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Jours tranquilles à Paris
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17 mars 2016

« Saint-Vladimir », ou comment la Russie a obtenu sa cathédrale orthodoxe à Paris

Les chiffres donnent le vertige et la mesure de l’opération qui doit se dérouler, samedi 19 mars, sur les berges de la Seine. Ce jour-là, à 37 mètres du sol, hauteur maximale autorisée par les règles d’urbanisme, sera hissé le premier des cinq bulbes de la future cathédrale orthodoxe de Paris : 8 tonnes, 12 mètres de haut pour 11 de diamètre. Avant l’inauguration de l’édifice prévue pour le mois d’octobre, la pose de ce mastodonte doré, fabriqué par l’entreprise bretonne Multiplast, agit comme un rappel : au terme d’une saga de plusieurs années où la controverse architecturale se mêle à la géopolitique, la cathédrale de la Sainte-Trinité, à une encablure de la tour Eiffel, s’ancre dans la réalité. Là, sur un territoire de 8 400 m2, occupé auparavant par Météo France, le « centre spirituel et culturel orthodoxe russe » abritera, en plus de l’église, une école bilingue, une maison paroissiale et un centre culturel.

Au pied des hautes palissades et des engins de chantier de Bouygues, une poignée d’officiels doivent assister à la manœuvre et à la bénédiction qui l’accompagne. Côté français, le secrétaire d’Etat chargé des relations avec le Parlement, Jean-Marie Le Guen. Côté russe, l’ambassadeur Alexandre Orlov et l’évêque Nestor, futur maître des lieux. Et surtout le vice-premier ministre russe, Sergueï Prikhodko et le directeur général des affaires de l’administration présidentielle, Alexandre Kolpakov.

Sarkozy en soutien inconditionnel

La présence de ces responsables est un signe fort. Depuis le début du projet, le Kremlin s’est impliqué sans compter pour obtenir « sa » cathédrale. L’argent, d’abord : 170 millions d’euros au total, payés par l’Etat russe. Mais c’est surtout l’implication politique qui a permis de venir à bout des obstacles. L’histoire présentée par la partie russe veut que l’idée d’une nouvelle église parisienne soit venue au patriarche Alexis II (mort en 2008) lors de sa visite en France à l’automne 2007, la première d’un chef de l’Eglise russe depuis le schisme de 1054. Le projet a été « bien accueilli » par le président français Nicolas Sarkozy, selon l’évêque Nestor, plus haut représentant en France du patriarcat de Moscou.

M. Sarkozy, qui avait affiché des positions très dures vis-à-vis de la Russie durant la campagne présidentielle, ne tarde pas à se transformer en soutien inconditionnel. « Le projet était suivi exclusivement par l’Elysée, se souvient un diplomate français. On sentait chez le président une envie très forte de satisfaire les Russes. » Jean de Boishue, à l’époque conseiller du premier ministre François Fillon, autre russophile convaincu, renchérit : « C’était de la Realpolitik, la même qui a poussé la France à conclure, après la guerre en Géorgie, la vente de navires Mistral. Beaucoup de gens étaient pour, notamment à droite et dans les milieux d’affaires. »

Relais et lobbys à Paris

Le dossier revient dès lors de façon récurrente dans les relations entre le Kremlin et l’Elysée. A Moscou, un proche de Vladimir Poutine, Vladimir Kojine, directeur des affaires économiques de l’administration présidentielle, est chargé de le superviser. La partie russe s’appuie aussi sur un certain nombre de relais et de lobbyistes à Paris, comme la société ESL & Network ou le prince Alexandre Troubetzkoï, qui siégera plus tard au côté de Jean de Boishue, dans le jury du concours architectural. Ces relais, mais surtout le soutien de l’Elysée, sont essentiels pour décrocher le terrain du quai Branly, également convoité par l’Arabie saoudite et le Canada. L’affaire est conclue début 2010, après la mise en adjudication par France Domaine.

Comment expliquer l’empressement des Russes ? Bien sûr, l’exiguïté de l’actuelle église des Trois-Saints-Docteurs, un ancien garage situé rue Pétel, dans le 15e arrondissement de Paris, a joué. Mais surtout une volonté d’affichage. « Cet ensemble de bâtiments doit être le symbole de la proximité historique, culturelle et spirituelle entre nos deux peuples », explique l’ambassadeur russe à Paris, Alexandre Orlov, qui insiste sur le caractère « multifonctionnel » des lieux, et notamment son école qui doit accueillir 150 élèves.

L’évêque Nestor lui-même évoque un projet « avant tout culturel ». Mais ce n’est évidemment pas la seule raison. « La “Sainte Russie” a toujours été utilisée comme un outil d’influence à l’étranger, rappelle le philosophe Michel Eltchaninoff, auteur de Dans la tête de Vladimir Poutine (Actes Sud, 2015). C’est un message de séduction et de puissance. Celui d’un Etat qui ne craint pas d’afficher son attachement à ses racines chrétiennes, dans la capitale d’un Etat laïc et jugé affaibli par son multiculturalisme et son amnésie spirituelle. »

Le projet du quai Branly fait aussi écho à une bataille discrète mais acharnée qui s’est engagée en France au milieu des années 2000 : celle du contrôle des lieux de culte de l’émigration russe. Plusieurs églises historiquement placées sous la juridiction du patriarcat de Constantinople, auquel se sont rattachés les descendants des Russes blancs, sont revenues dans le giron du patriarcat de Moscou, soit par la grâce de prêtres qui y étaient favorables, soit par voie juridique. Ainsi de la cathédrale orthodoxe de Nice, dont le cimetière fait à son tour l’objet d’âpres batailles foncières. A Paris, son offensive pour mettre la main sur la cathédrale de la rue Daru s’est, elle, heurtée à l’opposition d’une partie des fidèles. Selon Michel Eltchaninoff, la décision de bâtir une nouvelle cathédrale est aussi une réponse à ce « demi-échec ».

« La présidence française a été naïve ou légère, juge le diplomate qui a suivi le dossier. L’idée d’une nouvelle église n’avait rien d’absurde mais personne n’a voulu voir les arrière-pensées politiques des Russes avant d’accorder un blanc-seing à ce qui va nécessairement devenir un emblème de la puissance russe retrouvée et un symbole de Paris. »

Surnommée ironiquement « Saint Vladimir »

Sur un autre sujet, plus surprenant, la partie française a en revanche fait preuve d’une vigilance extrême. La Direction centrale de la sécurité intérieure (DCRI) et la Direction générale de la sécurité extérieure (DGSE) ont alerté, dès 2011, leurs ministères de tutelle sur l’éventuelle mise en place par les Russes d’un dispositif d’interception d’ondes électromagnétiques. Leur crainte : le site du quai Branly voisine avec les logements du secrétaire général de la présidence de la République, du conseiller diplomatique du président ou encore de son chef d’Etat major particulier. Les services de renseignement ont suggéré que des systèmes de brouillage soient déployés sur cette zone afin de préserver le secret des communications. Selon nos informations, les demandes de la DCRI et de la DGSE ont reçu des réponses favorables.

Ces obstacles balayés, la route semble dégagée pour l’église, que Frédéric Mitterrand, à l’époque ministre de la culture, surnomme ironiquement « Saint Vladimir ». C’est alors que s’ouvre un nouveau chapitre de la saga de la cathédrale, architectural celui-là.

444 architectes répondent à l’appel

Entre l’hôtel des Invalides et la tour Eiffel, l’édifice est implanté dans un périmètre classé par l’Unesco. Nul doute qu’il deviendra l’une des curiosités locales. Il faut agir avec subtilité. Six mois après avoir acquis la parcelle, la Russie lance un concours pour la réalisation du projet. Le cahier des charges stipule que l’édifice religieux ne doit être « ni caricatural ni délibérément non contemporain » et respecter les canons d’« une église orthodoxe avec de une à cinq coupoles visibles depuis la Seine et sa rive droite ».

Pas moins de 444 architectes répondent à l’appel. Dix sont sélectionnés, parmi lesquels les Français Jean-Michel Wilmotte, Frédéric Borel et Rudy Ricciotti. Le jury mêle représentants de l’Eglise et de l’Etat russes, ainsi que des personnalités issues du gouvernement français, de la Ville de Paris et du monde de l’architecture et de l’urbanisme. Dont SOS Paris, une association souvent prompte à malmener les projets contemporains au cœur de la capitale, comme celui de la Samaritaine voulu par Bernard Arnault (LVMH).

Le jury rend son verdict en mars 2011. Il désigne le projet de l’Espagnol d’origine russe Manuel Nuñez Yanowsky : une église de facture classique recouverte d’une immense canopée de verre représentant « le voile de la mère de Dieu ».

La canopée ne verra pas le jour. Peu avant l’élection présidentielle de 2012, Bertrand Delanoë, maire socialiste de Paris, manifeste sa « très nette opposition » au projet et affirme que « son architecture de pastiche relève d’une ostentation tout à fait inadaptée au site ». L’offensive est frontale, et elle paie. Le 28 septembre, deux « avis défavorables » tombent simultanément : celui de l’architecte des bâtiments de France et celui de la Direction régionale des affaires culturelles. Le 26 mars 2013, la partie russe, soucieuse depuis l’origine de « marcher dans les clous », comme le dit une source française, résilie le contrat de maîtrise d’œuvre. Les Russes se rallient à une solution de compromis : arrivé deuxième du concours, Jean-Michel Wilmotte, bon connaisseur de la Russie, revêt le costume de l’homme providentiel.

Entre-temps, François Hollande a succédé à Nicolas Sarkozy. Dès 2013, le président assure à Vladimir Poutine que le projet avancera désormais sans accroc. Un groupe de travail est mis en place, codirigé par M. Kojine et Nicolas Revel, secrétaire général adjoint de l’Elysée. Il se réunira au moins trois fois, le temps d’aplanir les dernières difficultés.

