et Carnac du 1er mars au 14 mars - @Prefet56 https://t.co/nKr6XyWrFs— Académie de Rennes (@acrennes) March 2, 2020

À Auray, le lycée Bertrand Du Guesclin a annoncé que les élèves en internat arrivés dimanche soir regagneront leur domicile ce lundi.

Un voyage scolaire en Haute-Savoie annulé

Parmi les établissements scolaires concernés par le confinement, le collège des Korrigans à Carnac est en première ligne. Ce lundi matin, aucun élève n'a eu cours. "On suit les déclarations et décisions du ministère et des autorités à la lettre", explique sa direction.

Tous les sixièmes du collège devaient partir en voyage. "Ce samedi 7 mars, ils devaient se rendre en Haute-Savoie, le voyage est reporté bien évidemment. Nous restons en contact avec la Direction des services départementaux de l'Éducation nationale (DSDEN) pour connaître la suite des événements."

Rassemblements collectifs interdits

La préfecture interdit également les rassemblements collectifs sur la même période dans tout le département. Les maires morbihannais se sont vus demandés d'inviter la population à limiter les déplacements dans les communes sus-nommées.

La préfecture assure enfin que "les investigations sanitaires pour évaluer les personnes ayant été en contact avec les malades se poursuivent par ailleurs."

Pour toute information sur le coronavirus, un numéro vert : le 0 800 130 000. 

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24 janvier 2020

Enquête : « Loïc, c’était notre pote, les victimes, c’étaient nos potes, et on n’a rien vu de tout ça »

bagad auray

Enquête - « Loïc, c’était notre pote, les victimes, c’étaient nos potes, et on n’a rien vu de tout ça » : silence de plomb en pays breton

Par Henri Seckel, Nicolas Legendre, Rennes, correspondance

En octobre 2019, Loïc Le Cotillec, le jeune et talentueux chef d’orchestre du bagad d’Auray, dans le Morbihan, est mis en examen pour « viols aggravés ». L’information ne sortira dans « Le Monde » que le 14 janvier. Auparavant, ni la presse locale, ni le maire de la commune, ni les musiciens n’ont ébruité les faits.

Six cents personnes dans cette salle. Combien savent ? Le préfet du Morbihan et le député de la 2e circonscription sont excusés, mais toute la bonne société locale a pris place dans les gradins : élus, chefs d’entreprise, directeurs d’école, présidents d’association, gendarmes en uniforme. Dans une heure, on ira déguster du mousseux et des macarons à la framboise offerts par la municipalité. En attendant, le Tout-Auray qui a eu le privilège d’être invité à la salle Athéna, samedi 11 janvier, écoute sagement le maire de cette commune à mi-chemin entre Vannes et Lorient lui présenter ses meilleurs vœux.

Joseph Rochelle égrène les projets menés à bien en 2019 et ceux prévus pour 2020, la gare qui s’agrandit, les halles du centre-ville qu’on rénove. Bonne nouvelle : neuf bornes Wi-Fi publiques ont été déployées l’an dernier. Mauvaise nouvelle : les ruches installées dans le parc de Treulen ont été vandalisées et des dizaines de milliers d’abeilles vont mourir. « C’est un acte inqualifiable. » Le maire lit son texte. Encore une demi-heure avant le mousseux.

Belle allure, belle gueule

L’écran géant diffuse à présent un long clip qui rappelle, à coups de ralentis et de plans tournés au drone, les hauts faits sportifs et culturels qui ont animé la commune. Entre les treizièmes joutes nautiques du Loch et le soixante-quinzième anniversaire de la libération de la Bretagne, le film met à l’honneur la Kevrenn Alré, l’association de la ville qui chapeaute à la fois le bagad, le groupe de danse et une école de musique.

Pendant quelques secondes, on voit l’ensemble de musique bretonne, fierté d’Auray, défiler dans ses rues en costumes au son des bombardes. Il est emmené par son penn-soner – compositeur et chef d’orchestre –, un grand jeune homme, carrure de déménageur, belle allure, belle gueule : Loïc Le Cotillec. Les projecteurs se rallument pour le clou du spectacle : quarante musiciens sur scène dans un immense vacarme. Le bagad en chair, en os et en binious, mais sans son charismatique penn-soner.

Loïc Le Cotillec passe la soirée à 100 kilomètres de là, dans sa cellule de la prison de Vezin-le-Coquet, en banlieue de Rennes. Depuis le 25 octobre 2019, l’homme de 24 ans est en détention provisoire, et mis en examen pour « viols aggravés ». La prestation du bagad et du cercle de danse qui l’accompagne est époustouflante. Tonnerre d’applaudis­sements. Fin de la cérémonie. Mousseux à volonté.

