Vu hier sur France 2 - La passion amoureuse d’Arletty
« Moi, je suis du côté de l’amour. » En une réplique, le téléfilm Arletty, une passion coupable résume ce qu’il veut transmettre. Non, pendant la Seconde Guerre mondiale, la célèbre actrice d’ Hôtel du Nord ne s’est pas abandonnée à l’ennemi, mais à la passion amoureuse. En 1943, Paris est occupé par les Allemands. Certains collaborent, d’autres s’engagent dans la Résistance. Arletty ne tranche pas comme ça. Elle fait fi de ce que pensent les autres pour ne suivre que ses désirs. Ainsi, séduite par le jeune officier allemand Hans Jürgen Soehring, elle va vivre avec lui une relation intense pendant des années. Ce qui ne l’empêche pas, par ailleurs, de partager parfois son lit avec Antoinette, son amie résistante. Lauréat du prix attribué par la presse au Festival de Luchon, le téléfilm d’Arnaud Sélignac révèle un pan méconnu, et souvent mal interprété, de l’intimité d’Arletty. Et parvient à susciter l’empathie pour cette grande amoureuse, à la gouaille bien parisienne. Même si, parfois, l’interprétation du mannequin devenue actrice, Laëtitia Casta, manifeste une naïveté agaçante. L’amour ne rend pas aveugle au point de ne pas voir les manigances des Allemands. Article de Anne-Sophie VALENTIN.
Téléfilm disponible en replay
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Anna Luisa Ewers pour Alexander Wang

Anna Luisa Ewers est née le 14 mars 1993 à Freiburg, une ville du sud de l'Allemagne. Elle est découverte à l’âge de 16 ans lors d’un échange scolaire en Colombie mais préfère terminer ses études avant de se lancer dans le mannequinat.
Lorsqu’Alexander Wang l’a repèré juste sur une photo en ligne, il demande à un directeur de casting de la retrouver. Anna défile alors pour Balenciaga en février 2013, soit le premier défilé de Wang pour Balenciaga, et sa carrière explose.
Elle enchaîne 37 podiums pour les collections Printemps/Eté 14, dont Louis Vuitton, Valentino, et Stella McCartney.
"Anna est d’une beauté exceptionnelle. Elle a une certaine nonchalance concernant sa sexualité. Elle est très féminine et androgyne en même temps. Elle attire à la fois les hommes et les femmes, ce qui crée une sorte d’ambiguïté et de mystère" a confié Alexander Wang à Style.com.

GRÉGOIRE KORGANOW : PÈRE ET FILS - Actuellement à la M.E.P.
"Qu’est-ce qu’un père ? Qu’est-ce qu’un fils ? Quel est lien qui les unit ? Le sang ? L’amour ? La transmission ? L’héritage ?"
« Je photographie des pères, de 20 à 80 ans, debout, torse nu, avec leur fils de quelques minutes pour les plus jeunes ou entrés dans la cinquantaine pour les plus âgés. Ils sont proches, souvent peau contre peau.
C’est sans doute l’arrivée de mon fils dans ma vie qui m’a donné envie de ces portraits. Il s’appelle Marco. Sa peau est noire. Il est né au Rwanda. Je me souviens de l’enthousiasme d’un ami : « c’est fou ce qu’il te ressemble ! » Vraiment ? Et moi ? Est-ce que je ressemble à mon père ? Et tous ces fils que j’ai photographiés ressemblent-ils à leur père ? En regardant ces portraits, on recherche les ressemblances. On scrute les traits du visage, on compare les gestes, les attitudes. On imagine une histoire. On tente de percer le mystère de la relation. La nudité des corps jette le trouble, brouille un peu les pistes. La fragilité, la tendresse sont-elles taboues ?
