"J’ai une bonne nouvelle pour vous. A partir de ce soir, la politique
française a changé et elle ne sera plus jamais comme avant. Malgré des
manoeuvres innombrables, malgré l’alliance objective du Parti socialiste et de
l’UMP, malgré des sondages manipulés – je veux rappeler que certains instituts
n’hésitaient pas à annoncer ces dernières heures encore que l’extrême droite
allait être devant nous, malgré ces forces considérables, plus de 7 millions de
Français se sont réunis pour porter une magnifique idée du changement.
C’est à ces millions de Français
que je pense : ils ont fait une magnifique campagne électorale. Ils ont formé
une force nouvelle, La seule force nouvelle de la politique française. Ils ont
ouvert un chemin d’espoir pour la France et ce chemin d’espoir ne s’arrêtera
pas. Il y a enfin un centre en France. Un centre large, un centre fort, un
centre indépendant capable de parler et d’agir au-delà des frontières
d’autrefois. Ceux-là, ces millions de Français, ont compris que la vieille
guerre des deux camps ne répondait plus au mal de la France. Je vous le dis le
mal de la France est plus grave qu’on ne le croit dans les deux partis qui sont
encore ce soir arrivés en tête.
Nous ne sortirons pas la France
de la situation qui fait souffrir tant de femmes et d’hommes qui ont besoin
qu’on s’occupe d’eux et pas des guerres de partis. Nous n’en sortirons pas sans
un changement profond. Ceux-là, ces millions de citoyens ont voulu qu’on ne
raconte pas d’histoire au pays, que l’on ne fasse pas de fausses promesses, qu’on
les regarde comme des citoyens c'est-à-dire comme des responsables. Cette
espérance que nous avons fait naître, j’en ai la charge, je ne l’abandonnerai
pas, ni une minute, ni une seconde pendant les jours, les semaines et les mois
qui viennent. J’aime cette espérance. Je mettrai toutes mes forces à rénover la
politique française. Je l’ai rénovée hier, je la rénoverai demain. Je
n’abandonnerai aucune de ces convictions. Je ne reviendrai pas en arrière.
Je récuse et je récuserai
toujours l’idée qu’il n’y ait en France que deux idées de l’avenir. L’avenir de
la France exige au contraire qu’on fasse vivre ensemble les valeurs des uns et
des autres. L’avenir de la France exige une démocratie profondément nouvelle,
honnête avec des règles et des principes si souvent bafoués depuis longtemps.
Toutes les décisions que je serai amené à prendre dans les jours qui viennent,
toute les positions que nous adopterons, seront inspirées par cette seule
conviction : la nouvelle politique est en train de naître, cette espérance est
grande et juste, et personne, vraiment personne ne l’arrêtera.
Je vous remercie"