Cinq cents pièces du paquebot
mythique, aujourd’hui démantelé, seront en vente chez “Artcurial” les 8 et 9
février.
Retour sur l’histoire mouvementée d’un rêve flottant.
Bleu, pointu, d’une hauteur de 4,55 mètre et d’un
poids de quatre tonnes, un curieux colosse trône ces jours-ci sur les
Champs-Élysées, arrivé comme par magie, il y a quelques jours, dans la cour de
l’hôtel Marcel Dassault. À peine débarqué, le monstre d’acier joue les
vedettes, attirant amateurs d’antiquités autant que curieux et touristes, qui
le photographient au moins autant que l’obélisque et l’Arc de triomphe… Le nez
du paquebot France est entré dans Paris !Arrivée couchée dans un
porte-containeurs spécial, la pièce d’étrave aura mis un mois pour être
acheminée en bateau puis par voie terrestre de Bombay à Paris, un périple au
terme duquel elle sera vendue aux enchères par Artcurial, avec cinq cents
autres pièces de même provenance, les 8 et 9 février prochains, sous le
marteau de Me Tajan. Cette vente exceptionnelle devrait attirer un publicnombreux.
Comme dans un inventaire à la Prévert, on y trouve, en vrac, tables, commodes,
lampes de coursive et d’intérieur, tabourets, vaisselle, panneaux décoratifs
mais aussi hublots, rampes d’escalier, morceaux de cheminée, panneaux de
contrôle, maillons de chaîne, documents techniques de construction ou de
navigation, menus (y compris pour chiens !), jeux de cartes, cendriers ou
moutardiers souvenirs, bibles de chambre, vestes de commandants de bord... De quoi séduire les amateurs de
toutes sortes.
« La France sur mer », « le
Versailles des mers », « le faubourg Saint-Honoré de l’Atlantique », une «
cathédrale moderne », un « nouveau château de la Loire »… Le France ne fut pas
un paquebot comme les autres. Ses 315 mètres de longueur, son déplacement de 57
000 tonnes, sa propulsion de 160 000 chevaux et sa vitesse de croisière de 31
nœuds nous le confirment. Symbolisant une des grandes aventures de
l’après-guerre, il fut le plus grand, le plus sûr, le plus puissant, le plus
rapide de son espèce. Quant à ses aménagements intérieurs, qui employèrent
quelque 132 artistes, ils offrent un saisissant instantané des différents
courants et débats artistiques de l’époque. Pendant ses treize années de
navigation sous pavillon français, le France, en 377 traversées
transatlantiques (elles duraient cinq jours), accueillit près de 600 000
passagers, dont toutes les célébrités de l’époque, d’Alain Delon à Johnny en
passant par Juliette Gréco et Tino Rossi. Il fit aussi deux tours du monde.
Sa naissance ? C’est à la fin de
l’année 1952, alors même que le trafic aérien est en plein essor, que la
Compagnie générale transatlantique décide d’étudier un remplaçant des navires
vieillissants, un digne successeur au défunt Normandie. En dehors de la
rivalité internationale (l’Angleterre projetait à l’époque de nouveaux Queen
Mary et Queen Elizabeth et les États-Unis, un navire jumeau du United States),
l’objectif était de réaliser un bateau qui fasse appel aux technologies les
plus avancées avec, comme impératifs, l’économie, la sécurité et le confort.
Les deux innovations majeures furent l’affectation aux deux classes de ponts
parallèles et l’emploi de matériaux légers, en particulier l’aluminium,
notamment pour tous les aménagements intérieurs. « Pourquoi tout ce métal ?
Pourquoi cet étrange mariage de fer peint, d’or et de glaces ? » s’exclamaient
les visiteurs habitués au style historique des précédents paquebots. Mais
l’heure était à la modernité. Pour la décoration intérieure du
France, le parti pris fut l’éclectisme et la prudence en accord avec les fortes
contraintes imposées par le matériau. Le bois et le marbre, en effet, furent
totalement exclus (car trop lourds ou inflammables) au profit de l’aluminium,
du verre et de matières synthétiques.Au terme de nombreux débats, on
parvint à dépasser les clivages entre art figuratif et art non figuratif, et
des artistes des deux bords furent mis à contribution. À ceux qui regrettaient
l’absence des avant-gardes (Jean Prouvé, Charlotte Perriand, Marcel Gascoin),
le directeur général de la Compagnie répondait : "Un bateau n’est pas un
musée, il ne saurait avoir la prétention de constituer un résumé des tendances
de l’art du moment. Il n’est pas fait pour l’instruction de ses passagers mais
pour leur agrément". Le “style France” se situe donc
entre archaïsme et nouveauté, un modernisme chic, de bon ton, signé des ténors
de la décoration française, pour le meilleur et pour le pire… André Arbus,
Maxime Old,la maison
Leleu et Raymond Subes donnèrent à l’aventure une rigueur
constructive contrebalancée par la fantaisie ornementale de Micheline Willemetz
(des feuilles de tabac sur les murs du fumoir) ou Germaine Darbois-Gaudin (une
salle à manger de style hollywoodien !). Quel contraste que ce salon de bridge
acidulé d’Henriette Gonse et l’appartement retenu du commandant de bord par
Jean Royère !Tapisseries de Marcel Gromaire,
Lanskoy ou Jean Picart le Doux, peintures de Chapelain-Midy, Dunoyer de
Segonzac, Gen Paul, Utrillo, mosaïques de Bazaine, vitrail d’Anne Carlu…
Beaucoup de ces œuvres, comme les meubles, furent dispersées (ou jetées).