Jean-Michel Wilmotte, lui, a compris le message. « Il s’agit, insiste l’architecte, d’une église orthodoxe à Paris et non pas à Saint-Pétersbourg. On a voulu la “parisianiser”. » On y retrouve, dans d’inattendus plissements, la pierre Massangis de Bourgogne, celle utilisée pour le Trocadéro ou le socle de la tour Eiffel. M. Wilmotte parle d’un « bâtiment monolithique et très calme » qui fait référence à l’austère cathédrale de la Dormition, chef-d’œuvre de la période moscovite primitive. Celle où, traditionnellement, on couronnait les tsars. Côté russe comme français, on salue « une solution de sagesse qui satisfait tout le monde ».

Demande d’arrêt des travaux

La saga de la cathédrale du quai Branly peut donc s’achever dans l’harmonie ? Pas tout à fait. Une autre hypothèque, judiciaire celle-là, plane encore sur le projet. En juin 2015, le terrain a été « gelé » par la justice française dans le cadre des suites de l’affaire Ioukos, du nom du géant pétrolier russe démantelé après l’envoi en prison de son dirigeant Mikhaïl Khodorkovski. Dans ce dossier, la Russie a été condamnée par la Cour d’arbitrage de La Haye à verser 45 milliards d’euros aux anciens actionnaires majoritaires du groupe. Devant le refus de Moscou de payer, ils ont obtenu le gel d’avoirs russes dans plusieurs pays.

Les actionnaires de Ioukos demandent désormais que les travaux de construction soient stoppés. Une audience doit se tenir devant le juge d’exécution de Paris, le 17 mars. Pas de quoi affoler la partie russe. Le terrain du quai Branly doit aussi abriter les services culturels de l’ambassade. Et serait donc couvert par l’immunité diplomatique.

Benoît Vitkine - Journaliste au Monde et Jean-Jacques Larrochelle - Journaliste au "Monde"

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19 mars 2016

Cathédrale Orthodoxe à Paris

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Multiplast pose le gros bulbe de la cathédrale russe

La cathédrale orthodoxe de Paris a reçu samedi le premier des cinq dômes dorés à l’or fin et construits par le chantier Multiplast. Les salariés vannetais ont participé au montage.

L’histoire

C’est une belle vitrine du savoir-faire de l’entreprise Multiplast qui a été mise en place samedi, sur les rives de la Seine, à Paris. La cathédrale orthodoxe russe qui est en cours de construction sur le quai Branly, non loin de la Tour Eiffel, a reçu le premier des cinq bulbes dorés à l’or fin que réalise le chantier naval vannetais. Pas moins d’une trentaine de salariés avec leurs familles ont fait le déplacement pour un aller-retour express en car dans la journée, autour de leur directeur Yann Penfornis. Le grand dôme, haut de 12 m, d’un diamètre de 11 m et d’un poids de 9 tonnes, était déjà arrivé à Paris depuis deux semaines à bord d’un convoi exceptionnel. Sa réalisation, qui a commencé voici un an, a demandé 40 000 heures de travail« Samedi, il s’agissait de le poser à une hauteur de 37 m, à l’aide d’une grue, sur le sommet de la cathédrale et d’y fixer la croix qui a été construite en Russie. Tout s’est bien passé , se réjouit Yann Penfornis.Tant sa fabrication que son montage n’ont pas été compliqués à réaliser. La nouveauté par rapport aux travaux que nous effectuons dans les domaines nautiques et aéronautiques, ce sont les règles de sécurité qui nous ont été imposées. »

La perspective d’autres chantiers

Les deux derniers des quatre bulbes plus petits qui entoureront le plus grand, sont en cours de finition à Vannes, alors que les deux autres sont déjà achevés depuis le début de l’année. Pas moins de 90 000 feuilles d’or fin ont été nécessaires pour recouvrir les cinq ouvrages sur une surface totale de 600 m2 . Sous le précieux métal, c’est en fait un assemblage de pétales boulonnés qui a été réalisé avec de la fibre de verre associée à de la résine d’époxy, comme pour la fabrication d’un bateau de course. Les quatre bulbes devraient rejoindre Paris dans les prochaines semaines pour être posés à leur tour sur cette cathédrale de La Sainte-Trinité. Son inauguration devrait avoir lieu à l’automne, en présence de Vladimir Poutine, président de la Russie. Le travail qu’achève actuellement le chantier Multiplast pourrait déboucher sur d’autres contrats.« Nous sommes actuellement en discussion avec le groupe Bouygues et l’architecte Jean-Michel Wilmotte, qui ont réalisé cette cathédrale, pour mener d’autres opérations avec eux », assure Yann Penfornis. De nouvelles commandes en perspective pour l’entreprise vannetaise qui continue actuellement d’embaucher, alors qu’elle a atteint aujourd’hui 104 salariés. Article de Patrick CERTAIN.

6 février 2016

Entre érotisme et bestialité, ces temples millénaires reflètent les mœurs passées d’une Inde aujourd’hui pudique

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 L’Inde, le berceau du Kamasutra, est un pays extrêmement pudique. Pourtant, il convient de rappeler qu’il fut un temps où le plaisir charnel n’était pas la bête noire du savoir-vivre et de la religion pour les Indiens. Et l’art érotique lève très certainement plus de sourcils aujourd’hui qu’à l’époque où il a été créé. SooCurious vous présente quelques vestiges de cette période où l’on célébrait la sexualité.

En Inde, la sexualité est un tabou qui n’est pas sans conséquences sur le vivre ensemble. En décembre 2013, la Cour suprême du pays a statué l’homosexualité comme une « offense criminelle ». Plus tard, en août 2015, le gouvernement a imposé la suppression de 800 sites pornographiques.

Sous l’influence du puritanisme de différents groupes, dont les dynasties islamiques et les suzerains britanniques, il va sans dire que le pays est devenu de plus en plus conservateur.

Néanmoins, les normes sexuelles du pays n’ont pas toujours été si restreintes. Avant le XIIIe siècle après J.-C., elles étaient même très libérales, au point que la sexualité faisait partie de l’éducation officielle. Le légendaire Kamasutra, premier et plus complet des traités sur la sexualité, a été écrit aux alentours du Ve siècle après J.-C.

Et la tradition érotique de cette période révolue a laissé quelques traces. Les temples hindous situés au Khajuraho, dans l’État central indien de Madhya Pradesh, illustrent parfaitement le rapport que l’ancienne Inde entretenait avec la sexualité.

Ces temples ont été construits par la dynastie Chandela entre 950 et 1050 après J.-C., et ont été classés au patrimoine mondial de l’UNESCO en 1986. Sur 85 des temples construits, seulement 22 ont résisté aux siècles.

Ces édifices sont connus pour leurs statues érotiques décomplexées. Elles représentent des scènes de sexe aux positions inimaginables et des orgies d’une bestialité assumée.

Beaucoup de théories ont été émises sur ces statues. L’une d’entre elles est que les rois Chandela suivaient les principes du tantrisme, qui dicte l’équilibre entre les forces de l’homme et de la femme.  Les rois auraient promu leur foi dans les temples qu’ils ont créés.

D’autres théories concernent le rôle des temples eux-mêmes pendant cette période. Selon les guides, ils étaient considérés comme des lieux d’apprentissage autant que des lieux de culte. On y apprenait les arts raffinés, dont celui de faire l’amour. Certains pensent que la représentation d’activités sexuelles dans les temples était considérée comme un bon présage, car cela renvoie au recommencement et à la nouvelle vie.

Plus largement, l’hindouisme a traditionnellement considéré la sexualité comme une partie essentielle de la vie. Cela pourrait expliquer que ses représentations soient aux côtés de scènes très variées comme celles de guerre ou de prière. Le fait est que ces statues érotiques sont mises en avant plutôt que d’être cachées dans des coins sombres. Ce qui semble suggérer que leurs créateurs les voulaient vus de tous.

Ces temples luxurieux ont réussi à échapper aux indignations morales des forces de l’ordre indiennes, qui ont déjà interdit ou détruit plusieurs objets culturels, tels que des livres de Salman Rushdie ou des tableaux de M.F. Husain. On accorde leur conservation à l’isolation des temples pendant des centaines d’années dans une région autrefois recouverte d’épaisses forêts.

Ces statues sont révélatrices de l’évolution des moeurs. Là où la sexualité était considérée comme une partie intégrante du quotidien, elle est aujourd’hui cachée et parfois réprimée. La culture indienne s’est complètement renversée. Si l’Inde traditionnelle vous intéresse, partez à la rencontre des dernières femmes de la tribu Apatani qui arborent fièrement leurs traditions ancestrales.

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6 février 2016

Journée sans téléphone mobile : et si on décrochait ?

Le 6 février se veut une journée pour prendre du recul sur nos pratiques numériques. Pour l’expert en comportement Thierry Le Fur, il est indispensable de trouver « les conditions d’un usage adapté ».

Une journée sans téléphone mobile ? Depuis 2001, Phil Marso, instigateur de la journée mondiale sans téléphone mobile, enjoint à réfléchir sur le « mobilou » chaque 6 février, le jour de la saint Gaston – et sans déplaire à Nino Ferrer et à son « téléphon qui son’Et y’a jamais person’qui y répond ». Autant demander l’impensable et tenir à l’impossible une majorité de détenteurs de ce doudou connecté, que 60 % des Français consultent dans la première heure suivant leur réveil et que 30 % dégainent entre dix à vingt-cinq fois par jour, et 13 % cinquante fois et plus. En considérant que les enfants sont, dès l’âge de 2 ans, derrière les écrans, « nous serons en moyenne connectés plus de 100 000 heures, à l’échelle d’une vie, comptabilise Thierry Le Fur. Un cadre always on le sera 250 000 heures ». Cet expert en comportements numériques et addictifs considère qu’il est indispensable de « trouver l’homo équilibrus qui sommeille en nous (…) et d’identifier les conditions d’un usage adapté ». Entretien avec Thierry le Fur, auteur de Pouce ! Mieux vivre avec le numérique (Ed. Docis, 2014).

A quoi reconnaît-on une addiction numérique ?

Une conduite addictive relève d’une « envie répétée et irrépressible, en dépit de la motivation et des efforts du sujet pour s’y soustraire », selon le docteur Goodman. Etre accroché à son smartphone comme le fumeur à son paquet de cigarettes, stressé à l’idée d’être hors zone, s’isoler derrière son écran à n’en plus déjeuner avec ses collègues ou jouer en oubliant l’ami présent, sont des signes qui ne trompent pas.