Mutisme général

Quatorze mille habitants dans cette ville. Combien savent ce qui est arrivé au jeune prodige local, entré à la « Kevrenn » quand il avait 12 ans et nommé penn-soner quand il en avait 19 ? Ceux qui étaient au stade du Moustoir, à Lorient, le 2 août 2014, ont encore des frissons quand ils évoquent la performance magistrale de la Kevrenn Alré : premier con­cours comme penn-soner et première victoire pour Loïc Le Cotillec.

Auray aime son ensemble presque septuagénaire et plusieurs fois champion de Bretagne (et donc de France) des bagadoù ; la municipalité chouchoute ses musiciens en leur fournissant locaux et subventions ; la vie de la Kevrenn est fréquemment chroniquée dans les deux quotidiens régionaux et concurrents, Ouest-France et Le Télégramme. Si Loïc Le Cotillec avait été mis en examen pour viols aggravés et incarcéré, on peut imaginer que ça se saurait. De toute façon, dans une ville de 14 000 habitants, tout se sait, non ? Non, manifestement.

Mi-décembre, M Le magazine du Monde est informé de cette histoire par une source naviguant dans le milieu de la musique bretonne qui souhaite dénoncer le mutisme général. « Il y a des victimes qui enragent de voir ce silence si bien cimenté et si bien organisé », nous écrit-on. Après l’officialisation du départ de Loïc Le Cotillec, Ouest-France s’en était tenu à une brève dépourvue de détails, et Le Télégramme s’était contenté d’annoncer le « départ précipité » du jeune homme sans en donner la raison, préférant dresser le portrait de son remplaçant, Fabrice Lothodé, l’ancien penn-soner revenu en catastrophe pour préparer la première manche du championnat, le 16 février, à Brest.

Lettre de démission

Il a fallu demander des nouvelles de Loïc Le Cotillec au procureur de la République de Rennes, qui a immédiatement confirmé qu’« une information judiciaire a été ouverte visant cette personne qui a été mise en examen pour viol aggravé au préjudice de trois victimes et harcèlement ». Les faits auraient été commis entre mai et septembre 2019. « Pour l’une d’entre elles, il a été notamment retenu la circonstance aggravante “par personne ayant autorité” », précise le magistrat, qui ajoute que « trois autres noms de victimes potentielles ont été évoqués lors de l’enquête préliminaire, mais elles n’ont pas donné suite aux convocations de l’enquêteur ou ne souhaitent pas déposer plainte ». Nous n’en apprendrons pas plus.

Les victimes potentielles appartiendraient à au moins une des trois institutions musicales que fréquentait Loïc Le Cotillec. Nous n’en apprendrons pas davantage auprès de Damien Moulin, président de la Kevrenn Alré depuis novembre 2017, joint par téléphone : « Je ferai une réaction le jour où vous sortirez votre article. Je peux juste vous dire qu’on a pris les mesures nécessaires dès qu’on a été informés. J’ai mis fin à la collaboration de M. Le Cotillec, je suis allé faire une déposition à la gendarmerie, et l’association a porté plainte contre lui. »

Nous en apprendrons encore moins du côté du Pont supérieur, prestigieuse école de musique de Rennes où étudiait Loïc Le Cotillec. « L’ensemble des informations est entre les mains de la justice, nous répond la directrice, Catherine Lefaix-Chauvel. Vous comprendrez que les étudiants souhaitent poursuivre leurs études en toute sérénité. »

Enfin, nous n’apprendrons strictement rien auprès de Sonerion, la fédération des ­bagadoù du Morbihan, ni de Sonerion 35, celle d’Ille-et-Vilaine, au sein de laquelle Loïc Le Cotillec donnait quelques heures de cours depuis trois ans : ces deux structures ignoraient tout jusqu’à notre coup de fil. « Les bras m’en tombent, je n’ai eu aucun appel de personne, je ne sais pas quoi dire, j’hallucine un peu », a réagi Leslie Le Gal, la directrice de la première. « C’est vous qui me l’apprenez », nous a dit Bob Haslé, le président de la seconde, qui avait bien reçu une lettre de démission, sans le moindre motif, alors que Loïc Le Cotillec était déjà en prison. Et qui s’empresse de préciser qu’il n’avait « jamais eu de problème » avec le jeune homme ni remarqué « aucun comportement suspect ». Vraiment, Loïc était « une personne charmante, prête à rendre service. Combien de fois des gens m’ont loué ses qualités pédagogiques ! » Dans l’entourage professionnel et musical, on ne comprend pas. « Cette histoire, c’est tout sauf Loïc. »

