La Pig Parade, c’est de l’art et du cochon
En Bretagne, des éleveurs de porcs jouent les mécènes : ils ont confié des cochons en béton de 700 kg à des artistes. Pour leur première sortie, ces quinze drôles de bêtes promènent leur groin et respirent l’air iodé à Perros-Guirec (Côtes-d’Armor). Elles ont pris leurs quartiers pour plusieurs semaines sur la promenade de Trestraou. Complètement barrées, colorées ou métallisées, elles forment la « Pig Parade »… Adeptes du décalé, des producteurs du Comité régional porcin (CRP) s’étaient déjà rendus coupables il y a quatre ans d’une pub un peu cochonne :« Il grogne, il pète et pourtant …grâce à lui, vous mangez sain, sûr, bon et breton ! », clamaient leurs affiches dans 400 communes. Ils récidivent avec la Pig Parade, qui leur donne cette fois l’occasion de jouer les mécènes. Car de la culture à l’agriculture, il y a un fossé que ces quinze éleveurs culottés se sont amusés à combler en passant commande auprès d’artistes bretons, à qui ils ont remis des répliques de cochon grandeur nature. Dessinateurs, plasticiens, peintres – dont Thierry Le Baler et Lionel Le Calvez, bien connus pour leurs puissantes couleurs dans les Côtesd’Armor – s’en sont emparés pour nourrir un projet artistique. Largement inspiré de la médiatique Menhir Parade, en 2012 et ponctué de six escales bretonnes.
Comme la Menhir Parade
Au-delà de son itinérance, cette Pig Parade est une expo de plein air réussie mais, avant tout, un coup de com’ assumé et décomplexé de la part de producteurs de porcs, désireux de changer le regard sur la profession.« Ouvrir les portes de nos exploitations ne suffit plus à réconcilier le grand public avec notre métier. Notre génération relève les défis d’aujourd’hui (isolation des bâtiments, stations de traitement de lisier…)et on veut que ça se sache ! » ,lance avec ses tripes David Riou, un jeune éleveur de Plouvorn (Finistère). Mais tout n’est pas rose au pays des cochons, surtout vu du Trégor où Saint-Michel-en-Grève reste le « berceau » historique des marées vertes. La Pig Parade a notamment sur la couenne des militants écolos qui lui rentrent dans le lard et lui opposent une « Pig Mascarade »,« le plus bel événement artistique et écologique breton déclinant tous les effets de l’élevage intensif lourd de pollutions » . Hier, il se matérialisait sur le sable sous la forme d’une œuvre éphémère. La Pig Parade mènera-t-elle les cochons jusqu’à la « capitale », comme les menhirs avant eux ? En tout cas, son Tro Breizh s’achèvera à Rennes, mi-septembre, par une vente aux enchères dont 25 % des bénéfices iront aux Restos du Cœur. Article de Céline MARTIN.
La Pig Parade à Perros-Guirec jusqu’au 21 mai, Quimper du 22 mai au 11 juin, Brest du 12 juin au 2 juillet, Pontivy du 3 au 30 juillet, Fougères du 31 juillet au 27 août, Rennes du 28 août au 17 septembre.
Gaultier, McQueen, Lagerfeld : la mode entre triomphalement au musée
Jean Paul Gaultier, Jeanne Lanvin, Yves Saint Laurent à Paris, Alexander McQueen à Londres, Karl Lagerfeld à Bonn : les expositions de mode attirent un public de plus en plus large, curieux d'admirer de ses propres yeux des créations habituellement réservées à un cercle restreint de clients, de journalistes et d'acheteurs.
A Londres, le Victoria and Albert Museum (V&A) accueille sa plus grande exposition jamais consacrée à la mode avec "Savage Beauty", sur l'oeuvre d'Alexander McQueen, cinq ans après la mort du designer britannique, qui s'est suicidé en 2010 à 40 ans. Avec plus de 660.000 visiteurs en 2011, ce "blockbuster" est devenu la huitième exposition la plus vue du Metropolitan Museum of Art à New York, où elle était organisée par le Costume Institute.
