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Jours tranquilles à Paris
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8 septembre 2020

Meaux : ils ont été plus de 300 à jouer aux petits soldats ce dernier week-end

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Vingt-deux associations et plus de 300 reconstituteurs étaient présentes au musée de la Grande Guerre et en ville pour les 106 ans de la Bataille de la Marne.

En attendant le 11 novembre, qui sera le jour du 10e anniversaire du musée de la Grande Guerre du Pays de Meaux, ce week-end a été celui des reconstitutions. Pour les 106 ans de la Bataille de la Marne, plus de 300 passionnés vêtus d'uniformes des soldats de la guerre 14-18 ont fait revivre le quotidien des soldats du conflit mondial.

Jusqu'ici, le week-end de reconstitution se tenait en avril. Mais cette 8 e édition a été reportée en raison de l'épidémie de Covid-19 et le confinement qui en a découlé. Ses conditions d'accès ont été adaptées : port du masque obligatoire, sens unique de visite, gel hydroalcoolique mis à disposition.

« Depuis sa première édition en 2013, ce rendez-vous a bien grandi au point de devenir un moment incontournable de la programmation culturelle du musée de la Grande Guerre », déclare la directrice du musée, Aurélie Perreten. «Ce week-end est désormais le plus grand rendez-vous de reconstitution historique en Ile-de-France. Il s'inscrit parfaitement dans l'ADN du musée de la Grande Guerre qui souhaite toujours aller à la rencontre de son public, avec des événements familiaux, accessibles aux petits comme aux grands. Il s'agit véritablement, grâce à toutes les associations de reconstituteurs fidèles aux rendez-vous, de rendre l'histoire vivante pour mieux comprendre d'où l'on vient ».

Découvrez l'ancêtre du courriel : le pigeon voyageur

Intitulé «En chair et en os », l'événement a été animé par vingt-deux associations reconstituants des tableaux de combats joués par plus de trois cents reconstituants (on dit aussi «reconstituteurs ») venant de plusieurs pays.

Sur le bivouac installé au pied du musée, les visiteurs ont pu s'immerger dans des décors spécialement recréés. Les visiteurs ont découvert la vie quotidienne des soldats en guerre et le fonctionnement d'un poste de soins. Les reconstituants ont fait des démonstrations de tirs d'artillerie, samedi et dimanche à 15h30. Il ne fallait pas manquer : un attelage complet du célèbre canon français de 75 mm tiré par des chevaux avec les associations Mémoires de Poilus et Fer de lance.

On a pu découvrir les moyens de communication de l'époque, comme les pigeons voyageurs. Le visiteur a pu même choisir son pigeon pour envoyer un message (tarif : 2 euros). Si le pigeon voyageur était l'ancêtre du courriel, alors le cerf-volant était celui du drone. Car les armées de l'époque l'utilisaient pour observer les troupes ennemies. 

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meaux53Reportage photographique : Noémie

 

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14 avril 2016

Nobuyoshi Araki - Exposition au Musée Guimet

« Ecrivain en photographie » - Jusqu’au 5 septembre 2016

Le musée national des arts asiatiques – Guimet (MNAAG) présente une grande rétrospective de l’oeuvre du Japonais Nobuyoshi Araki. « Ecrivain en photographie ».

Dès la première salle, on comprend mieux le titre donné à l’artiste par Jérôme Neutres, co-commissaire de l’exposition. Non seulement Araki prend des photos comme il utiliserait les mots, mais il édite lui-même ses livres. Avant de faire des tirages ou d’exposer ses images, l’artiste les conçoit comme les pages d’un livre. En guise d’introduction, cette salle reconstitue la centaine d’ouvrages photographiques édités par l’artiste.

Le visiteur est ensuite accueilli par un bouquet d’artifices de fleurs. Un thème cher à l’artiste et intrinsèque à la culture japonaise – comme nous le montre une section de l’exposition qui met en valeur la collection de photographiques anciennes du MNAAG sur le Japon -. « Les fleurs choisies par Araki sont très organiques, pleines de vie car Araki est un photographe tourné vers la vie, l’érotisme », commente J. Neutres.

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Fleurs (Flowers), 1985 / 2008. Collection privée, New York © Nobuyoshi Araki/Courtesy Taka Ishii Gallery

Vient ensuite la signature stylistique de Araki : le journal intime. L’artiste a filmé sa passion pour sa femme Yoko. De leur mariage – section intitulée selon le livre éponyme « Voyage sentimental » – à sa mort, vingt ans plus tard, qui a donné lieu au livre « Voyage d’hiver ». Scandale provoqué en exposant le cercueil de son épouse.

Autre caractéristique essentielle de l’oeuvre de « l’écrivain photographe » : le kinbaku. Qu’il faut comprendre non pas comme  le ligotage humiliant de la femme mais comme une métaphore de l’acte même de photographier. En effet, selon l’artiste, cité par Jérôme Ghesquière co-commissaire de l’exposition : « La photographie, elle aussi, ligote les choses et les met dans une boîte. Vous voyez, on se rend compte qu’elle prend sa source dans le kinbaku, dans l’acte de ficeler des choses et des événements. D’ailleurs, je ligote les modèles moi-même, et après la session photo, c’est toujours moi qui défais les liens […] ».

Les commissaires ont eu carte blanche pour sélectionner les oeuvres. Mais une section a été réalisée par Araki : son atelier. Il se représente avec des centaines de photographies autour de lui, du sol au plafond. Car, explique Jérôme Neutre, « Araki est un photographe compulsif. Il photographie comme il respire ; il appuie sur le déclencheur à chaque battement de son coeur ». Aucune photo n’est isolée, elle vient forcément par en groupe de cent. « Il est impossible de répertorier son oeuvre », ajoute Sophie Makariou, présidente du MNAAG.

En abordant les dernières salles de l’exposition (à partir de la section 7), on perçoit une évolution dans la démarche de l’artiste. D’écrivain en photographie, il mue en photographe plasticien. L’artiste a toujours travaillé en argentique, il n’a jamais touché au numérique. Mais, à l’image de ses contemporains qui utilisent Photoshop pour retoucher leurs travaux, Araki se met à gratter, peindre et faire des collages avec ses oeuvres.

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 Amour de KaoRi (KaoRi Love), 2007. Peinture acrylique sur deux tirages noir et blanc. Collection privée, New York © Nobuyoshi Araki/eyesencia

« Souvent, j’essaie, de prendre une photographie parfaite, mais j’y ajoute aussi, à dessein, une sorte d’imperfection. Uniquement pour éviter de prendre une photographie parfaite. On le sait, il n’y a rien de pire que la perfection », écrit Araki dans Moi, la vie, la mort (p.144).

La fin de l’exposition évoque de nouveau puissamment la mort. Atteint d’un cancer, l’artiste semble déjà tourné vers l’au-delà, observant le ciel non plus du bas mais du haut.

L’artiste a d’ailleurs choisi de clore l’exposition sur son propre tombeau. « Pour la série Tokyo Tombeau, je souhaite montrer mes photos comme une peinture japonaise sur rouleau, en les juxtaposant les unes à côté des autres, sans encadrement, tout en longueur. C’est une combinaison entre les photos de mes débuts et celles de l’au-delà. »

Le voeu des commissaires est de faire changer le regard du visiteur occidental sur Araki. Mission accomplie ! Loin de l’image légère et fleurie qui me restait de la très belle exposition organisée au Barbican Center sur Araki en 2005, je suis ressortie en ayant pleinement conscience de la dimension mortuaire qui traverse l’oeuvre de l’artiste. De ses fleurs flétries aux tombeaux en passant par ses photographies de cieux. Heureusement, le magnifique bouddha japonais choisi dans les collections du musée Guimet par Araki pour son tombeau, vous transmet sa bonne énergie pour repartir le sourire aux lèvres !

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18 mars 2016

Grosse polé­mique autour des mannequins XXL

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Un orage média­tique gronde au pays de l’Oncle Sam. Deux chaînes améri­caines ont refusé de diffu­ser un spot publi­ci­taire mettant en avant des femmes rondes…

La télé­vi­sion améri­caine refu­se­rait-elle de célé­brer la diver­sité morpho­lo­gique des femmes ? La ques­tion se pose alors que deux chaînes majeures outre-Atlan­tique, ABC et NBC, ont bloqué la diffu­sion d’un spot publi­ci­taire de la marque de linge­rie grandes tailles Lane Bryant. On y voit plusieurs mannequins « plus size », dont la célèbre Ashley Graham, vanter la beauté de leurs géné­reuses formes en répé­tant l’ac­croche, “This Body (Ce corps)”.

Selon le site améri­cain TMZ, le refus de diffu­ser la vidéo serait dû aux tenues légères des mannequins. De quoi provoquer l’in­com­pré­hen­sion de Lane Bryant qui tente de soumettre à nouveau sa publi­cité aux chaînes. “Je ne pense pas que ces modèles sont plus nus que tous les autres modèles que nous avons déjà vus à la télé­vi­sion”, ont expliqué des repré­sen­tants de la marque au Daily News.

Du côté de NBC, on nie les accu­sa­tions de “gros­so­pho­bie”. “Dans le cadre du proces­sus de norma­li­sa­tion de la publi­cité, nous avons examiné une coupe approxi­ma­tive de la publi­cité et demandé des modi­fi­ca­tions mineures pour nous confor­mer aux direc­tives de diffu­sion de l’in­dé­cence”, s’est justi­fiée la chaîne par la voix de son porte-parole, sans donner plus de détails. La chaîne ABC n’a quant à elle fait aucun commen­taire. En 2010, elle censu­rait déjà un spot publi­ci­taire de la marque Lane Bryant avec Ashley Graham, tout comme le réseau Fox. Aux États-Unis, le scan­dale prend de l’am­pleur, surtout qu’à la même tranche horaire, la marque de linge­rie Victo­ria’s Secret diffuse une publi­cité avec des femmes à la silhouette svelte.

27 avril 2013

EXPOSITION : TAMARA DE LEMPICKA, ICÔNE DE L’ART DÉCO

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Figure incontournable des Années folles, la peintre d’origine polonaise Tamara de Lempicka(1898-1980) a, par son style néocubiste, bousculé les références de son époque sous influence de l’Art nouveau. A travers 150 toiles, dessins, documents et photographies, la Pinacothèque retrace, de ses débuts dans les années 1920 à la fin des années 1950, l’évolution de son œuvre. Tamara de Lempicka a mis Paris à ses pieds, imposant ses représentations des mœurs de la société qui correspondaient à une volonté d’émancipation des femmes. Reflet de son caractère extraverti, ses peintures ont collé à son temps, les plus belles étant réalisées entre 1925 et 1935, avant son exil pour les Etats-Unis en 1939, comme La belle Rafaëla et La tunique rose, deux toiles de 1927.

Tamara de Lempicka, la reine de l’Art déco jusqu’au 8 septembre à la Pinacothèque, 2, rue Vignon, Paris (9ème). www.pinacotheque.com

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18 octobre 2018

Lars von Trier, aux racines du mal

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Par Aureliano Tonet

Rencontre chez lui à Copenhague avec le très controversé cinéaste danois alors que sort son dernier film, l’horrifique « The House that Jack Built ».

L’architecte danois Bjarke Ingels, fameux pour tordre les dogmes de sa profession, expose au Kunsthal Charlottenborg, un musée d’art contemporain de Copenhague, sa collaboration avec son compatriote Lars von Trier, cinéaste non moins doué et roué.