« VOUS SAVEZ, ICI, C’EST UNE TERRE DÉMOCRATE-CHRÉTIENNE, IL FAUT QUE CE SOIT PAISIBLE. » ALAIN LAMARRE, LIBRAIRE À AURAY

Nous accostons le mercredi 8 janvier dans la calme cité médiévale d’Auray. « Auray a un bon chic de bonne petite vieille ville », décrit Flaubert dans Par les champs et par les grèves, après avoir fait escale ici lors d’une traversée de l’ouest de la France en 1847. Ravissante chapelle du XVIIe siècle en guise d’office du tourisme. Maisons du Moyen Age et joli pont à piles triangulaires au port de Saint-Goustan. « Savez-vous pourquoi Loïc Le Cotillec a dû quitter si brusquement le bagad ? » A l’office du tourisme, on ne sait pas. A L’Armoric, bistro phare de Saint-Goustan, on ne sait pas. A L’Antre de Coupe (le coiffeur), on ne sait pas. « Diver­gences sur le plan artistique », croient savoir les uns. « Projets personnels à Rennes », supposent les autres. « Aucune idée », répond la majorité. Auray ne sait pas et, manifestement, ne cherche pas à savoir.

S’aventurer chez les bouquinistes

Alain Lamarre, le libraire du centre-ville (celui qui nous a parlé de Flaubert), nous met au parfum : « Vous savez, ici, c’est une terre démocrate-chrétienne, il faut que ce soit paisible. » Il évoque « une espèce de discrétion morbihannaise ». Puis il lâche trois mots : « Pas de vagues », en traçant devant lui, avec ses deux mains à l’horizontale, la surface d’une mer d’huile imaginaire. Il est l’un de nos rares interlocuteurs à savoir que Loïc Le Cotillec « aurait fait quelque chose qu’il n’aurait pas dû faire ». Sa femme est une ancienne de la Kevrenn, et elle avait mis le sujet au menu du dîner du réveillon.

Il faut s’aventurer chez les bouquinistes, où l’on trouve toujours plus que ce qu’on était venu dénicher. Au Livre Penseur, par exemple, un peu à l’écart du centre-ville, formidable fatras dont on se demande comment il n’a pas encore enseveli sa sympathique propriétaire. On y entre à tout hasard, en quête d’un hypothétique ouvrage sur l’histoire de la Kevrenn Alré, on en ressort avec le numéro de téléphone d’une ancienne gloire de l’association, qui accepte très vite de nous recevoir chez elle. L’homme qui nous ouvre la porte a le sourire, c’est toujours un plaisir pour lui de causer musique et d’évoquer le passé de la Kevrenn. Le café est servi, la discussion s’engage, passionnante, pendant un quart d’heure.

« Coupez votre truc »

On évoque alors Loïc Le Cotillec. Le sourire s’estompe. Un court silence. Il reprend une gorgée de café. « Coupez votre truc. » On éteint le Dictaphone. « Je me suis éloigné de l’association, mais cette affaire est arrivée jusqu’à mes oreilles, explique-t-il. Ça fait du mal à tout le monde. En plus, le papa de Loïc est maire d’une commune voisine [Saint-Philibert], ça fout une merde terrible. » On explique que la Kevrenn refuse de nous recevoir, et qu’on aimerait comprendre pourquoi la nouvelle n’a pas été diffusée. « La situation est malsaine, poursuit notre homme. Il faudrait qu’ils parlent, plutôt que de garder ça pour eux, ça va leur retomber dessus. Auray est une petite ville, il s’est passé quelque chose de grave. C’est dérangeant que l’on ne puisse pas savoir. »

« ON NOUS A DIT LES CHOSES SANS NOUS LES DIRE. JE NE SAIS PAS QUI SONT LES VICTIMES, ET JE NE VEUX PAS LE SAVOIR. » UNE MUSICIENNE DE LA KEVRENN ALRÉ

A Auray, la brume du golfe du Mor­bi­han ne s’est toujours pas levée. Un comptoir du centre-ville nous apprend qu’une musicienne de la Kevrenn travaille dans un commerce voisin. Cette dernière explique qu’à l’intérieur même du bagad l’information est restée parcellaire : « On nous a dit les choses sans nous les dire. Je ne sais pas qui sont les victimes, et je ne veux pas le savoir. » Elle précise qu’elle tient à son anonymat. Dans la soirée, l’écran du téléphone s’éclaire : « Damien Moulin (bagad) ». Le président de la Kevrenn. « Je sais que vous avez vu une de nos instrumentistes aujourd’hui. » On est poliment mais instamment prié de laisser ses musiciens tranquilles, et de ne pas venir rôder autour du local où l’ensemble répète.

