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Jours tranquilles à Paris
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1 août 2018

Gare Montparnasse : la SNCF et RTE se renvoient la balle

reprise tgv

Par Nabil Wakim - Le Monde

Après l’incendie d’un poste électrique, le trafic des trains ne devrait pas revenir à la normale avant vendredi, au mieux.

L’incendie survenu dans un poste électrique à Issy-les-Moulineaux (Hauts-de-Seine), qui alimente la gare Montparnasse, vendredi 27 juillet, a plongé des milliers de voyageurs dans l’incertitude. Lundi soir, le Réseau de transport d’électricité (RTE) a annoncé que le courant était de retour à la gare parisienne, après quatre jours de polémique. Mais, derrière les difficultés pour les voyageurs, une autre crise s’est jouée entre deux opérateurs publics majeurs, la SNCF et RTE.

Dès samedi, le président de la SNCF, Guillaume Pepy, n’a pas caché son agacement : « Nous sommes victimes, les usagers, et nous-mêmes, d’un incendie qui a eu lieu sur un transformateur, qui n’a rien à voir avec la SNCF, qui est un transformateur de la société RTE », a-t-il rappelé, en demandant des indemnisations.

Pendant le week-end, les cadres de la SNCF n’ont pas lésiné sur leurs critiques à l’encontre de RTE, accusant la filiale d’EDF de ne pas avoir respecté son contrat. Et notamment de ne pas avoir mis en place une solution de secours en cas de coup dur. Claude Solard, directeur général délégué de SNCF Réseau, explique ainsi que le groupe a bâti trois circuits d’alimentation indépendants, mais que « RTE a branché ces trois circuits à une seule et même installation ». En clair, le dispositif de secours dépendait également du poste électrique victime de l’incendie.

Sentiment d’être accusé à tort

Une analyse relayée par la ministre des transports, Elisabeth Borne, qui a souligné « une manifeste fragilité dans l’alimentation de substitution de la gare Montparnasse par RTE », dans un communiqué.

« Je comprends qu’on soit exaspéré, a reconnu le président de RTE, François Brottes, qui a joué profil bas dimanche soir, sur BFM-TV. Les secours pour l’alimentation étaient dans le périmètre du même poste, c’est un peu comme quand vous avez la nationale 7 à côté de l’autoroute A7. Quand vous avez un incendie qui coupe la circulation sur les deux, il faut se dire qu’il faut peut-être faire évoluer le périmètre. »

« On assume notre responsabilité », a ajouté M. Brottes, qui s’est engagé à indemniser la SNCF, conformément au contrat qui lie les deux entreprises.

Mais le sentiment d’être accusé à tort prédomine chez la filiale d’EDF. En effet, la SNCF exploite son propre réseau électrique et connaît parfaitement le dispositif technique. Surtout, rappelle-t-on chez RTE, les clients industriels définissent eux-mêmes les dimensions de leurs besoins électriques et peuvent choisir de disposer d’un autre poste de secours. « C’est une option que nous proposons, a détaillé M. Brottes, dans Le Parisien mardi matin. Certains clients font ce choix-là, c’est au client d’en avoir l’exigence. »

L’enjeu est le montant de l’indemnisation

Autrement dit : « Quand on veut des alimentations électriques supplémentaires, il faut les payer et les demander, c’est comme ça que ça marche », explique Jean-Louis Maury, délégué syndical central CGT chez RTE, qui souligne que « les alimentations de la gare sont comme cela depuis très longtemps, personne ne peut dire qu’il ne savait pas ».

Une analyse fermement démentie par la SNCF, qui assure avoir bien prévu de la redondance de son côté.

« C’est de la gesticulation de patrons qui veulent détourner le feu de chez eux », souligne M. Maury, de la CGT, qui note que « le vrai sujet pour eux, ce sera le montant de l’indemnisation et qui va la payer ». Dans un communiqué, Jean-François Carenco, le président de la Commission de régulation d’électricité (CRE), a d’ailleurs souligné que le supplément de coûts pour assurer des redondances de sécurité « ne saurait être systématiquement à la charge du consommateur d’électricité ».