Certaines, cependant, restées à bord, seront présentes à la vente, telles ces
commodes colorées des cabines de première classe d’Henri Lancel, cette table
de Jules Leleu au plateau de verre haut en couleur et abstrait (elle provient
de la bibliothèque), cette grande gravure sur aluminium patiné d’or de Claude
Hertenberger (elle provient de la salle à manger Chambord) ou encore ce Port,
laque monumental d’Alvo, qui ornait la descente de la classe touriste.Comme le palais Pitti pour les
Médicis, le France, emblème du génie français, exaltait les vertus nationales
et était un moyen pour l’État de rehausser son image, celui-ci étant tuteur et
actionnaire à 62 % dans la
Transat. Le coût du projet, d’un montant de 32 milliards
d’anciens francs, et la succession des crises ministérielles sous la IVe République retardèrent sa réalisation. Le paquebot fut finalement inauguré le 11 mai 1960.
Une première croisière aux Canaries en présence de Michel Debré, premier
ministre de l’époque et d’Yvonne de Gaulle, marraine du bateau, puis, le 3
février 1962, c’est le départ de la première traversée de l’Atlantique-Nord
pour rejoindre New York. De ce nouvel ambassadeur du savoir-faire français, le
général de Gaulle, qui n’embarqua pas (les lits dans les appartements d’honneur
avaient pourtant été rallongés de 10 centimètres !),
laisse un discours mémorable : « Que ce navire aille donc accomplir sa destinée
: porter des hommes vers les hommes ! […] Que France s’achève et s’en aille
vers l’océan pour y voguer et pour y servir ! Vive le France, vive la France !
»
Le rêve flottant dura treize ans.
Au printemps 1974, la situation financière de la Compagnie se dégrade
gravement, puis l’État renonce définitivement à le prendre en charge. Le France
fut désarmé et relégué dans le port du Havre, au fameux “quai de l’oubli”, en
décembre 1974. Jusqu’à son rachat en 1977 par le milliardaire saoudien Akram
Ojjeh, qui le cède deux ans plus tard à un armateur norvégien. Rebaptisé
Norway, au terme de travaux qui en font le plus grand paquebot de croisière au
monde, il vivra sa deuxième vie jusqu’au 25 mai 2003, date où l’explosion
d’une de ses chaudières fit sept victimes et provoqua l’arrêt de son activité.
S’en suivit son désarmement définitif. Ces glorieux vestiges
du passé, s’ils pincent un peu le cœur, illumineront bientôt l’intérieur
d’amateurs et de collectionneurs nostalgiques. Un petit bout de la mémoire
nationale restitué aux Français…(source internet).
Ci-dessous photos prises à Artcurial avec mon téléphone mobile le 6 février.
Le « Pop Art », courant pictural majeur né en Angleterre
dans les années 50 et qui a explosé ensuite aux Etats-Unis, en particulier à
New York, a marqué plusieurs générations d’artistes en consacrant le retour
spectaculaire de la figuration, face à l’expressionnisme abstrait alors
dominant, et en réintroduisant l’objet dans l’œuvre, selon un esprit néo-dada.
Art populaire, éphémère, consommable, peu coûteux, produit en série, jeune,
spirituel, sexy, séduisant, tel que le définissait Andy Warhol, il consacre des
sujets empruntés directement à la culture populaire et véhiculés par la bande
dessinée, la publicité, les magazines, le cinéma, la télévision…
En créant ainsi des « images d’images », le Pop Art mit en
évidence l’emprise des moyens de communication sur l’imaginaire collectif et
les liens entre art, publicité, mode et argent. Parallèlement, il offrit une nouvelle
liberté aux artistes, qui explorèrent de nouveaux moyens techniques et
plastiques issus de l’univers de la pub et des media, avec des reports
photographiques et sérigraphiques, des couleurs clinquantes, une peinture lisse
aux contours nets, des modifications d’échelle et des répétitions sérielles
d’images.
