La nuit du 24 au 25 août 1944. Le sort de Paris est entre les mains du Général Von Choltitz, Gouverneur du Grand Paris, qui se prépare, sur ordre d'Hitler, à faire sauter la capitale. Issu d'une longue lignée de militaires prussiens, le général n'a jamais eu d'hésitation quand il fallait obéir aux ordres. C'est tout cela qui préoccupe le consul suédois Nordling lorsqu'il gravit l'escalier secret qui le conduit à la suite du Général à l'hôtel Meurice. Les ponts sur la Seine et les principaux monuments de Paris Le Louvre, Notre-Dame, la Tour Eiffel ... - sont minés et prêts à exploser. Utilisant toutes les armes de la diplomatie, le consul va essayer de convaincre le général de ne pas exécuter l'ordre de destruction.

Pourquoi les Allemands ont toujours le mauvais rôle
Les Allemands sont-ils cantonnés aux rôles de méchants, au cinéma? Trois films présentés à la Berlinale, qui bat actuellement son plein, évoquent la Seconde Guerre mondiale. Il y a d’abord le flamboyant The Grand Budapest Hotel, de Wes Anderson, qui se joue sur fond d’invasion allemande de l’Europe de l’Est. Son compatriote américain George Clooney est venu présenter Monuments Men au festival. L’aventure d’une unité spéciale mise en place par le Président américain à la fin de la guerre pour sauver les œuvres d’art des mains des Allemands et des Russes. L’Allemand Volker Schlöndorff, aborde, lui, dans Diplomatie, le projet de destruction de Paris par les Allemands en 1944. Magistralement interprété par André Dussollier et Niels Arestrup, son film a davantage convaincu le public berlinois, déçu par le peu de subtilité du film de Clooney, reprenant toutes les grosses ficelles du cinéma d’action américain.
Manque de confiance
« Les Allemands ont souvent très peu confiance dans l’image qu’ils pourraient donner d’eux au cinéma, explique le réalisateur Denis Dercourt (La tourneuse de pages , Pour ton anniversaire ) qui vit et travaille en Allemagne.Donc, ils laissent les autres leur donner cette image ». Or, dans les grandes productions, cette image est pour le moins négative. Même hors contexte de guerre, les Allemands jouent souvent les méchants. Taxi, Demain ne meurt jamais, Piège de cristal, voire OSS 117, les exemples sont nombreux. Ils véhiculent« des clichés, issus de l’image des Nazis, analyse le producteurallemandMathiasLösel.Mais avant la Deuxième Guerre mondiale par exemple, on avait plutôt en tête l’image du soldat allemand et son casque à pointe. Personnellement, ces clichés ne me gênent pas. J’ai vu La Grande Vadrouille lors de mon premier échange scolaire en France et j’ai trouvé ça très drôle. »
L’Allemagne préfère les comédies
Les films allemands qui s’exportent véhiculent eux-mêmes une obsession des années sombres du pays. Ceux qui ont réussi à franchir la frontière ces dernières années ( La Chute, Good-bye Lenin, La vie des autres) traitent largement de la Seconde Guerre mondiale ou de la RDA.« Je visionne cette année à la Berlinale des films d’excellentes qualités de jeunes réalisateurs allemands, note Denis Dercourt. Il n’est pas question de Seconde Guerre mondiale mais le public allemand se résigne au fait que ces films ne pourront pas marcher à l’étranger ». Même constat pour Mathias Lösel :« Les véritables succès en Allemagne sont plutôt des comédies, comme actuellement Fack ju Göhte (l’histoire d’un faux prof qui tire sur élèves au paint-ball)a attiré près de 7 millions de spectateurs. Mais ces films s’exportent difficilement. Peutêtre parce que l’humour n’est pas forcément la première chose qu’on associe avec les Allemands ». Article de Sébastien VANNIER.
Diplomatie , de Volker Schlöndorff, et Monuments Men , de George Clooney, sortent respectivement en France les 5 et 12 mars.