La mobilisation des agents de RTE a permis de rétablir dès lundi soir l’alimentation électrique de la gare, alors que les premières prévisions parlaient de jeudi. Mais, même avec un retour à la normale, les difficultés ne sont pas terminées : en raison du report de nombreuses opérations de maintenance, la SNCF a annoncé que les deux tiers du trafic seront assurés mardi à Montparnasse, mais que le retour à la normale ne devrait pas intervenir avant vendredi.

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29 juillet 2018

Gare Montparnasse...

montparnasse

Un train sur deux à la gare Montparnasse dimanche, à la suite d’un incendie

La SNCF assurera dimanche la circulation d’un train sur deux à Montparnasse, contre deux sur trois samedi. Le trafic est perturbé depuis l’incendie d’un transformateur électrique vendredi.

Après un vendredi et samedi des plus éprouvants pour les voyageurs de passage par la gare Montparnasse, à Paris, il faudra encore s’armer de patience dimanche 29 juillet. Le trafic est très perturbé, à la suite d’un incendie, menant à un week-end difficile pour les voyageurs, en plein chassé-croisé estival.

Vendredi vers 11 h 30, un transformateur électrique de RTE à Issy-les-Moulineaux a pris feu, coupant l’alimentation des stations électriques de la SNCF, y compris de secours, en gare Montparnasse. Après une interruption totale en fin de matinée, le trafic a repris très partiellement en début d’après-midi avec trois trains au départ et trois trains à l’arrivée par heure gare Montparnasse.

5 juillet 2018

La voix mythique de la SNCF a désormais un visage et un avatar

29 juin 2018

Fin de la grève perlée SNCF...

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20 juin 2018

A la SNCF, les syndicats réformistes ne veulent pas poursuivre la grève

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Par Éric Béziat - Le Monde

La CGT a proposé trois jours d’arrêt de travail les 2, 6 et 7 juillet. L’UNSA « ne continuera pas le mouvement en juillet », la CFDT juge toute décision « prématurée ».

Etre ou ne pas être… en grève pendant les grandes vacances. Telle est, désormais, la question qui taraude les syndicats de cheminots, alors que leur longue grève de Petit Poucet contre l’ogre réformiste macronien – petit caillou après petit caillou – va finir, jeudi 28 juin, par arriver au terme au terme de son calendrier de trois mois.

L’UNSA-Ferroviaire, deuxième syndicat des agents SNCF, a tranché. Il a annoncé, mardi 19 juin, qu’il « ne continuera pas la grève en juillet ». Très représenté chez les cadres, il avait décidé de consulter l’ensemble des mandants au cours d’une téléconférence nationale pour savoir si les adhérents souhaitaient ou non prolonger le conflit.

Lundi, la fédération CGT des cheminots – premier syndicat de la SNCF –, avait fait savoir qu’elle proposerait, mardi, aux autres membres de l’intersyndicale du groupe public (UNSA, SUD, CFDT) de discuter de l’organisation de trois nouveaux jours de grève contre la réforme ferroviaire lundi 2, vendredi 6 et samedi 7 juillet. Autrement dit, le premier grand week-end de départ en vacances serait transformé en journées de galère pour les usagers du train.

« Il faut taper là où ça fait mal, approuve le secrétaire fédéral de SUD-Rail, Erik Meyer. C’est-à-dire, perturber les grands départs. » Chez SUD, on ne veut plus de calendrier de grève annoncé trop à l’avance, une stratégie qui permet à la direction d’organiser la riposte.

« Faire grève contre quoi ? »

« L’UNSA ne s’inscrira pas dans les propositions de mobilisation en juillet faites par la CGT », a déclaré le secrétaire général, Roger Dillenseger. Mais à l’UNSA, « on reste combatif pour la défense d’un nouveau pacte social ferroviaire, a-t-il souligné, évoquant les négociations à venir sur la convention collective nationale (CCN) de la branche ferroviaire et celles au sein de la SNCF. On mobilisera à bon escient. » Avec la réforme voulue par le gouvernement, « on a perdu un maximum mais la bataille n’est pas terminée (...) On veut donner des perspectives d’avenir au ferroviaire et aux salariés », a-t-il insisté.