Ensemble, ils ont bâti une maison à partir d’un matériau des plus macabres : une pile de cadavres – en réalité, des mannequins de silicone grimés. Avant d’être exposé, l’édifice a servi de décor pour The House That Jack Built, le nouveau film de Von Trier, présenté hors compétition à Cannes. C’était le grand retour du réalisateur sur la Croisette sept ans après en avoir été tenu à l’écart en raison de propos lors d’une conférence de presse où il déclara notamment « comprendre Hitler ».

En salle mercredi 17 octobre, The House That Jack Built raconte l’histoire d’un architecte médiocre, sexiste et néonazi qui, incapable de dessiner sa propre maison, finit par en construire une avec les dépouilles de ses victimes – l’homme est tueur en série à ses heures.

Lars von Trier habite dans une maison autrement chaleureuse, au nord de Copenhague. Depuis sa naissance, il y a 62 ans, il n’a jamais quitté cette banlieue aisée et boisée. Mobilier clair, canapé épais, lumières douces ; un gâteau achève de nous souhaiter la bienvenue. Les Danois ont un adjectif – « hyggelig » – pour décrire ces intérieurs qui respirent le confort et le bien-être. « Ici, ce n’est pas très “hyggelig”, corrige le cinéaste. Ce n’est pas assez petit, et il n’y a pas de bougies. » Quid de ces chandelles, dans les recoins ? « Ah oui…, admet-il, rigolard. C’est la marque d’une présence féminine. Les femmes aiment les bougies ; moi pas. »

Terrain glissant

Un nounours, échappé des décors de Diretkor (2006), lorgne des livres de Stephen King et Somerset Maugham, posés sur la table basse : « Mon petit-fils joue avec… »

Cheveu long, barbe blanche, chemise à motifs tropicaux sur teintes militaires, Von Trier préfère s’attarder sur le tableau qui surplombe la table à manger. Il représente l’épisode biblique du Massacre des innocents, quand le roi Hérode ordonna le meurtre de tous les bébés mâles, à Bethléem : « Ça a été peint par des étudiants en art, d’après une gravure de la Renaissance. Il y a plein d’erreurs, voyez le nez, les hanches…, pointe-t-il. Lorsque mes garçons – des jumeaux – étaient petits, je les prévenais : regardez bien ce tableau, voilà ce qu’il vous coûtera d’être un homme. »

Lars est hilare. Il sait que, en reprenant à gros traits l’antienne de Jack (« Les hommes sont victimes », martèle le serial killer), il s’aventure sur un terrain glissant. Depuis un an, le mouvement #metoo a amplifié les accusations de misogynie à son encontre.

Dans la presse danoise, neuf femmes ont dénoncé le « climat toxique » que faisait régner l’associé de Von Trier, Peter Aalbaek Jensen, au sein de Zentropa, la maison de production qu’ils ont cofondée en 1992. Le temps où l’entreprise se targuait d’être à la pointe du féminisme semble bien loin, quand elle produisait les « premiers films pornographiques réalisés par et pour des femmes », à la fin des années 1990. Soupçonné de harcèlement sexuel, Jensen a été démis de toute fonction managériale – son nom figure encore, cependant, au générique de The House That Jack Built, en tant que producteur exécutif.

« Qui n’a pas été déclaré coupable est présumé innocent »

Le 17 octobre 2017, sur Facebook, la musicienne Björk a décrit par le menu les épreuves que lui aurait fait subir Von Trier sur le tournage de Dancer in the Dark, Palme d’or en 2000 : attouchements, avances, dénigrement constant…

« Internet est une invention formidable, qu’aucun écrivain de science-fiction n’aurait pu prédire, répond-il, agacé par la sonnerie d’un portable qui résonne dans la cuisine. Quiconque a été blessé peut faire part de ses griefs ; c’est une bonne chose. Mais, dans le même temps, il est devenu plus facile de répandre des mensonges. Cet effet de zoom accroît ce qu’on appelle au Danemark le “Parlement de la rue”. Je crois en la loi ; qui n’a pas été déclaré coupable est présumé innocent. »

Dans ce cas, pourquoi ne pas avoir attaqué Björk en diffamation ? « J’y ai songé, mais elle ne fait pas tant de mal que ça. Oui, je l’ai serrée dans mes bras – comme tous mes acteurs après une scène dure –, pour la réconforter. Mais je n’ai jamais eu d’ambitions érotiques avec elle. Le premier jour du tournage, elle s’est assise sur mes genoux… C’est un étrange enfant sauvage. Elle a écrit à Nicole Kidman que je dévorais l’âme de mes actrices, pour lui déconseiller de jouer dans Dogville (2003)… Une partie de sa colère vient, je crois, de la haine que vouent les Islandais aux Danois, qui ont conquis leur île, il y a des siècles. »

Il lève les yeux vers deux autres peintures, dans l’entrée : « Ce couple fait partie de la famille Trier, il y a cinq générations. Une lignée de marchands juifs… Leurs portraits veillent strictement sur moi. » Qu’auraient-ils pensé de sa scandaleuse déclaration cannoise de 2011? Sur cette question comme sur les autres, la rhétorique de Von Trier obéit au même mouvement : rétractation, digression, provocation, nouvelle rétractation, etc.

« Les édifices fantastiques » d’Albert Speer

« La Shoah est une abomination, affirme-t-il, avant de marquer une pause. Je me suis toujours intéressé aux criminels. Qu’est-ce qui pousse un homme à une telle extrémité ? Quand je dis que je comprends Hitler, je dis que j’essaie de comprendre ces êtres humains-là, dont Jack fait partie. A mes yeux, le criminel devient une “deuxième victime”, dans la mesure où il est emprisonné, tué, etc. »

Son regard se pose sur la télévision, derrière laquelle trône une énorme peinture brunâtre, utilisée pour le générique d’Antichrist (2009) : « Il existe une chaîne danoise spécialisée sur la seconde guerre mondiale. Quand je tombe dessus, je dois dire que je reste scotché. L’autre jour, j’ai vu des images de sévices perpétrés sur des officiers SS juste après la guerre, en Europe de l’Est, par les libérateurs… C’est presque aussi sadique que… »

Il ne finit pas sa phrase. Compare le cinéma à la guerre, pour mieux avouer que, lorsqu’il jouait à la bataille militaire, enfant, il se rangeait derrière les nazis – à l’âge même où il tournait ses premiers films, en Super 8. Evoque les « édifices fantastiques » d’Albert Speer, l’architecte du IIIe Reich, qui « fut le seul dignitaire nazi à dire non à Hitler ». S’égare encore et encore, sans guère se soucier d’exactitude historique. Puis, énième rétropédalage : « Quand j’affirme que je suis nazi, je veux dire que j’ai des origines allemandes. Pour les Danois, “nazi” et “allemand” sont presque synonymes. »

En 1989, sur son lit de mort, la mère de Lars von Trier lui révèle qu’il n’est pas juif : son père biologique n’est pas Ulf Trier, qui l’a élevé jusqu’à son décès en 1978, mais Fritz Michael Hartmann, issu d’une famille d’artistes allemands. Employé au ministère danois des affaires sociales – comme la mère de Lars, dont il était le supérieur –, Hartmann participa à la résistance. « J’ai essayé d’entrer en contact avec lui… Il m’a dit de ne lui parler qu’à travers son avocat. Et qu’il pensait que ma mère s’était protégée pendant leur rapport sexuel. » Les lettres F.U.C.K., tatouées sur quatre doigts de sa main droite, tremblent de plus belle : « C’était un vrai connard. »

Des airs de vieillard moribond

Car, quels que soient les détours qu’emprunte sa dialectique, tous le ramènent à cet infranchissable seuil maternel. Il a beau louer les méandres de ses artistes favoris – David Bowie et ses zigzags, Glenn Gould et ses contrepoints, Andreï Tarkovski et ses miroirs… Décrire sa lutte contre les pathologies – alcoolisme, T.O.C. – qui lui donnent des airs de vieillard moribond. Diagnostiquer les hauts et les bas de sa filmographie (« Melancholia est trop joli et commercial, mais il a de la vitalité ; The House That Jack Built est un film malade, né du désir de filmer un homme ignoble, après tant d’héroïnes positives »). Insister sur la dose d’humour qui sous-tend, par-delà les torrents de bile et les tollés, son ténébreux talent. Se décréter incurable (« Faire des films ne me guérit pas, ça me mine encore plus »)…

Il a beau dire tout et son contraire, en somme, il n’est rien qui ne l’arrache au souvenir de cette femme, Inger Host, féministe, communiste, nudiste, érudite, qui l’éduqua sans la moindre règle, mais avec de grandes espérances : « J’ai passé ma vie à combler les attentes de ma mère. Je suis devenu artiste. J’ai racheté et embelli sa maison, puis celle d’un architecte dont elle était éprise… C’est la maison où nous sommes, et où je vis depuis vingt ans. »

Ses yeux se perdent à travers la baie vitrée, sur les champs blonds et orangés où il s’ébrouait, petit. Puis sur la rivière, en contrebas, dont il craignait le courant et la pollution. Lars von Trier n’a-t-il jamais cessé d’être cet enfant, pour qui toute joie se paie, fatalement, d’effroi ?

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23 août 2018

La culture est-elle encore une affaire d’Etat ?

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En arrière-plan, l'immeuble abritant le ministère français de la culture, à Paris le 26 juin 2014. Photo Pablo Porciuncula. AFP

Si dans les coulisses du pouvoir on se bagarre pour occuper la fonction ministérielle, on ne trouve personne aujourd'hui pour imaginer à quoi peut ressembler une administration culturelle nationale, digne de la patrie des Lumières.

D’où vient cette impossibilité dans notre pays de repenser sereinement les rapports entre l’art et le pouvoir ? Mais s’ils sont nombreux à les commenter aucun artiste et homme politique vivant n’imagine les reformuler sans l’existence de ce totem qu’est le ministère de la Culture. Comme si la France éternelle sommeillait en son sein, rassurée de savoir que l’Etat et la Nation ne font qu’un.

Pourtant cette administration républicaine imaginée en 1881 (l’artiste Antonin Proust fut le tout premier secrétaire d’Etat aux Beaux-arts) souffre en silence de douter de son utilité ; de ne jamais savoir si sa mission est anecdotique, mystique ou politique. Elle étouffe maintenant dans une technostructure digne de Kafka sans que personne en haut lieu ne s’en offusque. Quant à l’art qui tout de même la justifie il y a belle lurette que son épanouissement et son accès empruntent d’autres voies que celles imaginées en son temps par André Malraux, premier ministre d’Etat chargé des affaires culturelles sous la Ve République.

Artistes, intellectuels, et professionnels de la culture, conscients des vertus de l’action artistique dans un monde si consumériste et matérialiste, s’agitent régulièrement pour plaider une grande politique publique de la culture. On dirait juste que plus personne n’y croit. Que par le jeu d’un marché protéiforme et débridé l’art et la création se sont affranchis des valeurs de la République ; que la capacité des œuvres à permettre le «dépassement» n’est plus sollicitée par le sommet de l’Etat. Parfois dans le regard de ceux qui nous gouvernent, l’objet même de culture est devenu extravagant. Alors on fait comme si. Comme confier à l’actuelle ministre de la Culture un portefeuille amputé de la tutelle du livre et auprès de qui des personnalités éclairées comme Erik Orsenna ou Stéphane Bern jouent, sans moyens, les «ministres bis» dans leurs couloirs de compétences respectifs.