Comment différencier technodépendance et comportement addictif ?

La première relève plus d’un processus d’usage chronique et le second d’une souffrance ou pathologie, mais les frontières s’avèrent perméables. La technodépendance est liée à une astreinte numérique acceptée ou imposée. Il faut être notamment attentif aux signaux d’alarme tels que lire ses textos au volant ou relever ses messages en faisant l’amour – selon les pays, cela concerne plus de 10 % des couples ! Un comportement addictif, lui, est davantage lié à une seule pratique numérique obnubilante – un jeu ou le cybersexe par exemple – qui devient pathologique malgré les conséquences néfastes.

Pourquoi ce « besoin » d’omniprésence virtuelle ?

Dès notre naissance, nous sommes dépendants à l’information. Elle est vitale et doit être instantanée : « Où se trouve la personne qui me nourrit ? » et, en cas de peur, « où est celle qui me protège ? » L’humain est un être social : le psychiatre Patrick Lemoine observe qu’un poussin est terrorisé s’il n’entend plus ses congénères. Ainsi, sur Twitter, les adolescents « gazouillent-ils » des « Ça va ? Oui moi ça va, et toi ? Moi ça va »… ad libitum ! La nomophobie (peur excessive d’être séparé de son smartphone) peut s’emparer de son propriétaire. Et même virer au FOMO (Fear Of Missing Out), cette peur constante de manquer une nouvelle importante et de ne pas pouvoir interagir.

Le travail contribue-t-il à développer cette dimension addictive ?

Voir et… être vu ! Il est vital de montrer que l’on existe. Et, pour cela, il faut être informé. Dans le monde du travail, ce besoin psychologique est doublé d’une obligation, car on est rémunéré pour savoir, parfois en croyant devoir tout savoir. Il peut être triplé par la compétition en vue de garder son emploi ou d’obtenir une promotion. Les objets, smartphones ou tablettes, sont de plus en plus attractifs : ils captivent, captent puis… capturent. L’environnement de travail 3.0 est sans limite, si un minima de droit à la déconnexion n’est pas clairement instauré. Avant le numérique, le workaholisme (addiction au travail) était limité : on ne pouvait ni joindre ni être joint par ses collègues 24 heures sur 24. Aujourd’hui, c’est possible. Récemment, une responsable informatique me disait : « J’adore les vols long courrier, car c’est le dernier endroit où je suis injoignable pendant dix heures. » L’addictivité est multidimensionnelle. Abus numériques, travail excessif, stress chronique ou addiction : quand on dépasse les limites, chaque élément entraîne les autres.

Quels sont les effets pervers de l’hyperconnexion ?

Le numérique supprime les limites d’horaires, affecte la qualité de vie au travail et accentue le surengagement. Pour faire un parallèle, trois risques-clés se développent : le manque de sommeil, le statisme (ne plus bouger de son écran) et l’hyperexcitation mentale. Pour le seul manque de sommeil, les risques sont multiples : l’épuisement, le stress chronique et/ou la dépression peuvent conduire au burn-out. Physiquement, le risque d’accident vasculaire cérébral quadruple et les variations de poids s’accentuent.

Peut-on sortir de l’excès numérique ?

Habitudes excessives, technodépendance ou addiction… il est toujours possible de se sortir de la spirale des conduites chroniques ou addictives. Plus ou moins facilement. Si le temps d’usage numérique personnel est compris entre trois et cinq heures, un risque addictif existe. Au-delà de cinq heures, cette activité, si elle n’a rien de ponctuelle, ne peut se faire qu’au détriment de sa vie sociale réelle, de ses temps de sommeil ou de travail. Si vous êtes dans le rouge, inversez le curseur en appelant vos proches, en programmant des sorties… pour du plaisir en vrai ! L’addictif qui souffre doit consulter un thérapeute : plutôt prévenir le burn-out numérique avant qu’il ne survienne. Si l’excès (ou sa conséquence) est identifié, il faut le mesurer : de l’addiction au smartphone au stress numérique, des autotests de plus en plus fiables existent permettant de définir les « soins » appropriés. Article de Marlène Duretz - Journaliste au Monde

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Hyperconnexion écranique. Selon une étude réalisée dans 30 pays et auprès de 120 000 personnes par le cabinet Millward Brown, nos yeux sont (sur)exposés aux écrans près de sept heures par jour dont deux heures et vingt-sept minutes en moyenne derrière celui du smartphone et une heure et quarante-huit minutes sur l’ordinateur portable. En France, cette durée d’exposition friserait les cinq heures et trente minutes quotidiennes.

Toutes ondes dehors. Aucun risque que la population de Green Bank, en Virginie occidentale (Etats-Unis), entretienne le même rapport compulsif. Le four à micro-ondes comme le smartphone y sont interdits de séjour car les émetteurs d’ondes viendraient à perturber les travaux du National Radio Astronomie Observatory, le plus grand radiotélescope mobile au monde.

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4 février 2016

Exposition de la photographe Bettina Rheims à la MEP

Rétrospective du 28 janvier au 27 mars 2016, à la Maison européenne de la photographie. 45 années d’images et d’émotions.

Quelque 200 images réparties dans les 3 étages de la MEP, nous promènent à travers 45 ans de production de la femme photographe Bettina Rheims, de ses toutes premières images à ses travaux personnels les plus récents. Vous y verrez en bonne place ses grandes séries, comme les célèbres photos qui ont bâti pas à pas sa réputation, mais aussi d’autres plus confidentielles voire certaines jamais encore exposées en France.

Présentation de l’artiste

Bettina Rheims, qui a appris le métier avec le sulfureux photographe australien d’origine allemande Helmut Newton, a immédiatement posé au centre de son travail et comme sujet de prédilection la femme dans tous ses états, et le trouble, de ses modèles comme de ceux qui les regardent.

En 1982, elle travaillera sur sa série Animal, d’animaux naturalisés et sans vie, dont elle s’efforce avec acharnement de capter l’ultime expression...

En 1989, elle publie Female Trouble, qui rassemble des portraits de femmes, célèbres ou anonymes, réalisés au cours des années 1980.

Le genre, l’androgynie et la transsexualité deviendront pour elle des sujets à part entière avec ses autres séries Modern Lovers (1989-1990), Les Espionnes (1992) et Kim (1994).

Avec sa première série en couleur Chambre close (1990-1992), cette femme photographe travaille sur la proximité des corps avec des modèles non professionnelles.

Parodiant les premières photos pornographiques, et, donnant vie à la chair, elle est alors en partance pour la découverte d’une "féminité primitive", source inépuisable des troubles, des pulsions et des refoulements. Elle se demandera à l’époque si ce n’était pas aller trop au bout de l’impudeur (entretien avec A. Trapenard).

En 1995, elle suivra en reporter la fin de la campagne de Jacques Chirac, dont elle fera même plus tard le portrait officiel.

Dans I.N.R.I., qu’elle publie en 1999 avec Serge Bramly, ils tentent ensemble, elle par l’image lui par le texte, de transposer la venue d’un Christ contemporain, à l’heure de l’imagerie parfaite qu’exigent la publicité, la mode, et nos technologies les plus modernes.

2002 sera l’irruption dans l’univers de Bettina Rheims de la ville de Shanghai "entre tradition et poursuite effrénée à la modernité", une Chine à la fois officielle, terreau et partie prenante de si nombreuses avant-gardes.

Puis viendront Héroïnes (2005) et Rose, c’est Paris (2010).

Bettina Rheims, femme et photographe française de renommée internationale dont les œuvres ont souvent été exposées et publiées en Allemagne, a également effectué des travaux de commande dans le monde des grandes marques de la mode (Chanel, Lancôme, Well), et dans celui de la publicité.

Elle a réalisé un grand nombre de portraits de femmes célèbres, souvent pour des magazines internationaux (Monica Bellucci, Barbara, Madonna, Catherine Deneuve, Charlotte Rampling, Carole Bouquet, Marianne Faithfull, Claudia Schiffer, Asia Argento, Kylie Minogue...).

Elle a remporté en 1994 le grand prix de la photographie de la Ville de Paris.

Rétrospective Bettina Rheims à la MEP

Au gré de votre déambulation, sans que l’ordonnancement ne soit ni thématique ni chronologique, vous suivrez ses variations sensibles centrées sur la féminité dans tous ses états, qu’elle ait été surprise, interrogée, glorifiée, mais toujours en connivence. Des effets de surprise et des rapprochement pétillants ont été glissés dans le parcours, préparés comme de subtils pièges, ou des coquetteries d’auteur. Cette photographe n’a pas toujours eu la vie facile ! Elle fut taxée de traitresse au féminisme sous le prétexte qu’elle avait appris avec Helmut Newton et attaquée en justice par le FN et les catholiques intégristes pour sa ré-interprétation des Évangiles dans I.N.R.I.. Aujourd’hui, au micro d’Augustin Trapenard, elle constate avec effroi l’effritement progressif depuis les années 1980 des notions de plaisir et de liberté. Mais elle persiste dans le refus absolu de l’autocensure comme dans sa recherche d’équilibriste entre les timidités et les exhibitionnismes de ses modèles, comme si la quête de ces troubles lui servait de Graal.

La première salle de l’exposition, en toute civilité, présente cette étrange assemblée que forment les personnages de l’œuvre de Bettina Rheims. Face-à-face grandeur nature avec les premiers tirages, monumentaux et parfois assez intimidants. Il instille chez le visiteur des troubles de tous ordres ou désordres. Codes de la féminité, identité, genre, le regard de l’artiste embrasse les transgressions, transgresse les conventions et découvre des intimités ambivalentes, à la fois génériques et profondes. Où vous situez-vous dans cette galerie de portraits ? Vous êtes-vous enfin retrouvé.e ? Ça viendra très certainement. Malmener les codes du nu photographique. Rechercher la beauté mais lui faire céder place face à la féminité. Les modèles de Bettina Rheims, toutes fragiles et dénudées qu’elles soient, nous touchent et nous intimident.

