Pierre Lescure reconduit à la Présidence du Festival de Cannes
Alors que le Festival de Cannes prépare sa 70e édition, Pierre Lescure vient d’être réélu à l’unanimité Président de l’association organisatrice.
En décembre 2016, le conseil d’administration de l’Association Française du Festival International du Film, qui réunit pouvoirs publics et professionnels du 7e art, a renouvelé sa confiance à Pierre Lescure, et l'a réélu Président du Festival, poste qu'il occupe depuis juillet 2014. Ce nouveau mandat, d’une durée de trois ans, couvrira les éditions 2018, 2019 et 2020. Il garantit ainsi la continuité de la gouvernance du Festival et de ses projets.
Journaliste, cofondateur de la chaîne Canal+, Pierre Lescure a été Président-Directeur général du groupe Canal+ de 1994 à 2002. Entre 2008 et 2014, il est producteur et directeur des opérations du théâtre Marigny. Il est depuis 2015 Vice-Président de Molotov TV, la nouvelle plateforme numérique d’accès à la télévision.
Aux côtés de Pierre Lescure, Thierry Frémaux, Délégué général, continuera à diriger l’institution et à assurer notamment la sélection officielle qui sera dévoilée, pour l’édition 2017, à la mi-avril.
LE FESTIVAL DE CANNES SE TIENDRA DU 17 AU 28 MAI 2017.
Hier soir : «Django Unchained» censuré ?... Pourquoi TF1 n'a pas diffusé la version cinéma du film
Jamie Foxx et Leonardo DiCaprio dans «Django Unchained». - The Weinstein Company
Django Unchained est un hommage de Quentin Tarantino au western spaghetti. Mais avec beaucoup de sauce tomate. Sorti en 2013 en France, ce film qui réserve son lot de fusillades, d’énucléation et de bain de sang avait à l’époque été interdit aux moins de 12 ans. Sa violence est telle que TF1 l’a diffusé dimanche soir en présentant une version « modifiée », différente de celle qui fut montrée dans les cinémas. Cette décision a ulcéré plusieurs téléspectateurs qui s’en sont émus sur les réseaux sociaux, parfois en allant jusqu’à parler de « censure ». « C’est Sony [le distributeur] et Quentin Tarantino qui ont légèrement retravaillé deux scènes. TF1 n’est pas intervenue sur ce travail », explique ce lundi la chaîne à 20 Minutes. Les séquences concernées sont celles dans laquelle un esclave est dévoré par des chiens ainsi que la fusillade se déroulant à Candyland, la plantation appartenant au personnage incarné par Leonardo DiCaprio. Ces deux passages ont donc été expurgés des plans les plus dérangeants. TF1 précise que les coupes « représentent une minute et onze secondes du film » qui dure 165 minutes.
« Le CSA n'intervient qu'à posteriori »
« Après visionnage de cette version, nous avons pu le proposer à 20h55 avec le pictogramme "- de 12 ans" », ajoute la première chaîne. Car, si TF1 avait diffusé Django Unchained dans sa version « cinéma », elle se serait peut-être exposée aux foudres du Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA). Un film interdit aux moins de 12 ans en salle est considéré par le gendarme du petit écran comme un programme de catégorie III. Ceux-ci ne peuvent généralement pas être diffusés avant 22 h à la télévision mais une recommandation du CSA avance qu’à « titre exceptionnel, il peut être admis une diffusion après 20h30 de programmes de cette catégorie (…) sauf les mardis, vendredis, samedis, veilles de jours fériés et pendant les périodes de vacances scolaires ». Par ailleurs, une chaîne ne peut pas programmer plus de quatre longs-métrages interdits en salle aux moins de 12 ans par an.
TF1 a donc tenu à rester dans les clous pour se prémunir de toute récrimination de l’instance de contrôle. « Le CSA n’intervient qu’a posteriori [après la diffusion d’un programme], souligne Christophe Triollet, auteur du livre Le Contrôle cinématographique en France (L’Harmattan). C’est la chaîne qui a choisi de diffuser ce film en première partie de soirée. Elle aurait pu le programmer en deuxième partie de soirée dans sa version "salle", mais cela lui aurait apporté moins de revenus publicitaires. » D’autant plus que le film de Tarantino dure près de trois heures – les téléspectateurs auraient forcément été moins nombreux à le suivre à une heure plus tardive.
Django Unchained, suivi par 5.5 millions de téléspectateurs, a permis dimanche à TF1 de se classer en tête des audiences de la soirée devant France 2 qui diffusait Gone Girl. Le thriller de David Fincher a tenu en haleine 4.4 millions de personnes... qui ont été mises en garde par la chaîne au sujet d'une scène particulièrement violente.
La lettre de campagne de Laurent Joffrin
Primaire : les deux gauches
Les choses sont de plus en plus claires : malgré la multiplicité des candidats, il y a bien deux gauches qui s’affrontent dans la primaire socialiste. Celle de Matignon et celle de Frangy. Manuel Valls incarne la première, jouant la crédibilité, l’expérience et la prudence coupante de ceux qui se font fort de gouverner, c’est-à-dire de choisir, quitte à laisser le rêve au vestiaire.
Hamon en premier lieu, Montebourg ensuite, incarnent celle de Frangy, quand ils furent tous deux débarqués du gouvernement Valls pour divergence publique. Cette gauche-là veut des projets audacieux, des ruptures, des envolées, quitte à franchir, ici et là, la frontière du possible. La première aime le pouvoir, quitte à y sacrifier le socialisme. La deuxième aime le socialisme, quitte à ne jamais arriver au pouvoir. La première sans la deuxième est infidèle. La seconde sans la première est impuissante. Sur un mode plus affirmé, Macron et Mélenchon, comme dans une extension sur les deux ailes, vont plus loin dans chacune des deux logiques. Tout l’art politique, dans ces circonstances, consiste à réunir ces deux sensibilités. Vincent Peillon tient ce discours. On ne l’écoute pas encore, mais son idée chemine. La gauche française n’a jamais gagné sans concilier les inconciliables. C’est en mariant l’eau et le feu que Mitterrand, Jospin ou Holl ande sont arrivés au pouvoir. Quel qu’il soit, le vainqueur de la primaire devra endosser le costume de ses prédécesseurs. A moins de considérer que l’élection est déjà perdue et de donner tout de suite à François Fillon son billet pour l’Elysée.
C’était aussi hier
• Le débat des primaires de la «Belle Alliance populaire» a attiré 1,470 million de spectateurs, soit moitié moins que le premier. Mais on avait vu l’audience de la primaire de la droite subir la même baisse de moitié lors du deuxième débat sur les chaînes d’information continue, dont la puissance est moindre. En fait, l’intérêt pour cette compétition reste au même niveau.
• Filoche soutiendra Montebourg dans la primaire. Un atout ?
• Marine Le Pen a confirmé qu’elle introduirait, si elle est élue, un «délai de carence» pour que les immigrés en situation régulière puissent bénéficier d’aide sociale ou d’éducation gratuite pour leurs enfants. Mesures parfaitement discriminatoires : les immigrés en situation régulière cotisent comme les autres et paient les mêmes impôts ; mais ils n’auront pas les mêmes droits.
• Samedi, François Fillon a rappelé l’impératif d’unité qui échoit aux leaders de la droite. C’est bien que le problème se pose, en tout cas avec les sarkozystes. Il a aussi déclaré que son projet serait le même mais qu’il sera «enrichi». Il sera donc modifié.
LAURENT JOFFRIN