L’association ne s’exprimera que si la presse évoque les faits. « C’est déjà assez compliqué à gérer comme ça, on ne voit pas l’intérêt d’aller crier ça sur tous les toits », déclare-t-il, en nous renvoyant vers l’avocat de l’association, qui, après une négociation de plusieurs jours, nous transmettra le communiqué envoyé par la direction aux 250 membres de la Kevrenn Alré quelques jours après la découverte des faits. Où l’on constate qu’il était mentionné « un comportement pénalement répréhensible » et « des faits d’une extrême gravité », mais jamais de « viols » ni d’« agressions sexuelles ». Ni le mot victimes.

« Il n’y avait pas encore eu de plaintes déposées à l’époque, il fallait respecter la présomption d’innocence, explique Me Henry Ermeneux, qui conteste tout sentiment de malaise. Je comprends l’impression que l’on pourrait avoir de l’extérieur, mais la Kevrenn n’a vraiment rien à se reprocher, elle a fait tout ce qui était à faire vis-à-vis de l’institution judiciaire. Pour autant, on n’a pas envie que ça jase dans tout Auray, dans tout le Morbihan, dans toute la Bretagne. » Il nous confirme qu’en plus de défendre les intérêts de l’association il est l’avocat d’une des plaignantes victimes de viol et membre de la Kevrenn. Il n’y voit aucun conflit d’intérêts. Depuis trois mois, à l’image de la chouette qui lui sert d’emblème, la Kevrenn Alré vole en silence à travers les turbulences.

Homme vrai et un peu sombre

Le lendemain, l’écran du téléphone s’allume à nouveau : c’est notre ancienne gloire de la Kevrenn rencontrée la veille qui a deux choses à nous dire. Il réclame d’abord que son nom n’apparaisse pas, puis prononce celui d’un homme qui pourra sans doute nous renseigner. « Il a suivi cette histoire de près. Allez sonner chez lui. Vous verrez, c’est un homme vrai, et un peu sombre. » A l’adresse indiquée, un homme vrai et un peu sombre nous ouvre la porte. Trois minutes plus tard, le café servi, une discussion confuse s’engage avec ce retraité dont on ignore toujours qui il est.

« J’ai vu mon fils arriver à la maison en pleurs un jour, fin septembre. » Son fils joue dans le bagad. Les pleurs, c’est parce que le président de l’association venait de lui apprendre les faits reprochés à son pote Loïc. On n’a pas eu le temps de toucher à notre tasse que le fils en question rentre du boulot. Notre ancienne gloire nous a envoyé au bon endroit, mais on craint que le jeune homme ne nous mette à la porte. Il s’assoit avec nous. Trois mois après le cataclysme, l’atmosphère est « très bonne » au sein du bagad, assure Erwan, qui ne s’appelle pas Erwan, mais qu’on appellera Erwan puisqu’il ne souhaite pas, lui non plus, que son nom soit publié.

« LOÏC, C’ÉTAIT NOTRE POTE, LES VICTIMES, C’ÉTAIENT NOS POTES, ET ON N’A RIEN VU DE TOUT ÇA. » UN MEMBRE DU BAGAD KEVRENN ALRÉ

« Loïc, c’était notre pote, les victimes, c’étaient nos potes, et on n’a rien vu de tout ça », raconte-t-il. Le choc a été rude. « Je faisais n’importe quoi au boulot, alors je me suis mis en arrêt pendant une semaine. Le week-end suivant, on jouait à la salle Athéna, quinze jours après, on avait un gros fest-noz. Forcément les gens venaient nous demander : “Il est pas là, Loïc ? — Bah…” En plus, on jouait la musique qu’il avait composée… Mais on a tourné la page sur notre pote, sur cette période, sur cette musique. Maintenant, on fonce, c’est la meilleure thérapie pour nous. »

Au bout de quelques minutes, on comprend que la page n’a pas du tout été tournée : « Rien que d’en reparler là, d’un coup, ça fait remonter plein de trucs qu’on essaie de jarter en ce moment. Les victimes ont porté plainte, et elles ont toutes dit : ‘‘Maintenant, on ne veut plus en entendre parler.’’ » Au bout d’une petite heure de conversation, à fleur de peau : « Bon, allez, ça suffit, stop. » Une demi-heure après, ­téléphone, « Damien Moulin (bagad) » : « Je sais que vous avez vu un des musiciens… »

Disparition soudaine

Le bureau du maire est situé au-dessus des halles, qui seront rénovées en 2020, si l’on a bien compris les vœux deux jours plus tôt, et c’est avant de filer à ceux de son homologue de Plouharnel que Joseph Rochelle nous reçoit. Elu en 2018, ce petit homme svelte à lunettes vient d’Ille-et-Vilaine – « mais ma femme est d’Auray » – et se présente comme « l’un des rares défenseurs de la culture bretonne dans ce conseil municipal », ayant notamment mis fin à une anomalie : avant lui, Auray n’accueillait aucun fest-noz.