Bien sûr, elle ne pouvait pratiquer l’évitement sur la question du genre (bien que difficilement montrable en France), qu’elle scrute à sa manière, provocante, impudique mais sensible, dans sa série devenue classique Modern Lovers (1990), ou avec sa plus récente Gender Studies (2011) ou ses Espionnes (1992). Une de ses secrets de fabrication tient aussi, malgré des préparatifs à la prise de vue en général très longs et élaborés, à savoir se saisir du moment de dérapage, de la chute du voile protecteur, de l’instant magique où le modèle trébuche et donne le plus à voir sa force et ses fêlures. La mise à nu des corps est le principe incontournable, forcément initial, mais aussi celle des sentiments qu’éprouvent ces êtres révélés dans un entre-deux par nature équivoque. Cette attraction si particulière, ce jeu perméable des contraires, transparaissent aussi dans la série Shanghai (2002). Surprenant des situations inattendues, Bettina Rheims montre des femmes chinoises écartelées entre leur culture et une idée diablement fantasmée de la modernité .

L’artiste a su faire entrer sa galerie de portraits si personnels dans notre imaginaire. Anonymes (détenues, prostituées de Pigalle), ou femmes célèbres (dont Kristin Scott Thomas, Monica Bellucci, Charlotte Rampling, Sophie Marceau, Madonna, Claudia Schiffer) sont capturées avec bienveillance, stars des années 2000 comme détenues des prisons françaises, sa toute dernière série. Bettina Rheims, faiseuse d’images, respectueuse d’une longue et classique tradition picturale, travaille à l’évidence, avec une exigence rare, la composition et la narration figurative de ces photographies, qu’il s’agisse du Christ dans la série I.N.R.I. (2000) ou de ces Héroïnes (2005), "mystérieuses allégories de la mélancolie, série qui marque, pour elle, un retour à la tradition de la chambre photographique". Article de André Balbo

L’exposition est coproduite avec le Fotografiska de Stockholm.

Bettina Rheims, du 28 janvier au 27 mars 2016, à la Maison européenne de la photographie, 5 / 7 rue de Fourcy 75004 Paris, 01 44 78 75 00, www.mep-fr.org, Métro Pont Marie ou Saint-Paul. Ouvert du mercredi au dimanche de 11 à 20h. Fermé lundi, mardi, et jours fériés. 8 ou 4,5€. Entrée gratuite le mercredi de 17 à 20h.

Et, à la MEP, du 3 février au 27 mars, voir aussi les expositions : Renaud Monfourny (Sui Generis) ; Tony Hage (Pris sur le vif) ; Lendemain Chagrin (4 photographes).

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21 janvier 2016

Ai Weiwei au Bon Marché jusqu'au 20 février...

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Des créations de l'artiste engagé chinois Ai Weiwei, dont des cerfs-volants, sont exposées pour la première fois en France, au Bon Marché à Paris,  jusqu’au 20 février, annonce le grand magasin de la rive gauche sur son site internet. Pour cette exposition baptisée «Er Xi» («Air de jeux»), Ai Weiwei a investi les lieux avec plusieurs installations monumentales autour du thème de l'enfance (structures en bambou, dragons en trois dimensions ou cerfs-volants).

«Exposer au Bon Marché, c'est utiliser un nouveau médium, un grand magasin, pour rencontrer un nouveau public, aussi large que celui d'un musée, mais qui, en principe, ne vient pas pour voir de l'art», a expliqué l'artiste, qui réside à Berlin. «Cette expérience me permet de concevoir une exposition d'une autre manière, avec des contraintes différentes de celles d'un musée ou d'une galerie», a ajouté l'artiste qui fut longtemps la bête noire du régime de Pékin.

2 octobre 2016

La nuit dernière c'était LA NUIT BLANCHE à Paris - Pierre Delavie sur la façade de la Conciergerie

Il faut imaginer Poliphile, le héros romantique de cette Nuit Blanche, chercher vers l’île de la Cité Polia, la nymphe qui l’obsède et qu’il rêve de saisir. Brutalement, saisi, il s’immobilise. Ni lui ni les spectateurs qui longent le Palais de justice n'ont pourtant d’hallucination : c’est bien l’œuvre de Pierre Delavie, plasticien farceur aimant valoriser les trompe-l’œil, qui transforme le paysage. Déjà remarqué pour avoir déformé des immeubles ou le Grand Palais à Paris et détourné la Canebière à Marseille, Delavie s'attaque à la façade de la Conciergerie, chef-d’œuvre gothique du XIIIe siècle.

Le bâtiment semble avoir été mis sans dessus dessous, comme si les tours taillées dans la pierre et l’eau fraîche de la Seine se confondaient étrangement. Un clin d’œil à la crue qui a frappé Paris à la fin du mois de mai autant que la mise en scène d’une chimère, ce mal qui frappe si souvent les amoureux. L’ensemble, déstabilisant et envoûtant, est également visible depuis le quai de la Mégisserie, qui borde la place du Châtelet.

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30 septembre 2016

PARIS : La cathédrale orthodoxe va se faire désirer

Quai Branly (VIIe). Tout est prêt pour l’inauguration du centre cultuel et culturel orthodoxe. Tout, excepté la décoration intérieure de l’édifice. Selon Jean-Michel Wilmotte, l’architecte, il faudra encore plusieurs mois de travail. De l’extérieur, l’édifice se laisse admirer. Mais à l’intérieur, les murs sont vierges de tous décors traditionnels.

Le centre cultuel et culturel orthodoxe est fini. Une visite de presse est même organisée ce matin, quai Branly (VII  e). Seule la cathédrale, le cœur même du site, nouveau monument dans le paysage de Paris avec ses cinq bulbes, va encore se faire attendre. Et cela, même si l’extérieur se laisse déjà admirer, avec ses larges portes de chêne dont chacun des deux ventaux pèse 400 kg. Les Parisiens qui circulent s’arrêtent. Et se laissent surprendre…

« Regardez comme les quatre bâtiments s’intègrent au quartier. Rien n’a été laissé au hasard. La cathédrale est dans l’axe même du palais de l’Alma que l’on redécouvre », se réjouit Jean-Michel Wilmotte, l’architecte des lieux. Il fait ses dernières visites accompagné des techniciens de Bouygues Construction. La librairie du centre culturel s’ouvrira directement sur le quai Branly. A l’étage, une cafétéria permettra d’avoir une vue sur les bulbes. Elle sera aussi aux premières loges quand les dix cloches en alliage de bronze et d’argent sonneront.

En Russie, les artisans ont encore deux ans de travail

Dans le centre cultuel, l’auditorium de 200 places est un exploit architectural. « Il n’y a aucun pilier dans le foyer. L’ensemble de la structure des gradins est suspendu au plafond », précise un ingénieur. Enfin, l’école, franco-russe n’attend plus que ses 150 élèves de primaire.

« Toutes les façades donnent sur l’avenue Rapp. C’est la continuité de la ville », insiste Jean-Michel Wilmotte qui admire les façades de pierre de Bourgogne rythmées par le verre sur laquelle la lumière joue tout au long de la journée.

Tout est prêt… Sauf la décoration intérieure de la cathédrale. « L’enduit a été spécialement importé de Russie. Il a fallu mettre entre 9 et 13 couches, avec parfois 28 jours de séchage… un exploit », estime un technicien. Sur les 24 m de hauteur, les reliefs ont été savamment préservés afin de donner l’impression du temps. Mais c’est en Russie, maintenant, que les artisans travaillent aux 3 000 m  2 de fresques et de mosaïques. Il faudra encore deux ans de patience pour que tout soit ici achevé. Les ouvertures latérales devraient sublimer le tout. L’acoustique est parfaite. Si l’inauguration officielle a lieu le 19 octobre, il faudra être patient pour admirer les décors traditionnels.

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12 février 2016

Avis de Tempête de la Bretagne au Val de Loire

Du samedi 13 février à 06h00 au samedi 13 février à 18h00.

Situation :

Une nouvelle dépression se creuse rapidement sur le proche atlantique. Elle va générer une situation de tempête ce samedi sur les côtes de l'Atlantique mais aussi dans les terres depuis le Finistère jusqu'à la Charente-Maritime. Plus à l'est, il s'agira d'un fort coup de vent entre le Maine, le Poitou et la région Centre.

Observation :

La tempête est en formation sur l'Atlantique. L'évènement n'a pas débuté.

Evolution :

Dès la matinée de samedi, les régions les plus exposées à cette tempête sont les départements littoraux situés au nord du Golfe de Gascogne. Du Finistère à la Charente-Maritime, des rafales comprises entre 110 et 130 km/h toucheront le littoral avec localement 140 km/h sur les caps les plus exposés au vent d'ouest.

A partir de 10h, des rafales allant jusqu'à 90 à 100 km/h se produiront dans les terres sur les départements placés en niveau jaune avec localement 110 km/h possibles sur les collines.

Dans l'après-midi, les vents faibliront nettement sur les régions proches de l'Atlantique tandis que les vents forts gagneront la Bourgogne et la Franche-Comté avec des rafales de 80 à 100 km/h.

Concernant la houle, des hauteurs de vagues de 6 à 8 m sont attendues sur tout l'arc atlantique. La plus grande prudence est recommandée au moments des pleines mers, en raison de la conjonction d'une forte houle, de vents violents et de coefficients de marée encore élevés (94 le matin et 88 l'après-midi).

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17 mars 2019

Sexualité : les enjeux de la première fois

Par Maïa Mazaurette - Le Monde

Cette étape est tout sauf un simple brouillon. Or sous prétexte de protéger les ados, nous leur savonnons la pente, explique la chroniqueuse de « La Matinale » Maïa Mazaurette.

LE SEXE SELON MAÏA

Depuis deux ans, les chiffres sur la consommation de pornographie des jeunes ont suscité toutes sortes d’angoisses – justifiées. On s’inquiète de l’influence du X lors des premiers émois, des attentes irréalistes, des déconvenues qui adviendront : la pornographie prépare mal à la « vraie » sexualité. Mais au-delà du porno, est-il possible d’être prêt lors de sa première expérience sexuelle ?