On «oublie» même de nommer à la tête des grandes administrations des Archives, du Patrimoine ou de la Création artistique du ministère des directeurs de plein exercice. Comment un chef de l’Etat apparemment préoccupé par les choses de l’esprit peut-il, sans y réfléchir à deux fois, réduire une politique culturelle à un «pass culture» dont chacun sait qu’il est le moyen le plus insidieux de favoriser plus encore la consommation de divertissements chez les plus jeunes ?

Voilà des années que les héritiers de Malraux, enivrés par le symbole et la noblesse de la tâche, se cassent les dents devant ce qui les attend. Depuis le début de la Ve République ils sont très exactement vingt ministres à avoir été possédés par le dessein de mener à bien une politique culturelle. Ou tout au moins de permettre à la France et aux Français de s’enorgueillir de ses créateurs et, pour ceux qui en ont les moyens, d’accéder à leurs bienfaits. Mais au nom de quel principe un ministère de la Culture aurait-il à célébrer un talent qui pour l’essentiel a été déniché voire financé par d’autres et qui parfois ne doit rien à personne ? Il en faut du sentiment patriotique, assumé ou non, pour accepter que l’Etat récupère à son compte les milliers d’actions artistiques qui fleurissent sur le territoire national.

Pour relativiser l’importance du ministère de la Culture, rappelons que De Gaulle installa son «ami génial» à sa tête pour, avant tout, le savoir à ses côtés. Sa présence le rassurait et permettait au demeurant à la République gaulliste de faire bon ménage avec le monde des artistes pour l’essentiel inféodés au parti communiste d’alors. Mai 68 mettra fin à cette chimère. Depuis, le ministère de la Culture n’aura tressailli qu’une seule fois : en 1981, quand la gauche mitterrandienne, persuadée qu’elle allait «changer la vie», constate qu’un ministre issu du sérail théâtral prend au mot ce slogan électoral et se met à œuvrer. Jack Lang aura été le dernier à incarner ce que Malraux appelait en son temps «le royaume farfelu de la rue de Valois». Malgré le talent de quelques-uns de ses successeurs, le ministère de la Culture s’est épuisé à administrer ce qui pouvait l’être, gérer des programmes en lieu et place des hommes et des idées, pire encore laisser croire qu’il disposait d’un pouvoir supranational pour faire battre en retraite les pourvoyeurs de loisirs télévisuels mondialisés. Malgré une impuissance politique constatée, on se bagarre encore dans les coulisses du pouvoir pour occuper la fonction, mais on ne trouve personne pour se préoccuper de sa raison d’être et, mieux encore, d’imaginer à quoi peut ressembler aujourd’hui une administration culturelle nationale digne de la patrie des Lumières. Et s’il était désormais impossible de mener une politique culturelle d’Etat ?

Tout semble aujourd’hui le laisser penser et ce, pour au moins cinq raisons : parce qu’en cinquante ans l’Etat a paradoxalement beaucoup fait et qu’il est difficile d’en faire plus ; que les institutions culturelles créées par sa volonté sont si réglementées qu’il s’avère impossible de les faire évoluer ; que dans son ensemble l’activité artistique et culturelle nationale relève d’une économie où les collectivités territoriales, des PME ou associations dédiées et des entreprises mécènes en sont les acteurs primordiaux ; que l’industrie culturelle et audiovisuelle planétaire est si dominante, si intrusive que plus aucune contrainte nationale ne l’empêchera désormais de faire ce qu’au siècle dernier la philosophe Hannah Arendt prédisait à savoir «transformer l’art en divertissement» ; qu’enfin et c’est peut-être l’essentiel, aucun président de la République depuis François Mitterrand ne pense plus sérieusement qu’une augmentation du budget du ministère de la Culture réglera le problème d’une absence de politique culturelle.

Puisque l’Etat a un bilan ; que dans leur grande majorité les créateurs sont désormais dans une économie artistique si diversifiée qu’elle échappe à une tutelle nationale ; que les institutions culturelles n’ont d’autres préoccupations que de retrouver des marges de liberté pour se renouveler, qu’enfin ce monde-là souffre plus que d’autres de ne jamais en finir avec les querelles d’ego, les guerres picrocholines et les effets d’annonces, pourquoi ne pas en profiter pour suggérer à l’Etat d’appliquer au pied de la lettre cette formule habile de Régis Debray : «Ce qui nous rassemble est ce qui nous dépasse» ? On verra alors qu’il y a matière à se surpasser.

Jean-Michel Djian est l’auteur de la Politique culturelle, la fin d’un mythe, Folio/Gallimard, 2005.

Jean-Michel Djian journaliste et essayiste

5 août 2018

Andy Warhol

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Andy Warhol, né Andrew Warhola le 6 août 1928 à Pittsburgh, Pennsylvanie1, États-Unis, et mort le 22 février 1987 à New York, est un artiste américain, l'un des principaux représentants du pop art.

Warhol est connu dans le monde entier par son travail de peintre, de producteur musical, d'auteur, par ses films d'avant-garde, et par ses liens avec les intellectuels, les célébrités d'Hollywood ou les riches aristocrates. Bien que le travail de Warhol reste controversé, il a été le sujet de multiples expositions, de livres, et de films depuis sa mort. Warhol est généralement reconnu comme l'un des plus grands artistes du xxe siècle.

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Conçu avec le concours de la Fondation Andy Warhol, cet ouvrage rassemble des centaines d’instantanés capturés par Warhol, dont la plupart n’ont jamais été publiés auparavant. Des portraits de célébrités aux natures mortes en passant par les nus anonymes et le gratin new-yorkais, ces images impromptues sont autant de témoignages précieux de la vision et de l’univers de l’artiste.

«Chaque photo est là pour me rappeler où j’étais à tel instant précis. C’est pourquoi je prends des photos. C’est une sorte de journal intime visuel.»

— Andy Warhol

Andy Warhol a été un chroniqueur inlassable de la vie et des rencontres qu’elle offre. Transportant un appareil photo Polaroïd à peu près partout où il allait de la fin des années 1960 à sa mort en 1987, il a rassemblé une immense collection d’instantanés montrant ses amis, ses amants, ses mécènes, des célébrités, des inconnus, des gens de la scène, de la mode et lui-même.

Conçu en collaboration avec la Andy Warhol Foundation, le présent ouvrage rassemble des centaines de ces instantanés, dont la plupart n’ont jamais été vus. Des portraits de célébrités comme Mick Jagger, Alfred Hitchcock, Jack Nicholson, Yves Saint Laurent, Pelé, Debbie Harry côtoient des photos de son entourage et de sa vie mondaine, des paysages et des natures mortes – des poupées Cabbage Patch aux boîtes de soupe emblématiques.

Souvent bruts et sans apprêt, les Polaroïds de Warhol nous éclairent sur son époque comme Instagram capte la nôtre. Réalisée par le photographe de cour inofficiel de la haute société et des petites gens de New York, cette collection de photos est un document indispensable qui retrace la vie, l’univers et la vision de Warhol.

2 mars 2019

Qui sont les femmes qui se masturbent ?

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par Maïa Mazaurette - Le Monde

Grandes gagnantes : les trentenaires, les lesbiennes et bisexuelles, et les femmes très expérimentées !

Nous sommes en 2019, et selon les derniers chiffres de l'Ifop/Elle, 24% des femmes ne se sont jamais masturbées. 23% se masturbent rarement. Certes, cette pratique est en hausse constante - grâce à une meilleure acceptation sociale, mais aussi grâce à l'utilisation de sextoys (deux facteurs ont contribué à leur succès : le fait qu'ils soient sortis des sexshops à l'ancienne, perçus à juste titre comme très masculins, et le fait qu'ils soient devenus plus efficaces et jolis).

Hausse constante ou pas, ça fait encore beaucoup de non-masturbatrices. Les femmes qui se caressent souvent (dont on pourrait dire qu'elles se masturbent comme des hommes ?) sont seulement 14%. Mais alors, qui sont elles ?

Eh bien, commençons par écarter ce qui n'a aucune influence (ou presque aucune influence), à commencer par l'origine géographique, le poids, le fait d'être en couple, l'ancienneté du couple.

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Ensuite, parlons d'âge. Ce n'est pas une variable si importante. On aurait pu croire que les jeunes se masturbent plus que les vieilles... sauf que non. Les vingtenaires se masturbent moins que les sexagénaires (et que toutes les autres femmes). Ce sont les trentenaires qui sont les plus concernées par le plaisir solitaire (au passage, rien ne dit que ce plaisir soit solitaire, on peut se masturber avec ses partenaires).

Abordons maintenant les choses assez importantes : plus on a de diplômes et/ou plus on est privilégiée dans l'ordre social, plus on se masturbe. Les femmes qui ont eu des rapports dans l'année, se masturbent un peu plus que les abstinentes - mais celles qui ont plus de trois rapports par semaine se masturbent moins que celles qui n'ont qu'un ou deux rapports.

Ok, mais quel est le nerf de la guerre ? Eh bien plusieurs facteurs jouent lourdement. Déjà, la satisfaction sentimentale. Les femmes les plus heureuses en amour se masturbent le moins (ou du moins, celles qui se sentent délaissées prennent les choses en main). Ensuite, très clairement, l'orientation sexuelle : 100% des lesbiennes et bisexuelles se masturbent. De fait, quand on est une femme hétéro, la masturbation est supposément vécue comme un échec : dans l'imaginaire collectif, c'est ce à quoi on est réduite quand l'homme ne sait pas s'y prendre (notons que dans cet imaginaire collectif, on le laisse à sa misère sans lui enseigner jamais les bons gestes). Ne pas se masturber, c'est un truc de femme qui laisse le boulot aux hommes...

Mais à l'arrivée, ce qui compte le plus avec l'orientation, c'est le nombre de partenaires. Plus une femme a eu d'amants dans sa vie, plus elle se masturbe. Une femme qui a eu dix partenaires est deux fois plus susceptible de s'adonner à la masturbation qu'une femme vierge ou restée toujours avec le même homme.

S'il fallait retenir une seule explication (en plus d'être lesbienne, bi ou hétéro), elle serait donc toute simple, et joliment paradoxale : alors même que la masturbation est considérée chez les femmes comme un pis-aller ou une phase d'apprentissage, ce sont les plus expérimentées qui s'y collent. De quoi faire taire les partisans du pis-aller...

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31 mars 2019

Pourquoi la sodomie est-elle une pratique aussi tendance ?

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Elle a longtemps été tabou en sexualité. Même si les mentalités ont évolué, la sodomie soulève toujours de nombreuses questions et inquiétudes, notamment sur la peur d’avoir mal. Nos conseils pour dédramatiser le sexe anal et le pratiquer pour la première fois.

Depuis quelque temps, la sodomie s'invite de plus en plus dans les lits : plusieurs de mes amis la pratiquent, certains, même, ne jurent plus que par ça, et des filles de 20 ans m'ont confié qu'on leur proposait la pratique dès le premier soir.

Et ce ne sont pas les chiffres qui vont démentir ces constats subjectifs : une en 2014, révélait que 51% d'hommes et de femmes ont déjà essayé le sexe anal. Ce serait chez les jeunes que la progression serait la plus flagrante.

Alors, les non-praticants.es sont-ils/elles has been ? Et pourquoi un tel engouement pour le sexe par les fesses ? Voici cinq raisons pouvant expliquer cette évolution des pratiques sexuelles.

