LGV. Les trains d'essais ont pris possession des voies
Marc Legrand, président d'Eiffage Rail Express, a tenu ce qui devrait être le dernier point d'étape du chantier. Au terme de plus de quatre ans d'un énorme chantier de construction, la Ligne à Grande Vitesse Le Mans-Rennes sera achevée le jour J, confirme Marc Legrand, président d'Eiffage Rail Express.
Ce sera le 15 mai prochain, la date convenue dès le 3 août 2011 pour la livraison de la ligne au groupe SNCF. Il reste encore quelques ajustements et vérifications à opérer : certes, le chantier ne mobilise plus autant de personnel que lors de ses phases de pointe, lorsque 4.500 salariés y travaillaient simultanément. Mais 1.300 personnes sont encore à l'ouvrage, et une partie d'entre elles le restera après la livraison pour assurer les travaux d'entretien et de maintenance dont Eiffage aura la responsabilité jusqu'en 2036.
Déjà les trains d'essai d'Eiffage - tractés par des motrices diesel - ont commencé à rouler à un rythme de plus en plus intense sur une dizaine de circulations quotidiennes. « Les premiers essais sont bons partout », se félicite Marc Legrand. Le contrôle par le « train ultra son » de la qualité des rails et des soudures vient de s'achever. Reste à terminer le réglage de tension des caténaires puis à les mettre sous tension. « Ce sera fait fin septembre en Ille-et-Vilaine, et un mois plus tard dans la Sarthe. Les sous-stations électriques de 25.000 volts sont déjà opérationnelles ». Restera alors à vérifier la qualité du circuit électrique et des dispositifs de détection de présence sur les voies, puis l'autorail chargé de la validation des essais de signalisation entrera en action.
Tests à 352 km/h
Enfin, la validation finale sera assurée par les essais de circulation à vitesse croissante, jusqu'au 25 novembre où le pic sera atteint à 352 km/h (soit 10 % de plus que la vitesse maximale commerciale). Au 1e r avril, les conducteurs pourront rouler à leur tour pour reconnaître la ligne. Les mois suivants seront consacrés aux 32 km de raccordements de la ligne nouvelle (182 km) aux voies existantes. « Dès le 1e r mai, nous serons en mesure de livrer les rapports d'analyses techniques nécessaires au dossier de sécurité destiné à l'Établissement public de sécurité ferroviaire », conclut Marc Legrand. « L'Amec (autorisation de mise en circulation), délivrée le 15 mai, permettra de remettre immédiatement la LGV au maître d'ouvrage. Il sera libre d'y faire circuler ses trains s'il le veut, mais on sait que la nouvelle grille horaire ne sera mise en place que le 2 juillet ». Voilà qui mettra Montparnasse à 1 h 27 de Rennes, « et qui améliorera significativement la régularité des trains », précise Marc Legrand en soulignant que les accidents à l'origine des retards se produisent toujours sur les voies classiques et non sur les LGV, dont les accès sont sécurisés. Source : Le Télégramme
Les billets SNCF moins bien remboursés
À partir de dimanche, une retenue de 40 % sera appliquée la veille ou le jour du départ. Elle sera de 15 € au maximum pour les TGV.
À partir de dimanche, le voyageur qui a acheté un billet SNCF Loisirs Rennes - Le Mans à 31 € a intérêt à ne pas avoir d’imprévu. S’il annule son billet la veille ou le jour même, il perdra plus de 12 €. Ce sont les nouvelles conditions d’échange des billets qui entrent en vigueur le 1er mai : la retenue augmente à 40 % du prix du billet, la veille et le jour du départ, avec un plafond de 15 € pour les TGV et de 12 € pour les Intercités à réservation obligatoire. Jusqu’à présent, le remboursement des tarifs Loisirs était gratuit jusqu’à la veille du départ et coûtait 12 € le jour même.