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Selon les sociologues Didier Le Gall et Charlotte Le Van, cette étape reste émotionnellement très investie, pour les filles comme pour les garçons. Elle marque l’entrée dans l’âge adulte. Le scénario idéal implique de « faire coïncider expérience amoureuse et expérience sexuelle… ce premier rapport n’est pas appréhendé comme un “aboutissement”, mais comme un “moment” particulier d’une histoire à deux. Aussi ne fait-il sens que s’il donne un devenir à la relation ». Dans l’ordre attendu des choses, les filles sont censées « être prêtes », tandis que les garçons doivent « assurer ».

Cela signifie en creux que les garçons disposent rarement de l’opportunité de se demander s’ils sont prêts. On estime qu’ils voudront se débarrasser de leur pucelage au plus vite, comme d’un fardeau embarrassant. La question devient logistique : non pas « est-ce que je veux », mais « est-ce que je peux ». Quant aux filles, elles font face à une équation étrange : faut-il attendre d’être prête, ou faire en sorte de l’être ? Et comment se préparer à un acte qui reste tabou ?

Leurs incompétences sont les nôtres

Même flou du côté de l’injonction à « assurer » : de quoi parle-t-on ? Assurer, c’est surtout se rassurer, c’est-à-dire ne pas perdre son érection au moment-clef. La performance attendue des garçons, et portée par la pression des pairs, est présentée comme une simple prouesse technique (soit la voie royale vers la débandade, quand on sait à quel point les érections sont émotionnelles). En plus, grâce à ce merveilleux sens des priorités, on peut « assurer » en faisant mal. Sur ce point, on aurait tort de blâmer les adolescents. Nous persistons en effet à leur enseigner que le premier rapport sera forcément douloureux : leurs incompétences sont les nôtres (sauf problème médical, si ça fait vraiment mal, c’est qu’on s’y prend mal).

Parlons donc de compétence. Outre-Manche, une équipe de chercheuses a opté pour une approche pragmatique de la question (London School of Hygiene and Tropical Medicine, 2019). Elles ont évalué la compétence sexuelle des adolescents lors de leur entrée dans la phase relationnelle de leur sexualité. Cette compétence combine quatre facteurs : compréhension du consentement, capacité décisionnelle (était-on ivre ?, sous pression des copains ?, fou amoureux ?), contraception, ressenti (se sent-on prêt/e ?).

Etonnant ? De fait, ce barème démontre un niveau d’exigence élevé : passer le test requiert des connaissances à la fois physiologiques (pas question de compter sur un quelconque instinct naturel) et éthiques (pas question d’improviser, pas question de se raccrocher à l’idée que « ça passe ou ça casse »).

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Revenons donc à nos doctoresses anglaises, qui ont appliqué leur barème à 3 000 jeunes hétérosexuels de 17 à 24 ans. Le résultat est sans appel : 44 % des garçons et 52 % des filles n’étaient pas compétents lors de leur premier rapport. Sans surprise, les filles de moins de 14 ans (au moment de leur première fois donc) constituent la catégorie la plus vulnérable : 30 % avaient moins envie que le garçon, 70 % estiment que ce n’était pas le bon moment, 30 % n’étaient pas en état de prendre cette décision (les filles de 15 ans font à peine de meilleurs scores). Quant aux garçons de moins de 14 ans, ils sont ceux qui se protègent le moins.

Il ne s’agit pas uniquement d’un jugement « autorisé » par des adultes ou des experts. 40 % des jeunes femmes, et un quart des jeunes hommes, auraient préféré attendre ! Sur le total de la cohorte, la seule bonne nouvelle est que neuf jeunes sur dix se protègent.

Un arrière-goût d’impuissance

Ces chiffres très médiocres nous laissent un arrière-goût d’impuissance : comment demander à des adolescents d’attendre, dans leur propre intérêt, sans passer pour les censeurs de service ? Comment appeler à la patience quand l’âge du consentement et celui du premier rapport établissent une norme qu’il convient au pire de respecter, au mieux de devancer ?

Car les adolescents sont piégés dans un double discours : en couchant trop tôt, ils prennent le risque de gâcher par leur immaturité la supposée magie du moment… mais en couchant trop tard, ils ont peur d’être moqués ou de rater le coche. Sur ce point spécifique, on peut les rassurer : parmi les jeunes encore vierges à 18 ans, les sept huitièmes environ ne le seront plus à 28 ans (Archives of Sexual behavior, 2014). Les virginités au long cours peuvent être subies (peur de décevoir, doutes sur son inaptitude ou sur ses exigences) ou choisies, pour des motifs religieux notamment. Et si l’on peut se permettre de dédramatiser : au Japon, 43 % des jeunes de 18-35 ans sont vierges.

Mais revenons à nos moutons made in France : comment faire « monter en compétence » nos adolescents ? Répondons avec la question qui fâche… en a-t-on envie ? Hors cadre familial, hors tabous, sur la planète Mars, évidemment ! Bien sûr ! Quel monstre venu tout droit de l’époque victorienne ne souhaiterait pas engager les jeunes générations sur un sentier de pétales de roses érotiques, direction le septième ciel ?

Sauf que dans le monde réel, bof. Nous considérons que cette étape n’est pas notre problème. Nous nous contentons parfaitement d’un premier rapport brouillon – tant que le sexe ne tourne pas au désastre absolu, nous considérons que nous avons fait notre boulot. Je me permets d’aller plus loin : nous ne voulons pas aider, nous ne voulons pas simplifier ce passage dans le monde de la sexualité. Car dans le domaine sexuel, le paternalisme n’est pas franchement bienveillant. Nous adorons nous moquer des adolescents, de leur prétendue obsession, de leurs idées reçues, de leurs maladresses. On trouve leurs expérimentations touchantes, leurs fiascos hilarants : une nostalgie moelleuse teintée de revanche grise. De fait, leurs complications présentes nous permettent de faire la paix avec notre passé – ou avec nos insatisfactions du moment. Si la sexualité est bancale quand on est dans la fleur de l’âge, c’est que la sexualité est toujours bancale… non ? (Non.)

Ajustons nos pudeurs

Cette réticence à aider possède des racines profondes. Premièrement, nous sommes allergiques à l’idée d’une compétence sexuelle : pour s’en convaincre, il suffit d’observer nos incessantes tergiversations lorsqu’il s’agit de définir le « bon coup » (sujet auquel nous avions consacré une chronique). On ne veut pas qu’il y ait de barème, parce que nous risquerions d’échouer. (Voyons plutôt le verre à moitié plein : s’il y avait un barème, nous pourrions le passer, et nous transmettre les informations pour le passer.)

Deuxièmement, les adolescents ne sont pas prêts parce que nous, adultes, ne sommes pas prêts non plus. Comment pourraient-ils se découvrir par étapes, sortir d’une vision dogmatique de la virginité (voir notre chronique), sans disposer ni d’espace physique, ni de temps ? Une exploration responsable demande une certaine logistique : des opportunités qui ne soient pas exceptionnelles (en autorisant une relation suivie, en n’espionnant pas, en n’ouvrant pas les portes fermées), un minimum de confort, des parents qui évitent d’interrompre les ébats ou qui se passent de plaisanteries graveleuses. Sous couvert de protéger nos ados, nous leur savonnons la pente.

Et pourtant. Les enjeux valent bien quelques ajustements de nos pudeurs intergénérationnelles… car cette étape est tout, sauf un simple brouillon. Une étude américaine de 2013 montre ainsi qu’une première expérience heureuse est corrélée à une meilleure satisfaction et une meilleure estime de soi, même plusieurs années plus tard. Et ça se comprend. Que l’on parle d’amour, de respect ou de confiance, un « bon » premier rapport place les standards relationnels à leur juste place : élevée, très élevée.

1 mars 2019

Paris préfère maintenir son « profil bas » sur la crise algérienne

Par Marc Semo

Pour l’Elysée, qui ne veut pas froisser le pouvoir algérien, la situation fait l’objet d’une « politique d’observation active ».

Il y a en diplomatie différentes formes de silence. Très prudentes, plutôt embarrassées et inquiètes face à de possibles violences des forces de l’ordre ou des manifestants qui depuis plusieurs jours défilent dans toute l’Algérie contre un cinquième mandat du président Bouteflika, les autorités françaises font profil bas.

« On sait que tout ce que l’on dit sera scruté à la loupe et surinterprété », reconnaît un haut diplomate français tout aussi conscient des défis de cette crise que de l’ampleur des contentieux, y compris mémoriels, entre la France et son ex-colonie. Ce mutisme au plus haut niveau n’empêche pas Paris de lancer des signaux explicites sur le fait que la situation algérienne est suivie « de très près ».

Le président Emmanuel Macron a parlé longuement au téléphone avec l’ambassadeur de France à Alger Xavier Driencourt, venu à Paris mercredi 27 février pour s’entretenir avec le chef de la diplomatie française, Jean-Yves Le Drian, qui a fait part de sa « grande vigilance ». La situation algérienne a été évoquée le même jour au conseil des ministres.

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« C’est au peuple algérien et à lui seul qu’il revient de choisir ses dirigeants, de décider de son avenir, et cela dans la paix et la sécurité », a déclaré le porte-parole du gouvernement, Benjamin Griveaux, faisant le « vœu » que l’élection présidentielle du 18 avril réponde « aux aspirations profondes » de la population algérienne.

« Ni ingérence, ni indifférence »

« Partout ailleurs ou presque ce serait une lapalissade que d’affirmer que c’est au peuple de choisir librement ses dirigeants dans des élections. Mais aux yeux d’un pouvoir algérien traditionnellement très susceptible voire paranoïaque une telle déclaration signifie prendre le parti de la rue », relève une spécialiste de la politique maghrébine.

Le porte-parole du gouvernement était-il conscient de la portée de tels propos, en théorie soigneusement pesés ? « Nous sommes sur une étroite ligne de crête : ni ingérence, ni indifférence », explique-t-on au Quai d’Orsay. Ne rien dire, c’est être accusé de soutenir le régime et l’actuel statu quo mais toute prise de position publique sera dénoncée comme une scandaleuse ingérence de l’ex-colonisateur.

La diplomatie française marche donc sur des œufs tout en reconnaissant l’importance du dossier. « C’est aujourd’hui une priorité absolue de notre politique étrangère car ce qui se passe en Algérie est un enjeu tout à la fois français, régional et international », souligne l’Elysée, évoquant « une politique d’observation active ».