Pour du (re)nouveau : l'envie personnelle d'éprouver des sensations nouvelles ou le besoin commun d'un couple de redoper sa libido grâce à une pratique inusitée jusqu'alors.

Pour plus de sensations : le sphincter étant plus serré que le vagin, on ressent davantage le pénis à cet endroit-là (ce qui déplaît à d'autres qui n'y trouvent pas de plaisir mais juste de la douleur).

Par plaisir : en ce qui concerne les hommes, le plaisir vient de la glande sexuelle nommée prostate. Quant aux femmes, elles peuvent ressentir le plaisir grâce à leur vagin car il est connecté à l'anus par de petits nerfs et vaisseaux sanguins.

Pour faire plaisir : s’il est possible pour les femmes de prendre du plaisir physique dans cette pratique, 4,6% d'entre elles interrogées dans le cadre de l’enquête sur la sexualité des Français déclarent pratiquer la sodomie uniquement pour faire plaisir à leur partenaire, contre 1,3% des hommes.

Pour l'orgasme : c’est la très intéressante théorie d’un journaliste de Slate, suite à la publication d’une . Il constate que seulement 6% des femmes ayant eu des relations anales au cours de leur dernier rapport sexuel n'ont fait que ça. Les 94% restants ont également eu une pénétration vaginale, un cunnilingus ou une masturbation. Or, « plus les pratiques sont nombreuses au cours du même rapport sexuel, plus les femmes ont de chance d'atteindre l'orgasme »

Pratiquer le sexe anal pour la première fois

Si vous voulez essayer, voici quelques conseils avisés (dans l'ordre) :

Soyez en confiance : l'amour n'est pas un prérequis, mais le respect oui ! Il faut être avec quelqu'un qui vous mette en confiance.

Préparez-vous mentalement et physiquement : l'anus, comme chacun sait, c'est aussi l'endroit par lequel sont expulsées les selles (désolée d'être aussi triviale, mais c'est pour la bonne cause : votre plaisir). Donc, prenez une bonne douche avant de vous lancer...

Capotez : le risque de transmission d'IST (infection sexuellement transmissible) ou de MST est plus important avec le sexe anal, donc, si vous n'avez pas fait de test avec votre partenaire il faut mettre un préservatif. Pas de latex, pas de « fesses-sexe »!

Lubrifiez : allez-y gaiement il faut que ça glisse... Et oui, la salive ça marche.

Détendez : si la personne passive est tendue aussi bien mentalement que physiquement, cela peut être douloureux. Donc, il faut la/le détendre, aussi bien avec des mots qui rassurent qu'avec des caresses sur l'anus. Vous pouvez aussi commencer par insérer un doigt ou deux, ou seulement le gland du phallus, histoire de préparer son corps. Celui-ci a besoin de quelques minutes pour s'acclimater. Prenez-les !

Sachez dire stop à tout moment (et bien sûr non tout court si vous n'en avez pas /plus envie).

6 octobre 2016

Les photaumnales à Beauvais - à partir du 8 octobre - save the date

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http://www.photaumnales.fr/

http://www.diaphane.org/telechargement/Photaumnales2016_DP.pdf

https://www.facebook.com/photaumnales

Pour cette 13ème édition, le festival photographique des Photaumnales de Beauvais se place sous la couleur des invitations et des échanges.

Dans un monde en tension qui ne cesse de se refermer, les Photaumnales souhaitent mettre l’accent sur l’ouverture aux autres et souligner combien le regard des artistes est essentiel dans la construction de la tolérance. Au programme :

Love Stories, « Histoires d’amour »

« De même que l’amour nous nourrit, nous exalte, les histoires d’amour dont rendent compte les différentes parties de LOVE STORIES sont nourrissantes et exaltantes. La photographie indexe pour l’occasion des faits amoureux multiples, de fort différentes histoires d’amour. Rien à cela d’anormal : l’amour, dit-on, décoche ses flèches dans toutes les directions... » Paul Ardenne.

Love HONG KONG

Un panorama de la photographie hongkongaise de 1950 à nos jours est présenté à Beauvais, tandis qu’une sélection d’artistes françaises est exposée à Hong Kong. Partenariat entre Diaphane, l’Alliance française de Hong Kong et le Hong Kong International Photo festival.

Love Picardie-Gaspésie

Des photographes français et des photographes québécois, en résidence de part et d’autre de l’Atlantique, ponctuent la deuxième année de partenariat entre les Rencontres internationales de la photographie en Gaspésie et Les Photaumnales.

Love Résidences

Les Photaumnales présentent les derniers artistes accueillis en résidence à Beauvais, Clermont, Tergnier ou Albert.

Love Encore

D’autres photographes invités encore sous le signe de l’amour, autres « love stories » partagées avec les lieux partenaires du festival.

Adresse

Maison Diaphane

16, rue de Paris

60600 Clermont-de-l’Oise

3 août 2016

Boo.bzh. Les seins bretons pointent sur le net

Claire Maoui, jeune Parisienne originaire des Côtes-d'Armor, a gagné l'estime de ses pairs en créant le buzz avec son site internet « boo.bzh », sorte de « vallée des seins » virtuelle. « Certifiez-vous avoir plus de 17 années, 11 mois, 30 jours, 23 heures, 59 minutes et aimer la Bretagne ? ».

Les honnêtes gens qui cliqueront sur « non » seront redirigés vers le programme pour enfants « Midi les zouzous ». Les moins sages découvriront un site minimaliste et bourré d'humour, créé « par amour de la Bretagne, des femmes et de la liberté ! » Une extension gonflée

Tout commence il y a un an et demi, lorsque l'extension «. bzh » débarque sur le web. « J'ai trouvé l'idée hyper drôle, une extension réservée aux Bretons », se souvient Claire Maoui, Parisienne aux origines costarmoricaines. « Tout de suite, j'ai pensé à " boo.bzh " (boobs : seins en anglais) en me disant " impossible de ne pas faire de blague avec ça " ». Son emploi de directrice artistique dans la publicité et son rôle de jeune maman la forcent à faire une pause pendant un temps. Mais lorsque l'idée refait surface, il y a quelques mois, elle peut compter sur le soutien de tout son entourage : son petit frère, développeur, met le site en ligne et ses copines sont mises à contribution : « Je leur ai demandé de m'envoyer une photo de leurs boobs, en mode selfie ». Un cadrage loin d'être avantageux mais justement, la démarche de la trentenaire n'est pas de faire dans le glamour : « Si tu veux voir des trucs sexy, va sur Youporn ! ».

« Pas un concours de beauté »

« S'il y a de belles poitrines, tant mieux mais je ne veux surtout pas que ça devienne un concours de beauté. Moi, je veux des seins de tous les âges, des beaux, des moches, des petits, des gros... Il y a aussi des filles qui ont eu un cancer, qui ont des cicatrices... Il faut que ce soit représentatif de toutes les femmes ». Claire n'oublie pas son objectif premier : « Se marrer, tout simplement ! ». En ligne depuis vendredi dernier, Boo.bzh a décollé très vite, relayé par des sites d'actu décalés tel que Brain magazine ou Topito. «

Même Marc Dorcel l'a partagé, ça m'a fait très plaisir », sourit celle qui sait que c'est grâce à ces relais sur les réseaux sociaux qu'elle touchera un maximum de participantes. Si tout le monde peut « uploader ses boobzh », les volontaires sont toutefois « bretonnisées » d'office : une fois le selfie téléchargé, elles sont obligées de choisir un prénom régional (Aziliz, Azénor, Madenn...) mais également un métier « typiquement exagéré » : « dresseuse de mouettes », « vendeuse de cirés » ou encore « entendeuse de loups de renards et de belettes »...

Des dizaines de boobs par jour

Seulement quelques jours après la mise en ligne, Claire recense déjà une centaine de paires de boobs et en reçoit entre 10 et 20 chaque jour... Avec, inévitablement, beaucoup de tri à effectuer : « Il y a plus de mecs qui participent que de filles », rigole la modératrice. Et si elle laisse passer un torse velu de temps en temps, elle refuse catégoriquement tous les appendices virils ou les gorges d'actrices X dénichées sur le net. « Je pensais que ça allait faire marrer 20 personnes et aujourd'hui je me retrouve obligée de muscler mon site pour éviter les bugs ! », confie Claire, auréolée par ce succès fulgurant. 

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9 octobre 2013

Georges Braque au Grand Palais

GEORGES BRAQUE au Grand Palais : jusqu'au 06 Janvier 2014  Tous les jours de 10h à 20h, sauf le mardi Nocturnes jusqu’à 22h du mercredi au samedi.  Vacances de la Toussaint du 19 octobre au 2 novembre : Tous les jours de 10h à 22h, sauf le mardi  Vacances de Noël du 21 décembre au 4 janvier : Tous les jours de 9h à 22h, sauf le mardi  L’exposition participe à la Nuit Blanche le 5 octobre 2013 : entrée gratuite de 20h à minuit. Fermeture anticipée à 18h le 30 septembre, les 1er, 2, 24 et 31 décembre, à 19h le 23 septembre. Fermeture le 25 décembre. - See more at: Georges Braque

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24 janvier 2019

Jean Paul Gaultier - Haute Couture

Fusionnant découpes japonisantes, influences maritimes et pièces issues de ses archives, Jean Paul Gaultier dévoilait le 23 janvier dernier son défilé haute couture printemps-été 2019. 63 looks à l’opulence maîtrisée et aux intitulés évocateurs, alliant plissés architecturaux, jeux d’épaules et volumes dramatisés. L’occasion de revenir en images sur les silhouettes les plus extraordinaires repérées lors de ce show parisien.

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14 septembre 2013

Rappel : Michel Piccoli à la Cinémathèque

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Voir mes précédents billets sur Michel Piccoli

Michel Piccoli : Après des débuts au théâtre, on le remarque dans les années 1950 chez Renoir (French Cancan), Pierre Chenal (La Bête à l'affut, Rafles sur la ville) avant qu'il ne s'impose définitivement la décennie suivante. Bunuel lui restera fidèle avec Le Journal d'une femme de chambre, Belle de jour, Le Charme discret de la bourgeoisie. Godard lui confie un des rôles principaux du Mépris, avec Brigitte Bardot. Il devient le modèle de l'homme mûr chez Marco Ferreri (Dillinger est mort, La Grande Bouffe), Claude Sautet (Les Choses de la vie, Max et les Ferrailleurs). Il y invente des personnages où, derrière une apparente quiétude, se cache le vertige de la folie. Il compose par ailleurs, chez les grands poètes du cinéma contemporain (Manoel de Oliveira, Leos Carax), des figures inoubliables et incroyablement diverses.

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A la Cinémathèque jusqu'au 4 octobre

8 janvier 2019

Carlos Ghosn, en audience publique pour la première fois, se dit « faussement accusé »

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Le PDG de Renault, arrêté pour des malversations financières présumées mi-novembre 2018, a comparu mardi, à sa demande, devant un juge de Tokyo.

L’ancien président du constructeur automobile japonais Nissan – et toujours PDG de Renault – Carlos Ghosn, a comparu, mardi 8 janvier, devant un tribunal de Tokyo, prêt à livrer sa version des faits sur les accusations de malversations financières dont il fait l’objet.

Le magnat de l’automobile de 64 ans, qui connaît une chute brutale après être devenu un personnage tout-puissant, s’est défendu d’une voie claire et forte, sans montrer d’émotion, au cours d’une audience qui a attiré les médias du monde entier et de nombreux curieux.

