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Jours tranquilles à Paris
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poutine
29 octobre 2017

Ksenia Sobtchak - opposante à Vladimir Poutine

Moscou 24 octobre. Conférence de presse de Ksenia Sobtchak. Six jours plus tôt, cette célébrissime animatrice de télévision, ancienne icône de la jet-set, la moscovite des années 2000, a présenté sa candidature à la présidentielle russe de 2018 comme opposante à Vladimir Poutine. Fille de l'ancien maire de Saint-Pétersbourg, non affiliée à un parti, elle entend incarner le vote "contre tous". #KseniaSobtchak #vladimirpoutine #campagneelectorale #Russie

ksenia

Photo Maxim Shemetov @reuters #maximshemetov

Retrouvez notre #tourdumonde des photos marquantes de la semaine sur Courrierinternational.

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6 août 2017

Poutine en vacances

31 juillet 2017

Diplomatie... Russie / Etats-Unis

En réponse à des sanctions américaines, 755 diplomates sommés de quitter la Russie

Dans un entretien avec la chaîne Rossia 24, Vladimir Poutine a annoncé dimanche que ces diplomates devraient quitter la Russie. Une réponse aux nouvelles sanctions votées cette semaine par le Congrès américain.

 En réponse à des sanctions américaines, 755 diplomates sommés de quitter la Russie

Nouvel épisode dans les tensions russo-américaines. Dans un entretien diffusé avec la chaîne Rossia 24,Vladimir Poutine a annoncé ce dimanche que 755 diplomates américains devraient quitter la Russie, conformément à la décision de Moscou de réduire à 455 les effectifs du personnel de l’ambassade des Etats-Unis et de ses consulats sur le territoire russe.

Pas de changements positifs

«Plus d’un millier de personnes travaillaient et travaillent encore» dans les représentations diplomatiques américaines en Russie, a indiqué le président russe dans un entretien diffusé sur la chaîne publique. «755 personnes devront arrêter leurs activités en Russie», a-t-il précisé, Moscou ripostant ainsi aux nouvelles sanctions votées cette semaine par le Congrès américain.

Des changements positifs dans les relations avec Washington ne sont «pas pour bientôt», a poursuivi Vladimir Poutine, alors que la Russie a décidé de réduire drastiquement le personnel diplomatique américain sur son territoire après l’adoption de nouvelles sanctions américaines contre Moscou. «Nous avons attendu assez longtemps, en espérant que la situation changerait peut-être vers le mieux», a-t-il déclaré, «mais il semble, que même si la situation change, ce n’est pas pour bientôt».

Le Sénat américain a adopté jeudi des sanctions pour punir la Russie de son ingérence présumée dans l’élection présidentielle. Ce texte, qui a été dénoncé par Moscou mais aussi critiqué dans l’Union européenne parce qu’il permet de punir des entreprises européennes, a ensuite été soumis au président Donald Trump, qui a le choix de le signer en l’état ou de le bloquer. Vendredi, la Maison Blanche a annoncé que Donald Trump signerait ce texte, lui donnant ainsi force de loi. Source : Libération

15 juin 2017

A Moscou : « Un, deux, trois, Poutine va-t-en ! »

Par Isabelle Mandraud, Moscou, correspondante

Des milliers de Russes sont de nouveau descendus récemment dans la rue à l’appel d’Alexeï Navalny. L’opposant a été interpellé, tout comme plus de 1 500 personnes à travers le pays.

Tenue de boyard ou chemise médiévale pour les uns, T-shirt et canards en plastique pour les autres. Deux populations aux antipodes se sont côtoyées, lundi 12 juin, sur l’avenue Tvserskaïa, à Moscou, qui devait accueillir un festival « historique » pour le jour de la fête nationale russe. Les seconds ont submergé les premiers. A l’appel d’Alexeï Navalny, plusieurs milliers de personnes ont pris possession de la plus grande artère de la capitale russe menant au Kremlin – avec des canards en plastique devenus le symbole de la corruption du pouvoir dénoncée par le premier opposant au président Vladimir Poutine.