Bref, le maire adore la culture bretonne, il adore son bagad, et on est persuadé, en entrant dans son bureau, qu’il saura nous rencarder sur la disparition soudaine de Loïc Le Cotillec, d’autant plus qu’il connaît bien son père, François Le Cotillec, qu’il côtoie au moins à chaque réunion de l’intercommunalité. Le maire d’Auray pourrait-il ignorer ce qui est arrivé au fils du maire de Saint-Philibert, à dix minutes de là (par la D28) ? « J’ai effectivement vu que Loïc Le Cotillec était parti rapidement, mais je n’ai pas d’indication sur la nature de ce qui a motivé ce départ. Le bagad poursuit avec un autre penn-soner. J’espère qu’il sera bien classé lors du concours des bagadoù. »

On insiste. Comment donc, le maire de la ville, bretonnant notoire, lui-même danseur à ses heures, ne serait pas au courant ? Il marque un silence, et baisse d’un ton. « Il y a des bruits qui circulent. » Mais encore ? « Les ‘‘on-dit’’ parlent d’agressions sexuelles », poursuit Joseph Rochelle, qui « tombe de l’armoire » lorsqu’on prononce les mots « mis en examen », « viols aggravés », « détention provisoire ». Le voilà qui remonte vite dans l’armoire et s’y enferme à double tour : « La justice est indépendante, il n’y a aucune raison qu’en tant que maire de la ville je sois directement informé. Quelqu’un qui disparaît du jour au lendemain du poste de penn-soner, sans explication, sans rien, ce n’est pas normal. J’imaginais bien que, s’il y avait un tel silence, c’est que quelque chose n’allait pas. Mais je ne voulais pas en rajouter, je n’ai pas voulu intervenir de quelque manière que ce soit pour obtenir des renseignements. »

Il devait tout de même en savoir suffisamment puisque, nous glissera-t-il en nous raccompagnant vers la sortie, il a lui-même fait couper le clip diffusé lors de ses vœux : « Dans la première version, on voyait des gros plans de Loïc Le Cotillec tout le temps. J’ai dit ‘‘ah non !’’, et j’ai demandé au monteur de supprimer des passages. » Joseph Rochelle s’était ému quelques minutes plus tôt en apprenant que Le Monde s’apprêtait, dans un premier article purement factuel, à évoquer le sort de l’ancien penn-soner. « Pour moi, il est hors de question de médiatiser une affaire comme ça, je vois bien tout le dégât que ça peut faire. Au-delà du bagad, la médiatisation va ruiner des années d’efforts à Auray et entacher toute la culture bretonne. Moi, je défends la culture bretonne à fond. Et je pense qu’avec une affaire comme ça la Bretagne va souffrir. »

Maintenir sous silence ?

Le doute nous a alors saisis. A quel prix faut-il informer nos lecteurs, d’Auray ou d’ailleurs, sur ce qui s’est passé au cœur de cette petite ville ? Révéler cette affaire sera-t-il plus néfaste que de la maintenir sous silence ? Après tout, le bagad a congédié son penn-soner quand il a eu vent des faits ; Loïc Le Cotillec est entre quatre murs et les mains de la justice ; un procès aura lieu dans un an ou deux ; les victimes présumées ont porté plainte, et ne souhaitent manifestement pas s’exprimer.

D’un autre côté, révéler l’affaire en nommant clairement les choses serait peut-être de nature à encourager la parole d’éventuelles victimes qui, jusqu’alors, n’auraient pas osé se manifester de peur d’être celles qui briseront le silence ? « La question est légitime, je me la suis posée, répond Me Ermeneux. C’était pour moi la seule raison qui aurait pu justifier que la Kevrenn s’explique publiquement. Mais il s’avère que les enquêteurs peuvent identifier toutes les personnes concernées par cette affaire sans qu’on ait recours aux médias. »

LES MOTS DES PARENTS S’ENTREMÊLENT QUAND ILS ÉVOQUENT LEUR FILS. « C’EST QUELQU’UN D’INTELLIGENT, ET DE FORT ­GENTIL », DIT LE PÈRE.