3 grandes expositions à Paris : Gaultier, Lanvin, Saint Laurent
"Ceux qui n'ont pas la chance d'assister à des défilés de mode voient rarement ce qu'est vraiment une création de haute couture", dit Jean-Paul Cluzel, président de la Réunion des Musées nationaux-Grand Palais, où débute le 1er avril la rétrospective Gaultier. "Les meilleures images, les meilleurs reportages télévisés n'arrivent pas à rendre compte de la richesse d'un tissu, d'une broderie. Seule une exposition peut permettre cela pour le commun des mortels", a-t-il affirmé lors d'une présentation de l'exposition à la presse. Lancée en 2011 au Musée des Beaux-Arts de Montréal, elle a déjà attiré 1,4 million de visiteurs au cours de ses neuf premières étapes dans le monde.
La Fondation Pierre Bergé-Yves Saint Laurent présente la collection dite "Libération". Jugée hideuse par la presse de l'époque, elle est, aujourd'hui, estimée fondamentale dans la mode contemporaine. 28 des 80 modèles sont à découvrir.
Enfin, à 125 ans, Lanvin est la plus ancienne maison de couture en activité. Son directeur artistique Alber Elbaz, en collaboration avec le Palais Galliera, célèbre Jeanne Lanvin au travers d'une centaine de modèles. Ici, c’est l’art de la matière et de la transparence, des broderies et des surpiqûres dans un classicisme à la française. Un savoir-faire raffiné à découvrir jusqu'au 23 août.
La pionnière, Diana Vreeland
C'est dans le cadre du Met que s'était tenue en 1983 "Yves Saint Laurent, 25 ans de création", première rétrospective consacrée à un couturier vivant, lancée à l'initiative de la journaliste américaine Diana Vreeland. Pour Diana Vreeland, qui a conçu de nombreuses expositions de mode, la façon de "rendre le vêtement vivant c'était de l'associer à un individu charismatique", explique à l'AFP Harold Koda, conservateur du Costume Institute.
"Elle créait des installations avec des murs colorés, des éclairages spectaculaires, des parfums, de la musique. C'est quelque chose qui s'est répandu partout dans le monde", rappelle-t-il. Mais l'une des choses qui a changé, c'est qu'elle "n'était pas très à cheval sur les faits", dit Harold Koda dans un éclat de rire. "Si les gens voyaient ses expos aujourd'hui ils diraient 'mais il n'y a pas de substance !' Le public est devenu incroyablement exigeant", affirme-t-il.
Eviter l'opération commerciale
L'audience de ces expositions s'est aussi considérablement "élargie", dit Harold Koda : hommes, femmes, la mode est devenue "un sujet qui intéresse tout le monde". "Il est difficile d'échapper à la mode, la publicité est partout! Et puis c'est quelque chose qui fait rêver", déclare Olivier Gabet, directeur du Musée des Arts décoratifs à Paris qui organise depuis près de trente ans deux à trois expositions de mode par an. Pour cet historien de l'art, il est important de faire la distinction entre les musées comme celui qu'il dirige, ou le Palais Galliera à Paris, le Met et le V&A, qui ont la charge de collections de mode, et les institutions qui surfent sur "un sujet porteur". Il insiste sur l'importance d'accompagner les créations d'un "discours scientifique ou artistique": "Il faut qu'il y ait un point de vue et une analyse. Sinon c'est une opération commerciale".
Si la collaboration du musée avec le créateur est précieuse pour connaître ses intentions, le danger est qu'il "soit son propre commissaire", note Olivier Gabet. L'exposition au Musée des Arts décoratifs consacrée au créateur belge Dries Van Noten en 2014, qui a accueilli 180.000 visiteurs, avait suscité "un vrai dialogue, assez âpre quelquefois" avec le designer, explique-t-il. Depuis "Dries van Noten. Inspirations" s'est installée au musée de la mode d’Anvers jusqu'au 19 juillet 2015. "Au Met, à chaque fois que nous collaborons avec un créateur, l'accord de départ c'est qu'il doit nous laisser interpréter son oeuvre. Ce n'est pas négociable", dit aussi Harold Koda.
En avril ne te découvre pas d'un fil...
Underboob
L'underboob selfie est une nouvelle pratique venant d'Asie et connaissant un véritable engouement sur les réseaux sociaux, et notamment Instagram.
L'underboob selfie, qu'est ce que c'est ?
On connaissait déjà le Ice Bucket Challenge, ou "Un resto ou à l'eau"... Cette fois-ci, c'est aux asiatiques de lancer une nouvelle tendance sur les réseaux sociaux : l'underboob selfie. Afin de relever ce "challenge", il sera tout simplement nécessaire aux femmes de prendre une photo de leur décolleté, version inversée, et de la publier sur Twitter, Facebook ou Instagram ! La photo ne laissant alors entrevoir que la naissance de la poitrine (parfois un peu plus).
