Exposition : Roy Lichtenstein au Centre Pompidou
Dix salles pour comprendre la vision artistique de Roy Lichtenstein. Un parcours pour le moins touffu, mais pas confus, que nous propose le Centre Pompidou à Paris. Le visiteur n'aura guère à se plaindre de la densité d'une telle exposition dont l'atout majeur est de décrypter l'extrême stylisation des œuvres de cet artiste regardant le monde à travers une gigantesque bande dessinée. Look Mickey WW, l'une de ses premières réalisations pop art marquant une véritable rupture avec ses peintures expressionnistes abstraites des années 1950, souligne le pouvoir agressif des images commerciales, stereotypes de la culture américaine. « Ce qui me plaît dans l'art commercial, dit-il, qui est construit principalement par l'industrialisation et la publicité, c'est son énergie, son impact, sa franchise, la sorte d'agressivité et d'hostilité qu'il véhicute. » Pour cela, il privilégie des couleurs criardes et artificielles appliquées en aplats tout en expérimentant différents matériaux comme l'émail, le Plexiglas ou des techniques comme la sculpture et l'estampe, une pratique régulière et prolifique dont on peut admirer, un fait plutôt rare, une merveilleuse production à travers l'ensemble de l'exposition. Une vidéo montre également le long processus de création dans lequel l'artiste puise son inspiration, généralement des cahiers d'écoliers où il colle des images publicitaires, des extraits de bandes dessinées ou encore des photos. Certaines de ses citations fleurissant le long des cimaises permettent une véritable approche de sa démarche artistique. Par exemple : « Ce que je crée, c'est de la forme, alors que la bande dessinée n'a pas de forme : elle a des contours. Elle cherche à représenter. Moi je cherche à unifier ». Sa série des brushstroke, à grands coups de pinceau, rend compte de son attachement à des thèmes classiques tels que les natures mortes, le paysage, Le nu féminin ou le portrait. Ses relectures de l'histoire de l'art à travers les salles consacrées aux reproductions d'oeuvres de Picasso, Matisse, Léger, Monet, Mondrian ou Cézanne sont loin d'être des parodies, souligne-t-il : « Je réinterprète dans mon propre style comme Picasso quand il reinvente Vétasquez, Delacroix ou Rembrandt. » L'exposttion se termine sur une série de tableaux inspirée des peintures chinoises de la dynastie Song (10e -13e siècles). Entamée en 1995, soit deux ans avant sa mort, elle nous révèle un Lichtenstein méditatif entre ciel et terre. Une zen attitude pour le moins surprenante.
Harry Kampianne
ROY LlCHTENSTEIN.
Jusqu'au 4 novembre. Centre Pompidou, Paris. Tarif : 13 €.
Internet : www.centrepompidou.fr
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