BRETAGNE = Cinq tempêtes de suite : inhabituel, pas anormal
Depuis la mi-décembre, les coups de vent violents se succèdent dans l’Ouest. Alors que Qumaira pointe son nez, Météo France rassure et relève plutôt la quantité d’eau tombée en janvier.
La tempête Qumaira , attendue hier soir et aujourd’hui, est-elle exceptionnelle ?
Non, selon Météo France. Sur les côtes, les rafales annoncées étaient de 120 km/h et de 90 à 100 km/h dans les terres. Des tempêtes plus importantes ont secoué la France. Le record, en France métropolitaine, date toujours des 15 et 16 octobre 1987. À Granville (Manche) et à la pointe du Raz (Finistère), des rafales avaient atteint 216 km/h.
La fréquence des tempêtes est-elle inhabituelle ?
En janvier et février 1990, une dizaine de tempêtes s’étaient abattues sur l’Ouest. Depuis le 15 décembre, cinq épisodes majeurs se sont succédé en Bretagne. Selon l’Ifremer, l’origine de cette succession n’est pas encore établie. Mais bonne nouvelle ! Selon les projections de Météo France, les tempêtes ne seront pas plus nombreuses en France, dans les années à venir. Ce qui n’exclut pas qu’il y ait une année avec plus d’intempéries…
Comment expliquer les actuelles intempéries ?
Selon François Gourand, ingénieur prévisionniste à Météo France, l’anticyclone des Açores est actuellement positionné plus au sud que d’ordinaire et l’anticyclone continental trop à l’est, laissant ainsi passer diverses dépressions.« Les tempêtes sont décalées vers le sud. Habituellement, elles se situent plus vers le nord, comme l’Irlande ou l’Écosse » , confirme Pierre Queffeulou, océanographe physicien au Centre Ifremer à Brest.
Comment naissent les tempêtes ?
« Elles résultent d’un conflit entre la masse d’air polaire (froid et sec) et un air marin plus chaud. Quand les deux masses se rencontrent, l’air chaud, plus léger, va monter au-dessus de l’air froid. C’est ce qu’on appelle des fronts et la perturbation de ces fronts engendre des dépressions » , explique Pierre Queffeulou. Lorsque le vent atteint 100 km/h dans l’intérieur des terres et 120 km/h sur les côtes, la dépression est qualifiée de tempête.
Quels dégâts ?
Météo France a placé 36 départements en vigilance orange, hier, et le Finistère en rouge en raison des risques de crues. Hier soir, des quartiers de Quimper et Guingamp commençaient à avoir les pieds dans l’eau. Morlaix et Pontivy étaient en alerte.
Des records d’eau
Ce qui est plus exceptionnel, ce sont les précipitations tombées en janvier. Des records (depuis 1880) ont été enregistrés. À la pointe de la Hague, en un mois, il est tombé 175 mm, deux fois plus que la moyenne. Idem en Bretagne, à l’intérieur d’un triangle compris entre Quimper, Saint-Nicolasdu-Pelem (Côtes-d’Armor) et Vannes. Mais il y eut davantage d’eau encore dans le sud-est, le Var notamment (254 mm à Bormes-les-Mimosas) et dans le Sud-Ouest (305 mm à Dax).
Dans les jours à venir ?
Pas d’amélioration en vue. De nouvelles rafales sont annoncées par l’Ouest dès ce soir et samedi, accompagnées de fortes pluies. La semaine prochaine, le temps restera agité. Article de Pierrick BAUDAIS et Aude KERDRAON.
Expo Anna Di Prospero : Clichés en toute intimité
La galerie Madé accueille jusqu’au lundi 10 mars la jeune photographe italienne, Anna Di Prospero. L’artiste expose ses clichés plutôt intimes réunis sous le nom d’ « Instinct ». Dans cette série, elle se met en scène mais jamais avec narcissisme. La photographe Anna Di Prospero a choisi de se laisser guider par son inconscient pour réaliser ses photographies. La plupart des œuvres sont des autoportraits ainsi que des fragments de visage et de corps de son compagnon. L’exposition est sans nul doute une transcription de l’intimité de l’artiste. Les clichés réalisés entre 2011 et 2012 ne sont pas le résultat d’une planification de sa part. Au contraire, cette dernière découvre la cohérence de cette série a posteriori. Elle n’avait pas prévu d’autant se dévoiler. Selon elle, chaque photo est un moment immortalisé de sa mémoire. Anna Di Prospero a également choisi d’utiliser la technique des dyptiques dans ses oeuvres (photographie composée de deux volets) mettant en scène des éléments naturels : eau, herbe, roche et terre.