Interpellé dès la sortie de son domicile par la police, M. Navalny n’a pas eu le temps de rejoindre ses partisans, qui ont continué sans lui. Dans une ambiance surréaliste, les forces de sécurité déployées en nombre ont pourchassé les manifestants au milieu des bottes de foin, des catapultes et des stands médiévaux. Plus de 832 ont été recensées à Moscou, et au moins 600 à Saint-Pétersbourg (Nord-Ouest) par l’ONG indépendante OVD-Info. Des rassemblements ont également eu lieu dans des dizaines d’autres villes russes, de Vladivostok à Kaliningrad.

Plus de trois mois après les manifestations monstres du 26 mars organisées à travers tout le pays, M. Navalny, candidat déclaré à l’élection présidentielle de 2018, est parvenu, de nouveau, à mobiliser la rue. Et comme la fois précédente, ce sont surtout les jeunes, parfois même des adolescents, qui ont répondu à son appel. Les arrestations, disent-ils, ne les effraient pas, quand bien même, en Russie, elles peuvent être lourdes de conséquences comme leur fermer les portes des universités ou de l’emploi.

« Dix-sept ans au pouvoir, ça suffit »

« C’est dangereux de toute façon de vivre en Russie », balaie, dans la foule moscovite, Yvan, un grand rouquin de 17 ans, qui, comme beaucoup d’autres lycéens, n’aura pas encore l’âge requis pour voter à l’élection présidentielle de mars 2018. « Je ne veux plus de Poutine, ni de Medvedev [le premier ministre], dit encore Yvan. Dix-sept ans au pouvoir, ça suffit. »

Des groupes sautillent en scandant : « Un, deux, trois, Poutine va-t-en ! », repris en chœur. Les slogans sont devenus encore un peu plus directs, un peu plus hostiles au pouvoir. Les figurants en costume médiéval ont rangé leurs arbalètes. La fête est finie, annoncent les autorités. Les familles partent, les manifestants restent, survolés par un hélicoptère. Maria brandit une pancarte « Eliminer le dragon », et explique qu’elle voudrait « vivre dans un autre pays ». D’autres portent des T-shirts « J’aime la Russie, j’en ai marre de ce régime ». « On est fatigués de ce pouvoir, je suis fatiguée », lâche Marina, 22 ans. Beaucoup agitent des drapeaux russes ou se drapent dedans – ce qui ne les empêche pas d’être interpellés.

« Je suis pour la patrie mais contre ce qui se passe dans le pays, contre la corruption, le vol, l’inégalité sociale », explique Artiom, un jeune père de famille en agitant le fameux canard jaune au-dessus de sa tête.

« On nous comparait souvent à Dubaï, mais ce pays est devenu prospère. Nous, nous avions les mêmes possibilités il y a vingt ans… Je regarde aussi la Chine qui est devenue une machine économique incroyable. Et nous, aucun avancement en vingt ans. Nous revenons toujours sur nos exploits militaires, mais c’est du passé, il faut arrêter de s’extasier pendant les fêtes de la victoire. La Russie n’est pas en train de se développer et c’est très triste. »

Navalny « est le seul »

Lorsque les forces antiémeutes fondent sur un jeune pour l’embarquer, la foule gronde. « Ne touche pas le peuple, honte ! » Certains replient brièvement leurs pancartes mais la plupart ne reculent pas. Les manifestants sont de plus en plus isolés, le haut de l’avenue, place Pouchkine, n’est déjà plus accessible, barré par des cordons d’hommes en uniforme, mais on continue encore à distribuer des autocollants en lettres noires sur fond jaune « Nadoel » (« On en a marre »). Un slogan lancé par le mouvement d’opposition de l’ex-oligarque Mikhaïl Khodorkovski, en exil à Londres.

Mais c’est en Navalny que l’on croit, ici. Parce qu’il est jeune, 40 ans, qu’il fait espérer un changement, et qu’on lui reconnaît du courage – il a été condamné dans la journée à trente jours de prison – et qu’il persiste malgré tous les obstacles dressés devant lui. « Il est le seul », soutient Artiom. Divisés, les autres opposants ne séduisent pas, ou peu.