Tourner la page

Emmanuel Macron connaît le pays. En tant que ministre de l’économie lors de la présidence de François Hollande il avait eu plusieurs fois l’occasion de s’y rendre dans le cadre du Comité mixte économique franco-algérien (Coméfa), l’instance qui chapeaute les relations économiques entre les deux pays.

Né après la fin de la guerre d’Algérie, il entend aussi être le président qui va tourner la page des contentieux mémoriels et, lors de sa visite à Alger pendant sa campagne électorale il n’avait pas hésité à qualifier la colonisation de « crime contre l’humanité ».

Lors de la visite « de travail et d’amitié » effectuée à Alger en décembre 2017, il avait aussi pu constater lors d’un bain de foule le grand désespoir de la jeunesse algérienne – la moitié des 40 millions d’Algériens a moins de 20 ans – et ses désirs de franchir la Méditerranée pour venir en France. « J’ai vu trop de jeunes qui m’ont simplement demandé un visa, un visa n’est pas un projet de vie », avait alors déclaré le chef de l’Etat, qui avait dû renoncer pour des questions d’emploi du temps à la visite d’Etat promise en 2018.

Enjeu économique et sécuritaire

Les autorités françaises craignent que les manifestations ne dégénèrent en une révolte incontrôlée contre le régime. Elles sont préoccupées par l’incapacité des différents clans au pouvoir qui s’entre-déchirent à se mettre d’accord sur un candidat de compromis plus crédible qu’un Abdelaziz Bouteflika impotent depuis l’AVC qui l’a frappé en 2013.

Or une déstabilisation de l’Algérie aurait des conséquences importantes. En politique intérieure, alors qu’il y a une forte communauté d’origine algérienne en France. Et sur le terrain économique, car les échanges entre les deux pays représentent quelque 5 milliards d’euros et l’Algérie fournit 10 % du gaz naturel importé par la France.

L’enjeu sécuritaire est tout aussi crucial y compris dans la lutte contre le djihadisme au Sahel. Avec son immense frontière de plusieurs milliers de kilomètres avec le Mali, le Niger et la Libye, l’Algérie est un acteur clé, même si elle fait aussi l’objet de suspicions de double jeu avec certains groupes djihadistes.

« La question est moins celle de l’aide de l’Algérie sur laquelle on ne peut pas vraiment compter que sa neutralité et le fait qu’elle ne nous mette pas des bâtons dans les roues », confie une source proche du dossier s’inquiétant de nouvelles incertitudes alors même que l’opération militaire française « Barkhane » (4 500 militaires), confrontée à la difficile montée en puissance de la force africaine du G5 Sahel (Mauritanie, Tchad, Mali, Niger, Burkina), piétine.

14 février 2019

« Gilets jaunes » : l’ex-boxeur Christophe Dettinger condamné à un an de détention en semi-liberté

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Par Pascale Robert-Diard - Le Monde

« Je m’en veux terriblement », a-t-il expliqué devant le tribunal correctionnel de Paris qui le jugeait pour violences volontaires sur deux gendarmes mobiles à Paris, le 5 janvier.

D’une audience qui a duré plus de sept heures, mercredi 13 février, le seul vrai moment est survenu à la toute fin, quand Christophe Dettinger, invité à s’exprimer une dernière fois avant que le tribunal n’entre en délibéré, a plongé ses yeux dans ceux du jeune gendarme de 27 ans, assis au banc des parties civiles.

« Monsieur le gendarme, je suis coupable de tous les coups que je vous ai portés. Je suis conscient que cela a pu vous toucher physiquement et psychologiquement. Je n’en suis pas fier. Ce n’est pas mon état d’esprit. J’ai été un styliste, un technicien de la boxe, pas un bagarreur. Je ne peux pas comparer la boxe à cet acte. Je n’étais pas venu pour en découdre. Tout a basculé en deux minutes et je m’en veux terriblement. Je vais devoir vivre avec ça. Avec les regards sur moi. Comment je vais faire pour croiser ceux des parents des copains de classe de mes enfants ? »

Ces quelques phrases prononcées avec émotion ont sonné beaucoup plus juste que tout ce que Christophe Dettinger avait pu dire avant pour motiver l’explosion de violence qui l’a conduit à frapper à coups de pied un gendarme à terre puis, quelques minutes plus tard, à asséner une pluie de coups de poing à un autre, samedi 5 janvier sur la passerelle Léopold-Senghor à Paris (7e) lors d’une manifestation des « gilets jaunes ».

« Une fois de plus, on était parqués, nassés, gazés pour rien », avait-il dit. La vue d’une manifestante se faisant matraquer par un gendarme aurait déclenché sa colère : « Quand je vois une injustice, j’y vais, je suis comme ça. Dans le métro, ça aurait été pareil. En voulant empêcher une injustice sur cette dame, j’en ai fait une autre. »

« C’est tous les gestes que je regrette »

Telles qu’elles apparaissent sur les images saisies par les caméras de surveillance et les reporters de télévision qui sont diffusées sur le grand écran de la salle d’audience, les scènes sont un peu différentes. La première montre un groupe de manifestants qui tente de forcer l’accès sur la passerelle face à un barrage de gendarmes. Avancée, reculade, jets de lacrymogènes, nouvelles avancées, nouvelles reculades de part et d’autre. « C’est un choix des manifestants de forcer le passage. A aucun moment, les gendarmes n’essaient de gagner du terrain », observe la présidente.

Dans l’affrontement qui suit, une femme tombe au milieu de la passerelle, entraînant un manifestant et un gendarme dans sa chute avant d’être tirée à l’écart par un autre garde mobile, tandis que Christophe Dettinger s’acharne à coups de pied sur un troisième, tombé lui aussi au sol. « Pourquoi allez-vous vers lui au lieu de la secourir, elle ?, lui demande la présidente.

– Là, c’est tous les gestes que je regrette. La seule chose que je ne veux pas, c’est qu’on dise que je suis un casseur de flic, un lyncheur », répond l’ancien boxeur.

La deuxième scène se situe en haut d’un escalier latéral d’accès à la passerelle. Cinq ou six gendarmes bloquent le passage. Une poignée de « gilets jaunes » avance vers eux, Christophe Dettinger les rejoint en basculant par-dessus la rambarde et vient affronter à coups de poing l’un des gendarmes mobiles qui recule sous les coups. « Au mois de mars 2018, vous aviez fait une demande pour intégrer la réserve de la gendarmerie », lui rappelle Me Thibault de Montbrial, l’avocat des deux gendarmes blessés. Il poursuit : « La passerelle était interdite. Vous pensez que ce dispositif est une provocation ?

– Oui. Tout est fait pour que les “gilets jaunes” aillent à la faute.

– Et en voyant ces images, vous le pensez aussi ?

– Non. Avec le recul, non. »

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« Une manifestation est une bête »

Les deux gendarmes ont eu, pour l’un, une interruption de travail de deux jours et pour l’autre – frappé au sol – de quinze jours. Seul le moins blessé des deux a assisté à l’audience. « On a eu beaucoup de chance, cela aurait pu être beaucoup plus grave si l’un de nous avait été jeté par-dessus la passerelle », a-t-il observé. Evoquant une « action déterminée » et des « scènes d’une violence inouïe », le procureur a requis trois ans d’emprisonnement dont un avec sursis et le maintien en détention de Christophe Dettinger.

« Il défile parce qu’il y a cet immense ras-le-bol dans le pays. Il y va à visage découvert. Mais une manifestation est une bête que l’on ne maîtrise pas facilement », a plaidé l’un de ses trois avocats, Me Henri Leclerc, qui a ajouté : « Chistophe Dettinger est un homme du peuple, bouleversé par ce qu’il a fait. Laissez-le travailler ! »

Mercredi 13 février, le tribunal a condamné l’ancien boxeur, aujourd’hui agent territorial à la voirie dans une commune de la banlieue parisienne, à trente mois de prison dont dix-huit avec sursis, en précisant que la part ferme s’effectuera sous le régime de la semi-liberté. Pendant un an, il sera libre la journée, mais retournera en détention la nuit. Le tribunal a assorti sa peine d’une interdiction de séjour à Paris pendant six mois et de 5 000 euros de dommages et intérêts.

10 février 2019

Algérie : le président Abdelaziz Bouteflika est candidat à un 5e mandat successif

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Le chef de l'Etat, âgé de 81 ans, est au pouvoir depuis 1999.

Il est décidé à rempiler. Le président algérien, Abdelaziz Bouteflika, 81 ans, est candidat à la présidentielle du 18 avril, lors de laquelle il briguera un cinquième mandat successif, a annoncé dimanche 10 février l'agence de presse officielle APS. Le chef de l'Etat, au pouvoir depuis 1999, a annoncé sa candidature dans un message à la nation transmis à l'agence, qui le diffusera ultérieurement dans la journée.

Les quatre partis de l'alliance au pouvoir avaient déjà annoncé, la semaine dernière, leur souhait de présenter la candidature du président algérien. Outre le Front de libération nationale (FLN), au pouvoir depuis l'indépendance de l'Algérie, dont Abdelaziz Bouteflika est le président, cette coalition comprend le Rassemblent national démocratique (RND), parti du Premier ministre, Ahmed Ouyahia, le Rassemblement de l'espoir de l'Algérie (TAJ) et le Mouvement populaire algérien (MPA).

Le président algérien est pourtant diminué par les séquelles d'un accident vasculaire cérébral (AVC) dont il a été victime en 2013. Depuis, il n'apparaît que très rarement en public.

1 février 2019

Fashion Freak Show

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« De Gainsbourg à Madonna, de Bronski Beat à Catherine Ringer ou Zazie, c’est la playlist de toute ma vie que je partage avec vous aujourd’hui. Des morceaux les plus intimes aux tubes les plus festifs. » Jean Paul Gaultier.

La bande originale officielle du spectacle sera disponible dans les bacs et sur les plateformes d’écoute à partir du 8 mars.

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31 janvier 2019

Carlos Ghosn affirme vouloir « se battre contre de fausses accusations »

Après deux mois d’incarcération, le bâtisseur de l’alliance automobile Renault-Nissan-Mitsubishi clame son sentiment d’« injustice ».

