Harry Gruyaert - Exposition à la MEP (derniers jours)
Harry Gruyaert photographie les couleurs, c'est sa façon de percevoir le monde. Vers l'âge de 20 ans, quittant sa Belgique natale, il décide que la photographie sera son moyen d'expression, qu'avec elle il traduira et construira sa quête de connaissance. Dans les années 1970-1980 avec les Américains Saul Letter, Joel Meyerowitz, Stephen Shore ou William Eggleston, Harry Gruyaert est un des rares pionniers européens à donner à la couleur une dimension purement créative, une perception émotive, non narrative et radicalement graphique du monde. Cette exposition à la Maison Européenne de la Photographie est sa première grande rétrospective.
Exposition en partenariat avec la RATP • Avec "La RATP invite Harry Gruyaert". la RATP soutient la rétrospective de la MEP et expose Harry Gruyaert dans 16 stations de son réseau. Jusqu'au 15 Juin 2015.
Harry Gruyaert - dédicaces à la MEP (mercredi 10 juin 2015)
Gérard Rondeau : au bord de l'ombre (derniers jours à la MEP)
«Gérard Rondeau est photographe. C'est certain, puisqu'il se sert d'appareils photographiques et que ses œuvres sont des tirages sur papier, en noir et blanc. En dit-on beaucoup plus quand on le définit par ce mot ? Il est permis d'en douter. (...) L'une de ses particularités les plus flagrantes est qu'il va et vient sans cesse entre différentes façons de "faire de la photo", ne se borne à aucun genre, échappe aux classements. Sur le dos d'une femme nue assise sur un lit, Rondeau a écrit ces mots pris à Roger Gilbert-Lecomte : 'Regarder à se crever les yeux, à éclater le crane, avec les yeux de derrière les yeux, de derrière la tête, comme un aveugle avec un grand cri lumineux (...)." Les yeux de derrière les yeux : on ne peut pas mieux dire.» Philippe Dagen.
Louise Bourgeois (ci-dessus)
Voir mes précédents billets sur Louise Bourgeois :
Louise Bourgeois (in memorem) 31/05/2015
Louise Bourgeois 28/02/2015
Robert Mapplethorpe (photographe) -... 25/06/2014
Louise Bourgeois 22/10/2011
Louise Bourgeois 15/01/2011
Louise Bourgeois - Hommage sur ARTE...06/06/2010
Louise Bourgeois 31/05/2010
Louise Bourgeois 31/05/2010
Pour y accéder (après avoir noté les différentes dates) voir l'historique en cliquant sur le lien suivant : http://jourstranquilles.canalblog.com/archives/index.html
Derniers jours à la MEP - LUIZ MAURO (vu hier soir)
DES PEINTURES COMME DES PHOTOGRAPHIES
Jusqu'au 14 juin 2015
Les ateliers d'artiste sont souvent visités et photographiés. Mais Luiz Mauro, à partir de simples photographies, a su reconstituer toute l'intimité et le mystère que renferment ces lieux de création. Théâtralisés grâce au noir profond d'innombrables couches d'encre de chine qu'il applique directement sur du papier coton, les ateliers de Renoir, Monet, Rothko, O'keeffe, Warhol, ou encore Lichtenstein deviennent à leur tour des œuvres comme prises dans en abime. Le travail d'ombre laisse quant à lui imaginer, comme le formule Leonel Kaz, que "l'artiste a temporairement quitté son atelier en laissant la lumière allumée, pour aller en face prendre un café".
Reportage photographique : Jacques Snap
A la MEP actuellement
MAISON EUROPÉENNE DE LA PHOTOGRAPHIE > GRÉGOIRE KORKANOW : Père et fils, interrogations sur la paternité. Du même artiste, PRISONS, travail sur l'enfermement ; l'Italie de BERNARD PLOSSU revient aux sources de ses origines ; ERIC RONDEPIERRE, avec Images secondes ou l'image diluée dans l'espace cinématographique. Une réflexion sur l'intemporalité avec PATRICE CALMETTES, dont ses clichés sur la Méditerranée d'Ibiza à l'époque phénicienne. Toutes ses expos jusqu'au 5 avril.
GRÉGOIRE KORGANOW : PÈRE ET FILS - Actuellement à la M.E.P.
"Qu’est-ce qu’un père ? Qu’est-ce qu’un fils ? Quel est lien qui les unit ? Le sang ? L’amour ? La transmission ? L’héritage ?"
« Je photographie des pères, de 20 à 80 ans, debout, torse nu, avec leur fils de quelques minutes pour les plus jeunes ou entrés dans la cinquantaine pour les plus âgés. Ils sont proches, souvent peau contre peau.