La CFDT-Cheminots, quatrième syndicat de la SNCF, réunissait mardi son conseil national pour décider également d’une poursuite ou non de sa mobilisation par la grève en juillet. Au final, le syndicat a décidé de se laisser « d’ici au 28 juin ». Mais, au sein du syndicat, personne n’a l’air très partant pour aller au-delà du 28 juin. « Faire grève contre quoi ?, demande un syndicaliste. La loi est votée ! On a surtout du mal à reconnaître qu’on a perdu cette bataille. »

« Pas question pour la CFDT de faire de la surenchère »

Didier Aubert, le « patron » de la CFDT-Cheminots, a jugé « prématurée » la décision d’une poursuite du mouvement au-delà du 28 juin. « Comme nous avons réussi à le faire avec la convention collective et une négociation la semaine dernière, nous espérons bien conclure avec la SNCF cette semaine. Pour nous il est prématuré de tirer des plans sur la comète sur juillet », a-t-il déclaré sur BFM TV.

« Il n’est pas question pour la CFDT de faire de la surenchère dès aujourd’hui », a-t-il ajouté, estimant qu’après les amendements obtenus sur la loi et les garanties apportées dans la convention collective, seule la négociation du pacte ferroviaire d’entreprise avec la SNCF continuait de représenter un « verrou ».

Le 32e jour de grève, lundi, s’est soldé par un taux de gréviste de 10,8 %, le plus bas depuis le début du mouvement. Chacun mesure le risque de la décision à prendre : se couper d’une partie des cheminots en renonçant au combat ou s’aliéner une opinion publique de plus en plus – disent les sondages – exaspérée par ce long conflit.

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28 mai 2018

SNCF : pourquoi la grève continue

Par Éric Béziat - Le Monde

Les quatre syndicats de cheminots ont choisi de prolonger le mouvement contre la réforme ferroviaire. Lundi sera le vingt-troisième jour du conflit.

Depuis que la réforme ferroviaire a été lancée, les semaines cruciales succèdent aux semaines cruciales. Celle qui commence ce lundi 28 mai par la 23e journée de grève contre le Nouveau pacte ferroviaire n’échappe pas à la règle. Ce nouvel épisode du conflit se produit alors que le Sénat s’apprête à examiner, mardi 29 mai, le projet de loi ferroviaire et qu’un tournant important s’est produit vendredi 25 mai, lorsque le premier ministre Edouard Philippe a annoncé que 35 milliards d’euros de dette de la SNCF seraient repris par l’Etat.

« Ce geste historique fera économiser 1 milliard d’euros par an de frais financiers à l’entreprise à partir de 2022, se réjouit Mathias Vicherat, directeur général adjoint du groupe SNCF. Si on y ajoute les 200 millions d’euros supplémentaires d’investissement, on est face à un vrai plan de relance du ferroviaire. » L’argument a de quoi porter. De nombreux usagers espéraient d’ailleurs que leurs difficultés ne seraient vite qu’un souvenir désagréable après cette concession du gouvernement.

Pourtant, la grève continue. Aucun des quatre syndicats (CGT, UNSA, SUD et CFDT) n’a pour le moment souhaité quitter le mouvement unitaire de grève et de protestation contre la réforme. Et précisément pas les deux organisations dites réformistes – CFDT-Cheminots et UNSA-Ferroviaire – traditionnellement enclines à trouver un terrain de négociation lors des conflits sociaux.

Pourquoi cette inflexibilité ? Comment expliquer ce choix qui comporte un risque : celui d’accentuer une coupure entre les cheminots et le reste de leurs concitoyens. La récente consultation syndicale interne à la SNCF (la « vot’action ») montre que les deux tiers des cheminots environ sont mobilisés contre la réforme, au moment même où les sondages d’opinion indiquent qu’une proportion exactement inverse des Français la soutiennent.

