
Décidément, la Bretagne est sujette aux tremblements de terre. Hier, à 7 h 35, un séisme de magnitude 3,7 s'est produit, dont l'épicentre a été localisé à 14 km de Loudéac (22) et à 27 km de Pontivy (56). Début décembre, trois séismes d'intensité 2,9 à 4 avaient touché le Nord-Finistère.
Hier, au petit matin, vers 7 h 35, c'est à la limite du Morbihan et des Côtes-d'Armor, du côté de Plumelec, Ploërmel, Sulniac, Pleucadeuc, Malestroit, Taupont, Guégon... que le séisme de magnitude 3,7 sur l'échelle de Richter, qui en compte 9, a été le plus ressenti, selon les témoignages d'internautes.
« On a entendu un gros boum »
Mais pas que. À Kerfourn (56), au bar chez Marie-Jo, l'événement était dans toutes les conversations hier matin : « On était au lit. On a entendu un gros boum, comme si un camion passait à vive allure ou s'il y avait eu une explosion au loin. On a de suite regardé les infos pour savoir ce qu'il se passait », déclarait la patronne, Marie-Jo Le Berre. Son voisin, lui, a vu ses fenêtres trembler tandis que la plupart des clients de la commune mais aussi de Gueltas ou Noyal-Pontivy, disent avoir été réveillés par le bruit.
Au Sourn (56), les habitants semblaient avoir été plus dérangés par les deux coupures d'électricité survenues dans la nuit que par le tremblement de terre. Ainsi, du côté de Saint-Michel, chez la famille Belzic, seul le fils cadet Nathan a été intrigué par « le coup d'orage qui a bien duré 10 secondes alors que la météo ne s'y prêtait pas. En plus c'était moins fort. Après réflexion, je me suis dit que c'est plutôt un camion qui est passé trop vite sur le ralentisseur ». Pas de quoi perturber l'adolescent : « C'était bizarre mais ça ne va pas m'empêcher d'aller à la pêche cet après-midi ».
« Un ascenseur qui descend »
À Noyal-Pontivy (56), Lionel et Sophie Ropert ont entendu comme un bruit d'orage lointain mais ont conclu que ça devait être la chaudière qui se mettait en route !
Autre réaction, celle de Patricia Moisan, à Bréhan (56) : « Ça m'a fait tout drôle. Ça s'est produit à l'heure à laquelle je me réveille d'habitude... J'ai ressenti comme un roulement, très rapide. Le placard a même bougé ». Toujours à Bréhan, dans le bourg, Thérèse Le Net a cru que c'était sa chaudière qui avait explosé. Assise sur les toilettes au moment de la secousse, une autre Bréhannaise, qui habite à 5 km du bourg en direction de La Chèze (22), a eu l'impression « d'être dans un ascenseur qui descend ».
Le séisme a été peu ressenti à Loudéac, dans les Côtes-d'Armor. « Un petit coup au moment où je me levais, c'est tout », commentait un Loudéacien au marché, hier matin. Les autres clients interrogés, semblaient plutôt dubitatifs. « Je l'ai appris par la radio », commentait un autre.
80 à 100 secousses par an
Hormis un discret séisme survenu mercredi dernier, en mer, au large de Quiberon (56), d'une intensité de 2,5 sur l'échelle de Richter, le dernier particulièrement ressenti en Bretagne l'avait été du côté de Plabennec (29) et dans tout le Nord-Finistère, le 11 décembre, de magnitude 4. Il faisait suite à deux autres, localisés le 8 décembre à Pencran (29) et le lendemain au Folgoët (29). Interrogé alors, Jean-Pierre Brun, professeur émérite en géosciences, à l'Université Rennes I expliquait : « Nous avons environ 80 à 100 secousses par an en Bretagne. On peut donc avoir un tremblement de terre tous les quatre jours ».
