Peter Lindbergh
La lettre de campagne de Laurent Joffrin
Débat de la primaire : ils bougent encoreSans idées, la gauche ? Sans conviction, la gauche ? Morte, la gauche ? Pas tout à fait. On sait l’exercice difficile : des temps de parole courts, des échanges réduits, des figures imposées. La dose d’ennui est pratiquement obligatoire. Mais ceux qui se plaignent se plaindraient aussi d’une primaire-spectacle… Dans cette circonstance, le premier débat de «la belle alliance» a rempli son office. Bennahmias a crevé l’écran en Bourvil candidat ; Rugy et Pinel ont été clairs et nets ; Montebourg un peu en dessous ; Peillon un peu trop au-dessus ; Hamon et Valls, enfin, les deux petits bruns nerveux, ont incarné avec flamme deux gauches bien découpées. Sur le fond, personne ne peut se plaindre, ni d’un consensus mou, ni d’une division excessive. Selon qu’on croit à la société du travail ou à celle de la vie choisie, on adhérera ou non au projet de revenu universel, l’idée neuve du moment, qui dessine une utopie concrète pour les progressistes. On approuvera ou non le réalisme – et la crédibilité – de Valls, mâtinées de social, que rejoignent Pinel et Rugy dans la défense du bilan Hollande. On peut préférer la relance keynésienne et patriote de Montebourg, ou la synthèse républicaine de Peillon. Bref, on peut choisir sa gauche, plus ou moins réaliste, plus ou moins audacieuse. Une gauche, en tout cas, qui n’est pas de droite – on mesure la distance avec Fillon - et qui se distingue du flou macronien ou de l’emphase mélenchonienne. Une gauche qui reconnaît ses erreurs, celles de Hollande, mais qui peut encore gouverner… C’était aussi hier• Un spectre hante la rue de Solférino : celui de la disparition. Dans Paris Match, une enquête Ifop-Fiducial prédit l’élimination du candidat socialiste au premier tour, de très loin (10% pour Valls, le moins mal placé des sept, contre 12% pour Mélenchon et 17% pour Macron). • Les sondages d’avant-primaire sont très fragiles. Mais si la tendance demeure, Macron récupérera l’argument du vote utile : ce n’est plus son retrait qui pourrait empêcher Fillon de gagner, mais celui du candidat socialiste… • Quant à Mélenchon, qui a annoncé hier qu’il avait désormais plus de 500 signatures et qui lance le premier meeting «holographique» de l’histoire, il ne serait pas fâché d’incarner la gauche en face de l’horrible candidat social-libéral Macron. • Exit le PS ? Il reste trois semaines pour l’opération survie. |
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LAURENT JOFFRIN
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L'exposition « Tous à la plage ! », à la Cité de l'architecture, raconte la baignade du XIXe siècle à aujourd'hui
C'est une expo d'architecture, mais aussi une expo doudou, soleil, souvenirs d'enfance. Une expo qui fait du bien. Surtout pour les quadras, quinquas et plus, qui devraient venir avec leurs enfants, voire petits-enfants, pour leur dire : « Ben oui, c'était ça nos maillots de bain... » « Tous à la plage ! », à la Cité de l'architecture et du patrimoine, au Trocadéro (Paris XVIe), regorge d'images non pas d'Epinal, mais du Touquet-Paris-Plage -- appellation contrôlée bien avant le sable importé dans la capitale --, de Trouville « à deux heures de Paris » -- les trains n'ont pas pris de vitesse sur cette ligne depuis cette pub de 1938... On a même cru un moment reconnaître une photo d'enfance sur une carte postale d'un camping au bord de la mer, agrandie aux dimensions d'un panneau mural : cette tente canadienne si caractéristique, ces enfants avec ces maillots du début des années 1970 et ces voitures entre les tentes et les pins, la Citroën Ami 6 ou la Dyane.
Le charme et l'intérêt historique de « Tous à la plage ! », qui raconte sur plus d'un siècle l'invention des bains de mer et des stations balnéaires, c'est cette promenade dans la France des « Vacances de M. Hulot », dont une affiche du film est reproduite. Ce basculement d'un littoral « autrefois lieu hostile, voire dangereux », comme l'écrit le commissaire Bernard Toulier dans le catalogue, devenu « destination privilégiée d'un tourisme de masse ».
Société des loisirs
Peintures, plans d'architecture, affiches publicitaires, photos, films d'époque -- comme ce documentaire sur les débuts du Club Med au journal télévisé et son invitation à « prendre la vie quotidienne à contre-pied » --, dessins, documents, et même un décor de transats avec crème solaire et transistor pour donner l'illusion : c'est une petite madeleine que l'on déguste.
L'essor de la bourgeoisie à la fin du XIXe siècle, symbolisée par le succès de Deauville, mais plus encore les congés payés à partir de 1936, qui font déferler la France entière vers la mer, scandent l'invention d'une société des loisirs qui apprend à montrer les corps peu à peu. L'évolution des tenues de bain, avec des modèles comme dans une expo de mode, constitue en soi un enchantement et un motif de surprise, à l'heure où le burkini -- visible sur un diaporama, tout comme le « facekini » des Chinois, qui masque le visage -- fait couler tant d'encre. Nos ancêtres ne montraient même pas les pieds. Sur une publicité des Grands Magasins du Louvre de 1895, on trouve des « souliers Trouville » pour les hommes. Dans les années 1920-1930, madame porte un justaucorps en maille côtelée pour faire trempette, monsieur à peu près le même en jersey, laine et coton. Le premier bikini fait sensation en 1946. Le slogan, un an après Hiroshima, est d'un goût douteux : « Le bikini, la première bombe atomique ». Le deux pièces s'impose dans les années 1960, puis le monokini, voire le naturisme dans l'après-68, avant un retour au bikini. Cette exposition nous projette aussi dans l'avenir. La plage n'échappe pas au futurisme et, comme pour les gratte-ciel, les percées technologiques et esthétiques d'aujourd'hui viennent souvent d'Asie et de Dubaï (Emirats), comme cette île artificielle, décoration de sable et de verdure surgie de l'eau.
