Syrie
Ban Ki-moon menace Damas de "graves conséquences" si l'utilisation d'armes chimiques est avérée http://t.co/ZRJFvYuIjj #AFP
— Agence France-Presse (@afpfr) August 23, 2013
Syrie : Les risques de l'inaction
Point de vue
Les risques de l’inaction
par Dominique Moïsi Conseiller de l’Institut Français des Relations Internationales
« Bien entendu, nous ne ferons rien », avait dit Claude Cheysson au lendemain du coup d’État du général Jaruzelski, en décembre 1981, en Pologne. Cette déclaration avait au moins le mérite de la franchise. La « réaction de force » souhaitée par Laurent Fabius, au lendemain de la mort de plusieurs centaines de civils en Syrie, probablement victimes de l’utilisation d’armes chimiques par le régime syrien lui-même, est certes plus que légitime. Mais sera-t-elle suivie d’effet ? Rien n’est moins sûr. La tragédie syrienne est, depuis la fin de la Guerre froide, le miroir le plus grossissant de la paralysie du système international. Rien n’est possible sans l’accord des cinq membres permanents du Conseil de sécurité de l’Onu. La Russie, suivie comme son ombre par la Chine, dispose d’un pouvoir ultime de blocage. Bachar al-Assad n’a rien à craindre : ses adversaires sur la scène internationale sont mous et hésitants, alors que ses alliés sont déterminés et sans scrupule. Pour le président syrien, il ne s’agit plus de terroriser ses opposants, mais de les éliminer. Le moment lui semble opportun. La contre-révolution brutale en Égypte constitue tout à la fois un encouragement et une diversion. L’armée égyptienne, qui dépend massivement du soutien de Washington, a répondu par le mépris aux pressions américaines. Comment cette Amérique qui ne tient plus les militaires au Caire pourrait-elle faire plier ceux de Damas ?
Un arbitre américain hésitant
Le régime syrien comprend mieux l’Amérique que cette dernière ne comprend le Moyen Orient. Au-delà de la paralysie, somme toute classique, du système international, il y a en effet deux réalités qui, celles-là, sont bien nouvelles : les révolutions arabes et l’affaiblissement de l’Amérique dans le monde. Jamais le Moyen-Orient n’a été plus éclaté, jamais l’arbitre américain n’a été plus hésitant. Lorsque Barack Obama arrive à la Maison-Blanche, il veut réconcilier l’Amérique (et au-delà, le monde occidental) avec l’islam. Ce sera l’objet de ses grands discours au Caire et à Istanbul. Il entend fermer la page tragique du 11-Septembre et prendre ses distances, par le verbe sinon par l’action, avec son prédécesseur, George Bush. Le problème, cinq ans plus tard, est que le monde arabe est avant tout en guerre avec lui-même avant de l’être avec l’Occident. Certes, le sort des chrétiens d’Orient est chaque jour plus préoccupant et Israël demeure une obsession, mais le conflit syrien est devenu une guerre de religions, sinon un conflit de civilisation, au sein même de l’islam. Après en avoir trop fait sous les deux mandats de Bush, l’Amérique en ferait-elle trop peu désormais ? En 2003, l’intervention militaire en Irak était justifiée par la prétendue présence d’armes de destruction massive. Des armes qui avaient été utilisées par Saddam contre sa minorité kurde, en 1988, mais dont on ne trouva plus trace en 2003. Aujourd’hui, ces armes existent. Elles tuent sous nos yeux en Syrie. Abrité derrière la crise égyptienne, pariant sur l’impuissance occidentale, Bachar al-Assad entend confirmer de la manière la plus brutale les avantages qui sont désormais les siens sur le terrain car… « l’Occident ne fera rien, bien sûr ». L’Histoire nous a pourtant amplement démontré que les risques de l’inaction et de l’indifférence étaient plus grands encore que ceux de l’ingérence et de l’intervention. Source : Ouest France
l’Institut Français des Relations Internationales (IFRI) dans le XVème arrondissement de Paris
Pour Didier et Edouard, portés disparus en Syrie
Nous, membres du comité de soutien, journalistes, amis, citoyens épris de liberté, appelons à la libération des deux journalistes portés disparus en Syrie depuis le 6 juin 2013, Didier François, grand reporter, et Édouard Élias, photographe. Envoyés spéciaux d’Europe 1, ils ont été arrêtés alors qu’ils faisaient route vers Alep.
Réputés pour leur professionnalisme, Didier et Édouard sont engagés au service de l’une des plus nobles missions : la liberté d’information. En Syrie, ils réalisaient des reportages pour rapporter au public la réalité d’une tragédie quotidienne.
Le comité de soutien, présidé par Florence Aubenas, Karen Lajon et Serge July, et Reporters sans frontières dénoncent cette infraction flagrante à la résolution 1738 du Conseil de sécurité de l’ONU et à la troisième convention de Genève.
En Syrie, le nombre de journalistes enlevés ou portés disparus ne cesse d’augmenter. Pour ces otages, nous appelons à la mobilisation la plus large. L’information est un droit, pour nous, pour eux, et pour toutes les victimes du conflit syrien.
Parce que leur liberté, c’est aussi la nôtre
Exposition : Costa Gavras à la MEP (jusqu'au 15 septembre)
L'exposition « Costa-Gavras, carnets photographiques » organisée par la Maison Européenne de la Photographie à Paris présente près de 70 photographies réalisées par Costa-Gavras tout au long de sa vie. Véritable voyage au cœur même de la vie du photographe et réalisateur, l'exposition commence par quelques clichés intimes où l'on peut voir sa femme et sa fille Julie, ou encore un autoportrait dans un miroir. S'articulant autour des différents voyages et tournages de Costa-Gavras, l'exposition dévoile des clichés inédits pris exclusivement en noir et blanc. Des photographies de Régis Debray prises dans l'avion aux clichés des rues de Paris, New-York ou encore Jérusalem, l'exposition « Costa-Gavras, carnets photographiques » entraîne le visiteur sur la route, à la découverte des souvenirs du réalisateur. Si pour lui, la photographie n'était qu'une passion d'amateur, la dimension cinématographique se ressent dans chacun de ses clichés. La lumière et les ombres sont sublimées, et les instantanés pris à la dérobée ou par inadvertance rendent compte du talent de composition de Costa-Gavras. Entre le souvenir et le témoignage, l'exposition « Costa-Gavras, carnets photographiques » à la Maison Européenne de la Photographie de Paris nous plonge dans l'intimité du cinéaste et nous dévoile la vision d'un homme engagé d'une rare sensibilité. De Pékin à New-York, de Fidel Castro à Yves Montand, des manifestations urbaines aux paysages mélancoliques, le visiteur voyage aux côtés du réalisateur, entraîné par la nostalgie de ses photographies intemporelles en noir et blanc. Pour prolonger votre voyage dans le temps, n'hésitez pas à aller jeter un œil à l'exposition voisine, « L'œil d'un collectionneur », qui présente des photographies de Philippe Halsman collectionnées par Serge Aboukrat. Découvrez ainsi une mini rétrospective du célèbre photographe Philippe Halsman, connu pour avoir été le premier à faire sauter ses modèles ( technique du jumping), dont Marilyn Monroe.
Les expositions de la Maison Européenne de la Photographie à Paris « Costa-Gavras, carnets photographiques » et « L'œil d'un collectionneur » sont accessibles pour un tarif de 8 € du mercredi au dimanche de 11h à 20h, jusqu'au 15 septembre 2013.
Voir mes précédents billets sur Costa Gavras


