La publication d’un premier article sur le site Internet du Monde est prévue mardi 14 janvier. Frédéric Birrien, l’avocat de Loïc Le Cotillec, nous propose de rencontrer ses parents avant, et prévient qu’il assistera à la conversation par l’intermédiaire d’un téléphone sur haut-parleur. En route pour Saint-Philibert. Le couple est évidemment défait. « Le monde est cruel, et vous, en tant que journaliste, vous l’êtes aussi. » Les habitants du pays d’Auray ne le sont pas. « Les gens ne jugent pas, ici », dit la mère. « Ici, les gens sont discrets, dit le maire, et on est très solidaires les uns les autres. Personne n’est venu nous en parler. »

Les mots des parents s’entremêlent quand ils évoquent leur fils. « C’est quelqu’un d’intelligent, et de fort ­gentil, dit le père.

— Il n’est pas méchant, dit-elle.

— Jamais on n’aurait pu penser que…

— Il a été plongé trop jeune dans un monde d’adultes. Il a commencé tôt la musique, très tôt, trop tôt.

— Il était doué, très doué.

— Il était discret, il ne nous disait rien. Si on avait su…

— Il composait tout lui-même. »

Tous deux évoquent la pression « énorme » liée au poste de penn-soner, et le quotidien surchargé de leur fils. « La musique, c’était sa vie. Il n’a pas eu de vacances ni de week-ends depuis sept ans », entre le bagad, les études et l’enseignement. Frédéric Birrien raccroche. Le père nous verse un verre de jus d’orange. « Loïc voulait arrêter la Kevrenn Alré depuis un an. Il avait l’impression de gâcher sa vie de jeune adulte, il avait envie de faire un break. »

Poème mélancolique

Certains proches avaient bien perçu chez lui une forme de mal-être. La suite qu’il avait composée pour son dernier concours de Brest, l’an passé, était ponctuée par le récit d’un poème mélancolique de Xavier Grall, Marais de Yeun Elez, décrivant un homme se laissant aspirer par cette lande que la légende locale désigne comme la porte de l’enfer. « Je partirai sans maudire rien, muet, inutile, sans paupières, dans l’inutilité des tourbes/Plaisirs mauvais qui me crucifient, c’est fini, je m’en vais aux marais, traînant ma plainte et ma légende. »

Après les parents, il reste à rencontrer les confrères de la presse locale, autant pour les prévenir que l’article du Monde va sortir que pour comprendre leur inexplicable mutisme sur l’affaire : moins de 200 mètres séparent leurs deux rédactions du local de la Kevrenn. En tendant l’oreille, on entendrait presque le son des bombardes qui s’échappe de la bâtisse mal isolée.

« Quand Loïc est parti, on a su qu’il y avait des soupçons d’agressions sexuelles, explique le confrère du Télégramme, mais on n’a pas donné l’info parce qu’il n’y avait pas de plaintes. Comme on n’a jamais eu vent de plaintes par la suite, on s’est dit qu’ils avaient réglé ça en interne. » « Une information en chassant une autre, je n’ai pas relancé le truc, confesse la consœur de Ouest-France. De toute façon, dès qu’on touche à une entité locale, c’est difficile d’avoir des infos. »

Titre trompeur

Mardi 14 janvier au soir, Le Monde publie sur son site Internet : « Un virtuose de la musique bretonne mis en examen pour viols ». Une demi-heure plus tard, Le Télé­gramme embraye (sans nous citer) : « L’ancien penn-soner du bagad d’Auray mis en examen pour viol ». Le lendemain, l’info figure sur les affichettes des maisons de la presse alréennes. Le surlendemain, en une du Télé­gramme, ce titre trompeur : « Viols : “Tout le monde était au courant dans le milieu” ».

Ouest-France, fidèle à sa charte des faits divers (« dire sans nuire, montrer sans choquer »), se contente d’un feuillet discret en page 6. Pas de Loïc Le Cotillec dans le titre ni dans le chapeau. Il faut attendre le deuxième paragraphe pour lire le nom du penn-soner. France 3 Bretagne, France Bleu Morbihan et plusieurs médias nationaux ont repris l’info. En ville, les comptoirs s’étonnent, s’offusquent, s’exclament : « Tu te rends compte, le fils du maire de Saint-Philibert ! »

Ligne de défense

La Kevrenn publie enfin un communiqué, retraçant la chronologie – découverte des faits le 22 septembre, démission de Loïc Le Cotillec le 27 – et justifiant son silence : « Nous avons collectivement fait le choix, assumé, de rester discrets pour ne pas exposer les victimes, mais aussi pour permettre à l’enquête et à la justice de faire leur œuvre. » « Il n’y a pas eu d’omerta, c’est juste que les gens étaient hyper gênés, appuie Erwan, avec qui l’on était resté en contact. On était beaucoup à penser qu’il fallait en parler, mais on ne savait pas comment faire. Et puis on avait pris tellement cher en apprenant la nouvelle qu’à un moment ça nous avait fait du bien de ne plus en parler. »

