La villa Arpel au 104 !
A l’époque du triomphe des Arts Ménagers et des folies du « confort moderne », de l’invention de la domotique, Jacques Tati a imaginé, avec son complice Lagrange, l’inoubliable Villa Arpel, très vite devenue mythique.
Décor du film « Mon Oncle », elle fut montée en 1956 aux studios de la Victorine, près de Nice. Le décor fut détruit à la fin du tournage. La Villa fut remontée pour la première fois à l’échelle réelle au salon Futur Intérieur en 2007 pour un public restreint d’amateurs de design. La voilà mise en scène au CENT QUATRE, élégante et colorée, sortie tout droit du film le plus savoureux des films de Tati, grandeur nature et accessoirisée, éclairée comme au cinéma.



Exposition vue hier après-midi. Photos prises avec mon téléphone mobile.
Voir également mon billet du 12 avril en cliquant ICI
Indécence....Egon Schiele
13 avril 1912 : l'artiste Egon Schiele est arrêté par la police de Neulengbach en Basse-Autriche à la demande d'un père de famille, l'officier de marine Mossig, qui l'accuse d'avoir séduit sa fille de 14 ans. On lui reproche aussi la présence de dessins "pornographiques" dans son atelier au moment où de très jeunes modèles posent. Vingt-sept jours plus tard, le juge l'acquitte, non sans avoir au préalable symboliquement brûlé l'un des dessins incriminés. Il meurt six ans plus tard, à l'âge de 28 ans, de la grippe espagnole.
Un film a été réalisé en 1981 sur la vie d'Egon Schiele. Dans le rôle du peintre = Mathieu Carrière (voir mon billet du 30 mars). A noter aussi la présence de Jane Birkin.

Juan Diego Vergara (vu au 104)
Juan Diego Vergara propose à travers ses collages de rendre
compte de notre imaginaire collectif autour du mouvement post~punk français des
années 1985 à 1989. Gageure pour quelqu'un qui n'est jamais venu en France et
qu’il compte relever en recueillant les témoignages de différentes personnes de
tous âges L'artiste péruvien rassemble pour l'occasion des archives d'images à
l'aide de sérigraphies de fanzines, de magazines, de pochettes de disques de
marques de vêtements, d'enseignes de discothèques de toutes manifestations
possibles de cette esthétique protestataire. S'appuyant sur cette relation qu’il
noue avec le public du CENTQUATRE, il photocopie, colle, peint et construit cette
mémoire d'un mouvement qui a marqué de nombreux lieux à travers le monde y
compris Lima (Pérou). Cet Archive collage revêt donc la dimension d'un pont
symbolique entre plusieurs cultures par le biais d'une esthétique qu'il affectionne.
L’enjeu est également de reconstituer un contexte qui ne s'arrête pas à la
seule dimension musicale (new-wave et rock underground) mois aborde le champ
social et politique.
JUAN DIEGO VERGARA
Né en 1972 à Lima (Pérou) où il vif et travaille. Il étudie d'abord la communication ou lycée John Logie Baird de Lima avant d'intégrer l'Ecole nationale supérieure autonome des beaux-arts du Pérou où il acquiert une spécialisation en peinture (2002). Par la suite, il expérimente des techniques mixtes (peinture à l'huile, collages de tissus, éponges et autres supports variés) et réalise des installations combinant papier et vidéo qu’il a exposées à deux reprises dons la galerie de 1 Alliance française à Lima. Il participe à deux festivals européens de vidéo art ; Impakt Festival en 2001 et en 2003 (Utrecht, Pays-Bas) et Kurzfilmtage en 2004 (Oberhausen Allemagne) Débordant le cadre de ses toiles grand format il investit les murs comme support et y réalise son premier Archive collage en 2007 à Lima
Blog de l'artiste : http://www.juandiegovergara.blogspot.com/