Fondation Cartier
En ce moment | Exposition Bruce Nauman jusqu’au 21 juin 2015 à la @Fond_Cartier > http://t.co/ooTF1meVuf pic.twitter.com/bYWGopi1Vf
— Fondation Cartier (@Fond_Cartier) 3 Avril 2015
Michel Politzer, une main verte face au nucléaire
Il fut l’une des chevilles ouvrières de la Main verte, mouvement pacifiste qui mit fin à un projet de centrale nucléaire, à Erdeven, en 1974. Quarante ans ont passé. Les militants d’hier n’ont pas oublié.
1974. Cette année-là, Michel Politzer, peintre et sculpteur à l’œuvre prolifique, protéiforme et militante, s’installe à Erdeven (Morbihan) avec son épouse. Histoire de vivre des jours tranquilles sur la côte sauvage. Las.« Nous avons appris la nouvelle par Ouest-France alors que nous venions d’emménager… » La nouvelle ? Elle est de taille. Un projet de centrale nucléaire de 5 000 mégawatts est sur les rails. Mais ici, en terre d’irréductibles Bretons, le courant ne passe pas.« Notre résistance a commencé entre copains, au bistrot, se souvient Michel Politzer.Notre Comité régional d’information nucléaire (Crin)a été fondé illico . Chacun avait ses missions. C’était très pro. Nous n’avions qu’une consigne : informer. » En trois mois, la lutte s’organise, Quarante réunions publiques s’enchaînent.« C’était une lutte extraordinaire. La façon dont l’info s’est propagée a été formidable. Toute la population y a pris part. Les femmes de marins, les marins euxmêmes passaient des messages par VHF. Les salles de réunions se remplissaient en un clin d’œil. » Agriculteurs, pêcheurs, ostréiculteurs, commerçants, artisans. Tout le monde suit comme un seul homme.« Sauf le maire de Belz qui s’est enferré dans ses convictions. »
Un tremplin pour Plogoff
Le mouvement initié à Erdeven ne tarde pas à essaimer. Un manifeste contre le tout nucléaire circule dans toute la Bretagne.« Nous pensions, à raison, que l’industrie nucléaire générerait une société qui ne laisserait aucune chance aux énergies alternatives. Pour l’expliciter, nous écrivions beaucoup. Nous invitions à nos réunions des scientifiques pour étayer nos thèses. » Le professeur Pellerin lui-même, chantre du nucléaire, subit les foudres et la verve de Michel Politzer dans un amphi de la faculté de Jussieu à Paris. L’apothéose du combat se traduira par une immense fête, organisée en bord de mer en 1975. Elle rassemble 15 000 personnes.« L’importance du mouvement a semé la panique parmi les autorités. Quelques mois plus tard, le projet de centrale a été abandonné. Au même moment nous apprenions que le projet imaginé pour Plogoff était reporté ! » Mais pas stoppé. L’État n’y renoncera qu’en 1981, sous la présidence de François Mitterrand. La lutte antinucléaire bretonne est née à Erdeven.« Nous étions une force pacifique, qui n’a pas cédé d’un pouce devant les provocations. » Une lutte qui se poursuivra dans les urnes. Aux municipales de 1977, la liste écologiste l’emporte à Belz. Michel Politzer est élu premier adjoint. Le militant se souvient encore de cette visite d’Indiens Sioux du Dakota dans sa commune.« Réunis à Genève lors d’un congrès sur les minorités, ils ont entendu parler de notre lutte et sont venus en prendre de la graine. Eux aussi étaient en résistance contre un projet d’exploitation de mines d’uranium sur leurs terres ». Article de Pierre WADOUX.
Le 40ème anniversaire de la victoire antinucléaire d’Erdeven sera marqué les 3, 4 et 5 avril, à Etel : projections de films, tables rondes, festnoz. Le programme complet sur www.stop-nucleaire56.org
Photo de Mer à Vannes
Inauguration officielle du festival ce samedi 4 avril à 16h ! http://t.co/NYNfKEtKgE pic.twitter.com/LhwWnggIY0
— Mairie de Vannes (@MairiedeVannes) 3 Avril 2015