Instinct
Jusqu’au 10 mars
Galerie Madé
30, rue Mazarine – 75006
ERDEVEN = Fermeture des plages du littoral à cause d’hydrocarbures
Depuis hier soir, des galettes de mazout envahissent les plages du littoral. En particulier à Kerhillio et Kerouriec. Pollution sournoise, le mazout se faufile sous le sable et dans le goémon, où il côtoie les seringues qui jonchent encore les plages. En fin de matinée, les employés des services techniques d’Erdeven ont prélevé quelques galettes pour des analyses. Le véritable nettoyage commencera à l’issue des résultats.« Un arrêté de fermeture de l’ensemble des plages, de la barre d’Étel à Kerhillio, a été déposé ce matin, indique Yves Harnois, directeur des services.L’accès et la baignade sont interdits. Sans date buttoir car on ne sait pas combien de temps va prendre le nettoyage et si d’autres galettes vont arriver. » Toute la matinée, les gendarmes bloquaient les accès. Puis des barrières ont été installées, n’empêchant pas quelques curieux de venir mesurer l’ampleur des dégâts :« A Kerouriec, on les voit bien. Ici à Kerhillio, on se rend moins compte, c’est enfoui dans le sable. J’ai fait toute la plage, et les semelles de mes chaussures sont noires » , raconte un badaud. Pour l’heure, impossible de déterminer avec certitude d’où provient ce mazout. Vraisemblablement d’un dégazage réalisé récemment pensent les observateurs.
Les oiseaux en danger
Les oiseaux, qui souffrent déjà des intempéries qui se succèdent, sont les premières victimes de ces arrivées de mazout.« Depuis janvier, on a recueilli une trentaine d’oiseaux. Avec le mauvais temps, ils n’arrivent plus à se nourrir et à pêcher, et finissent par mourir d’épuisement. Tous ceux qu’on a récupérés faisaient la moitié de leur poids habituel, raconte Michel Fontana, bénévole de l’association Volée de piafs.Depuis ce matin, on a trouvé une dizaine de macareux et guillemots vivants, et une vingtaine de cadavres. Et ce n’est pas fini. » Le mazout qui se colle aux plumes alourdit les oiseaux déjà fragilisés, rend les plumes moins étanches et provoque des hypothermies :« Ils avalent du mazout dans l’eau ou en se nettoyant, ce qui provoque des empoisonnements et des maladies. » Les oiseaux récupérés sont mis dans des cartons percés de trous, sur du papier journal, entourés de bouillottes d’eau chaude.« Pour certains, il n’y a plus rien à faire. D’autres pourront être sauvés au refuge de l’association Volée de piafs, à Languidic. »
BRETAGNE = Tempête : des plages souillées et des inondations
Des galettes d’hydrocarbures sont arrivées à partir de mercredi soir, principalement dans le secteur de la baie de Quiberon. De nombreuses plages ont été touchées. L’origine de cette pollution est inconnue.
« Un arrêté de fermeture de l’ensemble des plages, de la barre d’Étel à Kerhillio, a été déposé ce matin. » 11 h, hier. Yves Harnois, le directeur des services techniques d’Erdeven, constate les dégâts. Les plages de la commune ont été souillées par des boulettes d’hydrocarbures mesurant de 2 à 20 cm. La pollution a débuté mercredi soir. Elle a continué pendant la nuit. Sous la pluie et face à un vent cinglant, les agents des services techniques passeront une bonne partie de la journée à nettoyer les sites. Les plages d’Erdeven ne sont pas les seules à être touchées. À Carnac, une tonne de galettes de mazout a été ramassée, plage de Ty Bihan et sur la Grande Plage. Le nettoyage se poursuivra aujourd’hui. À Belle-Île, c’est la plage de Donnant, dans la commune de Bangor, qui a souffert. Des oiseaux ont été atteints par cette pollution.« 25 macareux moine ont été découverts mazoutés entre Ster Vraz et Port Andro. Deux étaient encore vivants. Ils ont été rapatriés sur le continent pour être démazoutés. On peut penser que toute l’île va être affectée », glisse Julien Froger, responsable du service espaces naturels à la Communauté de communes de Belle-Îleen-Mer.
Dégazage ?
D’autres boulettes ont été trouvées à Quiberon, à la pointe du Conguel et sur la Grande Plage. Plouharnel, Plouhinec, Saint-Pierre-Quiberon sont aussi concernés… D’où provient cette pollution ?« L’analyse des produits est en cours », indique la préfecture du Morbihan. Ces hydrocarbures proviennent-ils d’un dégazage ? D’Erdeven à Quiberon, on en est persuadé. A Carnac, un agent des services techniques avance une autre hypothèse :« La consistance de ces galettes de mazout ressemble étrangement à celles de l’Erika. » En 1999, cet homme a participé aux opérations de nettoyage des plages après le naufrage de ce pétrolier au large de la Bretagne. Avec les tempêtes, des hydrocarbures collés au fond de l’océan peuvent remonter à la surface.« L’origine de ces boulettes est, pour le moment, inconnue, explique la préfecture.Il n’est pas exceptionnel, toutefois, que de tels phénomènes apparaissent après de fortes houles. » Article de David DUPRE