A l’aune du XXIe
siècle, l’influence du Pop Art est universelle et multiple, s’exprimant par son
héritage tant intellectuel, lié à des notions de consommation de masse et
d’impact de l’image, que plastique, avec une iconographie très identifiable,
qui valorise de manière égale des objets dérisoires de notre quotidien, des
personnalités du monde du spectacle et des faits divers…
Jeff Koons est le « fils spirituel » de ce mouvement, qu’il
décrypte au travers d’une attitude « post-duchampienne », qui refuse tout tabou
entre beaux-arts et culture populaire, basant ses œuvres sur des objets
familiers et une imagerie ludique. Les Monkey Train (2007) qui seront exposées
pour la première fois sont de nouvelles lithographies à 40 exemplaires créées
avec l’imagerie de la
série Popeye.
McDermott & McGough, dans leur démarche atemporelle, se
réapproprient les codes esthétiques et picturaux d’une époque pour nous y
replonger. Dans leurs dernières peintures, ils juxtaposent photographies noir
& blanc, bandes dessinées colorées et écrans de TV factices pour dénoncer à
leur manière les travers et malheurs que cachait l’univers lisse et glacé de
l’American way of life tel que dépeint par les publicités et les magazines
américains des années 60.
Né en 1956 en Ecosse, David Mach est lui aussi un digne
héritier du « Pop Art », mais dans une appréhension plus britannique
qu’américaine. Sa démarche initiale est effectivement de dénoncer la
sur-production dans notre économie contemporaine en utilisant des surplus
d’objets de notre quotidien pour réaliser ses sculptures ; ici, ce sont des
bouteilles de Pepsi qui composent l’installation So long and thanks for all the
fishes (1985), Aujourd’hui, ce sont les figures iconiques de notre société
contemporaine qui sont les sujets de ses têtes en allumettes : Lénine, Elvis,
Barbie... Sa palette très vive et contrastée ajoute à l’aspect « décalé » de
ses œuvres, comme leur titre chargé d’humour ; on se trouve là au sein d’une culture
pop mêlée à la légendaire excentricité britannique!
Plus jeune que tous ces artistes, Benjamin Sabatier a créé
une œuvre toute entière axée sur la transposition dans l’art des systèmes
économiques actuels de consommation, production et distribution. Aujourd’hui,
après les Peintures en kit composées de punaises, les Bacs faits de bacs à
glaçons emplis de papier magazine froissé, dans le même esprit des Colonnes en
bois et catalogues de vente par correspondance, il nous livre ses dernières IBK
Scotch Towers (2008), des totems multicolores formés par empilement de rouleaux
de ruban adhésif.
Aux côtés de ces artistes plasticiens dont les créations
peuvent ainsi naître d’une attitude pop, les photographes nous montreront une
influence issue essentiellement d’une esthétique pop aux codes picturaux bien
définis.
À leurs débuts au milieu des années 1970, c’est précisément
l’imagerie Pop qui a inspiré Pierre et Gilles, car c’est celle de leur univers,
lié au spectacle et au monde de la nuit, à la publicité et aux magazines, aux
domaines de l’art comme de la
mode. Leurs premières créations communes, telle Ruth et les
bigoudis (1982), ou leur premier autoportrait, Perversion (1977), mettent ainsi
en scène des personnalités issues de ces univers sur des fonds très graphiques
aux couleurs vives et tranchées, sur lesquels est « apposée » l’image du
modèle, sans mise en perspective.
Outre ces œuvres historiques, La rage de vaincre (2005) nous
permettra d’appréhender cette influence du « pop » sur une partie de leur
création. Aujourd’hui celle-ci s’exprime surtout par une symbolique pop, dans
certaines œuvres uniquement, avec une palette de couleurs toujours très vives
et très contrastées, des artifices décoratifs « glamourisants », et par le
choix des sujets (ici, en référence au cinéma et aux mangas, un samouraï en super-héros contemporain) et
des modèles, puisque comme chez Warhol, leur travail a toujours mis célébrités
et anonymes sur un pied d’égalité.
Valérie Belin, dont la démarche photographique était axée
jusque récemment sur la représentation de l’objet, a toujours choisi les sujets
de ses séries, en particulier les objets, pour leur statut photogénique, donc à
la fois pour leur empreinte lumineuse et pour leur « potentialité » picturale,
qu’elle exprime grâce à un agrandissement de l’objet et à un cadrage très serré
qui l’isole de tout contexte. C’est le cas des robots auxquels elle consacre une
série en 1998. Quand en 2004 elle photographie des paquets de chips, elle
s’intéresse alors à l’objet pour sa puissance d’évocation… Les packagings
choisis ont tous une valeur visuelle
évidente, avec des lettrages et une charte graphique très remarquables,
précisément très « pop ».