Communication discrète
Désormais, l’échange et le remboursement resteront gratuits plus de trente jours avant le départ, mais coûteront 5 €, ensuite, avant d’augmenter à 40 % du prix du billet à J-2. Les titulaires de cartes de réduction comme les cartes Jeune, Senior, Week-end, Enfant +, pourront cependant l’obtenir gratuitement jusqu’à J-2 et pour 5 € ensuite. Cette mesure avait été mentionnée, fin janvier, lors d’un déjeuner de presse. Pas d’autre communication depuis. La SNCF compte en parler la semaine prochaine. Elle justifie ce durcissement par le taux de remplissage des trains qui est diminué par les annulations de dernière minute. Actuellement, le taux moyen ne dépasse pas 65 %. La SNCF assure qu’elle augmentera la durée de disponibilité des billets à petit prix.« C’est à l’entreprise d’être au service du client et non le contraire » ,tacle la Fnaut (Fédération nationale des associations d’usagers des transports). Elle estime que la mesure va pousser des voyageurs à se rabattre sur la route,« renonçant au train parce que, d’année en année, son usage est devenu bien trop complexe : prix incompréhensibles, information lacunaire, points de vente supprimés… » La Fnaut estime que la mesure n’est justifiée que pour les TGV affichant complet dans la gamme Loisirs. Et rappelle que ceux qui changent leur billet sont déjà pénalisés par le prix du nouveau billet, généralement plus élevé car réservé plus près de la date de départ.
La SNCF muscle la sécurité du réseau
« On ne prendra plus le train de la même façon. » Le président de la SNCF, Guillaume Pépy, a détaillé, hier, les nouvelles mesures de sécurité envisagées dans les gares et à bord des trains après les attentats de Paris et Bruxelles. Parmi elles, la présence, dans les rames, de patrouilleurs armés voyageant en civil, « incognito ». La loi Savary sur la sécurité et la lutte contre la fraude dans les transports a été publiée, mercredi, au Journal officiel. Invité, hier, du Grand Rendez-vous Europe 1/iTélé, Guillaume Pépy a indiqué que, si « on ne peut pas contrôler tout le monde », une batterie de mesures « pérennes » va être mise en oeuvre, dans les prochaines semaines, à la SNCF, moyennant un budget sécurité en hausse de 50 %, à 600 millions d'euros.« Mais sans augmenter le prix des billets », a-t-il promis : « Il n'y aura pas de taxe de sûreté ».
1. Des agents habilités à tirer. C'est l'une des grandes nouveautés : les agents de sûreté de la SNCF pourront désormais circuler armés à bord des trains. Habillés en civil de manière à ne pas être repérés, ils seront autorisés, en cas de besoin, à faire usage de leur arme.
2. Les portiques Thalys maintenus. Le retard pris par l'équipement de portiques de sécurité dans les gares desservies par les trains Thalys (notamment entre Paris et la Belgique), un engagement pourtant pris et réaffirmé, après les attentats, par Ségolène Royal, avait fait craindre, ces jours derniers, en l'abandon de ce projet, particulièrement coûteux. « Je maintiens les portiques. Il n'est pas question de les retirer », a martelé hier Guillaume Pépy, précisant : « Nous allons même y ajouter des dispositifs de détection des explosifs et des armes. Quand on passera dans une quinzaine de gares françaises, il y aura à la fois le contrôle des billets et le contrôle de sécurité », a-t-il dit. En revanche, il n'y aura pas de contrôle d'identité à l'entrée des trains. Ça, c'est le domaine de « la force publique », dixit le président de la SNCF.
3. Des caméras intelligentes. Les 40.000 caméras de la SNCF vont être modernisées et dotées de logiciels permettant aux « profileurs », spécialement formés pour détecter les situations à risques, de repérer les personnes et mouvements suspects. Guillaume Pépy a évoqué « une vingtaine d'unités de contrôle ». À bord de certains trains, des caméras embarquées restitueront aussi un suivi des mouvements en temps réel.
