Vieilles voitures et souvenirs...

"Ami 8"
En rouge une "Ami 6" de chez Citroën. Photos : Greg

"Ami 8"
En rouge une "Ami 6" de chez Citroën. Photos : Greg
Manifestation triennale, organisée à l’initiative du Ministère de la Culture et de la Communication, LA FORCE DE L’ART a pour ambition d’offrir une scène à la création contemporaine en France et aux artistes qui l’animent, dans la diversité de leurs origines et de leurs choix esthétiques. Deuxième édition de cette manifestation, LA FORCE DE L'ART 02 se déploiera à partir de la nef du Grand Palais à Paris, du 24 avril au 1er juin 2009.
Exposition de Kojiro Akagi
DU 9 AU 29 AVRIL 2009
C’est le plus parisien des peintres japonais : depuis 45
ans, été comme hiver, Kojiro Akagi plante son chevalet dans les rues de la capitale. Véritable archiviste visuel de la ville, il la parcourt à la recherche de vues insolites,
qu’il traduit dans son style personnel. Exposé dans le monde entier, Akagi est
présent dans les collections permanentes du musée Carnavalet, dans celles du
musée du Vatican et de nombreuses institutions japonaises tel le Musée royal
Ueno. A la mairie du Ve arrondissement, le public découvrira des dessins sur
Paris - notamment sur le quartier - et des séries inédites - nus et natures
mortes.
L’authentique beauté de Paris
Akagi, maître de Paris : l’expression lui convient
parfaitement car l’artiste connaît mieux la ville que de nombreux Parisiens. Il
a déjà réalisé plus de quatre cents « dessins portraits » de quartiers ou de
monuments. Ce sont des témoignages irremplaçables sur des lieux dont certains
ont définitivement disparu. Chaque fois que Kojiro Akagi termine une série de
cent dessins, il s’ensuit la parution d’un nouveau livre, édité sous son contrôle
rigoureux, avec ses commentaires et des notes historiques. Bien qu’il ne se fie
qu’à son œil attentif, parfois armé d’une jumelle, les détails de ses dessins
sont parfois plus précieux que des photographies… «La photo occulte les ombres»
dit le peintre – «mon regard est plus sûr, j’aime fixer mon Paris à la minute
précise et avec toute sa richesse, graffitis ou petites annonces sur une
palissade.» Son objectif : réaliser cinq cents dessins aquarellés, voire
davantage.
Exercice autobiographique
Dans un somptueux décor, la grande salle des fêtes de la
Mairie du Ve arrondissement avec le rideau de scène et la voûte de Gustave
Louis Jaulmes (1873-1959), Akagi s’adonne à un exercice de style nouveau, en
offrant aux spectateurs un regard autobiographique. Il dévoile son jardin
secret avec quelques toiles des années 60 empreintes d’amour pour Gauguin,
Matisse ou même Suzanne Valadon et des natures mortes méconnues, réunissant des
objets très variés, mais profondément parisiens comme des plaques d'égouts, des
tuyaux de gouttières parfois « décorés » de petites annonces ou encore « un
distributeur d’électricité abandonné ».
Nus inattendus
La plus grande surprise provient des œuvres à tendance fauve des années 60-70 d’après ses études à l’Ecole de Beaux-arts de Paris et, plus encore, de sa grande série de nus. Muriel, l'un de ses modèles préférés, est présente dans plusieurs tableaux. Elle apparaît pour la première fois à nos yeux un brin provocatrice, tout comme l’Olympia de Manet, Dame blanche régnant sur « le Paris d’Akagi ». Ces citadines ont très souvent le visage sombre et les yeux perçants. Sous le trait précis et nerveux du peintre, elles se transforment en êtres immatériels, qui semblent avoir une parenté avec les nus de son célèbre prédécesseur Foujita – notamment avec ses panneaux du domaine de la Chamarande. Avec, toutefois, une touche supplémentaire d’hyperréalisme dans le regard…

C'est Ombeline qui est venue me chercher à la sortie du bureau ce soir.