Raymond Aubrac
Raymond Aubrac, l'une des dernières personnalités de la Résistance à avoir connu Jean Moulin, est mort mardi soir à l'hôpital militaire du Val-de-Grâce à Paris à 97 ans. Indissociable de son épouse Lucie, Raymond Aubrac était le dernier survivant des chefs de la Résistance réunis et arrêtés en juin 1943 à Caluire, près de Lyon, avec le chef du Conseil national de la Résistance. En 1947 et 1950, il avait été témoin à charge lors des deux procès du résistant René Hardy (décédé en 1987), accusé d'avoir livré Jean Moulin à la Gestapo et acquitté au bénéfice du doute. Sa femme Lucie Aubrac, qu'il avait épousée en 1939, elle aussi héroïne de la Résistance, est morte en 2007 à l'âge de 94 ans. Ils avaient trois enfants et dix petits-enfants. Le père et la mère de Raymond Aubrac, Albert et Hélène Samuel, sont morts en camp d'extermination. Mercredi matin Nicolas Sarkozy a tenu à lui rendre hommage. «Ces héros de l'ombre qui ont sauvé l'honneur de la France, à un moment où elle semblait perdue, disparaissent les uns après les autres», a commenté le chef de l'État. «Nous avons le devoir d'en maintenir le souvenir vivant au cœur de notre mémoire collective».
Lyon, mars 1943. Raymond Aubrac et sa femme Lucie sont engagés dans la résistance à l'occupant nazi. Le 21 juin, Raymond est arrêté à Caluire avec Jean Moulin. La passion amoureuse de Lucie la pousse alors à tout tenter, à tout entreprendre pour arracher son mari des griffes de la Gestapo.


