4. Des chiens renifleurs. Non seulement les agents de sûreté sont désormais autorisés à fouiller les bagages mais une trentaine de chiens renifleurs seront déployés, cet été, dans les gares. Dans un autre registre, la loi Savary prévoit aussi des sanctions plus sévères pour les fraudeurs : jusqu'à six mois de prison et 7.500 euros d'amende pour les multirécidivistes !
Une exposition sur la grande vitesse en 2017
En 2017, la Ligne à grande vitesse (LGV) mettra Paris à 1 h 27 de Rennes. La même année, l’Espace des sciences de Rennes a prévu une exposition sur la grande vitesse ferroviaire, alors que l’on fêtera le 10 anniversaire du record de vitesse sur rail, 574,8 km/h, établi le 3 avril 2007. Pendant neuf mois, cette exposition inédite sera l’occasion de découvrir les coulisses de ce vaste chantier qu’est la LGV. Et, plus largement, le fonctionnement des trains à grande vitesse dans le monde. « Un exploit du quotidien » , comme aime à le rappeler un responsable de la SNCF, partenaire de l’opération avec le groupe Eiffage, la Région Bretagne, le Département d’Ille-et-Vilaine et Rennes métropole.
Contrôles renforcés dans les trains et les métros
Bagages inspectés, voyageurs « palpés », policiers en civil armés… Pour contrer la menace terroriste et les resquilleurs, le gouvernement veut élargir les missions des agents de sécurité.
Ce train de mesures, annoncé par le ministre de l’Intérieur, devrait aller vite. La proposition de loi sera déposée par le sénateur socialiste Gilles Savary. Elle pourrait être examinée à l’Assemblée nationale la troisième semaine de novembre. Le gouvernement espère qu’elle sera adoptée au printemps. L’attaque déjouée dans un Thalys Amsterdam-Paris, le 21 août, a accéléré le processus. À menace terroriste accrue, nouveaux pouvoirs. Les agents de sécurité de la SNCF (3 000 policiers) et ceux de la RATP pourront, avec l’accord des passagers, inspecter visuellement les bagages ou les fouiller. Ils seront même autorisés à pratiquer « des palpations de sécurité » . Si le voyageur refuse, il ne pourra pas monter dans le train. Autre nouveauté : ces agents travailleront parfois en civil et en portant leurs armes à feu.
« L’effet de surprise »
« Ces mesures, nous les souhaitions, indique Christophe Piednoël, directeur de l’information à la SNCF. Elles sont utiles, aussi, pour contrer la fraude et les incivilités. Grâce aux personnels en civil, on joue sur l’effet de surprise. Et la vue d’un pistolet automatique devrait calmer certaines situations. » Pas de crainte de bavures ? « Nos agents sont armés depuis dix-huit ans, pas un coup de feu n’a été tiré. » Les officiers de police judiciaire, les gendarmes et les policiers, qui ne pouvaient fouiller les bagages qu’en cas de délit et inspecter les passagers qu’avec leur accord, passeront outre « si le risque terroriste l’exige » .Tous les jours, cinq millions de personnes prennent le train. Quinze millions si l’on ajoute le métro, le tram… Beaucoup ne paient pas leur ticket, présentent une fausse carte de réduction. Soit, par an, 300 millions d’euros de manque à gagner pour la SNCF, 100 millions pour la RATP et 100 millions pour les autres moyens de transports. Seules 40 % des amendes sont recouvrées à la SNCF, 42 % à la RATP. À l’avenir, l’état-civil et l’adresse des resquilleurs pourront être communiqués aux transporteurs par les Administrations des finances et des organismes sociaux. Cette transmission d’infos n’attente pas aux libertés et au secret ? « La Cnil est d’accord » ,assure Christophe Piednoël. Les grugeurs vont casser leur tirelire. Dès cinq contraventions par an pour défaut de titre de transport (et non plus dix), le délit de « fraude d’habitude » sera constitué. Dans l’attente du débat parlementaire, la SNCF prévoit de former les personnels à ces nouvelles missions. Et d’embaucher ? « Cette question est à l’étude. » article de Colette DAVID.

