« MAINTENANT QUE C’EST PASSÉ, JE NE DIRAIS PAS QUE VOUS NOUS AVEZ FAIT CHIER, C’EST JUSTE QUE ÇA A ÉTÉ BRUSQUE. » UN MEMBRE DE LA KEVRENN ALRÉ

L’avocat de Loïc Le Cotillec, lui, amorce une ligne de défense en déclarant dans la presse que les présumées victimes étaient des « petites amies ». Sur le quai de la gare d’Auray, la question reste la même que lorsqu’on y a posé le pied dix jours plus tôt : à partir de quand quitte-t-on le domaine du silence embarrassé et maladroit pour entrer dans celui de la rétention d’informations organisée ? Difficile d’affirmer que la Kevrenn Alré n’a rien à se reprocher dans la gestion de toute cette affaire. Difficile d’affirmer le contraire. On ne sait toujours pas comment l’information a fini par remonter à la surface fin septembre, cinq mois après le début des faits. D’ailleurs, on ne peut même pas certifier que toutes les plaignantes évoluent au sein de la Kevrenn.

On peut simplement constater qu’on a passé dix jours à Auray, que tout le monde savait qu’on était là, et qu’aucun proche des victimes n’est venu pointer la responsabilité de la Kevrenn. Avant de quitter la Bretagne, on a appelé une dernière fois Erwan : « Ça va bien aujourd’hui. On s’est réunis pour rédiger le communiqué qu’on a balancé sur Facebook. On était contents de tous se retrouver pour discuter des événements. Moi, ça me fait du bien d’en parler, c’est un soulagement que cette affaire soit sortie, finalement. Maintenant que c’est passé, je ne dirais pas que vous nous avez fait chier, c’est juste que ça a été brusque. Et finalement, le fait que vous ayez été là, c’est aussi une bonne chose pour la suite de l’enquête. Des langues commencent à se délier. Quelqu’un a envoyé un message à l’association disant qu’il connaissait une fille qui n’avait pas osé parler jusqu’à présent et qui allait le faire. »

30 décembre 2019

AURAY - Port de Saint Goustan

sainy goustan

24 décembre 2019

Achats de dernière minute avant Noël

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16 décembre 2019

Saint Goustan le port d'AURAY

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15 décembre 2019

Pays d’Auray. Le Tire-Bouchon a son comité de défense

Une cinquantaine de personnes ont participé à la réunion de création, mercredi 11 décembre 2019, en soirée, au Penher. Trois groupes de travail ont été mis en place.

L’acte de naissance date de mercredi soir. Réunies salle Hélène-Branche, au Penher, une cinquantaine de personnes ont créé le Comité de défense et de promotion de la ligne ferroviaire Auray-Quiberon. La réunion était organisée à l’initiative de la CGT, qui s’efface au sein du comité. « Il s’agit de créer un rapport de force au-delà des cheminots », explique Christian Peltais, élu au conseil municipal d’Auray et cheminot retraité.

Le Tire-Bouchon, qui circule l’été, constitue « une ligne structurante du territoire, souligne Roland Le Sauce, également élu alréen et président du Comité de développement du pays d’Auray (Codepa). Son devenir est posé. On souhaite être acteur dans la réflexion. »

182 000 voyageurs en 2019

Cette année, le Tire-Bouchon a enregistré 182 000 voyages, soit 18 % de plus qu’en 2017, indique Roland Le Sauce. Portée par la communauté de communes Auray Quiberon terre atlantique (Aqta), avec l’État, la Région, la SNCF et le Département, une étude va être menée sur le futur de la desserte entre Auray et Quiberon. Train, bus en site propre, etc. Celle-ci doit identifier différents scénarios, puis en retenir un et l’approfondir.

« On crée un comité de soutien du ferroviaire », rappelle le président du Codepa. Ce n’est pas la première fois qu’un comité ayant trait au ferroviaire est lancé à Auray, rappelle Michel Le Scouarnec, ancien maire et sénateur ; dans les années 90, « on a gagné des combats pour obtenir des arrêts TGV ».

« L’intérêt général »

Chef d’entreprise, membre du Codepa, Didier Le Bras, du Club d’entreprises du pays d’Auray (70 sociétés), résume son souhait pour le Tire-Bouchon : « Avoir cette voie ferrée douze mois sur douze, pour avoir pour tous un moyen de mobilité.  On en a un besoin économique, social. On est prêts à participer au comité. C’est l’intérêt général. On se fiche des étiquettes. » Membres d’Europe Écologie Les Verts, Anne Barbichon et Claire Masson étaient présentes à la réunion.