Vêtu d’un costume sombre, l’homme d’affaires a semblé amaigri. Il est arrivé menotté avec une corde nouée autour de la taille. L’audience, convoquée à la demande du prévenu, a débuté à 10 h 30 locales (2 h 30, heure de Paris). Elle a duré quasiment deux heures.

La procédure est rare, seuls 0,6 % des détenus ont fait une telle requête en 2017. Elle n’avait quasiment aucune chance de changer le cours des choses, mais la portée symbolique est forte pour M. Ghosn, qui avait là une occasion de rompre le silence médiatique dans lequel il est muré depuis plusieurs semaines.

Risques de fuite à l’étranger

« J’ai été faussement accusé et placé en détention sur la base d’accusations sans fondement », a-t-il déclaré lors de l’audience, selon une allocution préparée à l’avance que l’agence Reuters a pu consulter.

S’exprimant en anglais, M. Ghosn a rappelé avoir dédié « deux décennies de sa vie à relever Nissan et bâtir l’alliance », une entreprise qu’il dit aimer. Le dirigeant franco-libano-brésilien affirme « avoir agi avec honneur, légalement et avec la connaissance et l’approbation des dirigeants de la compagnie ».

Il a assuré n’avoir nullement fait couvrir des pertes personnelles à Nissan et a détaillé les transactions pour lesquelles il est accusé d’abus de confiance, assurant que les sommes versées par une filiale du groupe automobile à un homme d’affaires saoudien l’ont été en rétribution de services rendus pour aider le groupe dans la région du Golfe.

Le juge a justifié de son côté son maintien en détention par un risque de fuite à l’étranger « où il a des bases » et d’altération de preuves. « Il y a suffisamment d’éléments pour estimer que le suspect pourrait inciter des personnes concernées à dissimuler des infractions », a argué le magistrat Yuichi Tada.

Première apparition publique

Dès les premières heures de la matinée, une longue queue s’était formée devant le tribunal. Plus d’un millier de personnes ont patienté dans le froid pour tenter de décrocher une des rares places : seulement quatorze tickets ont été alloués par tirage au sort à des membres du public, pour assister à la comparution du célèbre accusé.

L’ambassadeur de France au Japon, Laurent Pic, était présent « dans le cadre de la protection consulaire », selon un porte-parole de l’ambassade. Tout comme celui du Liban et le consul du Brésil, d’après la chaîne de télévision publique NHK.

Carlos Ghosn, qui est toujours PDG de Renault et de l’alliance Renault-Nissan, effectuait sa première apparition publique depuis son incarcération, le 19 novembre 2018, pour des accusations de malversations financières chez Nissan.

Le tribunal du district de Tokyo avait décidé, le 31 décembre, de prolonger de dix jours la détention de l’homme d’affaires, également accusé d’abus de confiance aggravé. Après des espoirs déçus de libération en décembre, M. Ghosn arrive vendredi au bout de sa troisième garde à vue, mais il peut rester en prison dans l’attente de son procès ou même être arrêté sur de nouvelles charges.

Son équipe d’avocats, menée par un ancien procureur, Motonari Otsuru a prévu de tenir une conférence de presse mardi après-midi. Ils sont arrivés un peu plus d’une heure avant le début de l’audience, en taxi.

De son côté, Nissan a déclaré, mardi, qu’une enquête interne avait permis de mettre au jour des preuves substantielles et convaincantes de fautes commises par son ancien président. Le constructeur automobile japonais a fait cette annonce dans la foulée de la première apparition publique de M. Ghosn.

29 octobre 2020

Turquie : Une caricature d’Erdogan en Une de Charlie Hebdo provoque la colère d’Ankara

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Le dessin montre le président turc en train de boire une bière et de soulever la jupe d’une femme portant le voile

La tension entre Ankara et Paris n’est pas près de retomber. La Turquie a vivement réagi mardi à une caricature de son président à paraître en Une ce mercredi de Charlie Hebdo. Le dessin, diffusé en ligne mardi soir, montre Recep Tayyip Erdogan, en tee-shirt et sous-vêtements, en train de boire une bière et de soulever la jupe d’une femme portant le voile, dévoilant ainsi ses fesses nues.

3 novembre 2020

Sean Connery, jamais plus jamais

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Par Léo Soesanto — Libération

L’acteur devenu star internationale dans les «sixties» avec son rôle dans le premier James Bond, «Dr No», était l’archétype du séducteur à poil dur et au flegme loustic. Il venait d’avoir 90 ans.

«La préoccupation d’un acteur ou un auteur n’est pas la crédibilité mais de faire disparaître le temps. Je pense vraiment que les seules occasions où vous vous amusez, êtes heureux, swinguez, comme on dit, c’est lorsque vous ignorez l’heure qu’il est…» : Sean Connery se définissait ainsi en 1965 dans une interview à Playboy. Et, face à la nouvelle de la mort de l’acteur à l’âge de 90 ans, le temps se fige dans les sixties. Connery aura beau avoir des rapports amour-haine avec un rôle qui fit sa gloire il y a plus d’un demi-siècle, c’est bien le séminal James Bond qu’on met en bière. Le parangon d’une virilité franche, décontractée, épaisse et touffue comme sa pilosité. Qui demeure insubmersible même lorsqu’il porte de peu seyants combishort en éponge bleu (Goldfinger, 1964) ou slip rouge et bottes de cuir (Zardoz, 1974). Quelque chose dépassait toujours chez lui. Les pectoraux de culturiste sous le smoking, la rugosité sous le cool, le bouillonnement intérieur derrière la démarche féline. L’homme le plus sexy du XXe siècle, selon le magazine People en 1999, aura aussi beaucoup fait pour être l’Ecossais le plus célèbre de son temps. Les Highlands dans la peau (au point d’arborer un tatouage «Scotland Forever» fait pendant son service militaire), dans l’accent dont il n’a jamais voulu se départir et dans les stéréotypes associés que sont la bougonnerie, l’envie d’indépendance et qu’on lui fiche une paix royale.

Testostérone suintante

On ne vit que deux fois, titrait le Bond cuvée 1967. Né en 1930 à Edimbourg d’une mère femme de ménage et d’un père ouvrier, Sean Connery a été, lui, livreur de lait, chauffeur routier, sauveteur, manœuvre, modèle pour artistes, baby-sitter et vernisseur de cercueils («je n’étais pas très bon à ça»). Sa carrure et son mètre 88 le prédisposent au sport - Manchester United lui proposera même un contrat. Travailler dans les coulisses d’un théâtre en 1951 lui inocule un intérêt pour les planches et, de figurations en petits rôles, il finit par percer à la télévision et au cinéma. Il partage l’affiche avec Lana Turner dans le mélo Je pleure mon amour (1958) de Lewis Allen, dont la péripétie la plus célèbre eut lieu hors champ : le petit ami de Turner était à l’époque le mafieux Johnny Stompanato. Jaloux de Connery, il débarqua sur le tournage arme à la main. Connery le désarma et l’assomma.

Cette testostérone suintante n’en fait pas un candidat évident lorsqu’il s’agit de porter les aventures de l’agent secret James Bond sur grand écran. Son créateur littéraire, Ian Fleming, envisageait un gentleman tueur à la David Niven, pas un «cascadeur surdimensionné» selon ses termes. Une femme tranchera : l’épouse du producteur Albert R. Broccoli, qui rêvait, lui, de Cary Grant, aidera donc à faire de Connery une star grâce à ce qui n’est alors qu’une série B : James Bond contre Dr No (1962). Son réalisateur, Terence Young, aidera à polir le diamant brut en lui faisant faire le tour des tailleurs, bons restaurants et cercles de jeux londoniens et lui enjoignant, selon la légende, de dormir habillé en costume-cravate pour s’y habituer. C’est une franchise qui s’installe, lançant une Bond mania mondiale, avec moult spectateurs, produits dérivés et publicités. Séduit par surprise, Fleming ira jusqu’à incorporer des origines écossaises à James Bond.

Connery est en phase avec la génération d’acteurs issus des classes populaires faisant florès à la même époque : les Michael Caine (dont il deviendra très proche), Albert Finney ou Richard Harris comme signaux d’une jeunesse britannique socialement mobile, énergique, énervée, prenant d’assaut la culture british. Connery apporte quant à lui une touche physique de star US, à la Humphrey Bogart. Dans Goldfinger, écoutez le jauger une fine de 30 ans d’âge et prononcer «Bons Bois» d’une voix dure comme l’écorce. Le dédain de l’expert est là, jamais aristocratique mais placé pour taquiner son aîné et supérieur chef des services secrets, présent.

Panthère grise

Toujours échaudé d’être confondu avec son rôle, il avouait pourtant à Playboy partager avec 007 son attitude parfois brutale avec la gent féminine : «Il n’y a rien de particulièrement grave à frapper une femme… même si je ne recommande pas de le faire comme lorsque vous frappez un homme. Une gifle est justifiée… si toutes les alternatives ont échoué et que vous l’ayez mise en garde. Si une femme est une salope, hystérique ou toujours butée, alors, je le ferai.» Des propos outrancièrement machistes qu’il ne réfutera jamais vraiment.

Bond et les paparazzis collent vite comme un sparadrap à un Connery impatient. Il traque les rôles ailleurs, si possible à contre-emploi, comme mari pervers narcissique violeur dans Pas de Printemps pour Marnie (1964) de Hitchcock ou prisonnier militaire violenté, condamné à monter et descendre un monticule sous un soleil de plomb dans la Colline des hommes perdus (1965) de Sidney Lumet. Il refusera de jouer dans Blow-Up (1966) parce que Michelangelo Antonioni ne veut pas lui montrer le scénario complet. Il quitte 007 une première fois en 1967, revient pour les Diamants sont éternels (1971) et pour le chèque (1 million de livres sterling qu’il reversa intégralement à une œuvre caritative écossaise). Dans l’intérim des seventies, il s’ingéniera à malmener la statue du commandeur Bond dans lequel le public l’avait figé. Jouer les gros bras pour mieux les dégonfler, dans un geste sadomasochiste pas si éloigné du style Clint Eastwood. Dans le méconnu The Offence (1972) de Sidney Lumet encore (ils collaboreront cinq fois ensemble), il est brillant en policier traumatisé par la violence de ses enquêtes, finissant par exploser lors de l’interrogatoire d’un pédophile. Rôle éprouvant, mise en scène radicale à base de ralentis et d’images mentales ambiguës. Il trouve d’autres rôles plus grands que la vie mais cabossés aussi, en Robin des Bois vieillissant dans la Rose et la Flèche (1976) de Richard Lester et, dans son rôle favori, un aventurier affligé d’hubris cherchant fortune en Afghanistan au côté de Michael Caine dans le bien nommé l’Homme qui voulut être roi (1975) de John Huston.