Cette exposition lance enfin un signal, celui d'un patrimoine menacé. Les villes balnéaires souffrent, aux avant-postes de la densification du littoral, de la menace sur les écosystèmes, du réchauffement climatique et des catastrophes. Une balade pour être à la plage, et à la page, alors que la mer avance et que les dunes demandent grâce.
PRATIQUE
La grande entrée de la Cité de l'architecture et du patrimoine, au palais de Chaillot, est fermée pour travaux. Il faut suivre des flèches et entrer plus loin, sur la gauche.
« Tous à la plage ! », Cité de l'architecture et du patrimoine, Paris XVIe, 11 heures-19 heures, 21 heures le jeudi, fermé lundi-mardi. Tarif : 6-9 €, jusqu'au 13 fevrier. Citechaillot.fr. Le catalogue de l'exposition (300p., 35 €) est un vrai complément sur l'histoire des vacances. On y voit mieux des photos du diaporama. Celles de Doisneau, splendides, sont bien contextualisées. Il offre un autre regard, encore plus flâneur, sur l'expo.
Ce soir au Théâtre des Variétés (c'est la couturière) - j'y vais !
Comment peut-on être un acteur riche, célèbre et être de gauche ? C'est ce que se demandent la plupart des gens de droite.
Comment peut-on être ouvrier chauffagiste et voter à droite ? C'est ce que pensent la plupart des gens de gauche.
A quelques mois des élections, la confrontation inattendue entre Jean-François Balmer et Régis Laspalès casse les codes, se joue des stéréotypes, fait vaciller nos opinons !
Auteur : Laurent Ruquier
Artistes : Jean-François Balmer, Régis Laspalès, Charlotte Kady, François Berland, Jessé Rémond Lacroix, Olivier Dote Doevi
Metteur en scène : Steve Suissa, Stéphanie Froeliger
Femen relaxée...
La première Femen condamnée pour « exhibition sexuelle » relaxée en appel https://t.co/CnurArDmvs
— Le Monde (@lemondefr) 12 janvier 2017
La première Femen condamnée pour « exhibition sexuelle » relaxée en appel
Il s’agit de la première décision de relaxe en appel. La militante a toutefois été condamnée à 600 euros d’amende pour avoir dégradé une statue de cire de Vladimir Poutine.
La première militante des Femen à avoir été condamnée en France pour exhibition sexuelle a été relaxée, jeudi 12 janvier en appel de ce délit, mais a, en revanche, été condamnée à 600 euros d’amende pour avoir dégradé une statue de cire du président russe, Vladimir Poutine.
« La jurisprudence se construit », s’est félicitée son avocate, Marie Dosé. A travers cette décision, la justice « autorise » les femmes à « utiliser leur corps comme une arme politique », a-t-elle estimé.
L’avocate envisage toutefois un pourvoi en cassation contre la condamnation pour dégradations. Outre l’amende, la cour d’appel a confirmé la condamnation de Iana Zhdanova à verser au musée Grévin 3 004 euros de dommages et intérêts pour le préjudice matériel et 1 000 euros pour le préjudice moral.
« Surprise, mais dans le bon sens », la jeune Ukrainienne de 28 ans, réfugiée politique, a salué une « victoire » non seulement pour elle, mais « pour toutes les femmes ». Elle avait, lors d’une action seins nus le 5 juin 2014, attaqué à coups de pieu la statue de cire de Vladimir Poutine au musée Grévin à Paris. Elle avait été condamnée le 15 octobre 2014 à 1 500 euros d’amende pour dégradations et exhibition sexuelle, condamnation dont elle a fait appel.
D’autres militantes Femen poursuivies
Si trois Femen avaient déjà été relaxées en première instance à Lille du délit d’exhibition sexuelle pour une action lors de l’arrivée de Dominique Strauss-Kahn au procès de l’affaire dite du Carlton, il s’agit de la première décision de relaxe prononcée par une cour d’appel.
Lors du procès en appel de Iana Zhdanova, l’avocat général avait requis 1 000 euros d’amende pour les dégradations et s’en était remis « à la sagesse de la cour » pour le délit d’exhibition sexuelle.
D’autres militantes Femen sont poursuivies pour exhibition sexuelle. « On s’étonne » que ces poursuites subsistent après ces relaxes, a déclaré l’avocate de plusieurs d’entre elles, qui doivent comparaître le 25 janvier, Valentine Rebérioux.
Eloïse Bouton attend le 15 février la décision de la cour d’appel de Paris, mais d’une autre chambre, après avoir été condamnée en première instance à un mois de prison avec sursis pour une action à la Madeleine. Peine dont la confirmation a été requise par l’accusation, selon son avocat, Tewfik Bouzenoune, qui espère obtenir une relaxe et une « homogénéisation de la jurisprudence ».