C’est sans doute l’arrivée de mon fils dans ma vie qui m’a donné envie de ces portraits. Il s’appelle Marco. Sa peau est noire. Il est né au Rwanda. Je me souviens de l’enthousiasme d’un ami : « c’est fou ce qu’il te ressemble ! » Vraiment ? Et moi ? Est-ce que je ressemble à mon père ? Et tous ces fils que j’ai photographiés ressemblent-ils à leur père ? En regardant ces portraits, on recherche les ressemblances. On scrute les traits du visage, on compare les gestes, les attitudes. On imagine une histoire. On tente de percer le mystère de la relation. La nudité des corps jette le trouble, brouille un peu les pistes. La fragilité, la tendresse sont-elles taboues ?
J’ai débuté ce travail en 2009. J’ai tout d’abord photographié mes amis, mes voisins, des connaissances de l’école de mes enfants. Par la suite j’ai passé une annonce sur les réseaux sociaux. Très vite des pères et des fils que je ne connaissais pas se sont portés volontaires. Puis j’ai enrichi ma série de portraits par des résidences d’artiste dans toute la France : je me suis installé dans une banlieue populaire, à la campagne, dans une ville nouvelle, une maternité…» Grégoire Korganow
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GRÉGOIRE KORGANOW
Diplômé des Arts Appliqués à l’école Estienne à Paris, Grégoire Korganow débute la photographie à 23 ans. En 1991, il part suivre les mutations de l’ancien bloc soviétique. Ce voyage initiatique scelle sa vocation et donne lieu à sa première exposition. En 1993, Libération publie ses images des émeutes de la Goutte d’or à Paris. C’est le début d’une collaboration qui dure plus de 10 ans. Cette visibilité lui donne accès à des publications dans de nombreux titres français et étrangers : L’Express, Télérama, Marie Claire, Géo, National Geographic, The New York Times… Il devient membre de l’Agence Métis dès 1998, puis de Rapho en 2002. Il alterne séries personnelles et travaux de commande. Photographe engagé dans le réel, il prend le parti des opprimés, des invisibles — les mal-logés (1994), les sans-papiers (1995), les indiens Mapuche du Chili (« Révoltes » 2003), les victimes irakiennes (« Gueules cassées » 2010), les alcooliques (2011)… — et tente de donner à ressentir leur condition. Attiré par le hors champ, il photographie les coulisses de l’élection présidentielle de 2002, des tournages de films X (« hardcorps » 2003) ou de défilés de mode (« Coulisses » de 2002 à 2008). Voyageur, il sillonne la Patagonie sur les traces des écrivains Luis Sepulveda et Francisco Coloane et « Patagonie, histoires du bout du monde » est publié aux éditions Solar (2003). Il déambule dans les rues de Tokyo en quête de rencontres improbables et crée « lost in Tokyo » en 2005. Christian Lacroix l’invite aux Rencontres photographiques d’Arles en 2008 avec « Coulisses » et « A côté », un travail sur la vie chaotique des familles de détenus. Parallèlement, il réalise des portraits de pères avec leur fils, un travail intime sur le temps, l’hérédité, la fragilité des corps. « Père et fils » est exposé depuis 2010 en France et à l’international. Entre 2011 et 2014, il réalise, en qualité de Contrôleur des Lieux de Privation de Liberté, « Prisons », une série sur l’enfermement en France. En 2014, Jean-Paul Montanari l’invite à photographier et exposer la danse en creux sur le corps arrêté des interprètes en « Sortie de scène » pour le Festival Montpellier Danse.
Grégoire Korganow s’intéresse aussi aux supports de diffusion des images. Les différentes expositions, évidemment. La presse, naturellement, et en 2001, il participe à la création du magazine photo de l’air. L’édition, aussi : de 1998 à 2003, il crée et dirige notamment la collection de livres photographiques Avoir 20 ans, aux éditions Alternative. Les films, enfin : passionné de cinéma, il s’associe, aux réalisateurs Stéphane Mercurio et Christophe Otzenberger et crée les images de séquences photographiques de leurs films documentaires. Il réalise actuellement une collection de films courts, à l’écriture volontairement laissée libre, « Les Chroniques dansées », sur la danse du chorégraphe Sylvain Groud auprès des corps fragiles.
Il enseigne enfin en 2012 la photographie à la Faculté Paris 1 et donne régulièrement des ateliers pratiques aux Rencontres photographiques d’Arles.
Grégoire Korganow conçoit ses images comme une invitation à regarder les failles, les apories, les désordres contemporains. Il s’intéresse au hors champ, à l’infime. Le corps, ses stigmates et ses métamorphoses sociales occupent une place centrale dans son œuvre. Sa forme est instable et volontairement permissive, inclusive. L’immersion et l’expérimentation déterminent le dispositif. C’est pour lui la condition d’une image précise et suggestive. Il préfère à une forme manifeste, une photographie plus ambiguë et fragile qui laisse le spectateur libre de ses opinions, de son parcours.




