Le Monde avec AFP 

Après la presse japonaise mercredi, Les Echos et l’Agence France presse publient à leur tour, jeudi 31 janvier, une interview de Carlos Ghosn. Arrêté au Japon le 19 novembre pour des malversations financières présumées, l’ancien dirigeant se montre combatif et fustige sa détention prolongée.

« Je veux me battre pour rétablir ma réputation et me défendre contre de fausses accusations. On m’a refusé la libération sous caution, ça n’arriverait dans aucune autre démocratie. J’ai fait tout ce que je pouvais pour montrer que je n’allais pas m’enfuir et pour les rassurer sur le fait que je ne détruirai aucune preuve. »

Dans un parloir du centre de détention de Kosuge, à Tokyo, où il est emprisonné depuis le 19 novembre, l’ancien patron du constructeur automobile japonais Nissan et de Renault dénonce ses conditions d’incarcération :

« Quand je dors la nuit, la lampe est toujours allumée. Je n’ai même pas de montre. Pas de notion du temps. J’ai seulement trente minutes par jour pour sortir sur le toit. L’air frais me manque tant. Oui, je suis fort, mais je suis fatigué de tout ça. Le pire, c’est que je ne peux pas parler à ma famille. »

« Comment puis-je me défendre ? »

Il dénonce aussi l’attitude de Nissan : « J’ai face à moi une armée chez Nissan, des centaines de personnes se consacrent à cette affaire, soixante-dix au bureau du procureur et je suis en prison depuis plus de soixante-dix jours. Je n’ai pas de téléphone, pas d’ordinateur, mais comment puis-je me défendre ? »

Il poursuit :

« Chez Nissan, il y a beaucoup de gens dont le rôle est discutable, étrange. C’est très surprenant, alors qu’on me refuse tout droit de me défendre. Je parle d’équité. J’aime le Japon, j’aime Nissan, j’ai consacré tant d’années à relancer l’entreprise, à la reconstruire, à la transformer. Je n’ai rien contre la compagnie. »

Bâtisseur de l’alliance Renault-Nissan-Mitsubishi, Carlos Ghosn déclare qu’il voulait aller plus loin dans l’intégration des trois groupes, mais s’est heurté à une « résistance » chez Nissan. « L’objectif était clair et il y avait une résistance dès le début, mais quelles sont les options pour assurer la stabilité de l’alliance ? »

Carlos Ghosn justifie aussi sa décision de démissionner de ses fonctions de président-directeur général (PDG) de Renault par la nécessité de donner au groupe une gouvernance plus pérenne, mais regrette de n’avoir pu s’en expliquer devant le conseil d’administration.

« On ne pouvait pas maintenir Renault dans une situation où la gouvernance était temporaire. Quand j’ai appris que ma caution était de nouveau refusée, j’ai décidé de démissionner. »

Jean-Yves Leborgne, avocat français de Carlos Ghosn, espère que l’ancien PDG de Renault pourra bénéficier d’une libération sous caution, bien que cette demande ait été régulièrement rejetée depuis son arrestation. « J’ose l’espérer, car si elle n’était plus possible, on serait dans une situation éminemment regrettable », a-t-il déclaré sur RTL.

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3 octobre 2013

L'érotisme au cinéma

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Emmanuelle est un film érotique français réalisé par Just Jaeckin sur un scénario de Jean-Louis Richard d'après le roman éponyme d'Emmanuelle Arsan, mettant en scène Sylvia Kristel dans le rôle-titre, Alain Cuny, Marika Green et Christine Boisson. Distribué par Parafrance Films, ce film est sorti le 26 juin 1974 en France. Il a donné lieu à une série de films et de téléfilms mettant en scène le même personnage.

Ce fut l'un des plus gros succès du cinéma français, attirant dans les salles françaises près de neuf millions de spectateurs et quarante cinq millions dans le monde1. Le succès fut tel qu'une salle le programma à Paris pendant plus de dix ans, proposant en été un sous-titrage en anglais pour les touristes2. Ce succès initia durablement une série de films et téléfilms.

80234244_oLe photographe/réalisateur Just Jaeckin

 

17 janvier 2019

Renault : l’Etat français lâche Carlos Ghosn et cherche son successeur

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Alors que la détention du PDG au Japon pourrait durer plusieurs mois, le ministre de l’économie, Bruno Le Maire, s’est prononcé sur LCI pour une « nouvelle gouvernance ».

L’Etat français a officiellement lâché le PDG de Renault, Carlos Ghosn, mercredi 16 janvier, deux mois après son arrestation, et demandé la nomination d’un successeur dans les prochains jours pour prendre la tête du constructeur automobile.

Détenu au Japon depuis le 19 novembre 2018, Carlos Ghosn va ainsi perdre son dernier titre, celui de PDG de Renault, Nissan et Mitsubishi l’ayant déjà révoqué du poste de président de leur conseil d’administration dès la fin novembre.

« J’ai toujours indiqué, en rappelant la présomption d’innocence de Carlos Ghosn, que s’il devait être durablement empêché, nous devrions passer à une nouvelle étape. Nous y sommes », a déclaré le ministre de l’économie, Bruno Le Maire, sur LCI.

Le conseil d’administration convoqué prochainement

« Dans cette nouvelle étape, nous avons besoin maintenant d’une nouvelle gouvernance pérenne pour Renault », a-t-il ajouté. « J’ai demandé explicitement, comme actionnaire de référence, que le conseil d’administration [de l’entreprise] soit convoqué dans les prochains jours », a-t-il aussi indiqué.

« Nous souhaitons que ce conseil d’administration désigne une nouvelle gouvernance pérenne pour Renault », a souligné M. Le Maire. Alors qu’on lui demandait si cela signifiait que M. Ghosn allait être remplacé, il a répondu : « Tout à fait. »

Interrogé sur l’éventuelle candidature de Jean-Dominique Sénard, le président sortant de Michelin dont le nom circule comme possible président non exécutif de Renault, M. Le Maire en a loué les qualités sans se prononcer pour autant.

« C’est un grand industriel, un homme qui a une conception sociale de l’entreprise et qui l’a démontré à plusieurs reprises », a-t-il déclaré, soulignant qu’il était aussi « un spécialiste du secteur automobile ».

Il a toutefois souligné que « l’Etat se prononcera sur la base des candidats qui lui seront soumis comme actionnaire de référence ».

Une direction bicéphale ?

Scénario le plus souvent évoqué – la direction de Renault pourrait être scindée en deux, avec un président du conseil d’administration d’un côté et un directeur général exécutif de l’autre –, le nom de Thierry Bolloré, nommé il y a un an adjoint de Carlos Ghosn, revient le plus souvent pour ce dernier poste.

L’Etat français est le premier actionnaire de Renault, avec 15,01 % du capital. Nissan en détient 15 %, mais sans droits de vote en assemblée générale. Renault contrôle pour sa part 43 % de Nissan, une société que le groupe a sauvé de la faillite il y a près de vingt ans.

Nissan possède par ailleurs 34 % de Mitsubishi Motors, dernier venu dans l’alliance née en 1999.

Dans ce contexte chahuté, plusieurs émissaires du gouvernement français dépêchés à Tokyo se sont entretenus mercredi avec des protagonistes du dossier Renault-Nissan.

Carlos Ghosn, mis en examen notamment pour « abus de confiance », a vu sa demande de libération sous caution de nouveau rejetée mardi. Son avocat a fait appel de ce refus mais M. Ghosn pourrait rester des mois en prison, ce qui rendait difficile son maintien à la tête de Renault dont il est toujours PDG.

7 septembre 2013

Paris - Vélib en tandem...

Les Parisiens amoureux vont-il pouvoir sillonner la ville en tandem ? Velib, le service de location de vélo de la ville de Paris a publié sur Twitter la photo d'un prototype de bicyclette à deux places, à l'occasion du salon Lost in Paris, consacré au design et au tourisme. Mais il n'est pas encore question de le mettre en service.

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26 mai 2019

CINEMA : Sibyl, vu hier

Sibyl est une romancière reconvertie en psychanalyste. Rattrapée par le désir d'écrire, elle décide de quitter la plupart de ses patients. Alors qu'elle cherche l'inspiration, Margot, une jeune actrice en détresse, la supplie de la recevoir. En plein tournage, elle est enceinte de l'acteur principal… qui est en couple avec la réalisatrice du film. Tandis qu'elle lui expose son dilemme passionnel, Sibyl, fascinée, l’enregistre secrètement. La parole de sa patiente nourrit son roman et la replonge dans le tourbillon de son passé. Quand Margot implore Sibyl de la rejoindre à Stromboli pour la fin du tournage, tout s'accélère à une allure vertigineuse…

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6 avril 2019

Lewis Furey - Haunted by Brahms

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Lewis Furey chante 16 lieder de Johannes Brahms, les rapproche des chansons populaires, accessibles, les aborde comme des tubes pop ou folk. Dans une forme d'hommage, il les adapte avec une liberté revendiquée et assume ses anachronismes dans la fête d’un choc des cultures. « Une compilation de ses meilleurs hits », annonce le chanteur. (1h20)

Ami et collaborateur de Leonard Cohen, Lewis Furey était déjà de passage au Théâtre du Rond-Point avec son spectacle Selected Songs Recital, l'un de ses grands succès. Dans Haunted by Brahms, il s’approprie le compositeur viennois et convoque à son tour Paul McCartney ou Elton John dans un récital iconoclaste.

Distribution : Textes, piano et voix Lewis Furey

Genre : Spectacle musical

Lieu : Théâtre du Rond-Point

Sous-Rubrique : Spectacles musicaux Réserver

Date de début : 9 avril 2019

Date de fin : 20 avril 2019

6 avril 2019

Acte XXI des « gilets jaunes » : des interdictions de manifester et une « assemblée des assemblées »

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Pour ce samedi de mobilisation, deux manifestations sont prévues à Paris, ainsi qu’un appel à un rassemblement national à Rouen.