Vers le milieu des années 80, sa carrière s’enlise un peu (le navet l’Epée du Vaillant en 1984), justifiant un ultime retour à James Bond pour se renflouer dans Jamais plus jamais (1983), mais aussi à un point où les distributeurs américains du Nom de la rose (1986) de Jean-Jacques Annaud renâclent lorsqu’il est engagé comme premier rôle. En détective médiéval dans cette adaptation d’Umberto Eco - lui aussi peu convaincu initialement par Connery, comme le fut Fleming auparavant -, Connery assume enfin sa calvitie précoce, planquée sous une perruque dès les années Bond. Et comme dans Highlander de Russell Mulcahy la même année, il se complaît dans des rôles de mentors paternels, vieux briscard chapeautant avec panache de jeunes héros : dans les Incorruptibles (1987) de Brian De Palma, qui lui vaut son unique oscar comme meilleur second rôle ; dans Rock (1996) de Michael Bay ; dans A la Rencontre de Forrester (2000) de Gus Van Sant, où il est parfait en avatar bourru d’un J.D. Salinger, écrivain ayant arrêté d’écrire après le succès de son premier roman. Steven Spielberg, qui avait commis les Indiana Jones pour soulager sa frustration de ne pouvoir réaliser un James Bond, assurera la filiation comme père de l’archéologue fouettard interprété par Harrison Ford dans Indiana Jones et la Dernière Croisade (1989) où les deux stars se livrent à un véritable concours de flegme sourire en coin sous le déluge de péripéties et les successions de chausse-trapes.

Connery saura encore jouer de son sex-appeal de panthère grise, plus effectif sur le public que sur ses jeunes partenaires féminines - Michelle Pfeiffer dans la Maison Russie (1990) de Fred Schepisi, Catherine Zeta-Jones dans Haute Voltige (1999) -, avec lesquelles l’alchimie à l’écran tient de l’amour courtois. Il devient un genre institutionnel : besoin d’un roi Richard ou Arthur ? Embauchez-le pour Robin des Bois, prince des voleurs (1991) et Lancelot (1995). Lui-même est myope sur les genres montants et se plante à plusieurs reprises sur la bonne perche à saisir : il décline les rôles de Gandalf dans le Seigneur des Anneaux et celui de l’Architecte dans Matrix Reloaded (2003) parce qu’il juge les scénarios incompréhensibles. Mais c’est bien le vieux lion à la voix sûre et réconfortante que les réalisateurs viennent chercher pour donner profondeur et noblesse à leurs films.

Retraite définitive

Sa tentative de se raccrocher à une franchise superhéroïque dans la Ligue des gentlemen extraordinaires se solde par un échec cuisant au box-office et un dégoût face à Hollywood après les problèmes sur le plateau (décors détruits par une inondation, disputes avec le réalisateur Stephen Norrington, tournage précipité). De quoi lui donner des envies de retraite définitive. Rien ne sera assez bien pour lui, même lorsque Spielberg lui propose de revenir pour Indiana Jones et le Royaume du crâne de cristal (2008). En paix avec James Bond, il acceptera d’être sa voix pour l’adaptation en jeu vidéo de Bons Baisers de Russie en 2005. Un sondage en 2020 le consacrait encore interprète favori du rôle par les Anglais. Jusqu’à la fin de ses jours, le lion sera surtout retranché aux Bahamas pour échapper aux impôts britanniques, occupé à soutenir financièrement et publiquement le Parti national écossais indépendantiste ou sur les greens. Le golf, découvert sur le tournage de Goldfinger et devenu plus qu’un sport, un enjeu existentiel : «J’ai commencé à voir le golf comme une métaphore de la vie», dit-il dans son autobiographie, Being a Scot : «Vous êtes tout seul, en compétition avec vous-même et essayant de faire toujours mieux.»

23 octobre 2020

"Helmut Newton": ses photos de femmes dénudées ont-elles libéré leurs modèles ou imposé les fantasmes masculins ?

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Des femmes élancées, athlétiques, sculpturales, presque toutes blondes. Des compositions géométriques ou jouant sur les oppositions entre ombres et lumière ; un noir et blanc tranchant, évocateur. Pas mal d’humour et de clin d’œil à l’Histoire, à l’architecture, à la peinture. Des clichés érotiques ou provocateurs. Une fascination assumée pour la nudité. Il y a tout cela chez Helmut Newton, et plus encore.

Disparu en 2004, le photographe laisse une œuvre impressionnante reconnaissable au premier coup d’œil qui interroge les représentations sociales et les rôles assignés aux individus. Sa complice, June, connue sous son nom de photographe, Alice Springs, l’a épaulé toute sa vie, première à juger ses clichés, ses livres, ses expositions.

La grande richesse de ce documentaire, signé Gero von Boehm, découle des témoignages de quelques-unes de ses égéries les plus célèbres : Grace Jones, Isabella Rosellini, Charlotte Rampling, Claudia Schiffer, Marianne Faithfull, Hanna Schygulla. Mais aussi sa complice de toujours : Anna Wintour, rédactrice en chef de l’édition américaine du magazine Vogue. Le réalisateur a aussi recueilli le regard qu’Helmut Newton porte sur ses débuts et les influences majeures qu’il reconnaît même si certaines - comme celle de l’artiste Brassaï pour ses photos de nuit -, sont sans doute plus avouables que d’autres…

Allemagne: l’ombre des années de guerre

Épaulé par la Fondation Helmut Newton, Gero von Boehm a eu accès à de nombreux films et photos d’archives qui jalonnent le parcours de l’artiste berlinois, resté admiratif de l’esprit de bohème et de la liberté de sa ville, ainsi que de l’aura de la République de Weimar.

Adolescent juif, Newton était conscient de l’influence exercée par une photographe comme Leni Riefenstahl qui exalta le corps allemand lors des Jeux olympiques, embrassant pleinement la propagande nazie. On retrouve des traces de cette période cruelle et troublée dans sa façon de mettre en scène les contraires, les images de domination et de corps athlétiques et de confronter les ombres et lumières de la ville. Son travail d’assistant auprès de la photographe Yva (Else Neuländer-Simon) a été déterminant, façonnant son parcours d’apprenti et d’homme. Son atelier sera fermé, la photographe sera déportée tandis que Newton et sa famille fuiront l’Allemagne.

L’œuvre d’Helmut Newton, aujourd’hui encore, pose question et fait réagir ; certaines photos sont jugées vulgaires, humiliantes ou amorales sans qu’on puisse trancher avec certitude si ce regard sexualisé sur la femme sert uniquement son auteur ou a permis à toutes ces "amazones" de s’affirmer face aux donjons et dragons de notre époque. Une thématique que le documentariste a abordé avec tous les modèles féminins rencontrés. Une démarche singulière, obsessionnelle qui, forcément, pose question aujourd’hui plus encore qu’hier.

Helmut Newton : The Bad and the Beautiful Portrait documentaire De Gero von Boehm Durée 1h33.

21 octobre 2020

Election présidentielle américaine : Donald Trump affiche sa confiance malgré les sondages

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Par Gilles Paris, Washington, correspondant - Le Monde

Le président sortant mise comme en 2016 sur les meetings de campagne, un exercice dans lequel il excelle. Mais il est menacé dans de nombreux Etats, et peine à garder un message positif.

La campagne de Donald Trump a affiché sa confiance, lundi 19 octobre, au cours d’une conférence téléphonique avec des journalistes. Son directeur de campagne, Bill Stepien, la plus haute responsable du Parti républicain, Ronna McDaniel, et l’un de ses stratèges, Jason Miller, ont multiplié les propos optimistes. Ils ont assuré « que la course est plus serrée » que l’image donnée par les sondages qui mesurent les intentions de vote. Ils ont noté « un élan » favorable selon eux au président sortant notamment en termes d’inscriptions sur les listes électorales, et vanté l’organisation mise en place depuis des mois qui devrait selon eux favoriser une participation des électeurs républicains meilleure que celle des démocrates.

Un peu plus tôt dans la journée, Donald Trump s’était déjà efforcé de remobiliser ses troupes dans un appel à l’ensemble de ses équipes de campagne qui lui a donné l’occasion d’afficher son optimisme. « Nous allons gagner. Je ne vous aurais peut-être pas dit la même chose il y a deux ou trois semaines », a-t-il assuré pour lutter contre l’impact de sondages dans lesquels il est régulièrement distancé par son principal adversaire, Joe Biden. « Bougez-vous le cul », a conclu le président.

Les déplacements du locataire de la Maison Blanche illustrent une équation électorale qui repose sur beaucoup d’inconnues. Il lui est impératif, pour espérer obtenir un nombre suffisant de grands électeurs synonyme de second mandat, de conserver les Etats stratégiques de Floride, de l’Ohio et de Géorgie, où il est au coude-à-coude avec le démocrate. Mais il lui faut également remporter les Etats dans lesquels il est distancé par Joe Biden comme l’Arizona, l’Iowa, la Caroline du Nord et la Pennsylvanie. Auquel cas Donald Trump pourrait battre Joe Biden sur le fil au sein du collège électoral.

Energie impressionnante et attaques virulentes

Dans cette entreprise, le président sortant mise comme en 2016 sur les meetings de campagne, un exercice dans lequel il excelle et qui lui donne l’occasion d’afficher une impressionnante énergie pour un septuagénaire. Depuis la fin de sa convalescence éclair, à la suite de sa contamination par le coronavirus, Donald Trump enchaîne souvent deux réunions publiques par jour et envisage même de passer à trois dans la dernière semaine de la campagne.

Cet exercice souligne cependant le problème central auquel se heurte le président depuis le début de l’épidémie de coronavirus : celui de son message. L’effondrement de l’économie américaine l’a privé du bilan qu’il comptait placer au cœur de sa campagne de réélection. Le président sortant continue pourtant d’assurer qu’il est le seul candidat capable de remettre l’économie américaine sur les rails.

Ce message optimiste est cependant parasité par les attaques virulentes portées contre son adversaire démocrate, tour à tour accusé d’être sénile, réduit à l’état de marionnette d’une « gauche radicale », ou encore à celui de chef d’une « famille mafieuse ». Cette dernière attaque a été alimentée par la parution dans un tabloïd, le New York Post, de documents présentés comme compromettants liés aux activités du fils du candidat, Hunter Biden, fournis par l’avocat du président, Rudy Giuliani.

Ce dernier était déjà à la manœuvre lors de l’affaire ukrainienne qui avait entraîné la mise en accusation du président. Donald Trump avait été accusé d’avoir marchandé une aide militaire à Kiev en échange d’enquêtes sur une compagnie gazière au sein de laquelle avait travaillé le fils Biden. La menace de sa destitution a été écartée par son acquittement par les républicains du Sénat, en février.

Dérapages

Les meetings dans lesquels Donald Trump communie avec les plus déterminés de ses fidèles sont aussi propices à des dérapages. En meeting le 17 octobre dans le Michigan, un Etat remporté par surprise en 2016 dans lequel il est à la peine, il a tonné contre la gouverneure Gretchen Whitmer, cible d’une tentative d’enlèvement de sympathisants d’extrême droite hostiles à sa gestion rigoureuse de l’épidémie. Il a laissé ses supporteurs scander « enfermez-la », avant d’ajouter « enfermez-les tous », manifestement dans une allusion aux démocrates. Le même jour, il a assuré dans le Wisconsin que cet Etat devait « rouvrir » alors qu’il connaît un pic d’épidémie.

Cette ambivalence est d’autant plus préjudiciable que l’avance dont bénéficie actuellement Joe Biden dans les intentions de vote s’explique principalement par le rejet que suscite le président au sein de deux électorats, les femmes et les plus de 65 ans. Les unes comme les autres sont particulièrement sévères sur sa gestion de l’épidémie.

Donald Trump a donné une autre illustration de ce manque de discipline au cours de son appel téléphonique de lundi au cours duquel il s’est emporté avec violence contre le directeur de l’Institut national des maladies infectieuses, Anthony Fauci. Il a qualifié ce dernier, membre de la cellule de crise de la Maison Blanche pour l’épidémie, de « désastre » alors qu’il jouit d’un crédit bien supérieur au sien auprès des Américains.