J’ai débuté ce travail en 2009. J’ai tout d’abord photographié mes amis, mes voisins, des connaissances de l’école de mes enfants. Par la suite j’ai passé une annonce sur les réseaux sociaux. Très vite des pères et des fils que je ne connaissais pas se sont portés volontaires. Puis j’ai enrichi ma série de portraits par des résidences d’artiste dans toute la France : je me suis installé dans une banlieue populaire, à la campagne, dans une ville nouvelle, une maternité…» Grégoire Korganow
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GRÉGOIRE KORGANOW
Diplômé des Arts Appliqués à l’école Estienne à Paris, Grégoire Korganow débute la photographie à 23 ans. En 1991, il part suivre les mutations de l’ancien bloc soviétique. Ce voyage initiatique scelle sa vocation et donne lieu à sa première exposition. En 1993, Libération publie ses images des émeutes de la Goutte d’or à Paris. C’est le début d’une collaboration qui dure plus de 10 ans. Cette visibilité lui donne accès à des publications dans de nombreux titres français et étrangers : L’Express, Télérama, Marie Claire, Géo, National Geographic, The New York Times… Il devient membre de l’Agence Métis dès 1998, puis de Rapho en 2002. Il alterne séries personnelles et travaux de commande. Photographe engagé dans le réel, il prend le parti des opprimés, des invisibles — les mal-logés (1994), les sans-papiers (1995), les indiens Mapuche du Chili (« Révoltes » 2003), les victimes irakiennes (« Gueules cassées » 2010), les alcooliques (2011)… — et tente de donner à ressentir leur condition. Attiré par le hors champ, il photographie les coulisses de l’élection présidentielle de 2002, des tournages de films X (« hardcorps » 2003) ou de défilés de mode (« Coulisses » de 2002 à 2008). Voyageur, il sillonne la Patagonie sur les traces des écrivains Luis Sepulveda et Francisco Coloane et « Patagonie, histoires du bout du monde » est publié aux éditions Solar (2003). Il déambule dans les rues de Tokyo en quête de rencontres improbables et crée « lost in Tokyo » en 2005. Christian Lacroix l’invite aux Rencontres photographiques d’Arles en 2008 avec « Coulisses » et « A côté », un travail sur la vie chaotique des familles de détenus. Parallèlement, il réalise des portraits de pères avec leur fils, un travail intime sur le temps, l’hérédité, la fragilité des corps. « Père et fils » est exposé depuis 2010 en France et à l’international. Entre 2011 et 2014, il réalise, en qualité de Contrôleur des Lieux de Privation de Liberté, « Prisons », une série sur l’enfermement en France. En 2014, Jean-Paul Montanari l’invite à photographier et exposer la danse en creux sur le corps arrêté des interprètes en « Sortie de scène » pour le Festival Montpellier Danse.
Grégoire Korganow s’intéresse aussi aux supports de diffusion des images. Les différentes expositions, évidemment. La presse, naturellement, et en 2001, il participe à la création du magazine photo de l’air. L’édition, aussi : de 1998 à 2003, il crée et dirige notamment la collection de livres photographiques Avoir 20 ans, aux éditions Alternative. Les films, enfin : passionné de cinéma, il s’associe, aux réalisateurs Stéphane Mercurio et Christophe Otzenberger et crée les images de séquences photographiques de leurs films documentaires. Il réalise actuellement une collection de films courts, à l’écriture volontairement laissée libre, « Les Chroniques dansées », sur la danse du chorégraphe Sylvain Groud auprès des corps fragiles.
Il enseigne enfin en 2012 la photographie à la Faculté Paris 1 et donne régulièrement des ateliers pratiques aux Rencontres photographiques d’Arles.
Grégoire Korganow conçoit ses images comme une invitation à regarder les failles, les apories, les désordres contemporains. Il s’intéresse au hors champ, à l’infime. Le corps, ses stigmates et ses métamorphoses sociales occupent une place centrale dans son œuvre. Sa forme est instable et volontairement permissive, inclusive. L’immersion et l’expérimentation déterminent le dispositif. C’est pour lui la condition d’une image précise et suggestive. Il préfère à une forme manifeste, une photographie plus ambiguë et fragile qui laisse le spectateur libre de ses opinions, de son parcours.

