Chez Bettina Rheims, le Pop Art est une source d’inspiration
parmi d’autres, au même titre que l’art pré-raphaélite ou la sculpture du XIXe…
Les œuvres de la photographe française sont toujours imprégnées d’une influence
artistique, celle d’un ou plusieurs courants ou maîtres qui ont marqué son
apprentissage de l’art. Quand elle décide de livrer sa version contemporaine de
la Bible intitulée INRI, c’est au Pop et à ses codes colorés que Bettina Rheims
fera référence pour actualiser son sujet ; le triptyque qui sera exposé, La
Tentation de Jésus, avril 1997, Ville Evrard, en est certainement l’exemple le
plus frappant.
Fahrenheit 451. Homme-livre Homme-libre. Une exposition personnelle de Thu Van Tran, avec la
participation de Chi Waï Ng et Didier RittenerLe projet consiste en l’adaptation d’un roman d’anticipation
écrit par Ray Bradbury en 1953, Fahrenheit 451, en une exposition.
Celle-ci s’efforcera de retranscrire le récit en expériences et d’en dégager
les principaux enjeux. Dans une société future où il est interdit de lire, où
l’on brûle les livres qui sont découverts, les gens qui veulent les sauver les
apprennent par coeur. À l’image de cet état de fait, la confrontation entre
censure et résistance, l’incarnation d’une esthétique visionnaire ou encore la
langue comme force combative, seront matérialisées au sein des œuvres
proposées dans l’exposition.
Cacher un livre, mémoriser son contenu lorsqu’il n'y a plus
de supports possibles, garder la parole comme forme de survie, la transmission
comme fondatrice d’un avenir collectif, sont les actes quasi-désespérés du
roman. Dès lors, son adaptation est motivée par la dimension héroïque et
dramatique du sujet, dont la teneur politique tient en sa prophétie d’un monde
sans liberté ni libre arbitre et son évocation directe à certains événements de
l’histoire, guerre et autodafé passés.
L’intérêt de l’artiste pour la science-fiction n’est pas
particulier, c’est en revanche l’effort d’anticipation fourni par le genre qui
retient son attention. En effet, le texte d’anticipation nous restitue l’expérience
de notre présent en le représentant comme déjà passé, nous demandant de
l’appréhender comme histoire d’une chose encore à venir et qui nous est contée
à cet instant. C’est sur ce mode que l’artiste tentera d’investir l’espace
d’exposition, en lui prêtant un format dans lequel les notions de durée et
d’origine prendront place.
Pour ce projet, l’artiste a souhaité l’intervention d’un
graphiste designer originaire de Hong Kong, Chi Waï Ng, en lui confiant la
matérialisation d’une identité visuelle graphique et narrative, ainsi que
l’intervention de l’artiste suisse Didier Rittener, sur la question de
l’autodafé.
Par ailleurs, il sera programmé durant l'exposition une
série de performances et de débats animés par la puissance de la langue. La récitation,
le discours, l'improvisation verbale, ou même chanter, seront autant de moyens
de dire que de procédés persistants mettant en jeu la parole.
L'exposition débutera par un prélude phonétique et évoluera
en sept chapitres, ainsi nommés : Ch 1-Exister caché, Ch 2-Un bonheur immédiat,
Ch 3-Le pissenlit ou le limier destructeur ?, Ch 4-Autodafé, Ch 5-L'imaginaire
ne cessera pas, Ch 6-Germination, Ch 7-La cavale.
Vernissage
Vendredi 13 février 2009. 18h-21h. En présence des artistes.
Bétonsalon
47-51, quai Panhard et Levassor
Esplanade des Grands Moulins. Rez-de-chassée de la Halle aux
Farines
C’est une annonce qui va faire l’effet d’une bombe dans le milieu du rallye raid. Mitsubishi Motors, dont les résultats ont été plombés par la crise, vient d’annoncer qu’il se retire de la compétition automobile… y compris du Dakar qu’il a remporté 12 fois. "La soudaine détérioration de l’économie mondiale oblige notre entreprise à surveiller plus étroitement ses ressources", a expliqué le groupe dans un communiqué. Le constructeur japonais, qui subit comme tous ses concurrents un effondrement de ses ventes partout dans le monde, s’attend à finir l’exercice 2008-2009 sur une perte nette de 60 milliards de yens (500 millions d’euros). Alors dans ces conditions, exit la compétition. Après Honda, Suzuki, Subaru, Kawasaki le retrait de Mitsubishi constitue le cinquième du genre en quelques semaines parmi les constructeurs japonais. Et un coup dur notamment cette fois-ci pour le Dakar, auquel Mitsubishi Motors a participé 26 fois, remportant un total de 12 victoires, dont 7 consécutives. (Source : France Info)