Après une mobilisation en baisse la semaine dernière, les « gilets jaunes » entendent poursuivre leur mouvement, samedi 6 avril, pour la vingt et unième fois sans discontinuer. Petit tour d’horizon des événements prévus ce week-end :

Une « assemblée des assemblées » à Saint-Nazaire

Environ 800 « gilets jaunes » issus de 300 délégations et venus de toute la France sont attendus de vendredi à dimanche à Saint-Nazaire, en Loire-Atlantique, pour leur seconde « assemblée des assemblées ».

Plus de deux mois après une première assemblée à Commercy (Meuse), le 27 janvier, ces « gilets jaunes » doivent se retrouver dans les anciens locaux des Assedic de Saint-Nazaire devenus « Maison du peuple ». Ils y discuteront, entre autres, de la « communication interne et externe », de l’attitude « face à la répression » et des « revendications ».

« Nous souhaitons que l’assemblée des assemblées soit un bouillonnement des idées qui circulent sur les ronds-points, les lieux occupés et dans les manifestations », écrit le groupe sur Facebook.

Parmi les contributions déjà versées au débat par plusieurs groupes figurent un projet de « charte commune », un « appel à l’action pour les élections européennes dans toute l’Europe » ou encore la convocation et l’organisation d’Etats généraux.

Interdiction de manifester sur les Champs-Elysées et dans plusieurs villes

Trois semaines après les violences et le saccage de commerces sur les Champs-Elysées, le préfet de police, Didier Lallement, a de nouveau pris un arrêté « interdisant tout rassemblement de personnes se revendiquant des “gilets jaunes” » sur la célèbre avenue et dans un périmètre comprenant l’Elysée et l’Assemblée nationale. Les récalcitrants s’exposent à une contravention de 135 euros.

Ailleurs, « le droit de manifester, qui est une liberté fondamentale, pourra s’exercer librement », assure la préfecture, mais « tout attroupement donnant lieu à des débordements sera immédiatement dispersé ».

Des arrêtés d’interdiction de manifester samedi dans les centres-villes ont également été pris à Auxerre, Bourg-en-Bresse, Caen, Rouen, ainsi qu’à Montauban pour dimanche.

Jeudi, l’article-phare de la loi dite « anticasseurs », permettant de prendre des interdictions de manifester, a été censuré par le Conseil constitutionnel. Mais les dispositions validées – fouilles de sacs et de véhicules aux abords des cortèges, délit de dissimulation volontaire du visage – ne seront pas non plus appliquées ce samedi car le texte n’a pas encore été publié au Journal officiel.

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Deux manifestations déclarées à Paris

Deux manifestations déclarées en préfecture ont été annoncées sur Facebook. L’une d’elles, relayée par Eric Drouet, une des figures du mouvement, doit relier la place de la République à l’esplanade de la Défense, pour dénoncer « l’art de l’optimisation fiscale » pratiqué par les multinationales.

La seconde doit partir de la gare Montparnasse et arriver au bassin de la Villette, au nord-est de Paris. Une troisième manifestation est prévue, annoncée sur Facebook sous le nom « Acte XXI Paris va bientôt trembler », mais sans qu’aucun lieu ni aucun horaire ne soit annoncé.

Des rassemblements annoncés dans plusieurs villes

Un appel à un rassemblement national à Rouen a par ailleurs été lancé, tandis que les femmes « gilets jaunes » sont invitées à se retrouver à Lille habillées en « Marianne ».

Des rendez-vous ont aussi été donnés, comme chaque week-end, dans plusieurs villes de province, dont Lyon, Dijon, Nice, Montpellier, Bordeaux ou Toulouse.

Plus étonnant, une page Facebook annonce une manifestation à Bort-les-Orgues, en Corrèze, pour protester contre la privatisation de barrages dans la région. Plus de 1 700 personnes se sont déclarées « intéressées » alors que la petite commune ne compte que 2 745 habitants.

12 mars 2019

Zahia à la plage...

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Les vacances ne sont jamais finies pour Zahia. La jeune femme se prélasse toujours sous le soleil des Maldives. Cette fois, elle a dévoilé à ses fans son secret pour flotter sur l’eau.

Zahia poursuit ses vacances aux Maldives. L’ancienne muse de Karl Lagerfeld ne se lasse plus d’immortaliser ses promenades sur le sable chaud et ses baignades dans l’eau cristalline dans son resort de luxe Soneva Fushi. A 27 ans, le mannequin en profite aussi pour dévoiler toujours plusses courbes parfaites en maillot de bain. Et avec son trikini à motif effet peau de serpent, la jeune femme ne cache pas grand chose. Que ce soit l’immense marque de bronzage de sa culotte ou sa poitrine à peine cachée derrière deux minuscules bouts de tissu, elle ne laisse que trop peu d’imagination à ses internautes.

Mais sous le soleil des Maldives, Zahia est plus à son aise que jamais. Comme un poisson dans l’eau, elle enchaîne les balades en mer. Telle une sirène, elle avait déjà montré à ses 137 000 abonnés comment elle plongeait dans l’eau salée, en laissant une vue imprenable sur ses fesses. Cette fois, le mannequin a décidé de varier les plaisirs. Vêtue d’un nouveau bikini, pas plus couvrant que les précédents, la starlette s’est laissée aller à nager sur le dos avec la poitrine sortant de l’eau. De quoi laisser rêveurs ses admirateurs qui ont eu une vue imprenable sur la plastique de la jeune femme en train de flotter.

Cette énième vidéo des vacances de Zahia à la plage a encore une fois fait tourner des têtes. « Une vraie sirène », « je vais t’apprendre à nager quand tu veux », « tu flottes bien » ou encore «  tu as un corps de rêve  », peut-on lire en commentaires de sa publication. Et pour ceux qui n’auraient pas le temps d’admirer son tout nouveau maillot de bain marron et doré, Zahia a tout prévu puisqu’elle a posté une photo d’elle en très gros plan sur la story de son Instagram. On attend désormais la suite de son séjour au soleil. Zahia s’essayera-t-elle prochainement à la brasse ? Dans ce cas, gare à l’accident de string !

9 mars 2019

Carlos Ghosn en tenue d’ouvrier à sa sortie de prison : Un de ses avocats avoue son erreur

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MARDI GRAS L’accoutrement était censé passer inaperçu aux yeux des médias : c’est raté

C’était une sorte d’incongruité au cœur de l’évènement. Quand Carlos Ghosn est sorti de prison, mercredi, il était en tenue d’ouvrier. Filmé et photographié sous divers angles et en gros plan avec une casquette bleue, un uniforme d’ouvrier de voirie, des lunettes et un masque de protection blanc, l’ancien PDG de Renault-Nissan a malgré lui été la risée des médias. « C’était un échec », avoue un de ses avocats.

Takashi Takano explique sur son blog avoir imaginé ce scénario et cet accoutrement saugrenu pour tenter de déjouer l’attention des journalistes massés devant la prison, et ainsi éviter qu’ils ne suivent l’ex-détenu jusqu’à son nouveau lieu de résidence.

"Plan d'amateur"

« C’est moi qui ai planifié et mis au point ce déguisement », écrit-il. « A cause de ce plan d’amateur, la réputation que M. Ghosn a bâtie tout au long de sa vie se retrouve ternie », regrette-t-il. Le stratagème n’a, en effet, trompé personne, alors que l’attendaient une foule de journalistes qui avaient déployé des moyens impressionnants, hélicoptères, grue et même échafaudage pour prendre le premier cliché de Carlos Ghosn depuis son arrestation surprise le 19 novembre.

Carlos Ghosn a été libéré mercredi sous caution, après plus de cent jours de détention à Tokyo sur des accusations de malversations financières. Carlos Ghosn a notamment interdiction de quitter, même brièvement, le Japon, n’a pas accès à internet et ses allées et venues sont filmées par des caméras de surveillance. En cas de violation de ces règles, « il devra revenir à la dure vie de la prison », a prévenu Takashi Takano.

Traqué par les médias, l’homme d’affaires franco-libanais-brésilien a d’abord été conduit au cabinet de Me Takano, d’où il est ressorti plusieurs heures plus tard dans un véhicule et une tenue (chemise blanche et veste noire) plus conformes à son ancien statut de PDG de la première alliance automobile au monde.

15 mai 2013

Terry Richardson (photographe)

Le célèbre photographe de mode Terry Richardson a mis ses talents au service d'une campagne dédiée aux accessoires Valentino. Adepte de la controverse, Terry Richardson a imaginé des "semi-autoportraits" pour Valentino Garavani.Réalisés au Studio Backspace de Rome, les clichés de la campagne montrent les versions noires et rouges des chaussures et sacs à mains cloutés Rockstud Noir, dans les bras tatoués de Richardson. Valentino en offre un aperçu sur sa page Twitter. Les directeurs artistiques Pierpaolo Piccioli et Maria Grazia Chiuri n'avaient encore jamais collaboré avec Richardson mais selon Chiuri, le photographe a su capturer à la perfection "la nature à la fois sensuelle et élégante des accessoires, véritables objets de convoitise"Richardson qui avait défrayé la chronique avec des nus osés et des sujets rock 'n' roll, a su se faire une place de choix dans l'univers de la mode. Il a imposé ses photos en couverture de magazines influents tels que Vogue Paris et s'est associé à diverses marques, de Tom Ford à H&M. .

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Les bras tatoués de Terry Richardson apparaissent sur la nouvelle campagne Valentino. Un parti pris audacieux de la part de la maison italienne, caractérisée par son élégance et son classicisme.

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16 octobre 2018

MIRO au Grand Palais

Réunissant près de 150 œuvres dont certaines inédites en France et couvrant 70 ans de création, cette rétrospective retrace l’évolution technique et stylistique de l’artiste.

Miró crée à partir de ses rêves et nous ouvre les portes de son univers poétique.

Il transforme ainsi le monde avec une apparente simplicité de moyens, qu’il s’agisse d’un signe, d’une trace de doigt ou de celle de l’eau sur le papier, d’un trait apparemment fragile sur la toile, d’un trait sur la terre qu’il marie avec le feu, d’un objet insignifiant assemblé à un autre objet.

Miró fait surgir de ces rapprochements étonnants et de ces mariages insolites un univers constellés de métamorphoses poétiques qui vient réenchanter notre monde.

"Pour moi, un tableau doit être comme des étincelles. Il faut qu’il éblouisse comme la beauté d’une femme ou d’un poème".

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