La rentrée de septembre sera agitée

Il convient, à ce stade, de distinguer deux stratégies discordantes. Avec d’abord celle de SUD-Rail et de la CGT-Cheminots qui, ce n’est pas une surprise, continuent à rejeter en bloc la réforme et demandent une négociation repartant de zéro. Certes, il y a des nuances. La CGT a reconnu que le gouvernement avait montré des signes d’ouverture en reprenant les trois quarts de la dette et en acceptant que les sénateurs introduisent des amendements sociaux au projet de loi.

« MÊME SI ON SENT BIEN QU’ON N’EST PAS LOIN, ON PEUT ENCORE FAIRE AVANCER DES SUJETS COMME CELUI DE LA QUESTION DE LA TARIFICATION SOCIALE »

FANNY ARAV, REPRÉSENTANTE DE L’UNSA AU CONSEIL D’ADMINISTRATION DE SNCF RÉSEAU

Mais, d’évidence, l’agenda des deux fédérations est d’abord politique. Le choix de la CGT de participer à la marche anti-Macron de La France insoumise, le 26 mai, en est une illustration. Et cet agenda s’étale sur le temps long. Il est probable que les deux formations iront jusqu’au bout du calendrier fixé en mars (dernier jour de grève le 28 juin). A plusieurs reprises, le secrétaire général de la CGT-Cheminots, Laurent Brun, a envisagé une poursuite de la grève cet été. Mais, même si la CGT et SUD ne mettent pas cette menace à exécution et accordent une trêve estivale aux usagers, la rentrée de septembre sera à coup sûr agitée sur les rails.

Et puis il y a les réformistes. Toute l’attention des observateurs et des négociateurs est désormais focalisée sur eux. La CFDT comme UNSA ont tous deux choisi de ne pas quitter le mouvement tant que le processus législatif n’est pas achevé. Ils participeront à la manifestation cheminote prévue au palais du Luxembourg, siège du Sénat, le 29 mai, à l’occasion de l’examen de la loi en séance publique.

« Nous voulons éviter les mauvaises surprises lors du vote au Sénat, explique Fanny Arav, représentante de l’UNSA au conseil d’administration de SNCF Réseau. Et puis, même si on sent bien qu’on n’est pas loin, on peut encore faire avancer des sujets comme celui de la question de la tarification sociale, dont il n’est pas du tout question dans la loi. » « Il nous reste quelques jours pour faire évoluer la réforme, renchérit Rémi Aufrère-Privel, secrétaire général adjoint de la CFDT- Cheminots, en particulier sur le droit au retour des salariés transférés à la concurrence. »

« Nos adhérents sont épuisés »

Tout le week-end, les tractations sénateurs-syndicats-SNCF-gouvernement sont allées bon train, afin de faire déposer les ultimes amendements (le dernier délai ayant été fixé au lundi 28 mai à midi). Le président du Sénat, Gérard Larcher, a reçu la CFDT-Cheminots le 25 mai (« une rencontre constructive », selon M. Aufrère-Privel) et devait s’entretenir avec les représentants de l’UNSA-Ferroviaire le 28 au matin.

Mais à un moment donné, l’un ou l’autre des syndicats réformistes jettera l’éponge. « Le problème, c’est que le premier qui sortira du mouvement sera une cible facile à faire abattre lors des élections professionnelles de la SNCF prévues en novembre, explique un négociateur patronal. Du coup, l’UNSA et la CFDT devraient essayer de se coordonner pour sortir en même temps. » « Nos adhérents sont épuisés, ajoute un syndicaliste. Le mouvement ne peut pas durer dans ces conditions. » Lundi 28 mai, la journée de grève devrait être l’une des moins suivies du conflit, avec moins de 50 % de conducteurs en grève, 38 % de contrôleurs et 20 % d’aiguilleurs.

26 mai 2018

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Photos prises ce soir à la Gare du Nord - Photos : J. Snap

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