Sans doute, aussi, M. Navalny sait-il mieux que d’autres s’adresser aux jeunes sur sa chaîne YouTube ou les réseaux sociaux, qui sont devenus ses meilleurs atouts. Au moment où il a été arrêté, l’organisation qu’il dirige, le Fonds de lutte contre la corruption, a été privée d’électricité. Depuis des heures, tôt le matin, son directeur de campagne, Leonid Volkov, animait un « live », vidéos à l’appui, de tous les rassemblements dans le pays.

Les Moscovites n’ont pas craint, non plus, de rejoindre une marche interdite par les autorités. Alors que la manifestation avait été autorisée dans une autre partie de la capitale, M. Navalny a brusquement donné, la veille au soir, rendez-vous à ses partisans sur l’avenue Tverskaïa, au motif que les prestataires sollicités pour sonoriser le rassemblement, soumis à des pressions, lui auraient fait faux bond.

Lundi, tandis que les manifestants investissaient la « fête » et transformaient les célébrations du passé en un événement d’actualité, M. Poutine faisait visiter son bureau à quelques mètres de distance à des jeunes lauréats de concours. Jeudi, le chef du Kremlin devrait s’adresser aux Russes lors de l’émission « Ligne directe », instituée il y a quinze ans. Il lui faudra trouver les mots pour apaiser une génération qui n’a connu que sa présidence.

29 mai 2017

Realpolitik - Edito de Henri Vernet – Le Parisien

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En l’espace de quelques jours, de Bruxelles au château de Versailles en passant par la Sicile, Emmanuel Macron a installé son style diplomatique : retour à la realpolitik. Face à Poutine, ce lundi, c’était flagrant. De l’accueil majestueux en ce lieu symbolique de l’amitié entre les rois et les tsars de jadis, à la volonté affirmée de renouer le dialogue et travailler avec le maître du Kremlin, Macron fait exactement le contraire de ce que faisait son prédécesseur et mentor Hollande, qui, lui, ostracisait Moscou. Pour une raison simple. Sur la Syrie, comme sur le dossier empoisonné pour l’Europe de l’Ukraine, le jeune président applique un vieux principe : c’est avec ses ennemis qu’il faut parler si l’on veut trouver une solution. Avec l’autocrate Poutine, comme avec l’imprévisible Trump, Macron choisit le rapport direct, d’homme à homme. Cela n’empêche pas d’asséner quelques vérités, par exemple lorsqu’il a dénoncé devant son homologue russe les « organes d’influence et de propagande » Russia Today et Sputnik, chers à Vladimir Poutine. De même lui assure-t-il qu’il restera vigilant sur les droits de l’homme. Certes, il faut maintenant que cette realpolitik donne des résultats. Pour le président-diplomate, ce sera l’épreuve de vérité.

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15 avril 2017

Vladimir Poutine et Donald Trump par Pierre et Gilles

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8 avril 2017

La Russie interdit cette photo de Vladimir Poutine (et depuis, tout le monde la partage)

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La justice russe a interdit cette image suggérant l'homosexualité du président de la Fédération. USSIE - Regard mélancolique souligné d'une généreuse couche de mascara, fard à paupière bleu et rouge à lèvres carmin sur fond arc-en-ciel... Ce montage photo façon Andy Warhol est bel un affront aux valeurs traditionnelles orthodoxes prônées par le régime russe. Et le ministère de la Justice du pays vient d'interdire cette image utilisée par la communauté LGBTQ, l'ajoutant à la liste toujours plus longue des 4074 productions considérées comme extrémistes.

Cette interdiction est la suite d'un jugement rendu le 11 mai 2016. Il avait ordonné la censure de toute représentation de Poutine en homosexuel. Les procès verbaux de l'audience qui a abouti à cette décision, fin mars, indiquent que l'image "suggère une prétendue orientation sexuelle non conforme du président russe", relève le Moscow Times.

Depuis l'annonce de cette interdiction, de nombreuses personnes la défient en partageant l'image en question. L'auteur de ce montage photo est un certain A.V. Tsvetkov, et ce n'est pas la première fois qu'il a des problèmes avec la justice: en 2016, une douzaine de ses créations partagées sur le réseau social Vkontakte entre juin 2013 et octobre 2014 ont été interdites. Ses posts appelant la police russe à se retourner contre le gouvernement et rejoindre les opposants ont également été supprimés la semaine dernière.