Photos : Jacques Snap
Le Mémorial du Mont Valérien (revu - 2ème fois- aujourd'hui)
L'année 1841 marqua le début de la construction d'un vaste fort de 23 ha destiné à défendre Paris, qui allait connaître divers usages : centre de détention en 1852, il accueillit ensuite une garnison d'artilleurs de marine et joua un rôle au cours de la guerre franco prussienne de 1870 - 1871, notamment en janvier 1871 lors de la batail1e dite" de Buzenval", avant de servir de point d'appui aux Versaillais durant l'insurrection de la Commune. Abritant depuis 1893 une unité de télégraphistes militaires, il servit de centre de transmissions pendant la guerre de 1914 – 1918. En 1917, une partie des glacis fut donnée aux Etats-Unis pour qu'y soit aménagé un cimetière destiné à recevoir les corps de soldats américains, décédés pour la plupart dans les hôpitaux de la région parisienne. L'inauguration du " Suresnes American Cimetery" par le président Wilson eut lieu en 1919.
L'histoire du Fort prit une dimension particulièrement tragique au cours de la Seconde Guerre mondiale lorsqu'il devint, en 1941, lieu d'exécution de résistants et d'otages. Il présentait l'avantage, pour l'occupant nazi, d'être un lieu clos, à la fois écarté et proche de la capitale. Extraits de diverses prisons de la région parisienne, les condamnés étaient amenés dans l'enceinte du fort et le plus souvent enfermés dans une chapelle désaffectée, avant d'être conduits dans une clairière, en contrebas, où se dressaient les poteaux d'exécution. Les corps des fusillés étaient ensuite chargés dans des camions pour être inhumés, parfois de manière anonyme dans des cimetières de la région parisienne : Ivry, Puteaux, Neuilly, etc. Le but était d'éviter que les corps ne soient rapidement retrouvés ou, tout au moins, que les tombes ne se transforment en lieux de pèlerinage, clandestins ou non. Dans l'état actuel des recherches historiques, plus de 1000 fusillés ont été identifiés.
Dès la Libération, le site devint un lieu d'hommage à ces
victimes .Le 6 novembre 1945, le général de Gaulle, Président du Gouvernement
provisoire de la République signa un décret prévoyant la création d'un
"monument commémoratif dédié aux morts de la guerre 1939 - 1945». L'emplacement retenu pour cet édifice allait être le Mont
Valérien. Les dépouilles mortelles de plusieurs combattants, issus de l’armée
régulière et de "l'armée des ombres" devaient y reposer. Le 11 novembre 1945, quinze corps, exhumés de plusieurs
cimetières en France et à. l'étranger furent déposés dans une crypte provisoire
aménagée dans une casemate. Chaque corps symbolisait un aspect du conflit : les
combats de 1940, la Résistance, les déportations, les batailles du désert, la
campagne d'Italie, les combats de la Libération de la France .Un seizième
corps, représentant les victimes de la lutte contre les japonais en Indochine,
les rejoignit en 1952.
C'est après l'élection du général de Gaulle à la présidence de la République que l'aménagement fut véritablement lancé : un décret du 24 novembre 1958 décida la construction d'un "Mémorial de la France Combattante".La création, un temps envisagée, d'une nécropole nationale destinée aux militaires "morts pour la France" dans la région parisienne, fut en revanche abandonnée. Œuvre de l'architecte Brunau, le mémorial fut inauguré le 18 juin 1960, Depuis cette date, l'édifice constitue le théâtre de nombreuses cérémonies, en particulier celle qui commémore chaque année l'appel du 18 juin 1940.
Adossé au glacis, face à une vaste esplanade flanquée de gradins, le monument développe sur 100 m un front en grès rose des Vosges de 4m de haut. Sur le mur se détachent seize éléments porteurs de hauts reliefs de bronze (dus à 16 sculpteurs différents) traduisant par des allégories, les formes multiples du combat contre l'ennemi. Au centre s'élève une croix de Lorraine de 12 m de haut, devant, laquelle une flamme brûle sur un pavois d'airain. Sous les bras de la croix, deux portes de bronze donnent accès à une crypte semi circulaire où furent transférés, le 17 juin 1960, au cours d'une impressionnante cérémonie nocturne, les corps jadis déposés dans la casemate proche. Au dessus de chaque caveau, seize cénotaphes, recouverts du drapeau tricolore, occupent la crypte. En son centre est placée une urne contenant les cendres recueillies dans des camps de déportation : le souvenir de ces morts sans sépulture s'exprime à travers une flamme aux volutes d'acier due au maître ferronnier Subes. Au mur, le sculpteur Soullard a gravé" Nous sommes ici pour témoigner devant l'Histoire que de 1939 à 1 945 ses fils ont lutté pour que la France vive libre». Un caveau vide est réservé au dernier membre de l'Ordre de la Libération.
Un circuit émouvant, inauguré en 1962, permet de suivre le chemin parcouru par ceux qui marchaient au supplice. En haut d'une volée d’escaliers, le parcours s'élève jusqu'à la chapelle dont les murs gardent des traces de graffitis et qui renferme des poteaux d'exécution déchiquetés par les balles. A quelque distance s'ouvre une clairière dont le talus conserve la mémoire de tous ceux qui tombèrent ici, fusillés : d'Estienne d'Orves et ses deux compagnons, le 29 août 1941 ; 66 exécutés, dont Gabriel Péri, le 15 décembre 1941 ; 88 otages le 11 août 1942 ; les fusillés de" l'affiche rouge" dont Manouchian, le 21 février 1944, et tant d'autres. Pour garder la mémoire de chacun des fusil1és, le gouvernement reprit une proposition de loi, votée par le Sénat le 22 octobre 199.7, en décidant la réalisation d'un monument commémoratif.
L'architecte Pascal Convert a donné à celui ci la forme d'un moule de cloche, cet instrument qui rassemble la communauté par l'appel du tocsin, le glas des morts, la sonnerie de la victoire. Constitué d'une pièce de bronze bruni de 2,18 m de haut et de 2,70 m de diamètre reposant sur un socle de béton, il comporte, gravée en relief, la 1iste des fusillés inscrits selon la chronologie de 1eur exécution et l'ordre alphabétique. La dédicace de l'ensemble commémoratif - " aux résistants et aux otages fusillés au Mont Valérien par les troupes nazies 1941-1944" - est complétée par un hommage: " à tous ceux qui n'ont pas été identifiés". Loin des rumeurs de la ville, le circuit du souvenir forme une enclave de silence où seul le respect du visiteur fait écho, par delà les années, aux salves meurtrières.
L'ensemble du mémorial symbolise la valeur de ces hommes et femmes si différents et pourtant si proches dans leur combat. Le sens de leur lutte pour la liberté, toujours d'actualité quelque part dans le monde, fait d'eux nos contemporains.
Poteaux d'exécution
"Caisses" (réutilisables) en forme de cercueils mais sans couvercles, servant à entasser les morts dans les camions et les conduire vers les différents cimetières de la banlieue parisienne.
Vue générale de la chapelle désaffectée, dernier lieu de rassemblement des condamnés avant leur exécution. Photos prises ce jour avec mon téléphone mobile.
Voir mon billet du 18 juin 2006 en cliquant ICI.
Jacques Tati
Le signal de départ pour un parcours éclectique et loufoque est donné. La Cinémathèque française et le 104 rendent hommage à l'esprit décalé de Jacques Tati à travers une rétrospective, une exposition célébrant la multiplicité des talents du cinéaste et la reconstitution grandeur nature de la villa Arpel de 'Mon oncle'. De quoi découvrir le cinéma de Tati sous tous les angles.






