Ancien élu alréen, Hugues Martin plaide pour « remettre le Tire-Bouchon du matin », qui n’existe plus. Elle était utile aux gens qui travaillent, observe-t-il. Depuis juillet 2017, la grille horaire « a été cadencée pour la Ligne à grande vitesse (LGV), pour les touristes ». La question du type de rames est aussi abordée : « On ne peut plus mettre des vélos, les gens s’en plaignent », pointe un conducteur de train, qui pratique la ligne.

Le comité a décidé de mettre en place trois groupes de travail : besoins de la desserte Auray-Quiberon, communication, propositions pour le développement du ferroviaire.

13 décembre 2019

AURAY illuminé - morbihan

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23 octobre 2019

AURAY - Conseil. Square de la Fraternité : la majorité divisée

Article de Mathieu Pélicart

Azaïs Touati, adjoint en charge de l’urbanisme, s’est une nouvelle fois opposé frontalement, lors du conseil municipal de ce mardi, au maire d’Auray Joseph Rochelle. Cette fois, sur la suspension des travaux d’aménagement du square de la Fraternité en parking.

Rien ne va plus au sein de la majorité municipale à Auray. Après le projet de dérivation de Porte Océane, dont il conteste depuis juin le choix de le faire porter par la Ville, c’est sur la gestion du dossier du square de la Fraternité que l’adjoint à l’urbanisme Azaïs Touati a attaqué le « soldat Rochelle », comme il l’a nommé à plusieurs reprises, lors du conseil municipal du mardi 22 octobre.

Le projet d’aménagement du square de la Fraternité en parking, en haut de la place de Keriolet, a été évoqué en toute fin de réunion, comme l’avait promis le maire à l’opposition lors du conseil de septembre. Il ne figurait pas à l’ordre du jour, ayant déjà été voté par la majorité en mars dernier. Il a été légèrement modifié depuis, avec 33 emplacements voiture, contre 37 initialement, afin de libérer de l’espace à un garage à vélo.

Le maire souhaite suspendre les travaux « à titre personnel »

Contesté par l’opposition, qui a voté contre le projet, ce parking fait face à une levée de boucliers du Collectif alréen pour le climat et de Youth for Climate Auray, qui fait de cet espace vert, fermé au public depuis 2008 pour des questions de sécurité, une nouvelle « zone à défendre ». Ils étaient une soixantaine à manifester, samedi 31 août, à l’issue de la première semaine de chantier. Suite à la découverte d’un puits, le calendrier des travaux avait ensuite été inversé, la réfection de la rue de Keriolet précédant finalement l’aménagement du parking.

Ce lundi 21 octobre, une nouvelle manifestation a rassemblé une vingtaine de personnes, suite à l’affichage du permis d’aménager, lundi 14 octobre. « C’est la règle en secteur sauvegardé, même pour les parkings de moins de 50 places, et j’ai découvert tardivement qu’aucun permis n’avait été déposé avant les travaux préparatoires, fin août », explique Joseph Rochelle, qui vise sans le nommer son adjoint à l’urbanisme. Le maire souhaite, « à titre personnel », suspendre les travaux dans la période de recours de deux mois, à compter de l’affichage du permis, comme le demandent les deux collectifs, dont des représentants étaient présents dans le public. « Il s’agit à la fois de respecter la démocratie et de ne pas engager inutilement les finances de la commune, dans le cas où le permis serait annulé », justifie le maire.

« C’est vous le pilote »

« C’est un projet porté par la municipalité, qui a été voté, et il n’y a aucune raison légalement de ne pas engager dès à présent les travaux. Si on devait attendre la fin des délais de recours pour chaque projet, on ne pourrait plus rien faire », estime pour sa part Azaïs Touati, qui rappelle qu’il faudra aussi dédommager l’entreprise mandatée si le chantier venait finalement à être abandonné.

L’opposition est venue au secours du maire sur le fond d’un dossier qui « suscite d’importantes rancœurs » (Jean-Pierre Gruson). Mais pas sur la forme. Kaourintine Hulaud a ainsi estimé que Joseph Rochelle ne pouvait pas ici parler en son seul nom : « Vous êtes le maire et le pilote de votre majorité ». L’intéressé, qui n’a pas fait voter le conseil sur cette question, a conclu qu’elle devait d’abord être traitée au sein de la majorité. Enfin, de ce qu’il en reste.

2 septembre 2019

Port de St Goustan à Auray

st goustan

19 août 2019

AURAY - Exposition photo à la Chapelle du St Esprit - actuellement

t51

La photo ci-dessus a été prise avec ma Nikon KeyMission 170.

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