L'image est devenue populaire en 2013, après le vote d'une loi bannissant la "propagande pour les relations sexuelles non traditionnelles devant mineur". Dès lors, ce montage et des dérivés ont proliféré en même temps que la Russie attaquait les libertés d'expression et sexuelle. Les images de Poutine maquillé sont alors devenues un symbole de protestation contre la sévère répression du régime. En 2014, le président russe a signé une loi pour emprisonner les gens qui oseraient simplement liker une publication interdite. Mais le tribunal en a décidé autrement pour A.V. Tsvetkov. Comme le rapporte le Washington Post, l'opposant a été envoyé... en centre de soins psychiatriques.

7 avril 2017

Attaque chimique en Syrie : les Etats-Unis ont frappé une base aérienne du régime de Bachar Al-Assad

Les Etats-Unis ont tiré une soixantaine de missiles sur la base aérienne de Shayrat, près de Homs (Syrie), dans la nuit du jeudi 6 au vendredi 7 avril. "J’ai ordonné une frappe militaire sur une base aérienne de Syrie d’où a été menée l’attaque chimique" car Bachar Al-Assad "a arraché la vie à des hommes, femmes et enfants sans défense", a expliqué Donald Trump lors d'une conférence de presse. Au moins 86 civils sont morts, mardi 4 avril, dans une attaque chimique présumée, selon l'Observatoire syrien des droits de homme.

28 mars 2017

Ce soir sur ARTE - THEMA

Pourquoi la Russie de Vladimir Poutine s'applique-t-elle à tisser des liens avec les partis populistes d'extrême droite européens ? Enquête en Slovaquie, en Bulgarie et en République tchèque.

Depuis des années déjà, les analystes observent un rapprochement progressif entre le Kremlin et les partis populistes d’extrême droite européens. Prises de positions voisines, usage des mêmes canaux médiatiques… Des personnalités politiques russes vont jusqu'à afficher ouvertement leur soutien au Front national ou au parti eurosceptique Alternative pour l'Allemagne (AfD). Une amitié qui se veut réciproque, comme en témoignent les voyages à Moscou de divers représentants populistes, du président du FPÖ autrichien à celui du parti néonazi hongrois Jobbik. Un réseau de contacts étroits s’est ainsi formé avec la Russie de Poutine, autour d’un nationalisme affirmé et d’un rejet commun des idéologies libérales. Pourquoi le Kremlin mise-t-il sur ces alliances ? Dans quelle mesure cette coopération a-t-elle une influence sur l’Union européenne ? S’agit-il uniquement de rapprochements de circonstance, ou bien d’un plan de déstabilisation des alliances occidentales que constituent l’UE et l’OTAN ? Alors que quinze des vingt-quatre partis d’extrême droite les plus influents du continent proclament ouvertement leur soutien à la Russie, sur fond de tensions croissantes entre l'Union et le Kremlin, cette évolution présente un caractère explosif. Enquête en Slovaquie, Bulgarie et en République tchèque, où le rejet des institutions européennes et l’admiration du modèle russe sont particulièrement forts.

28 mars 2017

En Russie, la génération Poutine dans la rue

Par Isabelle Mandraud, Moscou, correspondante - Le Monde

L’opposant Alexeï Navalny a été condamné lundi à quinze jours de détention après les manifestations de la veille, qui ont rassemblé une majorité de 15-25 ans.

On les disait détachés, vaccinés de la politique. Les jeunes Russes ont répondu massivement présents à l’appel de l’opposant Alexeï Navalny pour protester contre « la corruption du pouvoir ». « La révolte des enfants contre les pères », titrait à la « une », lundi 27 mars, Moskovski Komsomolets, au lendemain des plus importantes manifestations qu’ait connues la Russie depuis la réélection de Vladimir Poutine en 2012.

Parmi les 1 030 personnes interpellées à Moscou recensées par OVD-Info, une ONG spécialisée dans la surveillance des mouvements de contestation, 46 au moins étaient des mineurs. Beaucoup avaient 18 ans, ou à peine plus, c’est-à-dire l’âge de ceux qui n’ont connu que l’actuel président parvenu au pouvoir en 2000. La génération Poutine.