« Les gens disent : laissez-nous tranquilles. Ils en ont marre. Marre d’entendre Fauci et tous ces idiots », a-t-il dit. « Il est là depuis environ 500 ans. Il est comme ce merveilleux sage qui nous dit comment [faire]. Si nous l’avions écouté, nous aurions eu 700 000 ou 800 000 morts », a-t-il encore ajouté alors que l’épidémie repart en force aux Etats-Unis, principalement dans des Etats républicains.

22 octobre 2020

Insolite. Inspirée par le Covid, l’artiste rouennaise Sabine Pigalle masque Vermeer et détourne Vinci

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Vinci ou Vermeer détournés ! L’artiste rouennaise Sabine Pigalle qui expose au centre d’art contemporain de la Matmut à Saint-Pierre-de-Varengeville, déjà reine du détournement (porté au paroxysme de l’élégance) a trouvé un nouveau terrain de jeu avec le coronavirus.

Véronique BAUD

Pas touche à Vermeer ou Vinci ! Ce n’est pas le parti pris de Sabine Pigalle, photographe d’origine rouennaise, artiste reine du détournement qui expose actuellement au centre d’art contemporain de la Matmut à Saint-Pierre-de-Varengeville. Spécialiste des séries, elle associe des visages contemporains et des compositions picturales célèbres, jouant avec la reconnaissance du spectateur pour le pousser à observer attentivement les œuvres.

Le Coronavirus étant passé par là, une des séries s’intitule « Corona Diaries ». Cette fois il s’agit moins pour l’artiste de convertir des toiles en les « humanisant » par le mélange de photographie et de peinture, que de déranger le spectateur, ou peut-être aussi de l’amuser, en introduisant dans des tableaux de peintres célèbres, des éléments ayant trait à la pandémie.

Plus d’hermine mais un pangolin

Beaucoup de masques, qui viennent ainsi museler la Demoiselle à la Perle de Vermeer ou un homme au chapeau de Magritte. L’artiste n’hésite pas à mettre dans les bras de la célèbre « Dame à l’hermine » de Léonard de Vinci le non moins célèbre pangolin.

Celle qui détourne des peintures pour mieux séduire le spectateur gagne amplement son pari. Car la série Corona fonctionne comme un appât. Le reste de l’exposition qui ne révèle pas tous ses mystères dévoile de splendides parti pris comme dans la série tartans.

Sabine Pigalle travaille moins une narration et un contexte historique qu’un langage et un rapport à l’histoire de l’art elle-même. Parce qu’elle ne procède pas à proprement parler à des tableaux vivants, mais à des recompositions numériques.

Une surprise attend aussi les visiteurs à partir d’une toile du musée des Beaux-Arts de Rouen dans laquelle s’est introduite une des jeunes femmes les plus médiatisées de l’année 2019.

CENTRE D’ART CONTEMPORAIN

425 rue du Château

76480 Saint-Pierre-de-Varengeville

Gratuit. Jusqu’au 3 janvier 2021.

Article de Véronique Baud

Journaliste, service Temps libre

16 octobre 2020

Sophie Pétronin : «Ou tu acceptes et tu vas moins souffrir, ou tu résistes, et là, tu vas morfler»

Par Maria Malagardis — Libération

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Sophie Pétronin après sa libération, jeudi dernier à Bamako. (Photo Matthieu Rosier. Hans Lucas)

Fortement critiquée à son arrivée en France pour sa conversion à l’islam et pour avoir affirmé vouloir retourner à Gao, l’humanitaire, otage pendant quatre ans dans le nord du Mali, revient pour «Libération» sur sa captivité et l’obligation de se faire à la situation pour ne pas sombrer.

C’est sa dernière interview dans la presse, a-t-elle juré. Après, Sophie Pétronin, la dernière otage française libérée jeudi dernier, aspire à retrouver l’anonymat, dans ce refuge en Suisse où elle se trouve désormais, auprès de sa famille qui s’est battue pour la faire sortir du nord du Mali où elle a été retenue prisonnière pendant près de quatre ans. Ces propos, confiés à Libération, ont d’autant plus d’intérêt que ses rares interventions publiques depuis sa libération ont pu soulever certaines polémiques. Elle affirme ne pas en avoir été touchée, plus préoccupée par le Mali que par les querelles hexagonales. Mais elle ne retournera pas dans l’immédiat à Gao, contrairement à ce qu’elle avait pu laisser croire à son arrivée à Paris. Alors qu’on apprenait que de nouvelles attaques jihadistes se sont déroulées mardi au centre du Mali, faisant une vingtaine de victimes, entretien en visio avec une femme de 75 ans qui ne prétend pas imposer de vérité et se contente de relater son expérience. Avant de tourner la page.

Comment allez-vous ?

Je vais très bien, aucun problème. Il me faudra juste un peu de dentiste, d’opticien, et basta. Pendant ma captivité, j’ai été très bien traitée. Hyper respectée. Je mangeais bien, je buvais de l’eau potable à volonté, toujours fraîche. J’ai même eu parfois des chocolats à Noël. J’ai eu des médicaments. Du Voltarène, de l’Advil, ça m’a fait du bien. Et on m’a également remis les 1 500 euros que mon fils a voulu me faire parvenir. Moi, j’ai dit à mes ravisseurs : «On va garder cet argent pour payer des médicaments, ou autre chose.» Mais ils ont protesté : «Non, non, ça c’est à vous !» Je sais que ça peut paraître bizarre, mais je n’ai rien à reprocher à mes ravisseurs. Même si bien sûr, j’étais clairement en captivité.

Pendant près de quatre ans, tout le monde considérait que vous aviez été enlevée par des jihadistes. Et vous, dès votre libération, vous les avez qualifiés de «groupes d’opposants armés», ce qui a pu choquer. Que vous ont-ils dit de leurs revendications ?

Ce sont les mêmes revendications que celles des communautés nomades que je fréquente depuis près de vingt-cinq ans dans cette région. Ils sont touaregs ou bien arabes, et vivent dans des zones reculées. Ça fait des décennies qu’ils réclament le renforcement des structures sanitaires, la construction d’écoles, de puits. Aujourd’hui dans cette zone abandonnée, les femmes meurent encore en couches, après avoir été transportées à dos d’âne au dispensaire le plus proche, parfois à plus de 40 kilomètres de leur campement. Ça arrive tout le temps. A Gao, où se trouve mon ONG, j’ai dû accueillir tellement d’orphelins. Le nord du Mali a connu beaucoup de soulèvements, de rébellions. Il y a eu des accords de paix mais rien n’a changé, et la colère n’a fait que s’accroître.

Certes, mais depuis 2012, il y a toute de même aussi une revendication clairement religieuse, la formation de groupes qui se réclament d’Al-Qaeda ou de l’Etat islamique.

Il faut leur demander à eux. Bien sûr, les revendications ont évolué. Mais je n’ai pas l’impression que la question religieuse soit réellement centrale. Evidemment, il y a cette aspiration à des règles, une éducation plus propre, plus conforme à leurs croyances. Ne pas laisser par exemple des gamines de 15 ans devenir la proie d’hommes plus âgés qui vont abuser d’elles en leur offrant une bière et un pagne. On est de toute façon en terre d’islam. Mais ce qui prime, c’est le besoin de développement, ne plus être délaissés. Au fond, ils préféreraient que la guerre cesse.

Songez-vous réellement à retourner vivre à Gao, cette ville du nord du Mali où vous vous étiez installée et où vous avez été enlevée ?

J’appartiens un peu à Gao, j’y vivais depuis tant d’années. Quand j’ai été enlevée, mon ONG sur place s’apprêtait à signer un contrat avec Echo, l’agence de développement de l’Union européenne, pour prendre en charge 25 000 enfants souffrant de malnutrition. Heureusement, mon assistant a réussi à relever le défi en mon absence. Il s’est très bien débrouillé. Et puis là-bas il y a aussi ma fille adoptive. Elle n’avait que 14 ans à l’époque de mon enlèvement. Ce fut très dur pour elle d’être privée de sa maman. Aujourd’hui, le gouvernement français est en train de régler les derniers détails administratifs pour qu’elle vienne me retrouver. On se parle tous les jours sur Skype. J’ai bien vu qu’il y a eu beaucoup d’émotion après ma libération à Gao. On m’a répété : «Tout le monde t’attend !» Est-ce que je dois y retourner ? La question se pose mais elle concerne aussi ma famille, mon fils Sébastien qui s’est battu pour ma libération. Dans un premier temps, j’espère retourner un jour avec lui à Bamako, la capitale, qui est sécurisée. Mais dans la situation actuelle il est clair que je ne peux pas m’engager à retourner tout de suite à Gao. Il faut attendre, laisser passer du temps. Regarder ce qui va se passer, s’il y a des accords de paix. Le coup d’Etat du 18 août à Bamako va peut-être changer la donne ? Favoriser enfin des négociations ? La guerre qui se joue au Mali ne mène à rien de toute façon.

Avant votre enlèvement, vous étiez-vous jamais sentie menacée ?

Non jamais. Mais bon… C’est peut-être une erreur d’appréciation de «toubab» [Blanche, ndlr]. Je sortais du centre de santé pour enfants ce jour-là. Il était 16 h 50, je m’en souviens bien car je venais de dire à ma fille qu’il était temps de rentrer. Et devant la porte, ils étaient là. A côté d’un véhicule, des hommes armés. Quelqu’un m’a dit : «Monte, le chef a demandé de te ramener.» Ce n’était pas menaçant, juste un peu direct. Et moi, j’ai pensé qu’il y avait peut-être une urgence de santé. Je n’ai pas tout de suite compris qu’on était en train de m’enlever. Mais quand j’ai finalement réalisé ce qui s’était passé, je me suis dit : «Tu as deux solutions. Ou tu te places dans l’acceptation et tu vas moins souffrir. Ou tu résistes, et là, ma vieille, tu vas morfler.» Et donc je me suis mise dans l’acceptation, et ça a marché…

Vous avez même parlé de «retraite spirituelle» pour évoquer votre captivité.

C’était une vraie captivité, je ne le nie pas. Mais que faire si ce n’est renforcer le côté spirituel justement ? A quoi s’accrocher dans ces cas-là ? Quand on dévale dans un torrent et qu’il y a une pierre, il faut bien s’y accrocher pour éviter de sombrer. Je n’avais pas grand-chose à faire dans la journée. J’ai pensé à Dieu, c’est vrai. Et à mon petit-fils, pour lequel je collectionnais des cailloux pour tapisser le fond d’un aquarium. J’ai perdu les cailloux finalement, mais mon petit-fils était toujours là dans mes pensées. Je lui parlais, ça m’a aidée à tenir.

A propos de Dieu, vous vous êtes également convertie à l’islam pendant votre captivité. On a cru comprendre que c’était de toute façon la religion dominante dans le milieu où vous viviez et aussi celle de votre fille adoptive. Mais c’était aussi celle de vos ravisseurs.

C’est vrai et le fait de partager la même religion facilitait aussi les relations avec eux, les incitait certainement à être compréhensifs avec moi.

Ce ne fut pas toujours le cas pour certains otages que vous avez côtoyés… Que savez-vous de leur sort ?

J’ai passé les deux premiers mois de ma captivité avec l’otage australien, le docteur Arthur Kenneth Elliott [enlevé en janvier 2016 dans le nord du Burkina Faso]. Nos ravisseurs nous encourageaient à faire de l’exercice, alors on faisait des promenades ensemble, on discutait beaucoup. Et puis après, on nous a séparés. Moi, je suis partie à un autre endroit où j’ai rencontré deux autres otages : la Suisse Béatrice Stöckly [enlevée en janvier 2016], puis Gloria Cecilia Argoti, la religieuse colombienne [enlevée en 2017].

