La lettre de campagne de Laurent Joffrin : Le Dernier jour de Fillon
Il y a une malédiction Fillon. On connaît le piège dans lequel son éclatant succès l’a enfermé. Son thatchérisme de bénitier lui a rallié les suffrages d’une droite aussi âgée qu’aisée, qui a formé le noyau dur autour duquel se sont agrégés les électeurs de la primaire. Mais cette même doctrine, qui lui fait comme une tunique de Nessus libérale, rebute l’électorat populaire, sans lequel il n’est pas de victoire dans une présidentielle. Ce fossé que Fillon a lui-même creusé et qui le sépare du peuple de droite le plus modeste, s’élargit de jour en jour, minant sa campagne.
Cela se voit dans les petites choses comme dans les grandes. Le comte de Castries, Henri de son prénom, a officialisé hier son soutien au candidat LR. Nul ne lui reproche évidemment son patronyme ni son titre, qu’il n’a pas choisis – il s’est seulement donné la peine de naître dans une famille de haute lignée, ce qui n’est pas un crime. Mais Henri le comte a longtemps été le très prospère PDG du groupe AXA, l’une des principales capitalisations du CAC 40, qu’il a au demeurant fort bien géré. Décidément, on n’est pas chez ces ploucs où Nicolas Sarkozy se vantait se trouver ses électeurs…
Tout cela serait point de détail de cette petite histoire si le programme de François Fillon – diminution spectaculaire des impôts sur les hauts revenus et les gros patrimoines – ne correspondait pas en tous points aux intérêts à la fois compréhensibles, mais aussi sonnants et trébuchants, du comte qu’il compte au premier rang de ses soutiens et dont certains disent même qu’il pourrait devenir Premier ministre en juin prochain. Après la République des ducs, la démocratie du comte. L’association certes légitime, mais difficile à vendre au cœur de la Picardie pauvre ou du 9-3 déshérité…
A cela s’ajoute une autre anecdote tout aussi significative. Venu de chez Bruno Le Maire, voici qu’un autre partisan du hobereau de Sablé révèle un CV un peu baroque. Dominique Calmels, directeur chez Accenture, une grosse boîte de conseil, chargé des questions fiscales pour la campagne Fillon, est aussi le représentant en France de l’Eglise mormone. Est-il favorable à la polygamie, puisqu'on sait qu'elle a longtemps été en vigueur au sein de l’Eglise du Christ des saints des derniers jours (le fondateur de la secte, un certain Smith, en avait trente) ? On ne sait. En revanche, ce Calmels a des convictions très arrêtées sur d’autres questions sociétales. Il s’est empressé, en effet, de sortir de sa spécialité fiscale pour donner son avis sur… l’avortement, qu’il voudrait restreindre aux femmes victimes de viol. Encore un progressiste parmi les ouailles du père Fillon. Certes ces idées n’engagent pas le candidat. Mais entre l’assureu r au sang bleu et le mormon «pro-life», il ne fait guère d’efforts pour corriger son image, qui n’est certes pas celle d’un bobo, un bourgeois bohême, mais de plus en plus celle d’un bobi, un bourgeois bigot.
Circulation(s) - save the date
Septième édition de Circulation(s), festival de la jeune photographie européenne organisé par l’association Fetart au CENTQUATRE-PARIS du 21 janvier au 5 mars 2017.
Ce festival a pour vocation de faire émerger les talents de la jeune photographie européenne et de faire découvrir au public la création artistique contemporaine innovante.
Présidé cette année par Hercules Papaioannou , il présentera une exposition de 44 photographes européens ainsi que de nombreuses autres manifestations.
Autour de cette exposition d’envergure, Little Circulation(s), l’exposition à hauteur d’enfants, revient en 2017 avec son programme pédagogique et les activités pour le jeune public.
Le studio photo : tous les week-ends,vous pourrez vous faire photographier seul(e), en famille ou entre amis par un photographe professionnel, dans des conditions d’un studio de prise de vue et repartir avec un tirage signé (59 €).
Deux photographes de Circulation(s) seront exposés à la Gare de l'Est et, nouveauté cette année, cinq artistes du festival exposeront en exclusivité au centre photographique de Clermont-Ferrand (Hôtel Fontfreyde) du 02 mars au 05 juin 2017
Innovation chez Circulation(s): pour la première fois, le festival s’associe aux lieux parisiens qui soutiennent et défendent la jeune photographie contemporaine. Rendez-vous dans les galeries Clémentine de la Féronnière, Escale à La Grange aux Belles, Esther Woerdehoff, Galerie Fisheye, Intervalle, La Capsule, Little Big Galerie et Librairie 29.
Rendez-vous sur www.galerie-circulations.com
Plus d'informations sur http://www.festival-circulations.com
A partir de mercredi prochain au Théâtre Trévise
Fifty Shades en moins cucul, est–ce possible ? Alors que le 8 février, sort au ciné la suite, 50 Nuances plus sombres, Mademoiselle A donne son spectacle musical Mon Gainsbourg à moi au prestigieux théâtre Trévise où les planches vont bien cramer. Première date : le 25 janvier, mercredi prochain. La miss qui chante très bien, belle voix chaude, n’a pas froid aux yeux et ailleurs. Elle s’appuie sur des chansons du grand Serge pour raconter son cheminement vers l’épanouissement sexuel et intellectuel. C’est inspiré directement de la vie d’Alice, l’interprète, adepte du libertinage et du BDSM. Elle ne cache pas qu’elle aime jouer les soumises avec son mari.
Mademoiselle A
C’est moi qui fait la com du spectacle, mais là, je vais plutôt faire la conne. Interview express
– être soumise, n’est-ce pas une façon de flemmarder ?
– Tout à fait ! (mdr) C’est exactement ça ! T’as tout compris. En fait, tu n’es responsable de rien. La seule chose que tu as à faire, c’est de te faire belle pour ton maître. Pour les femmes hyperactives, c’est une façon de ne plus penser à leurs soucis, de se faire offrir l’esthéticienne, le coiffeur, des tenues hyper sexy, t’es traitée en princesse, c’est les vacances quoi !
– Le libertinage et le BDSM seraient-ce de nouvelles méthodes de développement personnel ?
– Aujourd’hui, tout le monde a un coach, un coach de vie, de sport, de carrière, moi j’ai choisi un maître.
– ça coute moins cher ?
– pour moi oui, mais pas pour lui ! (mdr)
– Sur scène, tu reprends les chansons de Gainsbourg à la gloire du libertinage. La famille est au courant ?
– Oui, bien sûr ! Mais Serge Gainsbourg était libertin. Il ne s’est jamais caché d’avoir eu des relations homosexuelles. S’il avait des limites heureusement, il s’autorisait à tout penser dans sa création. Il est allé au bout des idées libertaires.
– Et pour le côté BDSM ?
– Dans son rapport aux femmes, Gainsbourg était très misogyne, il aimait les faire souffrir. Les chansons qu’il a écrites pour ses égéries sont très difficiles à interpréter. Et en même temps, il en était fou, une sorte d’attirance-répulsion. Tu sais quand même que les fans de Gainsbourg l’appellent « le maître » !
– No comment !