Le phénomène n’a pas échappé au Kremlin. « Nous ne pouvons pas respecter ceux qui, sciemment, trompent les mineurs, en fait des enfants, en les encourageant et en leur promettant certaines récompenses pour prendre part à une manifestation non autorisée, exposant ainsi leur sécurité et même leur vie », a fustigé dès le lendemain le porte-parole de la présidence, Dmitri Peskov.

« Ce que nous avons vu dans de nombreux endroits et davantage encore à Moscou était une provocation », a-t-il ajouté, laissant planer l’image d’un Navalny dans le rôle de Peter Pan, entraînant derrière lui des jeunes séduits par des contes de fées. Lundi, l’opposant, candidat à la présidentielle de 2018, a été condamné à quinze jours de détention pour refus d’obtempérer à la police et 20 000 roubles d’amende (environ 330 euros) pour rassemblement illicite.

« Poutine, voleur »

A Nijni-Novgorod, sur les bords de la Volga, des parents de lycéens interpellés ont reçu un procès-verbal pour « non-exécution de leur devoir d’éducation », conformément à un article du code civil. A Tomsk, filmé par un téléphone portable, c’est un jeune orateur, élève de 6e, qui s’est saisi du micro lors du rassemblement dans cette ville de Sibérie occidentale. « Bonjour, je m’appelle Gleb Tokmakov, s’est-il exclamé un bonnet enfoncé par-dessus ses yeux clairs et ses joues rondes. La Constitution doit travailler pour nous et non pour les corrompus ! » « A bas l’inégalité entre les canards ! », brandissait drôlement sur une affichette Katia, 16 ans, sur l’avenue Tverskaïa de Moscou.

Symboles de la contestation, baskets et canards en plastique ont fait fureur parmi les 15-25 ans venus en nombre dans les défilés. La plupart d’entre eux connaissaient parfaitement la vidéo de 50 minutes diffusée le 2 mars sur YouTube, dans laquelle Alexeï Navalny, décortiquait en détails les biens du premier ministre Dmitri Medvedev acquis par l’entremise de proches, depuis ses baskets onéreuses jusqu’à ses résidences somptueuses abritant des canards. Non seulement la vidéo, vue par plus de 12 millions de personnes, révèle une réalité différente de l’actualité officielle, mais aucune réponse ou aucune tentative d’explications n’a été fournie par le gouvernement.

En utilisant tous les réseaux sociaux pour contourner la censure des chaînes de télévision du pouvoir, Alexeï Navalny, 40 ans, a joué sur la corde sensible de la corruption. « La machine télé-propagande n’agit pas sur la jeunesse et toute cette xénophobie ultra-patriotique orthodoxe ne peut donner que la nausée, assène le sociologue Igor Eïdmann. Les jeunes vont sur Internet chercher l’information réelle sur ce qui se passe dans le pays. »

L’influence de Navalny plus forte grâce à Facebook ou Twitter ? Voilà de quoi aviver la paranoïa du pouvoir russe, qui n’a cessé de dénoncer le rôle joué par les réseaux sociaux dans les révoltes arabes et le soulèvement ukrainien, avec le soutien des occidentaux. « Le pouvoir doit revoir son attitude sur le phénomène Navalny qui les a doublés », affirme le politologue Andreï Kolesnikov, cité par le journal Vedomosti.

A Moscou, sur la place Pouchkine, deux adolescents accrochés à un lampadaire ont créé le buzz lorsque, cessant d’agiter un drapeau russe, l’un d’eux a eu l’idée de verser de l’eau sur un policier. « Descendez, ou vous serez arrêtés », leur a intimé ce dernier. « De toute façon, on sera arrêté, j’aime autant rester ici », lui a répondu l’un des gamins sans se démonter. Au final, lui et son copain ont fini dans un fourgon, comme beaucoup d’autres.

Lundi, l’un des premiers condamnés, né en septembre 1999, a été condamné à dix jours de prison pour avoir crié « Poutine, voleur » en « gesticulant » et parce qu’il « s’appuyait les pieds sur l’asphalte », comme l’indique curieusement le procès-verbal. « Je ne suis pas d’accord, je ne me considère pas coupable », a ajouté le jeune homme à côté de sa signature. Sans illusion, sans adhésion à un quelconque parti, ni même à la personne d’Alexeï Navalny, la génération Poutine tient tête.

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