Sauf que Béatrice Stöckly a vraisemblablement été exécutée deux mois avant votre libération, comme vous l’avez révélé aux autorités françaises.

Je n’ai rien vu, en réalité. Il semblerait que oui, elle a été exécutée. Ils l’ont emmenée et on a entendu un coup de feu. Mais je n’ai pas vu son corps. Elle avait des relations très compliquées avec nos ravisseurs. Mais aussi avec moi, et encore plus avec Gloria. Je ne peux pas affirmer qu’elle est morte, juste qu’elle a disparu.

A votre arrivée à Paris, vous avez également alerté les autorités sur le sort de Gloria. Est-elle en danger ?

Gloria, j’aimerais qu’on la sorte de là. Sa santé physique est bonne. Mais elle est insomniaque, très nerveuse. Et c’est quelqu’un qui a déjà un peu basculé. Elle est perturbée psychologiquement. Il est donc urgent de faire tout ce qui est possible pour la libérer.

Vos premières déclarations après votre libération ont suscité la polémique, suggérant une certaine ingratitude face au prix payé pour vous permettre de rentrer en France. Ça vous a blessé ?

Sincèrement je ne sais rien des tractations menées pour me libérer, sauf que mon fils s’est beaucoup investi. A plusieurs reprises, mes ravisseurs m’ont dit de me préparer à partir et puis plus rien. Je ne sais pas ce qui s’est joué. Mais les polémiques ne m’ont pas touchée. Je ne veux pas créer de conflits, simplement je ne sais pas mentir. Moi, la seule chose qui m’intéresse désormais, c’est de servir, peut-être pas l’humanité, ce qui serait un peu grandiloquent pour mon 1,57 m. Juste me concentrer sur mon objectif : continuer à soulager la souffrance de ces enfants dont je me suis occupée à Gao. Je vais continuer avec mon assistant sur place. Quitte à le faire à distance.

12 octobre 2020

M Magazine

Après des débuts chaotiques nous faisant regretter les shows physiques, l'alternative online des défilés de mode commence à avoir de l'allure, sous forme de vidéos abouties, audacieuses, mais aussi plus personnelles. C'est le cas de Palmer Harding qui a livré une performance aussi intimiste que remarquable. En filmant leurs familles respectives mères, cousins, grand-mère - en mode super-8 amateur et portant leurs créations, les deux designers Matthew Harding et Levi Palmer retranscrivent avec justesse et émotion leur univers.

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30 septembre 2020

Election américaine : Donald Trump torpille son premier débat présidentiel face à Joe Biden

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Par Gilles Paris, Washington, correspondant - Le Monde

Les deux candidats à la Maison Blanche ont débattu dans une ambiance électrique, mardi, lors de leur premier face-à-face télévisé à Cleveland, suivi par des dizaines de millions d’Américains.

Une effroyable tempête, voilà à quoi s’est résumé le premier débat présidentiel organisé mardi 29 septembre entre les deux principaux candidats à l’élection présidentielle, Donald Trump et Joe Biden.

Les deux hommes se sont présentés sur scène à l’appel de leur nom. Ils ont pris place, sans se serrer au préalable la main en raison de l’épidémie de Covid-19, derrière les pupitres installés dans la salle de l’université de Cleveland (Ohio) choisie pour accueillir l’événement. Puis le désordre s’est installé, emportant le modérateur, le pourtant chevronné Chris Wallace, de la chaîne Fox News. Et par vagues successives ont déferlé, l’agressivité, l’aigreur et la méchanceté.

Au cours des jours précédents, l’équipe de campagne de Donald Trump avait multiplié les métaphores guerrières, évoquant même une « destruction » de l’ancien vice-président démocrate, régulièrement dépeint comme miné par l’âge. Le président sortant s’est tenu à ce cap, interrompant continuellement son adversaire, moquant ses réponses, affichant ouvertement son mépris, y compris sur son parcours universitaire (Joe Biden n’est pas passé par les grandes institutions du pays). « Il n’y a rien d’intelligent en vous », a assuré Donald Trump. L’objectif était clair : pousser son adversaire hors de ses gonds en comptant sur l’un des coups de sang qui ont ponctué la longue carrière de ce dernier et qui le ferait apparaître à son désavantage.

Régulièrement, Joe Biden a été sur le point de céder. « Ferme-la », « il est difficile de placer un mot avec ce clown, excusez-moi, cette personne », « continue à japper, mon gars » : à de nombreuses reprises, des formules de disputes de buveurs éméchés lui ont échappé sous le coup de l’exaspération, contribuant également à rabaisser le débat.

Rappel à l’ordre

Cependant, l’ancien vice-président a résisté, parvenant même régulièrement à énumérer propositions et projets sans prêter attention aux piques incessantes de son contradicteur. Joe Biden a même fini par trouver une parade efficace, celle de ne prêter aucune attention au président sortant pour s’adresser directement à la caméra qui lui faisait face, afin de parler à ses concitoyens.

Le fauteur de trouble a rapidement été désigné par Chris Wallace, initialement pris de court par la tournure des événements. « Monsieur le président, votre équipe de campagne a accepté que les deux camps disposent [pour chacun des thèmes évoqués] de deux minutes sans interruption », a-t-il fini par lâcher, tout en tentant parfois de ramener Donald Trump à de meilleures dispositions. « Vous allez être content », a-t-il ainsi assuré en annonçant des sujets où il s’attendait à être plus à son aise, notamment sur les questions de sécurité. Ni le rappel à l’ordre, ni la cajolerie n’ont pourtant payé.

Livré à lui-même, Donald Trump a pourtant travaillé contre ses intérêts. A deux reprises, à propos du Covid-19 et de la fraude électorale qu’il ne cesse d’associer au vote par correspondance, il a démenti les propos de responsables de sa propre administration.

Il s’était vanté de ne pas avoir besoin de se préparer avec le débat, mais cette désinvolture s’est affichée à ses dépens, ses propos de meetings, souvent mensongers et outranciers ne trouvant aucun écho dans une salle où avait pris place un public très clairsemé pour cause de coronavirus.

Trump incapable de condamner le suprémacisme blanc

Le président s’est même précipité la tête la première dans des pièges tendus à l’attention de son adversaire. Il n’a cessé de mettre en cause le comportement du fils de l’ancien vice-président, Hunter, connu pour son instabilité. Les républicains lui reprochent d’avoir utilisé son nom de famille pour faire des affaires même s’il n’a jamais fait l’objet de poursuites. Un rapport de sénateurs républicains n’a pas été en mesure de montrer que Joe Biden l’avait favorisé dans le cadre de ses fonctions.

Le président s’est cependant égaré dans ces attaques répétées, notamment lorsqu’il est revenu à la charge alors que son adversaire venait de mentionner son autre fils, Beau, emporté en 2015 par une tumeur au cerveau. « Je ne connais pas Beau, je connais Hunter », a-t-il dit à propos de cet ancien militaire, ancien procureur général du Delaware et sur lequel Joe Biden fondait de grands espoirs. « Mon fils… comme beaucoup de gens que nous connaissons, a eu un problème de drogue. Il l’a surmonté. Il s’est soigné. Il a travaillé pour y arriver. Et je suis fier de lui », a alors rétorqué l’ancien vice-président, opposant un peu d’humanité à la hargne de son adversaire.

Donald Trump est également retombé dans un autre de ses travers lorsqu’il lui a été rappelé qu’il s’était montré incapable de condamner le suprémacisme blanc après des affrontements à Charlottesville en Virginie, qui avaient entraîné la mort d’une militante antiraciste. Invité à le faire avec insistance, il a renâclé avant de se contenter simplement d’inviter un groupe d’extrême droite à prendre ses distances.

Le contraste entre les deux hommes a été encore plus manifeste à la fin du débat lorsque Joe Biden s’est engagé à reconnaître les résultats de l’élection alors que Donald Trump, une nouvelle fois, a esquivé. Puis la tempête s’est arrêtée, laissant derrière elle une démocratie américaine abasourdie par l’image qu’elle venait de donner d’elle-même.

25 septembre 2020

Saint-Pierre-Quiberon - L’avenir du Tire-bouchon évoqué sur la chaîne LCP

tire bouchon

Unanimement, la population s’est exprimée, ce jeudi matin, pour la pérennité du tire-bouchon et même une augmentation de l’exploitation de la ligne Auray-Quiberon.

Le député Jimmy Pahun était sur le marché de Saint-Pierre Quiberon ce jeudi matin, avec une équipe de télévision. Il y a défendu le maintien du train estival Tire-bouchon. Il poursuivait son périple à Belle-Île-en-Mer.

Jimmy Pahun, député de la circonscription d’Auray, était sur le marché de Saint-Pierre Quiberon ce jeudi. Il voulait rencontrer commerçants et consommateurs afin de recueillir des avis sur « le tire-bouchon ». Des échanges qui ont été recueillis par Clément Perrouault et André Laffont, reporters pour La Chaîne parlementaire (LCP).

Tous les lundis à 10 h 30 et 15 h, LCP, dévoile le quotidien des députés par des reportages au cœur de leur circonscription. Jimmy Pahun, membre de la Commission développement durable et aménagement du territoire, a accepté pour évoquer les trois projets qu’ils souhaitent défendre dans le cadre du plan de relance, voulu par le gouvernement : la construction d’une laiterie de Belle-Ile, un nouveau bateaux transrade à Lorient, et le « Tire-bouchon ».

« Au sommet de l’État, on connaît le Tire-bouchon »

C’est pour évoquer ce dernier point qu’il était sur le marché saint-pierrois : « Elisabeth Borne, alors ministre des Transports, était venue en février 2019. Jean-Baptiste Djebbari, secrétaire d’État à la Transition écologique et solidaire, chargé des Transports, était à son tour sur le territoire en janvier dernier. Au plus haut sommet de l’État, on connaît le Tire-bouchon, son utilité économique, touristique et l’attachement de la population à sa pérennité et son développement. Mon boulot de député est de porter et de défendre des projets aussi structurants. Nous devons tous être mobilisés, élus et citoyens pour ne pas laisser passer la chance que représente le plan de relance », explique le député.

Si Jimmy Pahun se bat c’est qu’il sait qu’il va falloir avancer ce dossier plus rapidement pour décrocher ces financements si convoités : « Le plan de relance est un plan d’action », ajoute-t-il. « Nous devons donc montrer notre détermination pour faire avancer maintenant rapidement ce dossier. C’est une opportunité à saisir ».

Pratique

Diffusion sur LCP le lundi 5 octobre.

5 mai 2016

Trump est officiellement le seul candidat républicain à la Maison Blanche

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 Donald Trump n’avait officiellement plus d’adversaire dans la course à l’investiture républicaine pour la Maison Blanche mercredi après le retrait officiel du gouverneur de l’Ohio, John Kasich.

«Alors que je suspends ma campagne aujourd’hui, j’ai la conviction, une foi plus profonde, que le Seigneur me guidera sur le bon chemin», a déclaré John Kasich à Columbus, confirmant des informations de médias américains plus tôt dans la journée. Son abandon suit de moins de 24 heures celui du sénateur du Texas Ted Cruz, après la large victoire de Donald Trump à la primaire de l’Indiana mardi.

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